Le blog de Philippe Liria

Auteur, formateur, consultant et éditeur de français langue étrangère (FLE)

Archive for décembre 2013

Nouvelle publication: Interkomprehension in Theorie und Praxis

Posted by Philippe Liria sur 31/12/2013

Christian Ollivier

interkomprehension_in_theorie_und_praxisA tous ceux et celles qui s’intéressent à l’intercompréhension, je signale la parution d’un ouvrage que j’ai co-écrit avec Margareta Strasser (univ. de Salzburg) dans le cadre d’un projet bilatéral franco-autrichien.

L’ouvrage comporte une partie théorique présentant un travail épistémologique sur l’intercompréhension et diverses approches didactiques présentes dans les projets intercompréhensionnistes. Une partie plus pratique propose des exemples de mise en oeuvre d’une didactique de l’intercompréhension.

 

 

Voici le sommaire traduit en français:

1. Introduction
2. Qu’est-ce que l’intercompréhension ?
2.1 De la difficulté de définir l’intercompréhension
2.2 Origines du concept
2.3 Le phénomène intercompréhension
2.4 Contexte politique
2.5 Intercompréhension et didactique du plurilinguisme
2.6 Méthodologie
2.7 Définition de l’intercompréhension
2.7.1 Perspectives complémentaires
2.7.2 Tensions épistémologiques
2.7.3 Langues
2.7.4 Apprentissage ou non ? IC spontanée ou fruit d’un apprentissage ?
2.7.5 Langues de production
2.8 Résumé – Définitions
2.8.1 Intercompréhension réceptive
2.8.2 Intercompréhension interactive
2.9 Perspectives de recherche
2.9.1 Stratégies de production…

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Les tablettes en classe… La réflexion continue

Posted by Philippe Liria sur 22/12/2013

(ce billet est une mise à jour de celui publié en juillet 2013)

marcel_lebrunJ’ai très récemment publié un billet sur l’entrée de la tablette dans nos cours de langue tout en invitant à la réflexion sur leur place dans l’enseignement/apprentissage mais pas seulement. En effet, il s’agissait aussi de poser quelques questions autour de nos pratiques de classe : si celles-ci ne changent pas, nous aurons beau changer et moderniser les outils, cela ne servira pas à grand-chose. Il existe apparemment un consensus sur ce point comme le montre deux documents que j’ai eu sous les yeux cette semaine et que je souhaite partager avec mes lecteurs.

Le premier est une vidéo diffusée sur la chaine youtube de Ludoviamagazine, dans laquelle Marcel Lebrun (si vous ne le connaissez pas, rendez-vous sur son blog) évoque la nécessité de changer les pratiques d’enseignement à partir d’une réflexion autour de la technopédagogie.

Le deuxième est un billet particulièrement intéressant de Maéva Deshayes sur « l’émergence d’un questionnement au sujet des utilisations de tablettes tactiles dans le cadre d’une institution de formation privée berlinoise » où l’auteure enseigne le Français Langue Étrangère. Dans ce billet publié dans le magazine en ligne Adjectif, consacré à la place des technologies dans l’éducation, elle propose « de partager une réflexion modeste, basée sur des observations et des échanges plutôt informels, au sujet de l’insertion de ces appareils dans son activité et celle de ses collègues. » Récit de pratiques de classe, cette réflexion débouche sur une conclusion qui nous donne des pistes sur l’utilité de la tablette en classe de langue. Support, la tablette permet de développer différentes compétences qui mobiliseront les apprentissages visuels, auditifs, kinesthétiques… Bref, comme son auteure le souligne, il s’agit d’un outil « qui permet une diversification de l’approche pédagogique extrêmement fructueuse ». Bien entendu, reste la question de la formation des enseignants. Je soulève souvent cette question mais elle est bien au centre du développement de cet outil : nous ne pouvons compter que sur l’auto-formation et je rejoins entièrement Maéva Deshayes quand elle écrit qu’il « serait aussi judicieux de développer des formations spécifiques pour ces derniers. »

Juan Lopez Valcarcel - brief history of how technology changed educationFinalement, et pour aller au-delà de cette réflexion sur l’usage de la tablette, il est temps que nous prenions le temps d’analayser la mise en place des nouveaux outils liés à l’apprentissage. Ce qui est certains, c’est que ceux-ci contribuent à une nouvelle diffusion des savoirs sans passer par les circuits traditionnels et formels qui continuent à dominer le monde. C’est un peu ce que cherche à expliquer Juan López Valcárcel, directeur de développement numérique chez Pearson (Education Technology, Always Learning), dans une vidéo où apparaissent de nombreux exemples d’évolution où, là encore, sont en étroite relation apprentissage et technologie, que ce soit dans un village d’Éthiopie (cf. article Rue 89), dans les écoles maternelles de Corée du sud, sur les MOOC et dans les réseaux sociaux. Mais attention, il ne s’agit pas d’applaudir toutes ces initiatives sans y poser un oeil critique car laisser aux mains de la technologie l’acquisition des savoirs, c’est peut-être aussi accorder une trop grande place aux fabricants de ces noouveaux outils. Or, il faudrait aussi qu’on prenne le temps d’analyser les effets réels sur l’apprentissage car, comme le rappelait Lucien Marboeuf dans un artcile critique sur cette expérience éthiopienne, « savoir l’alphabet n’est pas savoir lire ».

Pour aller plus loin :
Le café pédagogique nous propose un dossier très intéressant sur les tablettes : La tablette fait son entrée à l’école…

Ce sont six billets à lire pour mieux comprendre les enjeux des tablettes en classe. J’en reproduis le chapeau et vous invite vivement à les lire, même s’il ne concerne pas directement le domaine de l’enseignement des langues et du FLE, je crois qu’il est important de voir ce qui se fait ici et là afin de retenir les meilleures idées pour améliorer le cours de français.

La tablette fait son entrée à l’école … Une frénésie justifiée ? par Michèle Drechsler (publié le 4/11/2013)

Nous assistons actuellement à une frénésie mondiale autour de l’usage de la tablette à l’école. Selon le journal Le Monde, en matière d’équipement des écoles, les établissements américains ont déjà dépensé 5 milliards de dollars. La Grande-Bretagne, elle, a dépensé 194 millions de livres (226 millions d’euros) pour offrir 300 000 machines à ses élèves. De son côté, le District scolaire de Los Angeles, a signé un contrat de 30 millions de dollars avec Apple pour équiper 47 de ses écoles primaires d’iPad cet automne. Depuis cette rentrée scolaire, la Thaïlande a doté chaque élève d’un ordinateur à l’entrée du CP et un million d’enfants sont équipés d’une ardoise tactile qui est devenue l’instrument de base du cartable de l’écolier. Si 80 % des Français jugent l’utilisation des tablettes tactiles à l’école utile, selon le 7e baromètre trimestriel de l’économie numérique de la Chaire économique de l’université Paris-Dauphine, cette frénésie n’est-elle qu’un effet de mode ou bien la tablette doit-elle s’imposer à l’école pour devenir désormais un outil personnel d’apprentissage incontournable ? Apprend-on mieux avec une tablette ?

Le ministère réfléchit à l’écosystème des tablettes par François Jarraud (publié le 5/11/2013)

Que pense le ministère de l’introduction des tablettes en classe ? Habitué des grands plans numériques, le système éducatif lève les yeux automatiquement vers lui pour y lire l’avenir. Mais la rue de Grenelle fait profil bas. L’heure n’est plus aux grands plans nationaux mais au dialogue avec les collectivités territoriales. Ce qui n’empêche pas le ministère de cadrer la réflexion sur les usages et les choix.

Tablettes : Des couteaux suisses dans un collège breton , entretien avec Jacques-Olivier Martin, enseignant au collège Leonard de Vinci à Saint-Brieuc. Propos recueillis par Jean-Michel Le Baut

Jacques-Olivier Martin enseigne le français au collège Leonard de Vinci à Saint-Brieuc, un des 23 « collèges connectés » de France. Il est aussi formateur aux usages pédagogiques du numérique dans le réseau « Résentice » de l’académie de Rennes. Il occupe ainsi un poste privilégié pour éclairer les spécificités, les intérêts, les difficultés d’un enseignement réinventé par le numérique en général, par les tablettes en particulier, définies comme des « couteaux suisses pédagogiques ». Renouveler les outils, reconfigurer les rôles, reconstruire les espaces, redonner du sens : les défis sont importants, car selon lui susceptibles de ressusciter un « enthousiasme propice à l’apprentissage ».

Les tablettes en situation de handicap . Propos recueillis par Ange Ansour

A l’heure où les outils et pratiques numériques sont appelés à transformer nos classes, David Hébert, professeur des écoles et maître spécialisé E, s’interroge sur leur apport pour les élèves handicapés qui lui sont confiés. La surface tactile et fluide des Ipads serait-elle un support privilégié des apprentissages pour les élèves en situation d’handicap, notamment praxique ?

Les tablettes en lettres : panorama d’usages , un très riche « tour d’horizon » réalisé par Jean-Michel Le Baut (publié le 8/11/2013)

Lecture, écriture, langue, histoire des arts … : aucun domaine de l’enseignement du français ne semble devoir rester étranger aux tablettes. Selon les enseignants qui l’utilisent pour réinventer leur pédagogie, cette machine à lire-écrire-publier semble avoir des vertus diverses, notamment de mettre les élèves en activité, voire en mouvement, de générer des apprentissages plus personnalisés ou plus collaboratifs, de renforcer la créativité et la motivation. Petit tour d’horizon des expérimentations pour susciter des envies, piocher des idées, découvrir des applications et des usages possibles …

Les tablettes numériques expérimentées au CDI, par Géraldine Sala

De nombreuses académies ont lancé des projets liés à l’usage des tablettes numériques, afin de faciliter l’intégration des ressources numériques dans les pratiques pédagogiques. Les professeurs documentalistes, en tant que responsables des centres de ressources et d’accès à l’information, sont particulièrement impliqués dans le développement de ces nouveaux supports de lecture.

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Apprentissage et numérique… Quels rapports entretenir ?

Posted by Philippe Liria sur 21/12/2013

classe_numerique« Les nouvelles formes d’apprentissage ne sont (…) pas à chercher dans les technologies, mais dans les transformations du système pédagogique qu’elles rendent possibles. » Cette citation ne m’appartient pas, je l’ai tout simplement copiée d’un article de Dominique Cardon. Apprendre/désapprendre. Sur la ligne de crête des apprentissages numériques est un article qui sans aucun doute contribue à la réflexion que nous devons mener sur le rapport, notre rapport, entre technologie et apprentissage. Il s’agit déjà de remettre les choses à leur place, un peu comme le préconise aussi Karsenti. Et Cardon de nous rappeler que la véritable avancée vient de notre meilleure connaissance du cerveau, notamment sur ce qui se passe dans nos têtes quand nous apprenons. Mais ce n’est pas tout, il faut aussi s’interroger sur la façon de gérer les savoirs sans se perdre dans le labyrinthe technologique. Libérer les savoirs plus rudimentaires de la place qu’ils occupent dans nos esprits, c’est bien et ça nous permet de les occuper à des tâches cognitives supérieures.
Dans l’enseignement, cela doit entraîner des changements dans le rôle même qui est le nôtre : nous devons cesser d’être les « maître » pour devenir les « guide ». Cardon nous parle d’une « pédagogie de la guidance », qui va contribuer à ce que les élèves développent des compétences pour ‘apprendre à apprendre’. Mission complexe qui passe nécessairement par la formation des professionnels de l’enseignement afin qu’ils puissent intégrer les trois axes sur lesquels repose cette pédagogie :
– l’individualisation et la personnalisation des apprentissages ;
– la coopération et l’interaction ;
– la motivation.

Mais y parvenons-nous ? Savons-nous changer nos pratiques d’enseignement pour les adapter aux nouveaux schémas d’apprentissage ? Les institutions qui nous encadrent en sont-elles elles-mêmes conscientes ? Savent-elles elles aussi intégrer ces paramètres ? Et puis, il y a les apprenants qui participent eux-mêmes de leur éducation. Accéder à toutes ces technologies ne les rend pas forcément plus libres ni plus critiques ; or, ce devrait être le véritable objectif de cette « société de la connaissance » favorisée par les technologies du numérique. Surtout si le système ne les aide pas à mieux maitriser l’outil dans le sens de savoir fabriquer du numérique car, conclut Cardon, « apprendre à entrer dans la fabrique du numérique, se glisser derrière les interfaces lisses et l’expérience utilisateur contrôlé, constitue une indispensable compétence pour former des citoyens à la fois critiques et créatifs. »

Le billet de Dominique Cardon introduit le forum sur les Nouvelles formes d’apprentissage, proposé par Digital Society Forum et il est complété par trois hyperliens d’intérêt (dont je reprends le chapeau) :

Comment notre cerveau se débrouille-t-il avec les TICE ?, par David Julien Rahmil
Apprendre une information via le web, est-ce la même chose que de l’apprendre dans un livre ou de la bouche d’une personne ? Pas vraiment, si on en croit les différentes études menées sur les processus d’apprentissage et les nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication pour l’Enseignement.

Les TICE, qu’est-ce que ça change ?, par Julia Gualtieri
L’éducation 2.0 ou le rêve d’un nouvel humanisme ! Pendant longtemps, la modernisation numérique de l’enseignement supérieur s’est réduite à multiplier les vagues d’équipement en outils informatiques. Constatant aujourd’hui que ces outils n’influencent ni les pratiques ni les résultats, il semble désormais évident que c’est à une refondation de la pédagogie que l’éducation doit se confronter.
Ce billet renvoie vers d’autres articles sur le rôle de l’enseignant et de l’apprenant, l’évaluation, la pédagogie inversée…

Qu’est-ce qu’apprendre avec le numérique ?, par David Julien Rahmil
Si les ordinateurs ont enfin pénétré dans les salles de classe, la révolution numérique commence à peine à toucher l’enseignement.

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Formation à la carte heuristique pour les professeurs de langues

Posted by Philippe Liria sur 14/12/2013

Formation à la carte heuristique pour les professeurs de langues.

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Tablette numérique à l’école : un rapport québécois à ne pas manquer.

Posted by Philippe Liria sur 11/12/2013

rapport_iPad_Karsenti-Fievez_FR_coverUn rapport très intéressant nous arrive du Québec : il s’agit des résultats et de l’analyse sur l’usage de l’iPad dans les écoles québécoises*. Thierry Karsenti et Aurélien Fievez nous livrent dans leur rapport une étude particulièrement complète de la présence des tablettes tactiles en classe. Ils ont enquêté auprès de 6057 élèves et plus de 300 enseignants pour savoir ce qu’ils font de cet outil technologique qui en quelques années semble être devenu incontournable dans l’enseignement/apprentissage.
Les auteurs analysent les nombreux avantages supposés mais aussi bien réels de l’outil sans manquer aussi de mettre le doigt sur les inconvénients, ou plutôt les défis comme ils disent, qu’il présente notamment dans l’amélioration des usages ou des supports en permettant un meilleur usage – ex. : les manuels numériques fortement utilisés mais sans doute peu adaptés – ou dans la nécessité de renforcer la formation des enseignants.
Publié le 9 décembre, vous pouvez le télécharger ici:
en français : rapport_iPad_Karsenti-Fievez_FR ou en anglais : iPad_report_Karsenti-Fievez_EN, ou le retrouver en ligne.

*Karsenti, T. et Fievez, A. (2013). L’iPad à l’école: usages, avantages et dé défis : résultats d’une enquête auprès de 6057 élèves et 302 enseignants du Québec (Canada). Montréal, QC : CRIFPE.

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Une carte heuristique pour la grammaire

Posted by Philippe Liria sur 08/12/2013

Et la grammaire dans tout ça ? (Carte heuristique, auteure : Marion Charreau)

Et la grammaire dans tout ça ? (Carte heuristique, auteure : M. Charreau)

Territoires des langues, le blog qu’anime Marion Charreau, propose un superbe compte rendu visuel de la Conférence sur la grammaire que Monique Denyer a prononcée à l’occasion de la Rencontre FLE Barcelone 2013.

Et la grammaire dans tout ça ? par Monique Denyer.

Intéressante et très pertinente réflexion sur la grammaire et la place que nous lui donnons dans nos cours…

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La ludification en FLE

Posted by Philippe Liria sur 01/12/2013

Je me souviens encore d’un article lu dans le quotidien catalan La Vanguardia au sujet des Jeux sérieux (Serious games / serious plays), c’était en juin 2009 (Juegos serios, en espagnol). Le principe m’avait alors paru intéressant mais à l’époque, je n’imaginais pas la dimension que ces jeux sérieux allaient prendre, grâce notamment au développement des réseaux sociaux. Le sujet m’intéresse mais je le connais peu. J’ai donc demandé à une collègue et amie, Fatiha Chahi, de m’écrire un billet qui présente la ludification. Fatiha Chahi a été enseignante FLE et conceptrice de contenus sur plateforme. Spécialiste du numérique, elle est actuellement éditrice chez Le Bla-Lab.

fatiha_chahiBillet écrit par Fatiha Chahi, 01 décembre 2013.

La ludification est un phénomène qui prend de l’ampleur dans différents secteurs de notre société. C’est une tendance que l’on retrouve aussi bien dans le marketing que dans le monde de l’entreprise et du management. Le secteur de l’éducation est aussi concerné dont le FLE, qui n’est pas à l’écart de cette évolution.
Certains d’entre vous se demandent sûrement de quoi il s’agit. « Ludification » est le terme choisi en français pour traduire le mot anglais « gamification », de « game » (jeu), nom sous lequel on connaît aussi ce phénomène. On parle aussi de Social gaming. La ludification n’est pas toute jeune, elle remonte en fait au début des années 70. Il fallait s’y attendre, c’est l’armée américaine qui l’a développée. Ce n’est pourtant que depuis les premières années de ce siècle qu’elle a pris de l’ampleur avec la généralisation d’Internet et plus encore des réseaux sociaux. Comme son nom l’indique, il s’agit de rendre ludique quelque chose qui a priori ne l’est pas. C’est pourquoi on parle d’ailleurs aussi de « jeux sérieux ». Et cette transposition doit permettre d’améliorer des processus de travail mais aussi, et c’est ce qui nous intéresse, d’acquisition de connaissances et de savoir-faire.
Les points essentiels empruntés au jeu vidéo sont les suivants :
– L’affichage d’une barre de progression
– La présence de tableaux de scores.
– La progression par niveaux de difficulté
– L’interface graphique empruntée aux jeux vidéo
– L’obtention d’un trophée, d’un badge, d’une récompense

Un outil marketing au service de l’entreprise
Avant de voir ce qui ce fait dans le monde de l’éducation, observons ce qui se passe dans celui de l’entreprise puisque c’est là que la ludification est certainement le plus présent, véritable outil de marketing interne et externe. Des entreprises, comme SAP, l’utilisent dans le cadre du management, pour sensibiliser leurs employés à l’écologie et améliorer leur responsabilité sociale. En effet, les employés qui s’impliquent dans des projets écologiques gagnent des seeds (graines). Il y a un classement des meilleurs scores, interne à l’entreprise, mettant en concurrence les différents départements de l’organisation. On retrouve bien ici la dynamique du jeu.
Il en va de même avec les voyages et séjours organisés par les entreprises (comme AXA par exemple) pour récompenser les meilleures performances et les meilleurs résultats de l’année parmi les employés.

Ribbon hero 2

Ribbon hero 2

Microsoft propose de son côté Ribbon Hero 2, un jeu permettant aux utilisateurs d’apprendre à utiliser au mieux la suite Office. L’interface est donc gamifiée et le « joueur » (en général un employé ayant un réel besoin et non pas une réelle envie) remplit des missions qui lui permettent de passer au niveau supérieur. À chaque mission, il acquiert de nouvelles compétences dans l’utilisation de l’outil.
De nombreuses entreprises utilisent la ludification dans leurs campagnes publicitaires. Les réseaux sociaux amplifient le phénomène et permettent un véritable marketing viral pour les marques.
Nike possède ainsi une application Facebook qui permet d’échanger des baskets virtuelles, de retracer l’histoire de la marque à travers ses produits phares et d’observer en temps réel les échanges de baskets à travers le monde. La collection du joueur est virtuelle mais l’effet marketing est lui, bien réel.

Si la ludification sert l’entreprise, qu’en est-il des employés ?

L'Oréal recrute à travers le jeu Reveal.

L’Oréal recrute à travers le jeu Reveal.


Depuis 2011, L’Oréal recrute ses stagiaires grâce à l’un de ces jeux : Reveal, une application à partir de laquelle les candidats évoluent dans l’univers de l’entreprise et doivent résoudre des problèmes pour gagner des points et passer ainsi au niveau suivant. Pour y parvenir, ils doivent faire preuve de rapidité et prouver, à travers des jeux, leur bonne connaissance de l’univers de la marque. Ils augmentent aussi leur chance en captant de nouveaux clients potentiels à travers les réseaux sociaux. Pour L’Oréal, le bénéfice est double : recruter des stagiaires et communiquer (en faisant le buzz).

Et dans l’enseignement des langues ?
Des jeux sérieux existent dans le domaine de l’enseignement-apprentissage des langues vivantes:

Le jeu Thélème est présenté sur sa page web comme un « jeu en ligne massivement multi-participants. Les joueurs sont immergés dans un univers visuel interactif dans lequel ils réalisent des quêtes ludiques dans la langue d’apprentissage. Ils y rencontrent d’autres participants, allophones ou francophones, avec lesquels ils peuvent s’allier, combattre, échanger, négocier… et le faire en français ». Le jeu allie l’aspect ludique, l’activité sociale ainsi que la pratique et l’apprentissage du français.

"Speak French or die" est le slogan de Thélème

« Speak French or die » est le slogan de Thélème


Se présentant comme le premier véritable jeu sérieux pour apprendre le français, Les Éonautes est un autre jeu de cette catégorie, conçu par la même équipe, destiné aux apprenants de FLE (la communauté des joueurs de Thélème étant plus ouverte et large), il transporte le joueur dans différentes époques de l’histoire de France, celui-ci part à la recherche d’informations, répond à des énigmes et interagit avec des avatars.
Les éonautes - vidéo de présentation

Les éonautes – vidéo de présentation


Il existe d’autres outils qui ludifient la classe tels que ClassDojo. L’idée est toujours de se servir des mécaniques du jeu à des fins pédagogiques. Le logiciel de gestion de comportements se propose d’accroître l’engagement des élèves à travers un système de récompenses (sous forme de points et de messages). Les apprenants ont tous un profil, ils reçoivent des feedbacks positifs ou négatifs (pour la participation, le travail de groupe, le bavardage…).
Babble planet offre un univers graphique ludique et esthétique. Cet outil français sert à l’apprentissage de l’anglais pour les enfants et offre des feedbacks instantanés en fonction de la prononciation (l’image du mot prononcé est plus ou moins nette selon la qualité de la prononciation de l’enfant).

Pour les cours en présentiel, il existe également beaucoup d’applications ludiques permettant d’enrichir le cours de langue. Beaucoup sont anglais mais peuvent s’utiliser en classe de FLE. C’est le cas de l’application Triptico (du britannique David Riley) offrant une batterie de petits outils allant du compteur de points au chronomètre en passant par des outils de gestion de groupes et d’autres applications pour créer de véritables activités pédagogiques. Le site Classtools.net offre la possibilité de créer des activités pour travailler différentes compétences de façon ludique, allant du jeu d’arcade à l’utilisation des QRCode.

Ne pas perdre de vue les objectifs d’enseignement/apprentissage
Tous ces outils sont fascinants et il n’est pas rare de voir le côté attractif et motivant qu’ils dégagent lorsqu’on les utilise dans nos classes, le résultat est encore plus probant avec ladite Génération Y. Ils peuvent être un véritable adjuvant dans notre enseignement car ils offrent la possibilité de proposer une autre perspective au moment de travailler diverses compétences. Bien entendu, il faut être conscient qu’on ne va pas ludifier l’éducation mais simplement permettre aux apprenants et aux enseignants, de façon ponctuelle, de travailler différemment. Il faut faire attention à ne pas oublier les objectifs réels de l’apprentissage au profit du jeu. L’éducation entièrement ludifiée ne me semble pas souhaitable mais le fait d’allier le jeu et les technologies à une véritable réflexion pédagogique peut permettre de faire naître des outils améliorant l’enseignement-apprentissage des langues vivantes et du FLE en particulier.

*Sources : Une partie de l’information sur la ludification dans le monde de l’entreprise contenue dans ce billet provient du site gamificator.

Pour aller plus loin :

The serious side of playing games – learning world (en anglais)
La même chose mais sous-titré en français.
Les jeux sérieux : s’investir dans de nouvelles pratiques
Quel(s) type(s) de jeux sérieux pour la formation ?
Les Serious games, ou la pédagogie par le jeu
Serious game et apprentissage collaboratif : savoir-faire et savoir devenir
Le pearltree des jeux sérieux d’Alain Bolli

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