Le blog de Philippe Liria

Auteur, formateur, consultant et éditeur de français langue étrangère (FLE)

Français du Canada et apprentissage du français

Posted by Philippe Liria sur 24/06/2012

En tournée en Colombie, je ne peux que constater l’intérêt des Colombiens pour le français… du Québec ! La nouvelle n’en est pas vraiment une. Lors de mon dernier passage dans ce pays, j’avais déjà eu l’occasion d’apprécier le vif intérêt que suscitait le français de nos cousins d’Amérique, au grand dam parfois de certains enseignants de français de France. Pourtant, je crois qu’on ne peut plus se contenter de constater ce phénomène croissant, qui, rien qu’en Colombie représente plus de 30% des apprenants de français si on en croit les motivations qu’ils signalent au moment de s’inscrire dans une Alliance française. Intérêt à ne limiter qu’aux apprenants colombiens ? Certainement pas même si les chiffres manquent pour pouvoir vraiment déterminer la dimension du marché d’élèves de français qui regardent plutôt en direction du pays à la feuille d’érable que vers la France.
On constate ainsi une demande de matériel pour la classe or celui fait cruellement défaut. Pas ou très peu, sans parler de l’erreur encore très courante de penser que ce besoin est comblé parce qu’on a glissé dans le manuel une page culturelle sur le Québec. Il est grand temps que les éditeurs, nous cessions de détourner le regard et que nous nous posions les questions pertinentes sur la présence d’autres francais dans nos ouvrages, une présence qui ne se limiterait pas seulement à la page culturelle. Et qui ne se limiterait pas non plus au francais québécois mais prendrait certainement en compte les autres formes de francais parlées au Canada. Bref, il faudrait d’une part s’interroger sur la place du francais du Québec, nécessaire car c’est ce francais et pas un autre que les candidats à l’immigration doivent connaître pour s’installer dans la Belle Province ; mais aussi la place du pan-canadien, promu par les autorités canadiennes hors Québec. L’affaire, on le voit, n’est pas simple, mais il faut absolument commencer à l’aborder. Peut-être pourrions-nous commencer par regarder les pratiques dans le domaine qu’ont les Anglophones qui précisent de quel type d’anglais il s’agit (UK, US ou autre) sur le matériel utilisé.
Combler ce vide, ce sera répondre au besoin d’un public dont le nombre est croissant et qui ne vient pas seulement d’Amérique latine mais aussi d’Asie ou d’Afrique puisque ces populations voient comment leurs opportunités d’un avenir meilleur auront plus de chances de se concrétiser au Canada qu’en France.

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