Le blog de Philippe Liria

Auteur, formateur, consultant et éditeur de français langue étrangère (FLE)

Que produire ne soit pas qu’un complément !

Posted by Philippe Liria sur 16/03/2014

apprendre_tabletteVous connaissez certainement dans le Café pédagogique les chroniques de Bruno Devauchelle qui propose « régulièrement d’étudier, d’interroger un aspect de la vie de l’Ecole sous le regard du numérique« . Véritables réflexions sur la place du numérique à l’école, je vous les recommande vivement pour interroger nos pratiques à la lumière de ces nouveaux objets qui sont entrés dans notre quotidien, comme la tablette par exemple, et que nous ne pouvons ignorer pour faire avancer l’enseignement/apprentissage.
Dans cette chronique de mars, Bruno Devauchelle se demande si nous devrions pas explorer de nouvelles façons d’apprendre en produisant grâce au numérique. Une réflexion intéressante, que nous mettons déjà en avant dans l’actionnel appliqué au FLE, mais qui souvent est frustré par des pratiques évaluatives demeurées traditionnelles.
En effet, dans l’apprentissage du français, nous continuons à mettre en avant la communication et ne considérons la production sous forme de « tâche » ou de « projet » que comme un complément (il suffit de voir comment certains tenants du « communicatif » toisent de haut les propositions pédagogiques issues de la réflexion autour d’une approche par les tâches dans le cadre de l’actionnel). Bien sûr, produire dans une langue étrangère et que cela ait du sens, ce n’est pas simple mais les outils que nous avons maintenant à portée de main ne contribuent-ils pas à ce que cela soit véritablement possible ? Nous devons aller au-delà de nos productions délimitées par les compétences que nous évaluons (réception / production écrite / orale).
Bruno Devauchelle a raison de rappeler que ce n’est pas une obligation de se limiter à ces compétences. D’autres segments de l’enseignement, notamment celui qui prépare aux métiers manuels, ont pris en compte l’élaboration d’un produit. C’est certainement ce que cherche à explorer la démarche actionnelle mais elle est souvent frustrée, voire remise en cause.apprendre_tablette_02 Dommage, car c’est en produisant que les élèves donnent sens à ce qu’ils apprennent, quel que soit leur âge. Et créer un produit de qualité avec le numérique, comme le souligne Devauchelle, n’est pas une exigence scolaire mais sociale qui va motiver à ce que le résultat soit une combinaison entre le fond et la forme. Même si cette chronique est orientée vers le monde scolaire plus traditionnel, la réflexion doit absolument être élargie à l’ensemble de nos pratiques d’enseignement et d’évaluation.

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Une Réponse to “Que produire ne soit pas qu’un complément !”

  1. Fred - FLQ said

    Bonjour et merci pour le partage de cette chronique très intéressante, j’étais totalement passé à côté.

    Je suis très content de voir qu’une telle réflexion est en cours et elle me paraît en effet aller totalement dans le sens de l’actionnel tel qu’on le met en place dans le FLE. J’en profite d’ailleurs pour vous remercier pour le formidable travail que vous faites à Maison des Langues : j’ai du mal à me passer de vos manuels et c’est toujours une grande source de frustration que d’apprendre que tel ou tel centre où je vais travailler n’utilise pas vos ouvrages.

    Pour en revenir au thème, et en espérant ne pas faire fausse route, je pense être allé dans la direction d’un enseignement dont la production finale est « l’élaboration d’un produit de qualité avec le numérique » avec le magazine (papier) / webzine Ah bon ?! monté à l’Institut Français du Japon. Le magazine (dont les articles viennent de tout l’Institut) est en effet doublé d’un cours spécifique visant à l’apprentissage journalistique en FLE. Techniques photographiques, introduction au design, etc. sont un exemple des thèmes abordés dans le « cours/atelier » et pour lesquels ont été créées des fiches pédagogiques spécifiques. Celles-ci sont créées autour d’un seul principe : donner à la langue un statut d’outil, un « simple » moyen donc permettant d’arriver à une finalité plus large et plus concrète. Cela n’empêche bien entendu pas d’étudier de nombreux points spécifiques à la langue et d’avoir un cursus linguistique progressif (mais est-il seulement besoin de vous le préciser… 😉 ). Ma plus grande problématique est surtout l’évaluation comme vous le pointez si bien dans votre article. D’autant plus difficile de l’aborder qu’il faut avoir des collègues ayant ou comprenant cette dynamique d’enseignement pour pouvoir y réfléchir à plusieurs… Si vous avez des pistes, je suis preneur !

    Pour finir, j’ajouterai que je suis en contact avec Franc-Parler pour présenter le projet, notamment car je souhaiterais le développer et faire un appel à collaboration pour en faire un manuel, libre et gratuit, en me servant des fiches déjà créées comme base. Si le manuel voit le jour et même s’il est « libre », une édition papier (payante forcément) pourrait bien entendu voir le jour et nécessiterait un éditeur… Je n’en dis pas plus, inutile de mettre la charrue avant les bœufs comme on dit, mais le message est lancé.

    En espérant avoir le plaisir d’en reparler un jour avec vous,

    Frédéric

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