Le blog de Philippe Liria

Auteur, formateur, consultant et éditeur de français langue étrangère (FLE)

Archive for mars 2020

Liens utiles et ressources pour le soutien et l’accompagnement des élèves et des enseignants (COVID-19)

Posted by Philippe Liria sur 24/03/2020

(Source : photo par Andrew Neal, en libre accès, via Unsplash) * Note –> Depuis quelques jours (impacts de la #COVID-19 sur le monde de l’éducation),…

Liens utiles et ressources pour le soutien et l’accompagnement des élèves et des enseignants (COVID-19)

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Mobilisation en FLE par temps de coronavirus : réinventer la classe et se réinventer

Posted by Philippe Liria sur 16/03/2020

Fête de la Francophonie 2020 reportée à Lisbonne pour cause de coronavirus.

C’est la Fête de la Francophonie mais, avouons-le, le coeur n’y est pas vraiment. Nous traversons toutes et tous de drôles de temps, inconnus pour la plupart et incertains pour tous. La mondialisation physique, celle qui devrait nous permettre d’aller librement d’un lieu à un autre sur cette planète est soudainement remise en cause par un virus qui n’en a rien à faire de ces frontières que nous nous sommes inventées. Un virus contre lequel nous ne savons pas vraiment lutter. Il est plus simple en Europe de freiner à coups de gaz lacrymogène voire à coups de feu réel les réfugiés syriens, pakistanais, sénégalais et d’ailleurs qui fuient la guerre et la misère que de se mettre d’accord pour mobiliser tous les moyens nécessaires permettant d’en finir avec COVID-19

Ce coup de frein à la circulation des personnes dans le monde entier est en train de favoriser l’autre mondialisation, celle que nous permet internet. Fortement critiqué pourtant, il n’y encore pas si longtemps par tout un pan de la population qui reprochait le manque de contact social de l’outil. Voilà qu’en ces moments de confinement obligatoire, internet permet de ne pas nous retrouver dans l’isolement le plus complet. Non seulement pour recevoir des nouvelles de l’extérieur, des nouvelles du monde entier, que nous devons, certes, filtrer pour ne pas tomber dans le piège des fake news mais qui sont toujours mieux que les infos censurées du temps où seul les canaux officiels – souvent ceux de l’Etat – prétendaient nous dire les choses.

L’apprentissage en quarantaine mondiale

Comme des dominos tombant l’un après l’autre, les pays ont baissé le rideau dans l’espoir d’en finir avec le coronavirus. C’est dans ce contexte de crise sanitaire mondiale que les lieux d’enseignement en présentiel d’un peu partout sur cette planète se sont soudain retrouvés fermés, comme à peu près tous les autres espaces naturels de rencontre et de partage – car l’école dans son sens général en est bel et bien un -. Tout à coup, on voit des milliers et milliers de professionnels de l’enseignement se retourner, parfois malgré eux, vers internet et les possibilités – et même les nouvelles opportunités – que leur offre la grande Toile, souvent si décriée par beaucoup d’enseignants. Le monde du FLE ne réchappe pas à cette dure réalité. 

Le monde du FLE touché mais mobilisé

C’est même le branle-bas de combat en FLE ! Du jour au lendemain, de Hong Kong à Cusco en passant par Milan, Barcelone, Riyad, Washington et un très long etc. professeurs, responsables pédagogiques, directeurs ont renforcé leur offre de cours en ligne ou, et c’est souvent le cas, ont dû commencer à mettre en place des stratégies pour compenser au maximum, à défaut de les remplacer complètement, leurs cours en présentiel qui avaient les jours comptés. L’enseignement du français langue étrangère n’allait tout de même pas laisser abattre par un virus. Il s’agissait, et s’agit toujours de garantir la continuité pédagogique – et, j’ajouterai, économique -. En quelques jours donc, on a assisté à une mobilisation générale et sur tous les fronts : celui de la création de nouvelles ressources adaptées à la situation de crise. On voyait ainsi les profs de l’Alliance française de Hong Kong se lancer dans l’élaboration de capsules vidéos. Son directeur, David Cordina soulignait dès le 5 février sur son compte Twiter que “la seule chose positive de cette crise majeure et très inquiétante pour l’avenir, c’est le travail d’équipe des professeurs” qui se préparait à une vraie “transition numérique”. Pas le choix quand il n’existe aucune alternative pour ne pas disparaître et c’est en quatre jours qu’ils ont monté HKids in French, un réseau social (accompagné de session avec Zoom, outil gratuit pour visioconférence) qui s’adresse aux apprenants d’entre 8 et 16 ans. Il a fallu se mettre à produire des capsules vidéos quand on en n’avait jamais faites pour certains, sans oublier d’être créatifs. Le réseau comptait au début du mois de mars plus de 50 capsules sur la chaîne Youtube de cette Alliance française précurseuse malgré elle. Mais depuis, et de façon exponentielle au rythme de l’extension du virus et de ses mises en quarantaine, d’autres s’y sont mis comme à l’Institut français de Milan où Jérôme Rambert, le coordinateur TICE de qui a accompagné le passage 100% en ligne des cours de cette institution. En fait, c’est l’ensemble de la planète FLE qui est touché par ce fléau complètement inédit. Du prof en cours particulier aux grands réseaux d’Alliance françaises en passant par les très nombreux formateurs/-trices indépendants qui voient leurs missions annulées les une après les autres, les sites dédiés et les éditeurs FLE, il s’agit de trouver des réponses pour que l’apprentissage de la langue ne s’arrête pas.

Annick Hatterer, professeure FLE et déléguée pédagogique CLE International en webinaire comme alternative pendant la crise du Coronavirus.

Le numérique comme réponse

On le voit bien, le numérique, si décrié parfois dans le monde enseignant, peut être une réponse satisfaisante parce qu’il est ce “levier de transformation” pour reprendre le terme que Jacques Pécheur emploie dans un article du dernier numéro du Français dans le Monde (nº428, mars-avril 2020) consacré aux mots qui “ont changé la didactiques”. Car avec le numérique, écrit-il, “les relations qui se créent sont certes dématérialisées mais aussi bien réelles”.  Cela veut dire de se mettre à travailler à l’aide de plateformes, de généraliser la pratique des webinaires, de mettre en avant les espaces digitaux contenant des ressources, activités en ligne mais aussi des espaces profs/élèves d’échange et d’interaction, des outils d’apprentissage comme les manuels numériques… Bref, il s’agit de mobiliser tous les outils que nous fournit internet ! Enseignants et apprenants qui sont familiarisés avec les techniques de la classe inversée connaissent déjà bien ces supports et dispositifs, mais aussi et c’est très important l’usage pédagogique à donner. Je suis sûr que certains collègues enseignants qui ne voulaient pas entendre parler de tablettes ou de portables, qu’ils diabolisaient, vont se rendre compte à leur tour du potentiel qu’ils représentent en ces moments de crise. 

On dit que c’est alors qu’il était confiné chez lui en raison de la peste bubonique qui faisait des ravages dans l’Angleterre de la deuxième moitié du XVIIe siècle qu’Isaac Newton a développé sa théorie de la gravité. Souhaitons que ce mauvais moment que nous traversons, où que nous soyons sur cette planète, soit l’occasion à toutes et tous qui sommes dans le monde du FLE de réinventer une façon de faire les cours et de se réinventer. Souhaitons-le pour que la Francophonie, dont c’est la fête en ce mois de mars, retrouve toutes ses couleurs l’année prochaine.

 

Pour en savoir plus

A lire ou relire, l’ouvrage Pratiques et Projets numériques en classe de FLE dont David cordina et Jérôme Rambert sont co-auteurs avec Marc Oddou.

« 2000-2020 : Des mots qui ont changé la didactique », Jacques Pécheur dans Le Français dans le monde, nº428, p.34-35 (mars-avril 2020)

Pour créer vos propres capsules, suivez les conseils de Marc Oddou (cf. La classe inversée)

Un exemple de ressources en ligne : les activités autocorrectives de Tendances (accès gratuit, illimité, du A1 au B2)

 

 

 

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« Trop, c’est trop ! » Crient haut et fort les professeurs de français de Madrid

Posted by Philippe Liria sur 06/03/2020

Rien de nouveau sous le soleil d’Espagne mais la coupe est pleine cette fois ! C’est en tout cas ce que les professeurs de français (mais aussi d’allemand, d’italien, etc.) semblent commencer à vouloir faire savoir. Le ton monte. Les réseaux se sont remplis de messages (#50minutosnobastan, #Madridsemerecesegundoidioma, #elfrancesnosetoca, #quieroestudiarfrances) pour mobilier et soutenir les enseignants, défendre la deuxième heure tout en disant bien que c’est plus qu’insuffisant et souligner les contradictions d’un gouvernement local qui vend du vent avec son bilinguisme à quatre sous. Une concentration est d’ailleurs prévue ce vendredi à Madrid pour freiner le décret de la Comunidad de Madrid qui réduirait à une simple misérable petite heure. J’en parlais déjà dans mon précédent post.

Trop, c’est trop !

En effet, trop, c’est trop ! Les professeurs de français de Madrid ont raison de protester. Certainement que ce sont toutes et tous les professeurs de français d’Espagne qui devraient le faire. Car, au bout du compte, ce décret dont Isabel Díaz Ayuso, la présidente de la région Madrid, se vante car il favoriserait l’éducation physique n’est qu’un exemple de plus du peu de cas que l’Espagne dans sa globalité fait à l’enseignement d’une deuxième langue étrangère. On réforme pour la énième fois l’enseignement obligatoire (l’ESO) mais sans introduire la moindre mesure qui serait un véritable pas en avant pour que les langues occupent la place qu’elles devraient avoir dans la formation des citoyens dès leur plus jeune âge. Julián Serrano, président de la FEAPF rappelle que  “Le Gouvernement central n’apporte pas de réponse univoque au niveau de l’Etat qui garantirait l’apprentissage de deux langues, important pour jouer le rôle de compensation social du système éducatif. Si cet apprentissage n’est accessible qu’à un petit nombre, c’est un grande partie de la société qui en pâtit » (Elconfidencial.com, 05/03/2020). Je dirais de toute façon qu’un pays qui a déjà du mal à assumer sa propre pluralité linguistique a certainement du mal à accepter qu’en plus, on y développe un vrai enseignement d’autres langues. Et pourtant tout le monde y gagnerait et sur tous les points ! Malheureusement, plutôt que de réfléchir à une amélioration des contenus et des techniques d’un enseignement qui vise des objectifs de B1 voire de B2, il faut se battre pour en maintenir la place dans les collèges, et souvent dans l’indifférence de beaucoup trop de parents encore qui ne voient pas l’intérêt d’une deuxième langue sauf au dernier moment, en cas de crise. Mais c’est souvent trop tard !

Espérons que l’Espagne comprendra que la politique (y en a-t-il vraiment une) d’enseignement des langues telle qu’elle existe aujourd’hui ne mène nulle part. Alors que nous pouvons constater que plusieurs pays qui avaient abandonné l’enseignement du français au profit du tout-anglais sont en train de revenir sur leur décision et cherchent à favoriser le plurilinguisme, non pas sans difficulté car personne n’a dit que c’était facile, assisterons-nous enfin à un changement de cap ?   Saurons-nous prendre la voie du plurilinguisme ? J’aimerais y croire… mais je ne vois rien dans la nouvelle réforme. Hélas !

Pour en savoir plus

A lire dans Elconfidencial.com du 5 mars 2020 : Mucho bilingüismo, pocos idiomas: España se queda atrás y los profesores estallan (en espagnol)

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