Le blog de Philippe Liria

Auteur, formateur, consultant et éditeur de français langue étrangère (FLE)

Outils de demain et pratiques d’hier (voire d’avant-hier) ?

Posted by Philippe Liria sur 08/09/2013

La technopédagogie, ce n’est pas qu’un mot mais il faut bien admettre qu’on ne sait pas toujours ce qu’on peut faire avec les technologies liés au numérique pour que celles-ci soient vraiment au service de l’apprentissage. Que ce soit celui des langues ou d’autres matières d’ailleurs. Les outils issus des dernières technologies ont certes fait leur entrée dans la classe. Comme celle de nombreux TNI : entrée souvent remarquable, mais après, présence très discrète au fond de la classe près du radiateur ! Car on ne sait pas s’en servir ou, pis encore, auncun technicien n’est venu l’installer ! Quant à tout ce qui se trouve en ligne, qu’en fait-on vraiment ? Il y a bien entendu des professeurs, et ils sont nombreux, à avoir intégré ces nouveaux outils pour les mettre au service de leurs élèves qui ainsi peuvent bénéficier d’un intéressant système, hybride, qui consiste à combiner le travail en présentiel avec celui qui se fait en ligne. Mais plus nombreux sont ceux qui sont encore réticents, qui observent d’un oeil méfiant ces outils comme s’ils venaient prendre leur place dans la fonction de transmetteur de savoir. Si ma mémoire ne flanche pas, je crois que c’était dans Le dernier des géants (The shootist) que nous voyions une scène où un vieux John Wayne observe une voiture et n’arrive pas à croire que cet engin puisse un jour remplacer le cheval comme moyen de transport. Je crois justement que si nous ne voulons pas que l’enseignant soit un jour relégué au musée de l’education, il doit retirer ses oeillères et s’intéresser de plus près au possibilité des outils qui doivent l’accompagner et non le remplacer dans son rôle. Et le lieu, ne fait pas le rôle : tout ne doit plus se passer uniquement en classe. Tout comme je suis convaincu que tout ne doit pas se passer en ligne. Il nous faut donc apprendre à cohabiter avec ces technologies, et mieux encore, les apprivoiser pour en faire des alliés dans notre mission non pas tant de transmission de savoirs mais plutôt de gestion de ces savoirs, car il ne suffit pas d’accéder à l’information. Encore faut-il savoir la gérer pour la mettre au service de nos besoins.
Nous devons donc dépasser le stade de nos pratiques encore trop ancrées dans le XIXe siècle et les adapter, grâce aux technologies, aux attentes de apprenants d’aujourd’hui. À ce sujet, je vous recommande la lecture d’une interview de Graham Brown-Martin (en anglais), fondateur de Learning Without Frontiers et d’Education Design Labs, et auteur du 3e WISE book.
Il en va de la motivation des apprenants dans la classe. Nous ne pouvons pas continuer à enseigner une langue sur le modèle des années 70 à des élèves qui sont nés avec Internet et y ont presque tous accès à travers le smartphone qu’ils ont dans leur poche. Dans le cadre de l’apprentissage des langues, des propositions existent comme celles que nous trouvons dans L’espace à Zecool qui recense (21 outils technopédagogiques pour l’apprentissage d’une langue).
Nous devons nous interroger sur le rôle que nous voulons donner à ces technologies et à celui que nous voulons avoir, en tant qu’enseignant de français langue étrangère, dans ce paysage éducatif en pleine évolution comme le montre cette infographie que nous propose Educadis, le moteur de recherche des formations en ligne.
infographie
Il ne suffit pas d’en parler, il faut aussi accompagner ce changement. Et une fois de plus, avant de déplorer que les TNI dorment dans un coin de la salle de classe, que les plateformes qui ont coûté tant d’argent à être mise en place ne soient des déserts virtuels ou que les tablettes et smartphones ne servent aux élèves qu’à se connecter à Facebook pendant l’heure de cours, il faut former les enseignants : les sensibiliser à ces outils, leur montrer tout ce qu’on peut faire avec, les laisser pratiquer et prendre le temps de découvrir tout ce qu’ils peuvent faire avec. Or, il suffit d’écouter un peu ce qui se dit dans les couloirs de établissements – quels qu’ils soient – pour comprendre que c’est là que le bât blesse. Si nous voulons vraiment que les enseignants utilisent les nouveaux outils et qu’en plus, et surtout, ceux-ci permettent d’apporter une nouvelle dynamique dans la classe de langue pour que celle-ci atteigne son but : faire que les élèves apprennent à utiliser la langue et la culture (qui va avec). Sinon, autant en rester à la craie et au tableau noir !

*À l’occasion de la Rencontre FLE de Barcelone qui se tiendra les 22 et 23 novembre prochains, une réflexion aura lieu sur la place des TIC dans l’enseignement/apprentissage des langues.
** Je vous renvoie aussi à la lecture de ce billet sur l’intégration des technologies dans la classe.

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :