Le blog de Philippe Liria

Auteur, formateur, consultant et éditeur de français langue étrangère (FLE)

On a parlé FLE à l’Élysée… à l’occasion des 130 ans de l’Alliance française.

Posted by Philippe Liria sur 27/07/2013

discours_president_hollande_130_af130 ans déjà ! L’Alliance française souffle ses 130 bougies, presque autant que de pays où elle est représentée (137) ! Et elle a fêté cet anniversaire la semaine dernière en compagnie du président de la République. François Hollande a reçu à l’Élysée présidents, directeurs généraux et directeurs des Alliances françaises, venus des quatre coins de la planète pour le Colloque annuel de la Fondation Alliance française qui se tenait à Paris.

Jean-Pierre de Launoit, président de l'Alliance française, et François Hollande, président de la République

Jean-Pierre de Launoit, président de l’Alliance française, et François Hollande, président de la République


À cette occasion, François Hollande a prononcé un discours (intervention-du-president-de-la-republique-lors-de-la-reception-pour-les-130-ans-de-l-alliance-francaise) d’hommage au travail de toutes celles et tous ceux qui par amour de la langue et de la culture françaises poursuivent les trois objectifs initiaux que s’étaient fixés en 1883 les fondateurs de l’Alliance française. Il y avait alors l’objectif de « mettre en œuvre une politique culturelle » bien sûr et celui de « redonner confiance » à la France à l’extérieur « dans ses valeurs, dans ses principes, dans sa culture, dans sa langue », et il y en avait un « pas moins prétentieux » qui était celui du « rayonnement » de la langue française.
Alors, même si j’ai quitté l’Alliance française de Sabadell depuis déjà quelques années, mes activités professionnelles me maintiennent en contact permanent avec ce merveilleux réseau qui tisse des liens bien au-delà du travail. C’est donc avec une certaine émotion que j’écoute et reçois les mots du président de la République rappelant cette belle mission de « faire vivre le français » justement « en donnant des cours, en formant des professeurs ». C’est vrai… et il ne faudrait pas l’oublier ! Si les Alliances françaises ont une offre culturelle merveilleuse qui contribue à la rendre « grande », « majestueuse » et « prestigieuse » pour reprendre les paroles de M. Hollande, c’est parce qu’il y a aussi et surtout des équipes enseignantes qui se donnent à fond – car quand on travaille de 8h du matin à 22h, c’est vraiment se donner à fond ! – à un coût ridicule – car ça ne coûte vraiment pas cher à la France un prof de FLE ! – après avoir pourtant suivi des masters 1 puis 2 et des stages professionnalisants à l’autre bout du monde – « même dans les pays où il y a du désordre » – !
Effectivement, les Alliances françaises dépendent du droit local et le président fait bien de le rappeler. Cependant l’État, puisqu’il est tellement conscient de l’importance de leur mission, ne devrait-il pas en faire un peu plus ? Un peu plus – ce n’est pas trop demander – pour que cette grande armée de porte-paroles de la langue, de la culture et toutes les valeurs que représentent la France cesse d’être, tels des petits soldats de plomb, mobile à souhait et puisse (enfin !) obtenir un statut reconnu et digne.
Je ne sais pas comment techniquement cela est possible, mais je suis sûr qu’il y aurait moins de roulement et plus d’implication de tous ces professionnels du FLE dans le projet des Alliances qui les engagent s’ils ne se sentaient pas simple chair à canon, à l’avenir incertain quand approche la fin de l’année scolaire. Ou de mission car je ne pense pas qu’aux professeurs : il y a aussi tous ces coordinateurs, directeurs des cours, etc. qui s’investissent corps et âme dans de merveilleux projets qui contribuent à mieux faire rayonner l’Alliance et donc tous ces objectifs cités plus haut pour achever, au bout de trois ou quatre ans, la mission qui leur a été confiée sans savoir ce que l’avenir leur réserve. Pourquoi ? Parce que la France, qui les a applaudis et souvent remerciés lors d’une réception, comme celle du 16 juillet dernier à l’Élysée, ne les prend pas vraiment en considération… Quel dommage ! Quel gaspillage ! Réception à l'Élysée
Alors, puisqu’il faut que « ce partenariat soit renforcé » entre institutions, sans pour autant perdre l’autonomie de chacune d’elles, pourquoi ne pas commencer par le côté humain et s’appuyer sur ces forces que sont tous ces professionnels du FLE qui, eux, connaissent vraiment « à l’échelle internationale » le terrain et le public qui fréquente les Alliances ? Dans un moment où le réseau des Alliances se repense, cette force humaine pourrait certainement apporter beaucoup ; elle constitut un véritable atout pour la langue française et sa présence dans le monde.
Et je ne dis pas ça pour retirer du mérite aux diplomates missionnés ça et là, ceux-ci peuvent « toujours servir », comme l’a rappelé Hollande, ni pour mépriser la mission de l’institution que préside « le jeune académicien » qu’est Xavier Darcos, même si on peut légitimement s’interroger sur celle-ci…

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