Le blog de Philippe Liria

Auteur, formateur, consultant et éditeur de français langue étrangère (FLE)

Vous avez dit « création » ?

Posted by Philippe Liria sur 26/09/2015

Voilà déjà quelque temps que je suis L’espace à Zecool, un blog animé par Jacques Cool, un « technopédagogue par choix » comme il se définit lui-même. Il mène une veille permanente (et passionnée) sur tout ce qui se passe autour de la pédagogie et du numérique (suivez-le sur Twitter : @zecool).
Pris par la rentrée, je n’avais pas encore eu le temps de lire ses derniers articles et je voulais surtout vous en recommander un qu’il a consacré à la nécessité d’associer la création et l’innovation à l’apprentissage (Rentrée scolaire 2015 : Perspectives nouvelles, anciennes, entremêlées…). Une réflexion indispensable (je vous renvoie à cet article sur L’élément de Ken Robinson) en cette période de bonnes intentions pour une partie d’entre nous qui reprenons le chemin de l’école pour que cette année soit différente et que nous ne tombions pas dans la routine ou dans cette « mécanique » dont nous parle Jacques Cool. Mais faire changer les choses n’est pas simple, on le sait ! Il suffit de voir la bousculade qu’il décrit dans un magasin de fournitures scolaires pour comprendre que les outils des élèves ressemblent plus à ceux que nos parents nous achetaient quand nous allions à l’école qu’à ceux qui les aideraient à mieux préparer l’avenir. Cela ne veut pas dire qu’il faille se laisser engloutir par le « tout-technologique » ou le « tout-numérique » mais nous n’avons pas le droit non plus de l’ignorer. L’école, dans un sens large qui englobe tous les lieux d’apprentissage, doit savoir s’adapter à l’environnement et ne peut détourner le regard face au changement de ce monde. Le smartphone n’est pas un gadget et la tablette n’est pas un caprice ! Rendons-les plus accessibles mais n’en limitons pas l’usage sous prétexte que tout le monde n’en a pas. Au contraire d’ailleurs, ces outils peuvent contribuer (et doivent le faire) à une meilleure diffusion des connaissances et par voie de conséquence à plus d’égalité, à condition d’apprendre à en gérer les contenus – d’où la nécessité aussi d’avoir des enseignants compétents pour en enseigner les virtues et les défauts.
Cela implique que nous ne fassions plus les choses comme avant, que nous ne reprenions pas les cours de l’année dernière qui ressemblaient comme deux gouttes à ceux de la précédente et que nous sachions donc intégrer non seulement des outils « nouveaux » (tablettes, smartphones) mais aussi et surtout des pédagogies nouvelles. Et Jacques Cool de citer une excellente illustration de Sylvia Duckworth qui synthétise à merveille quelques idées simples et novatrices à la fois pour que la classe soit différente. Il s’agit de 15 choses qu’un professeur devrait essayer dans sa classe (créer un site Internet, créer un portfolio numérique, créer un compte Twitter et permettre des connections internationales, utilser Google forms, etc.). Rien ne garantit que ça marche mais il faut essayer. Et si ça prend, cela peut vraiment créer une nouvelle dynamique de classe. L’autre jour par exemple, lors d’une formation que j’animais dans une université d’Aguascalientes (Mexique), de jeunes enseignantes de FLE ont décrit comment elles avaient introduit dans leurs cours le principe de la classe inversée. Un vrai succès d’après ce qu’elles en disaient qui leur permet de consacrer plus de temps à la réalisation de projets en classe. Or, l’organisation de projets – qui sont pourtant le juste reflet de la réalité (coopération/collaboration avec l’autre, prise d’initiative, créativité/originalité, etc.) – passe souvent à la trappe par manque de temps car il faut préparer les famauses évaluations. Comme si le succès dans la réalisation d’un projet n’était pas en soi la meilleure évaluation ! Mais c’est un autre débat…

Origen: Rentrée scolaire 2015 : Perspectives nouvelles, anciennes, entremêlées…

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