Le blog de Philippe Liria

Auteur, formateur, consultant et éditeur de français langue étrangère (FLE)

Archive for août 2012

Sagesse numérique, motivation, apprendre à apprendre… Repenser l’apprentissage

Posted by Philippe Liria sur 26/08/2012

Cette semaine, ce sont deux liens fournis par des amis de Facebook qui ont retenu mon attention. Curieusement, les deux s’interrogent sur le sens de l’éducation et il m’a paru intéressant de partager avec les lecteurs de ce blog ces quelques réflexions. La première part d’un article sur la pédagogue étatsunienne Cathy Davidson et l’autre sur le film documentaire La educación prohibida (Argentine, août 2012). Dans les deux cas, la réflexion nous amène à nous poser des questions sur nos pratiques de classe, dont celles de la classe de FLE.

Marc Prensky

Dans un entretien sur RSLN, Marc Prensky évoque sa vision de l’école de demain ou plutôt celle d’après-demain. Prensky, vous le connaissez certainement car c’est l’auteur du concept de « migrant numérique » et de « natif numérique ». Il parle aujourd’hui de « sagesse numérique » (cf. son ouvrage From digital nativ to digital wisdom: Hopeful essays for 21st Century Learning – 2012 Corwin, 240 pages) ce qui nous renvoie à ce idée de l’homme posant des questions, analysant les situations… Bref, l’homme de l’avenir ne doit plus apprendre pour apprendre mais comme on le répète depuis déjà longtemps « apprendre à apprendre » afin d’être autonome. C’est ce qui fait dire à Tommy Pouilly, animateur sur le blog de RSLN, que l’éducation de demain ou d’après-demain devrait peut-être ressembler à celle d’avant-hier (cf. l’article de Tommy Pouilly). Pourquoi ? Parce que la classe d’aujourd’hui ressemble encore trop au système éducatif d’hier, c’est-à-dire des XVIIIe et XIXe siècles comme le rappelle d’ailleurs l’introduction du film-documentaire La educación prohibida. Un système qui n’a pas grand-chose à voir avec le monde à venir. Par contre, si nous creusons un peu plus, nous verrons que les méthodes socratiques (questions/réponses) du disciple éveillé par la curiosité d’un phénomème qui fait qu’il interroge le maître pour mieux comprendre sans pour autant espérer la solution mais plutôt des éléments qui le guideront vers celle-ci.

Cathy Davidson

C’est que suggère Cathy Davidson dans son livre Now you see it sur lequel se base l’article de Pouilly. Cathy Davidson, dont je vous recommande le blog, pense que cette approche répond mieux aux réalités actuelles et surtout à venir où l’imprévisible reprend le dessus sur le monde prévisible que des dernières décennies. C’est pourquoi l’éducation doit se charger de fournir aux élèves les outils pour qu’ils sachent (se) poser les bonnes questions pour progresser plutôt que d’apporter des savoirs déjà mis en boîte, peu motivants et surtout déconnecter du monde qui les attend.

Cette remise en cause de l’éducation telle qu’on la pratique actuellement, c’est aussi le sens du film documentaire La educación prohibida (L’éducation interdite)* du réalisateur argentin German Doin et de toute son équipe. Réalisé sur le principe du crowdfunding, à partir d’une enquête menée dans sept pays d’Amérique latine et en Espagne auprès de quelque quatre-vingts spécialistes (éducateurs, professeurs, pédagogues…), ce document s’interroge sur la nature même de l’apprentissage, les choix des apprenants, leurs motivations, l’importance de l’affectif dans le développement de l’individu, membre d’une société dont il est acteur. Il passe en revue les deux derniers siècles de tradition scolaire pour ensuite récupérer des réflexions autour d’autres voies qui ont osé remettre en question le modèle d’école traditionnelle. On y retrouve les expériences éducatives de différentes écoles (Montessori, Home schooling, pedsistema, edupopular, educación libre, logosófica, proyecto Kilpatrick, AC activa, escuela democrática, Waldorf…) qui ont toutes en commun de placer l’enfant au centre d’un projet éducatif où l’autonomie d’apprentissage est fondamentale ; des expériences qui montrent que l’enfant s’intéresse aux choses qu’il fait parce qu’elles ont du sens.

Un film sur l'éducation centrée sur l'amour, le respect, la liberté et l'apprentissage

La educación prohibida (Argentine, 2012)

*Ce film est en espagnol mais la version sous-titrée en français est disponible à partir du site. Toujours sur ce site, vous y trouverez de nombreuses références et des liens vers toutes les écoles et tous les spécialistes qui ont participé à ce projet.

Après cette réflexion sur ces deux sujets, penchons-nous sur ce que nous demandons à nos élèves dans le domaine de l’enseignement du français langue étrangère. Et que constatons-nous ? Combien il est difficile d’adapter nos pratiques à ces nouvelles exigences, même si le souci d’y parvenir est bel et bien présent depuis quelques années dans les tentatives de mise en place d’une part, de nouvelles pratiques en lien avec l’approche actionnelle et, d’autre part, en cherchant à introduire des activités s’appuyant sur les plateformes d’échanges et les wiki (des expériences existent sur Moodle ou sur des blogs comme ceux de Babelweb ou le web 2.0 des méthodes FLE Version Originale ou Nouveau Rond-Point).
Pas simple. Nous voyons en effet que malgré ces essais, beaucoup d’enseignants continuent de privilégier les exercices fermés, du déjà mis en boite, prêts à servir avec des réponses fermées. Car même en ligne, ces exercices ont conservé la même dynamique ; ce qui a changé, c’est qu’ils sont tout simplement plus esthétiques et plus agréables. Par contre, nous observons les difficultés à proposer un apprentissage qui aurait recours à ces espaces virtuels plus ouverts et certainement plus motivants pour les élèves. On sait que ce n’est pas simple et cette mise en place ne dépend pas forcément ou pas uniquement de l’enseignement mais aussi de l’environnement dans lequel professeurs et élèves se trouvent (les curricula, le nombre d’heures présentielles, les outils dont on dispose et la formation proposée aux enseignants ou le temps qu’ils ont pour préparer leurs cours, etc.).
Alors que nos élèves devraient savoir écrire des courriels dans des différents registres, des textos, de tweeter… nous continuons de leur demander d’écrire des cartes postales et des lettres administratives ; alors que les B2 et les C1 doivent savoir faire des exposés et rédigés des compte rendus – certainement utiles – qui leur enseigne à monter des powerpoints (et l’accompagnement – oral la plupart du temps qui va avec) ? Nous commençons à peine à accepter que le téléphone portable devienne un outil de plus en classe et non pas un objet qui dérange. Il y a un décalage, qui n’a cesse de se creuser mais savons-nous vraiment y remédier ? Permettons-nous à nos élèves de poser les questions, de découvrir la langue à travers le plaisir ? Les objectifs du CECRL sont bien beau mais si, comme c’est le cas, les programmes, les curricula, les traditions d’apprentissage – le passé composé s’étudie à tel moment et pas un autre, etc. – reprennent le dessus – a-t-on jamais pu vraiment les écarter ? -, nous ne parviendront pas à motiver les élèves. Il faut donc que nos classes de langue soient de plus en plus en contact avec la réalité, c’est que permet l’outil internet pour que les élèves n’aient plus l’impression qu’apprendre le français, ça ne sert qu’à améliorer une note globale.
Depuis quelques années, les propositions autour de l’actionnel et le développement de l’interdisciplinarité contribuent certainement à aller dans ce sens, contribuent à repenser notre perception de la classe de langue et donc celle qu’en auront les élèves.

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Fiche pédagogique FLE – Littérature francophone : Gisèle Pineau

Posted by Philippe Liria sur 19/08/2012

Gisèle Pineau

Moins connue peut-être que d’autres auteurs de la Francophonie, Gisèle Pineau est pourtant une auteure guadeloupénne qui sait transmettre à travers ses écrits les couleurs, les bruits, les vies de la Guadeloupe et des Antilles en général. À vrai dire, j’avais lu il y a déjà quelques années des extraits de certains de ses ouvrages dans le cadre de la préparation d’une série de cours sur les auteurs francophones à l’Alliance Française de Sabadell mais depuis je l’avais oubliée. L’autre jour, c’est un entretien sur France Inter qui m’a de nouveau éveillé la curiosité pour l’écriture de cette femme et j’avais tout bonnement envie de partager avec vous cette (re)découverte.

Pour mieux la connaitre et mieux connaitre son oeuvre, je vous propose de télécharger une fiche pédagogique que j’ai élaborer et qui vous permettra de la faire découvrir à vos élèves, à partir d’un niveau B2.
La fiche est disponible en PDF et outre quelques propositions d’activités et de démarches pour les mettre en place en classe, vous y trouverez des références en ligne sur Gisèle Pineau.

N’hésitez évidemment pas à proposer des améliorations à cette fiche.

Fiche_pedagogique_Gisele_Pineau.

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Quel statut pour le professeur FLE ?

Posted by Philippe Liria sur 16/08/2012

Je n’ai pas pu me rendre à Durban pour le 13e Congrès mondial de la FIPF. Je le regrette car ces rencontres qu’organise la fédération sont toujours l’occasion de retrouver des amis, professeurs, coordinateurs et autres professionnels du FLE venant d’un peu partout dans le monde. C’est un excellent moment pour prendre le pouls de la planète FLE. Les programmes de ces journées sont toujours plus alléchants les uns que les autres et celui de Durban ne manquait pas d’intérêt. Et puis, le fait même que le congrès mondial des professeurs de français soit organisé pour la première fois en Afrique, c’est véritablement un symbole : on sait que dans quelques années le continent africain sera l’aire francophone par excellence. Programme alléchant j’écrivais et c’est bien dommage de n’avoir pu y prendre part. Ce ne sera que partie remise. Cependant, une fois encore, il y a eu un grand absent, c’est le statut du professeurs de français. Je sais que les associations de professeurs locales luttent pour améliorer ce statut, mais souvent elles ont un pouvoir limité et se sentent souvent peu soutenues par les pouvoirs français en place et en charge de la politique du français. Et puis, ces associations sont souvent les représentantes des professeurs des réseaux publics locaux. Reste tout un pan d’enseignants, c’est la grande armée des professeurs de FLE qui le plus souvent parcourent le monde dans des conditions difficiles sinon précaires, sans avoir l’impression que la France ait vraiment l’intention de les soutenir alors qu’elle applaudit leur combat pour la langue et est bien contente d’en récolter les fruits. Car débattre pendant cinq jours sur nos métiers, ce devrait être aussi chercher à donner un vrai statut au professeur FLE, qu’il exerce en France ou n’importe où ailleurs dans le monde.
À la lecture des descriptions de poste, on constate très clairement la volonté des employeurs du réseau d’avoir dans leurs équipes enseignantes des professionnels hautement qualifiés. On ne peut que saluer cette politique qui contribue à accompagner un enseignement de qualité, indispensable pour garantir la satisfaction des élèves et donc leur motivation à poursuivre leur apprentissage. Indispensable pour que le centre, Institut ou Alliance, puisse assurer des entrées économiques conséquentes qui permettront non seulement de maintenir les cours mais aussi de mettre en place une politique culturelle de qualité. Donc rien à redire sur cette recherche de qualité qui doit, entre autres, reposer sur des professeurs formés. Pourtant, et toujours à la lumière des descriptions de poste, on peut s’interroger sur la possibilité – ou la véritable volonté – de constituer des équipes pédagogiques motivées. En effet, les missions souvent toutes plus passionnantes les unes que les autres sont accompagnées d’offres salariales qui frisent le ridicule. On me répliquera que la plupart des rétributions proposées sont au-dessus du niveau de vie locale ou du salaire minimum du pays de la mission. Il suffit de consulter l’incontournable site de l’Agence de promotion du FLE dans la rubrique « Offres d’emplois » pour se rendre compte des missions proposées au quatre coins du monde et des salaires souvent dérisoires qui les accompagnent. Certes, c’est souvent suffisant pour « prendre le taxi pour se rendre à l’Alliance » comme on peut le lire sur certaines annonces ou pour louer un petit appartement ou vivre en collocation avec d’autres professeurs de l’établissement. Ou encore que cela permet de « prendre son repas du midi sur place à un prix modique ». On oublie souvent que les conditions de travail ne sont pas toujours faciles, et je ne pense pas simplement aux questions sécuritaires pourtant omniprésentes quand on exerce dans certains pays dès qu’on sort d’Europe et de l’Amérique du nord.
Il ne s’agit pas, dans cette critique, d’accuser d’une certaine négligence le personnel des institutions employeuses car on sait qu’elles ne font qu’essayer de gérer au mieux les budgets qui leur sont alloués. Je connais suffisamment de directeurs d’Instituts ou d’Alliances pour savoir qu’ils sont sincères quand ils expliquent combien ils regrettent de ne pas pouvoir proposer de meilleures conditions à leurs professeurs. Je sais qu’ils sont parfaitement conscients du rôle que jouent ces femmes et ces hommes pour la diffusion de la langue et des cultures francophones malgré leurs conditions de travail, souvent ingrates. En fait, mon doigt pointe plutôt les Services culturels des ambassades ou plus directement le ministère des Affaires étrangères. Alors que les discours de chaque congrès ou colloque servent à ces responsables d’insister sur l’importance de langue française et sur la mission de ses agents de terrain- et je veux y lire ou entendre « ses professeurs », même si le mot n’apparait que rarement dans ces laïus -, la réalité nous montre que les enveloppes budgétaires maigrissent d’année en année, qu’aucun effort n’est fait pour que les institutions de terrain puissent vraiment mettre en place une politique d’enseignement de qualité – lisez « avec un personnel ayant un salaire digne à la hauteur de la mission » – qui doit être parallèle aux activités culturelles, nécessaires elles aussi au rayonnement de langue et de la culture. Mais celles-ci ne peuvent ni ne doivent aller sans celle-là. Or, la réalité est autre : on doit jongler de plus en plus au niveau local avec les entrées provenant des inscriptions pour faire du culturel et du pédagogique. Qui en pâtit les conséquences ? L’agent de terrain, le professeur. Pourtant, ce sont bel et bien ces professeurs qui forment cette armée de petits soldats qui grâce à leurs talents humains et pédagogiques savent séduire les élèves et les motiver à continuer. Si la motivation du professeur n’y est pas, comment motivera-t-il l’apprenant ? La médaille que pourra accrocher au revers de sa veste le ministre ou conseiller du moment n’est pas simplement et uniquement le fruit de sa politique pédagogique (?) globale – dans le cas le plus optimiste où il en existe une – mais aussi et surtout parce que des centaines de professeurs souvent payés à l’heure sous la direction de coordinateurs ou directeurs pédagogiques ou directeurs d’Alliance au contrat souvent (très) précaire (et presque tout le temps incertain) ont mené un combat pour que les élèves aient envie d’apprendre notre langue.
Il est donc temps que le statut de ces petits soldats, de ces O.S de l’enseignement soit revu et revalorisé. On ne peut prétendre que l’enseignement s’améliore qu’à coup d’achats de TNI. Comme on ne peut demander aux professeurs de passer des heures « gratuitement » à voir et revoir des programmations de cours pour mettre en place des pédagogies novatrices, à élaborer des activités de classe nouvelles et dynamiques, à utiliser toutes les ressources que les nouvelles technologies mettent à leur portée sans qu’il y ait aussi un accompagnement économique à la hauteur des prétentions de la France et des ses partenaires pour que notre langue continue à avoir sa place dans ce monde en marche. Prendre en compte cette réalité et se donner les moyens de la changer, c’est aussi contextualiser l’enseignement du français dans cette mondialisation.

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Les futurs mystères de Paris en deuil

Posted by Philippe Liria sur 10/08/2012

Adolescent, je dévorais les ouvrages d’Asimov – je me souviens encore des nuits blanches passées à lire le Cycle de Fondation – ou de Bradbury avec ses Chroniques martiennes. Pendant longtemps, j’ai ignoré l’existence d’une science-fiction à la française, à moins de remonter au Jules Verne de mon enfance. Pourtant, il y a quelques années, alors que je préparais un cours sur la littérature française à l’Alliance française de Sabadell, je suis tombé sur un auteur qui m’était complètement inconnu : Roland C. Wagner (RCW). Piqué par la cuiriosité, je me suis empressé de me faire acheter un ouvrage de RCW en France – les sites en ligne d’achat de livres n’étaient eux-mêmes que pure fiction -. Ma chère maman s’était empressée d’aller acheter un bouquin de cet auteur dont elle n’avait jamais entendu parler et elle me l’envoya fissa par Chrono-Poste. Merci maman ! Et alors ? Eh bien, j’ai adoré ! Ce n’était peut-être pas cette grande science-fiction des auteurs d’outre-Atlantique mais je pense que depuis l’époque de Pierre Boule, personne n’avait écrit en français une telle oeuvre de fiction. Roland C. Wagner a certainement un regard pesimiste sur l’avenir. Ce n’est pas de la science-fiction utopiste mais bien son contraire, comme d’ailleurs La planète des singes de P. Boule.
Je ne retrouve plus ce bouquin, La balle du néant je crois. Il a dû rester à l’Alliance puisque j’avais fait une sélection de quelques pages pour que les élèves ne me parlent pas uniquement des auteurs français du XVIIIe ou du XIXe.
Aujourd’hui, la science-fiction française est en deuil car Roland C. Wagner est décédé. Un stupide accident de voiture ! Triste nouvelle mais l’occasion peut-être pour faire découvrir à vos élèves un pan de la littérature française contemporaine souvent méconnue sinon ignorée. Et pour commencer, pourquoi ne pas leur proposer un petit exercice de ponctuation comme ceux dont il était question hier (cf. Question de ponctuation). Le site dédié à Roland C. Wagner propose des extraits de son oeuvre, une occasion de (mieux) le faire connaître tout en travaillant la langue pour ensuite, pourquoi pas, suggérer un travail sur la biographie de l’auteur ou de demander aux élèves de présenter à leur tour des auteurs contemporains de chez eux ou écrivant dans leur langue, ou au contraire, ayant été déjà traduits en français. On pourrait envisager que ce travail prenne la forme d’un écrit sous forme d’article. On n’oubliera pas auparavant de fournir des modèles du type d’article attendu (note biogaphique, chronique, présentation de livre, critique, etc.). On pourra aussi envisager un travail à l’oral (type info radio).. Et sans oublier l’objectif premier, faire découvrir un auteur français contemporain et motiver nos élèves à lire ses ouvrages.

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Question de ponctuation

Posted by Philippe Liria sur 09/08/2012

Les vacances servent à se détendre, à se promener au bord de la mer ou sur les sentiers de montagne, à se baigner ou à se balancer dans un hamac, à se lever tard ou au contraire, profiter d’une agréable matinée d’été pour sortir aux aurores et respirer la fraicheur de la nature avant que le soleil ne l’embrase ; prendre le temps d’aller faire son marché et cuisiner à base d’ingrédients frais tout en dégustant de délicieux vins du pays. Rien d’extraordinaire mais pourtant si agréable en ces temps troubles à l’avenir incertain… C’est aussi le moment pour prendre le temps de lire ce qu’on s’était promis de lire depuis des semaines, voire des mois et qu’on n’a jamais eu le temps de faire parce qu’absorbé par la réalité du quotidien. Lire, c’est finir ce roman de Koonchung qui trainait depuis des mois sur la table de nuit et que je ne prenais jamais le temps de lire ; c’est dévorer le dernier Mendoza – même s’il m’a un peu déçu – ou se plonger dans la presse internationale au petit déjeuner sans avoir les yeux rivés sur la montre – d’ailleurs je ne sais plus où je l’ai rangée -. Lire, c’est aussi, à l’heure de la sieste, de ces heures lasses où tout s’arrête parce que l’air devient irrespirable, où on attend que sept heures sonne au carillon de l’église du quartier – quatre quarts rapides suivis de sept coups secs – pour sortir se promener, constater que la vie reprend le dessus sur la canicule et terminer la promenade à la terrasse d’un café – toujours bondé malgré la crise – pour déguster une bonne bière. « Bonne » parce que fraiche et agréable, car on sait que les bières de la Péninsule ibérique n’ont que ce mérite, celui de désaltérer -.
Parmi ces lectures d’été, il y a aussi celles sur Internet. Désolé mais je fais partie de ceux qui ont du mal à déconnecter. Je l’avoue. C’est peut-être triste, mais je ne déconnecte que partiellement : pas question de consulter les e-mails mais impossible de ne pas suivre ce qui se passe dans le monde. Je n’y arrive pas ! Je continue donc à naviguer, ce qui est aussi l’occasion de tomber sur des sites que je ne connaissais pas ou mal. Aujourd’hui, je suis tombé sur un blog du Monde, Langue sauce piquante (LSP). Il s’agit d’un blog animé par les correcteurs du quotidien parisien. En tant qu’éditeur, même en vacances, je ne pouvais m’empêcher de faire un clic sur ce blog. Aujourd’hui, ses animateurs proposaient un sujet qui ne pouvait être plus « piquant » : la ponctuation ! Comme tout éditeur, les coquilles me hantent et la ponctuation me torture. Pris par les impératifs de l’édition – qui ne sont pas forcément ceux de ce travail de fourmi qu’est la correction -, nous savons combien il est difficile dans nos budgets de (faire) glisser une enveloppe consacrer à la correction. Souvent il faut la faire « en interne », chacun lit et se relit sans prendre le temps de confier systématiquement le travail à un professionnel. Pourtant, quant nous le faisons, nous savons que la chasse aux coquilles est fructueuse. Merci Sarah ! Il est évident que nous ne lui consacrons pas assez de temps. Dommage ! Hantise de la coquille, j’écrivais, mais aussi terreur de la ponctuation. Espace ? Pas espace ? Majuscule ? Minuscule ? Point-virgule ou point tout court ? Que de doutes pour ponctuer correctement notre propre langue ! Eh bien justement aujourd’hui, les correcteurs du Monde proposent un excellent exercice qui consiste à reponctuer des textes français qu’ils ont déponctués. Cet article intitulé Ni rog, ni sus, ni tiret ! exercez-vous à l’art de la ponctuation propose aux lecteurs des textes de différentes époques mais sans aucune ponctuation. À eux de replacer les signes manquant à leur place. Intéressant exercice pour nous aussi, éditeurs, auteurs, professeurs de FLE et que nous pourrions peut-être reprendre pour nos élèves de niveau avancé. D’ailleurs ne devrions-nous pas consacrer plus de temps à la ponctuation ? Élément indispensable pour une meilleure compréhension d’un texte, celle-ci est pourtant souvent délaissée alors qu’elle contribue à mieux saisir le sens des textes que nous lisons ou que nous faisons lire.

J’ai personnellement commencé l’exercice mais n’ai pas encore eu le temps de vérifier si j’avais correctement ponctué ces textes ; pourtant rien que d’y penser, j’étais pris par la hantise de mal ponctué celui-ci !

En tout cas, profs ou éditeurs, je vous recommande – si ce n’est déjà fait – de prendre quelques minutes à découvrir ce site qui ne manque pas d’humour pour traiter un sujet aussi grave que la correcte ponctuation de notre langue. Comme l’écrivait George Sand : « On a dit « Le style, c’est l’homme ». La ponctuation est encore plus l’homme que le style. La ponctuation c’est l’intonation de la parole, traduite par des signes de la plus haute importance. Une belle page, mal ponctuée, est incompréhensible à la vue ; un bon discours est incompréhensible à l’oreille s’il est débité sans ponctuation, et désagréable si la ponctuation est mauvaise. » (Lettre de George Sand à Charles Edmond, 1871)

Remarque : le corrigé est désormais disponible en bas de page du site (http://correcteurs.blog.lemonde.fr/)

Si la ponctuation vous intéresse, je vous recommande aussi quelques sites :

La ponctuation
Ah ! La ponctuation ! Comme cela exaspère ! Ou… Au contraire, comme elle sied bien à la compréhension de ce qui pourrait être illisible et totalement inaccessible à la logique humaine et surtout follement essoufflant sans cette petite virgule… Fort à propos ! D’ailleurs, qui n’a pas failli mourir au moins une fois, charrié, bousculé, épuisé, à la lecture d’une envolée proustienne ? Une phrase, huit pages et hop là ! Suffit de suivre l’histoire… Lire la suite…

Règles de typographie
Il est difficile de parler d’une typographie, tant les usages peuvent être différents. Non seulement les ouvrages traitant de de la matière peuvent donner des avis divergents sur certains points, mais de plus sans sortir de ce qui est communément admis l’on peut faire certains choix : c’est ce que l’on appelle une marche. Pour tout compliquer, chacun pratique la typographie dans la vie courante sans le savoir, avec des règles variables selon le support.
On pourra ainsi distinguer :
Lire la suite…

Conseils de typographie ou d’orthotypographie
Typographe, typographe, qui m’a traité de typographe ? Mais sait-on ce qu’est un typographe ? Ce peut être celui qui agence le texte dans une mise en page d′un journal, d′un magazine, d′un livre ou celui qui conçoit des nouveaux caractères et/ou met au goût du jour les classiques un peu désuets. Les lignes qui suivent s’adressent plus à ceux qui veillent au toilettage et à la mise en forme d’un texte ou d’un écrit qu’à la conception de nouvelles polices de caractères. Lire la suite…

Guide de typographie
Quand et comment abréger, où mettre des capitales, quels caractères choisir, qu’est-ce qu’un sigle, comment utiliser les espaces… Lire la suite…

Les éditions Atelier Perrousseaux

Atelier Perrousseaux éditeur est spécialisée dans :
– les ouvrages de culture typographique et graphique (histoire et technique),
– les ouvrages pratiques de traitements du texte, de l’image et de la mise en pages.

Résumé de règles typographiques
Les « règles typographiques » indiquées ici pour l’impression papier sont conformes à celles définies par l’Imprimerie nationale et détaillées dans : Lexique des règles typographiques en usage à l’Imprimerie nationale. 3e édition. Paris : Imprimerie nationale, 2002. Rappelons que ce n’est pas la norme obligatoire, mais simplement une norme parmi d’autres. Lire la suite…

Orthotypographie
(Extrait de l’avant-propos du site) L’accent circonflexe d’abîme est défendu avec vigueur, c’est bien. On dénie à nos représentants élus le droit de régir la langue, c’est téméraire mais compréhensible. Dans le même temps, on l’accorde à des administrations, parfois à des institutions internationales, qui nous enseignent comment il convient d’abréger tel ou tel mot. Dans le même temps, pour les toponymes et les patronymes chinois, nos dictionnaires et nos journaux suivent les recommandations orthographiques de Beijing (Pékin). On en viendrait aux mains pour le ph de nénuphar, mais on écrit indifféremment : le Jardin des plantes (Mémento typographique de Charles Gouriou, le Petit Robert), le jardin des Plantes (Code typographique de la fédération C.G.C. de la communication) ou le Jardin des Plantes (le Nouveau Petit Robert, le Petit Larousse illustré).
Pour Queneau, « l’orthographe est plus qu’une mauvaise habitude, c’est une vanité. » Peut-être. Mézalor, c’est une vanité sans fierté, une coquetterie négligée.

Les codes typographiques sont là pour recueillir les règles de la composition typographique, mais les codes typographiques sont comme tous les codes, ils vieillissent. Lire la suite…
(Je tiens à remercier Armand pour le lien)

Bibliographie
Lexique des règles typographiques en usage à l’Imprimerie nationale, Paris, Imprimerie nationale, 2002, 198 pages, (ISBN 2-7433-0482-0)
Lacroux, Jean-Pierre, Orthotypographie, orthographe et typographie françaises. Dictionnaire raisonné. Édtions Quintette, Paris, 2007, 372 pages (ISBN 978-2-86850-147-9) – Consultable en ligne ou téléchargeable sur le site dédié.

Vidéo
Et si vous ne le connaissiez pas, je vous recommande de (re-)voir ce sketch de Michel Leeb (Tiens, qu’est-il devenu ?) intitulé « La ponctuation« . Une façon plaisante d’introduire le sujet en classe.

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