Le blog de Philippe Liria

Auteur, formateur, consultant et éditeur de français langue étrangère (FLE)

Archive for the ‘Actualité du français’ Category

Paris choqué : le nouveau Premier ministre ne parle pas pointu !

Posted by Philippe Liria sur 06/07/2020

Le Premier ministre français, Jean Castex (@Thomas COEX / AFP)

(actualisé le 12/07/2020)

Incroyable, la France a désormais un Premier ministre avec un accent ! Voilà donc le problème du précédent en fait : c’était plat, atone, sans aucune mélodie… Stop ! Ras-le-bol d’entendre ou de lire, en 2020, ces médias parisiens et ces citoyens sourire, parfois se moquer du français de Jean Costex, le nouveau Premier ministre français, fraîchement nommé par Emmanuel Macron. Pourquoi ces rires même pas dissimulés ? Parce que « cet inconnu » comme le désignait Libé au lendemain de sa nomination est un Gersois qui débarque à Paris en faisant un crochet par la municipalité catalane de Prade (dont il est maire). Et quand on arrive du Sud-Ouest de la France, eh bien, ô comme c’est bizarre, on ne parle pas « pointu ». On n’a pas l’accent de cette bourgeoisie parisienne qui, au nom d’un pseudo principe universel qui voudrait que leur réalité soit celle du monde, a imposé que le français normal, celui qu’il faut parler pour faire bien, pour grimper l’échelle sociale, est le sien. Un français imposé dans les médias, sauf quand il s’agit de faire de la jardinerie ou de la météo.

Attention ! le FLE ne réchappe pas à cette vision de la langue. On n’apprécie guère dans notre petit monde les documents audio qui n’auraient pas ces intonations dites « neutres », « sans accent ». Bref, plutôt que de sensibiliser les apprenants à la pluralité de la langue, on considère qu’ils doivent d’abord passer par une case qui serait considérée comme… plus utile ? plus simple ? C’est surtout du grand n’importe quoi ! Mais bien ancré dans nos traditions d’enseignement. Au nom de quoi ? Comme l’écrivait Sébastien Langevin, rédacteur en chef du Français dans le monde, « le français mérite un enseignement métissé, à l’image de sa pluralité » C’est vrai pour ses mots ; ça l’est aussi pour ses accents.

C’est tout de même incroyable que le français de Castex soit motif de causerie, de débat ou pis encore de raillerie ! C’est absolument lamentable et ça montre combien nous avons du mal en France à accepter la pluralité de la langue française, à commencer par cette pluralité hexagonale (un pochon, une poche plastique, un sac plastique ou tout simplement une poche désignent bien la même chose et sont tous aussi corrects à l’emploi, n’en déplaise à ceux qui se moque de moi quand je parle d’un « pochon » – eh oui, je suis à moitié Breton -).

Mais que dire de la pluralité du français au-delà de l’Hexagone ? Malheureusement, elle n’a encore une place qu’anecdotique dans les médias ou dans l’enseignement de notre langue, même si les choses s’améliorent. Quant à ces coqs railleurs qui ne savent certainement pas grand-chose sur ce qu’est une langue mais sont si fiers de LEUR français, ils devraient savoir que si notre langue a un avenir, ce ne sera qu’à travers la pluralité de ses mots, de sa syntaxe et de ses accents. Il est temps de mettre fin à cette glottophobie ambiante, pour reprendre le terme du linguiste Philippe Blanchet. Un sujet que j’évoquais déjà dans ce blog en novembre 2017 et que je vous invite à relire. Le nouveau résident de Matignon contribuera-t-il à suivre les voies de la pluralité ou sera-t-il contraint de se plier au diktat de l’accent pointu ?

A lire

La pluralité de la langue française contre la glottophobie (encore trop) ambiante ! (nov. 2017)

Aphatie, J.-M. et Feltin-Palas, M. : J’ai un accent, et alors ? Ed. Michel Lafon : Paris, 2020

Blanchet, P. : Discriminations : combattre la glottophobie. Éd. Textuel. Coll. Petite Encyclopédie critique : Paris, 2016

Il a accent, et alors ? par Mathieu Avanzi (publié le 4 juillet 2020)

Qu’est-ce que la glottophobie, la discrimination dont est victime Jean Castex ? CNEWS (publié le 6 juillet 2020)

Discrimination à l’accent : pourquoi tant de haine ? article de Frédéric Abéla, paru dans La dépêche du Midi (12/07/2020). A remarquer que, contrairement à ce qu’écrit le journaliste, il ne s’agit pas d' »un combat du Nord contre le Sud » mais de celui de toutes les variantes du français contre le parlé « normé ».

A suivre :

@MathieuAvanzi

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« Nouvelle normalité » éducative dans un monde « d’après » mais sans renoncements

Posted by Philippe Liria sur 30/06/2020

Une école de Taïwan, modèle post-COVID-19 – Image: REUTERS/Ann Wang

Voilà, il paraît que nous commençons à tourner la page de cette période de confinement. Il paraît aussi que plus rien ne sera comme avant dans cette “nouvelle normalité”, annoncée d’ailleurs dès les premiers jours de la crise coronavirale. Il paraît donc que le temps est venu de faire place à l’”école d’après”. Il s’agirait d’une école nouvelle où la normalité prendrait la forme d’un numérique érigé en sauveur face à la menace du vide éducatif dans lequel, en son absence, se précipiterait une grande partie des apprenants.

Un jour, avec du recul, on pourra peut-être se demander pourquoi nous avons été capables d’organiser les supermarchés, souvent restés ouverts, mais n’avons pas, dans l’urgence, su garantir l’éducation en présentiel dans un sens large du terme. Avec toutes les mesures nécessaires, bien sûr ! Et certainement mieux que dans les supermarchés… Les virologues ont certainement une réponse scientifique ; pas forcément partagées par les pédagogues comme le rappelait Jaume Funes, psycholoque spécialiste des adolescents, qui déclarait dans un entretien publié dans La Vanguardia (20/06/2020) que, si on a su « assouplir des mesures par nécessités économiques, on aurait bien pu penser au bien-être des enfants. » Mais au nom de la sécurité sanitaire, les premiers ont été écoutés et les seconds, eh bien, les seconds… Comme si la santé de l’éducation devait être reléguée en deuxième voire troisième plan. Je ne suis pas spécialiste bien entendu mais cela doit-il m’empêcher de m’interroger sur les décisions prises. Ne faut-il dans ces cas-là ne donner la parole qu’aux experts de la santé ? Et les autres ? Mais c’est un autre débat.

Comme dans plusieurs autres secteurs de la société, le numérique – si souvent décrié par les profs – a contribué à assouplir les effets désastreux de la crise sur les apprenants et les enseignants. Certains disent qu’un mythe est tombé. J’ai plutôt l’impression que nous en avons enfin fini avec la diabolisation par défaut du numérique et de tout ce qui tourne autour. Il était temps. Je vous renvoie ici à deux articles que j’avais publiés il y a quelques années sur la question : Haro sur l’innovation pédagogique ! et Smartphone à l’index ? La fausse bonne réponse. Nous avons pu observer en effet que la peur du numérique, parfois même tout simplement de l’outil informatique, a disparu. Ouf ! Vaincre ses peurs ne revient pas à ignorer les dangers que peut présenter le numérique mais le fait même d’y avoir goûté permettra de développer un certain esprit critique. On va ainsi en finir avec la critique gratuite, parfois méchante et partant souvent de préjugés dont il était difficile de se défaire et qui freinaient indéniablement la mise en oeuvre d’une politique pro-active vis-à-vis du numérique. Dommage que l’on ait pas écouté plus attentivement les avertissements lancés par certains comme Emmanuel Davidenkoff qui prédisait en 2014 un tsunami numérique. Davidenkoff s’interrogeait alors sur l’état de la préparation dans lequel allait nous surprendre ce tsunami, lui-même conséquence du séisme sociétal provoqué par le (la?) COVID-19.

Prenons le côté positif de cette situation : elle a permis de prendre conscience de l’importance du numérique dans l’enseignement ; de se rendre compte qu’il présente de nombreux avantages mais qu’il a aussi des limites. Et des besoins : matériels et formatifs.

En tout cas, même si l’analyse à faire est complexe, on ne peut certainement que reconnaître que cela a été mieux avec que sans le numérique. Mais admettons aussi, comme le signale Thierry Karsenti qu’il y a eu “les bons coups et les échecs de l’école à distance”. On a aussi vu que les générations digitales ne sont pas forcément si compétentes numériquement qu’on ne l’aurait pensé ; comme nous avons vu aussi chez les enseignants surgir des talents pédagogiques et créatifs bien au-delà des murs de la classe tout en sachant surmonter des contraintes académico-administratives héritées du « temps d’avant« . Il semblerait que cela s’est plutôt bien passé chez les grands ados et chez les adultes. Apparemment, le résultat est plus mitigé chez les plus jeunes. Un constat que faisait la Conferencia sectorial de Educación début juin en Espagne dans un rapport qui évoquait “la difficulté à développer une activité enseignante non présentielle, spécialement en maternelle et en primaire pour atteindre les objectifs fixés ; ainsi que l’impact produit par la fracture numérique et l’augmentation des inégalités éducatives provoquées par cette situation (…)” 

Actuellement, il est trop tôt pour juger les effets du numérique en classe pendant la crise. D’ailleurs, sommes-nous certains de ce que nous mettons derrière ce concept ? C’est quoi en fait le « numérique” ? Et plus encore, c’est quoi le “numérique” associé au monde de l’éducation ? Le savons-nous vraiment ? A ce sujet, je voulais signaler un article, parmi les nombreux qui ont été écrit sur la question. Il s’agit de celui de Louis Derrac, consultant et formateur, spécialiste dans les domaines de l’éducation et de la culture numérique. Cet article a été publié le 11 juin dernier Quelle place donner au numérique dans “l’école d’après” ? sur son site. Sans être nécessairement d’accord à 100% avec son propos, je crois qu’il permet de rappeler ce que nous sommes plusieurs à dire depuis déjà longtemps : nous ne devons pas plier nos modèles éducatifs à la technologie, ne pas succomber aux charmes d’un numérique à la poudre de perlimpinpin mais savoir en tirer profit ; il faut soumettre l’outil et ses très vastes possibilités aux besoins de l’apprentissage. La situation actuelle nous le montre bien. Ne tombons pas dans le piège de la fascination éblouissante des plateformes et autres outils accompagnant cette nouvelle normalité. Apprenons à faire le tri, une fois encore sans préjugés !  Et surtout apprivoisons ces outils. Faisons en sorte qu’ils s’adaptent à nos besoins – et non l’inverse.

Je vous invite à lire ou relire à ce sujet un article que j’avais publié en 2018 sur la question à l’occasion de la sortie d’un ouvrage collectif proposant des outils numériques pour la classe. Retrouvez aussi cette note de lecture de l’ouvrage Numérique et formation des enseignants de langue

On le voit bien, les questions se bousculent et elles sont légitimes. Et elles ne datent pas d’hier. Elles sont nécessaires pour trouver les meilleures réponses dans cette situation de crise mais répondons-y dans un souci éducatif, pas technologique. Ne revenons pas à ces classes aux tables individuelles où chaque élève apprend dans son coin ce que dicte le maître et où, pis encore, des séparations plastiques ont été parfois installées pour éviter tout contact avec l’autre. Comme on a pu le voir sur certains réseaux diffusant des images d’écoles chinoises. Faisons-le aussi, pour reprendre l’idée de Jaume Funes, sans renoncer aux avancées pédagogiques de ces dernières années qui privilégient le travail collaboratif, la collaboration avec l’autre, l’interaction ; que ce soit virtuellement ou, et surtout en présentiel pour ne pas perdre de vue la fonction sociale de ce lieu extraordinaire qui est la salle de classe, entendu bien sûr, comme un espace non pas cloisonné mais bel et bien ouvert sur le monde. Indispensable en ces temps de replis sur soi-même, de fermeture des frontières et du risque de fermeture d’esprit qui l’accompagne.

Pour aller plus loin :

El ministerio de Educación y Formación profesional y las CCAA acuerdan priorizar las classes presenciales en el curso 2020-2021

Les bons et les échecs de l’école à distance : entrevue avec T. Karsenti (émis le 22 juin 2020)

COVID-19: Countries around the world are reopening their schools. This is what it looks like. (publié sur le site du Forum économique mondial le 2 mai 2020)

Quelle place donner au numérique dans « l’école d’après » ? (publié le 11 juin 2020 sur https://louisderrac.com

L’escola que volen els epidemiòlegs és impossible, entretien avec Jaume Funes (La Vanguardia, 20/06/2020)

Je propose ici une série de liens vers des articles publiés ces dernières années sur mon blog et qui, selon moi, et malgré la date de publication de certains, permettent d’apporter de l’eau au moulin de la réflexion sur la présence du numérique dans la classe.

Le numérique en classe de FLE, oui mais comment ? Trois spécialistes nous aident à y voir plus clair

Quelle intégration du numérique dans la classe de langue ?

Haro sur l’innovation pédagogique !

Le tsunami numérique d’Emmanuel Davidenkoff

Smartphone à l’index : la fausse bonne réponse !

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Et maintenant… qu’allons-nous faire ?

Posted by Philippe Liria sur 12/05/2020

Ta-da-da-dam, ta-da-da-dam… !! * * * Après 5 semaines de bouleversement total de notre quotidien (individuel et collectif), je me retrouve dans mon …

Et maintenant… qu’allons-nous faire ?

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Continuité n’est pas immobilité pédagogique

Posted by Philippe Liria sur 30/04/2020

En cette période trouble qui bouscule certainement plusieurs de nos certitudes, nous avons vu comment notre petit monde du FLE fait preuve une fois de plus de sa grande capacité de mobilisation malgré les faibles moyens à disposition. C’est en effet extraordinaire de voir comment très vite des webinaires ont été mis en place pour que les apprenants puissent continuer à faire du français et comment les organismes et les différents partenaires des enseignants se sont coupés en quatre pour faciliter l’accès aux ressources, conseiller et former, non sans improvisation parfois. Il n’y avait de toute façon pas le choix. Bien sûr, il y a eu et il y a encore, en raison de l’urgence, des couacs, technologiques et certainement aussi pédagogiques. Vue la manière dans laquelle nous nous sommes retrouvés du jour au lendemain enfermés, confinés à essayer de réinventer la classe, pouvait-il en être autrement ? Combien d’entre nous sont passés en quelques heures d’un dispositif exclusivement en présentiel au cours en ligne, sans même avoir eu le temps de faire une incursion dans l’hybride.

Aller plus loin que la simple transposition

Cette merveilleuse mobilisation ne doit cependant pas nous rendre aveugles. Face à cet engouement presque soudain pour le numérique qu’ont éprouvé beaucoup, il est important de se poser des questions sur le sens-même de l’enseignement/apprentissage dans ce nouveau contexte. Dès les premières heures, les efforts énormes en ingénierie pédagogique qui ont été déployés et qui continuent à l’être ici et là, aux quatre coins de la planète, pour rendre possible les cours en ligne ne doivent pas simplement se baser sur une transposition de ce qui se passait dans la salle de classe vers cet espace virtuel où enseignants et apprenants se donnent maintenant rendez-vous. On l’a bien compris, il s’agit d’aller plus loin. C’est le moment de réinventer la classe et de se réinventer, comme je l’écrivais le mois dernier. Il faut certainement le faire en s’appuyant sur les outils qui sont à la portée de nos apprenants. Je pense par exemple à l’utilisation des smartphones. Souvent décriés et mis à l’index, ces appareils sont pourtant pour beaucoup les seuls moyens d’accéder aux réseaux et donc aux contenus qu’on développe. Or, ceux-ci sont-ils adaptés à l’appareil ? Pas nécessairement mais c’est bien à nous de nous adapter à ces contraintes de la réalité matérielle car celle-ci s’impose tout en garantissant la qualité pédagogique à laquelle chacun a le droit.

Le numérique ne peut pas être non plus la seule réponse

Cette période va nous permettre de mieux comprendre les atouts du numérique et je suis convaincu que même les plus sceptiques auront vu à quel point il nous a aidé à garantir une certaine continuité.  Quant aux plus enthousiastes, ils auront certainement perçu les limites de ce tout-à-distance auquel nous sommes contraints. Ni l’un ni l’autre. On a vu sur les réseaux de merveilleuses vidéos de cours en ligne dans lesquelles on sentait l’enthousiasme des apprenants à pouvoir poursuivre leur apprentissage malgré les circonstances adverses. Mais on a vu aussi que l’apprentissage d’une langue passe aussi par la chaleur du contact humain, par des regards et des sourires que nos écrans n’arrivent pas à transmettre complètement. Nous devrons y réfléchir parce que nos cours en présentiel ne seront plus comme avant mais nous ne devons pas non plus penser qu’il n’y aura que le numérique. Il est trop tôt pour avoir des réponses précises alors que nous sommes encore pleins d’incertitudes mais nous devons profiter de ce moment troublant que vit notre société pour interroger notre pratique d’enseignement et commencer à explorer les nouvelles voies qui s’ouvrent à nous.

Vers de nouvelles pratiques et plus d’autonomie

Depuis des années, nous insistons aussi sur l’importance de l’autonomie d’apprentissage. N’est-ce pas l’occasion de s’y mettre sérieusement ? Ne cherchons pas à prolonger sur internet un modèle dont nous savions pertinemment qu’il s’éloignait de plus en plus des besoins des apprenants. Il nous faut sérieusement interroger nos pratiques et en explorer de nouvelles sans avoir peur d’oser. Il faut aussi que pour cela les évaluations évoluent. Car si elles ne changent pas, les idées les plus novatrices entreront en collision frontale contre la lourdeur des administrations éducatives, qui tel un poids-lourd finiront par écraser l’envie de faire autre chose.

La classe inversée comme nouvel horizon ?  Oui, mais…

On me dit aussi qu’avec ce confinement et la classe en ligne depuis la maison, c’est l’avènement de la classe inversée. Or, contrairement à une idée reçu, et persistante, la classe inversée n’est pas une classe depuis la distance, qui ne se passerait que par écrans d’ordinateur interposés. La classe inversée est avant tout, comme nous le rappelions Marc Oddou, Cynthia Eid et moi-même dans notre ouvrage sur le sujet, une formidable façon de rendre possible les pédagogies actives puisque cette méthodologie, loin de vanter les mérites du numérique, ne cherche qu’à s’appuyer dessus pour renforcer la participation des apprenants en présentiel, donc dans la salle de classe. Ce qui est vrai, c’est que nous devons favoriser dans les moments de connexion avec les apprenants la dynamique que nous voulions justement mettre en oeuvre dans l’espace-classe. Pas question en effet que le moment de connexion soit consacré à des corrections d’exercices ou à une leçon magistrale de grammaire. C’est sur la question de la dynamique de classe que nous pouvons aller puiser des idées dans la démarche proposée pour la mise en oeuvre de la classe inversée et pas du tout sur l’usage du numérique en soi.

Revoir nos paradigmes

Bref, cette situation inattendue doit nous permettre de faire ce pas vers la vraie transition pédago-numérique. Une transition qui doit se faire depuis la réflexion mais aussi avec audace – dépassons nos peurs d’internet -, avec des ratés – pas de succès sans échec -, pour que justement l’apprentissage ne soit plus comme avant.  On l’aurait souhaité autrement ? Il n’en fait aucun doute ! Mais peu importe, et nous l’avons vu, ce n’est pas ce maudit virus qui va empêcher d’apprendre et donc de réfléchir, d’échanger, de débattre… par contre, il nous oblige à revoir nos paradigmes. Le monde de l’enseignement/apprentissage des langues et en particulier celui du français n’en réchappe pas.

 

 

 

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Liens utiles et ressources pour le soutien et l’accompagnement des élèves et des enseignants (COVID-19)

Posted by Philippe Liria sur 24/03/2020

(Source : photo par Andrew Neal, en libre accès, via Unsplash) * Note –> Depuis quelques jours (impacts de la #COVID-19 sur le monde de l’éducation),…

Liens utiles et ressources pour le soutien et l’accompagnement des élèves et des enseignants (COVID-19)

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Mobilisation en FLE par temps de coronavirus : réinventer la classe et se réinventer

Posted by Philippe Liria sur 16/03/2020

Fête de la Francophonie 2020 reportée à Lisbonne pour cause de coronavirus.

C’est la Fête de la Francophonie mais, avouons-le, le coeur n’y est pas vraiment. Nous traversons toutes et tous de drôles de temps, inconnus pour la plupart et incertains pour tous. La mondialisation physique, celle qui devrait nous permettre d’aller librement d’un lieu à un autre sur cette planète est soudainement remise en cause par un virus qui n’en a rien à faire de ces frontières que nous nous sommes inventées. Un virus contre lequel nous ne savons pas vraiment lutter. Il est plus simple en Europe de freiner à coups de gaz lacrymogène voire à coups de feu réel les réfugiés syriens, pakistanais, sénégalais et d’ailleurs qui fuient la guerre et la misère que de se mettre d’accord pour mobiliser tous les moyens nécessaires permettant d’en finir avec COVID-19

Ce coup de frein à la circulation des personnes dans le monde entier est en train de favoriser l’autre mondialisation, celle que nous permet internet. Fortement critiqué pourtant, il n’y encore pas si longtemps par tout un pan de la population qui reprochait le manque de contact social de l’outil. Voilà qu’en ces moments de confinement obligatoire, internet permet de ne pas nous retrouver dans l’isolement le plus complet. Non seulement pour recevoir des nouvelles de l’extérieur, des nouvelles du monde entier, que nous devons, certes, filtrer pour ne pas tomber dans le piège des fake news mais qui sont toujours mieux que les infos censurées du temps où seul les canaux officiels – souvent ceux de l’Etat – prétendaient nous dire les choses.

L’apprentissage en quarantaine mondiale

Comme des dominos tombant l’un après l’autre, les pays ont baissé le rideau dans l’espoir d’en finir avec le coronavirus. C’est dans ce contexte de crise sanitaire mondiale que les lieux d’enseignement en présentiel d’un peu partout sur cette planète se sont soudain retrouvés fermés, comme à peu près tous les autres espaces naturels de rencontre et de partage – car l’école dans son sens général en est bel et bien un -. Tout à coup, on voit des milliers et milliers de professionnels de l’enseignement se retourner, parfois malgré eux, vers internet et les possibilités – et même les nouvelles opportunités – que leur offre la grande Toile, souvent si décriée par beaucoup d’enseignants. Le monde du FLE ne réchappe pas à cette dure réalité. 

Le monde du FLE touché mais mobilisé

C’est même le branle-bas de combat en FLE ! Du jour au lendemain, de Hong Kong à Cusco en passant par Milan, Barcelone, Riyad, Washington et un très long etc. professeurs, responsables pédagogiques, directeurs ont renforcé leur offre de cours en ligne ou, et c’est souvent le cas, ont dû commencer à mettre en place des stratégies pour compenser au maximum, à défaut de les remplacer complètement, leurs cours en présentiel qui avaient les jours comptés. L’enseignement du français langue étrangère n’allait tout de même pas laisser abattre par un virus. Il s’agissait, et s’agit toujours de garantir la continuité pédagogique – et, j’ajouterai, économique -. En quelques jours donc, on a assisté à une mobilisation générale et sur tous les fronts : celui de la création de nouvelles ressources adaptées à la situation de crise. On voyait ainsi les profs de l’Alliance française de Hong Kong se lancer dans l’élaboration de capsules vidéos. Son directeur, David Cordina soulignait dès le 5 février sur son compte Twiter que “la seule chose positive de cette crise majeure et très inquiétante pour l’avenir, c’est le travail d’équipe des professeurs” qui se préparait à une vraie “transition numérique”. Pas le choix quand il n’existe aucune alternative pour ne pas disparaître et c’est en quatre jours qu’ils ont monté HKids in French, un réseau social (accompagné de session avec Zoom, outil gratuit pour visioconférence) qui s’adresse aux apprenants d’entre 8 et 16 ans. Il a fallu se mettre à produire des capsules vidéos quand on en n’avait jamais faites pour certains, sans oublier d’être créatifs. Le réseau comptait au début du mois de mars plus de 50 capsules sur la chaîne Youtube de cette Alliance française précurseuse malgré elle. Mais depuis, et de façon exponentielle au rythme de l’extension du virus et de ses mises en quarantaine, d’autres s’y sont mis comme à l’Institut français de Milan où Jérôme Rambert, le coordinateur TICE de qui a accompagné le passage 100% en ligne des cours de cette institution. En fait, c’est l’ensemble de la planète FLE qui est touché par ce fléau complètement inédit. Du prof en cours particulier aux grands réseaux d’Alliance françaises en passant par les très nombreux formateurs/-trices indépendants qui voient leurs missions annulées les une après les autres, les sites dédiés et les éditeurs FLE, il s’agit de trouver des réponses pour que l’apprentissage de la langue ne s’arrête pas.

Annick Hatterer, professeure FLE et déléguée pédagogique CLE International en webinaire comme alternative pendant la crise du Coronavirus.

Le numérique comme réponse

On le voit bien, le numérique, si décrié parfois dans le monde enseignant, peut être une réponse satisfaisante parce qu’il est ce “levier de transformation” pour reprendre le terme que Jacques Pécheur emploie dans un article du dernier numéro du Français dans le Monde (nº428, mars-avril 2020) consacré aux mots qui “ont changé la didactiques”. Car avec le numérique, écrit-il, “les relations qui se créent sont certes dématérialisées mais aussi bien réelles”.  Cela veut dire de se mettre à travailler à l’aide de plateformes, de généraliser la pratique des webinaires, de mettre en avant les espaces digitaux contenant des ressources, activités en ligne mais aussi des espaces profs/élèves d’échange et d’interaction, des outils d’apprentissage comme les manuels numériques… Bref, il s’agit de mobiliser tous les outils que nous fournit internet ! Enseignants et apprenants qui sont familiarisés avec les techniques de la classe inversée connaissent déjà bien ces supports et dispositifs, mais aussi et c’est très important l’usage pédagogique à donner. Je suis sûr que certains collègues enseignants qui ne voulaient pas entendre parler de tablettes ou de portables, qu’ils diabolisaient, vont se rendre compte à leur tour du potentiel qu’ils représentent en ces moments de crise. 

On dit que c’est alors qu’il était confiné chez lui en raison de la peste bubonique qui faisait des ravages dans l’Angleterre de la deuxième moitié du XVIIe siècle qu’Isaac Newton a développé sa théorie de la gravité. Souhaitons que ce mauvais moment que nous traversons, où que nous soyons sur cette planète, soit l’occasion à toutes et tous qui sommes dans le monde du FLE de réinventer une façon de faire les cours et de se réinventer. Souhaitons-le pour que la Francophonie, dont c’est la fête en ce mois de mars, retrouve toutes ses couleurs l’année prochaine.

 

Pour en savoir plus

A lire ou relire, l’ouvrage Pratiques et Projets numériques en classe de FLE dont David cordina et Jérôme Rambert sont co-auteurs avec Marc Oddou.

« 2000-2020 : Des mots qui ont changé la didactique », Jacques Pécheur dans Le Français dans le monde, nº428, p.34-35 (mars-avril 2020)

Pour créer vos propres capsules, suivez les conseils de Marc Oddou (cf. La classe inversée)

Un exemple de ressources en ligne : les activités autocorrectives de Tendances (accès gratuit, illimité, du A1 au B2)

 

 

 

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« Trop, c’est trop ! » Crient haut et fort les professeurs de français de Madrid

Posted by Philippe Liria sur 06/03/2020

Rien de nouveau sous le soleil d’Espagne mais la coupe est pleine cette fois ! C’est en tout cas ce que les professeurs de français (mais aussi d’allemand, d’italien, etc.) semblent commencer à vouloir faire savoir. Le ton monte. Les réseaux se sont remplis de messages (#50minutosnobastan, #Madridsemerecesegundoidioma, #elfrancesnosetoca, #quieroestudiarfrances) pour mobilier et soutenir les enseignants, défendre la deuxième heure tout en disant bien que c’est plus qu’insuffisant et souligner les contradictions d’un gouvernement local qui vend du vent avec son bilinguisme à quatre sous. Une concentration est d’ailleurs prévue ce vendredi à Madrid pour freiner le décret de la Comunidad de Madrid qui réduirait à une simple misérable petite heure. J’en parlais déjà dans mon précédent post.

Trop, c’est trop !

En effet, trop, c’est trop ! Les professeurs de français de Madrid ont raison de protester. Certainement que ce sont toutes et tous les professeurs de français d’Espagne qui devraient le faire. Car, au bout du compte, ce décret dont Isabel Díaz Ayuso, la présidente de la région Madrid, se vante car il favoriserait l’éducation physique n’est qu’un exemple de plus du peu de cas que l’Espagne dans sa globalité fait à l’enseignement d’une deuxième langue étrangère. On réforme pour la énième fois l’enseignement obligatoire (l’ESO) mais sans introduire la moindre mesure qui serait un véritable pas en avant pour que les langues occupent la place qu’elles devraient avoir dans la formation des citoyens dès leur plus jeune âge. Julián Serrano, président de la FEAPF rappelle que  “Le Gouvernement central n’apporte pas de réponse univoque au niveau de l’Etat qui garantirait l’apprentissage de deux langues, important pour jouer le rôle de compensation social du système éducatif. Si cet apprentissage n’est accessible qu’à un petit nombre, c’est un grande partie de la société qui en pâtit » (Elconfidencial.com, 05/03/2020). Je dirais de toute façon qu’un pays qui a déjà du mal à assumer sa propre pluralité linguistique a certainement du mal à accepter qu’en plus, on y développe un vrai enseignement d’autres langues. Et pourtant tout le monde y gagnerait et sur tous les points ! Malheureusement, plutôt que de réfléchir à une amélioration des contenus et des techniques d’un enseignement qui vise des objectifs de B1 voire de B2, il faut se battre pour en maintenir la place dans les collèges, et souvent dans l’indifférence de beaucoup trop de parents encore qui ne voient pas l’intérêt d’une deuxième langue sauf au dernier moment, en cas de crise. Mais c’est souvent trop tard !

Espérons que l’Espagne comprendra que la politique (y en a-t-il vraiment une) d’enseignement des langues telle qu’elle existe aujourd’hui ne mène nulle part. Alors que nous pouvons constater que plusieurs pays qui avaient abandonné l’enseignement du français au profit du tout-anglais sont en train de revenir sur leur décision et cherchent à favoriser le plurilinguisme, non pas sans difficulté car personne n’a dit que c’était facile, assisterons-nous enfin à un changement de cap ?   Saurons-nous prendre la voie du plurilinguisme ? J’aimerais y croire… mais je ne vois rien dans la nouvelle réforme. Hélas !

Pour en savoir plus

A lire dans Elconfidencial.com du 5 mars 2020 : Mucho bilingüismo, pocos idiomas: España se queda atrás y los profesores estallan (en espagnol)

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L’enseignement du français en Espagne : du plomb dans les ailes ?

Posted by Philippe Liria sur 29/02/2020

A en croire les chiffres, et après des années dans la grisaille, le français affiche plutôt une bonne santé avec son 1,5 million d’apprenants si l’on en croit l’Institut français d’Espagne. Il faut dire qu’après des années plongé dans une certaine torpeur, le français a repris son envol dans la dernière décennie. Les choses ont bien été reprises en main et depuis, les actions ne cessent de se multiplier sur l’ensemble du territoire. Ça et là, des conventions ont été signées pour que le français retrouve une certaine place dans les différents systèmes scolaires espagnols. Fin janvier, Julián Serrano, président de la Federación española de asociaciones de profesores de francés (FEAPF) signait avec l’Institut français d’Espagne une convention pour renforcer l’enseignement du français dans le pays.

 

 

 

 

Journée de formation FLE (Tolède, février 2020) – Atelier CLE animé par Jeanne Renaudin

Cela va dans le sens de ce qui se passe un peu dans chaque communauté autonome. On a vu une augmentation exponentielle des effectifs dans le primaire, grâce notamment à l’Andalousie mais aussi des chiffres, élevés, qui se maintiennent dans le secondaire. On ne peut que regretter la baisse (légère) en Bachillerato. Le succès du DELF, notamment scolaire, est aussi un indice que le français est bien portant. Avec ses quelque 30 000 candidats en 2019, le DELF en Espagne se situe vraiment dans les pays de tête. Les collèges « bilingues » vont bien et ils sont nombreux, en Andalousie bien sûr depuis déjà de très nombreuses années mais aussi, par exemple, dans la très pro-anglais Communauté de Madrid. Sans compter les 37 établissements labellisés, que l’on retrouve surtout, encore une fois, en Andalousie mais aussi à Madrid ou en Aragon. Un tel panorama peut faire croire que le titre de cet article est complètement erroné. Et pourtant, on peut se demander si le français n’est pas en train de prendre du plomb dans les ailes, en tout cas dans certaines régions.

Madrid, la religion plutôt que les langues

Récemment, on a vu en effet comment la Communauté de Madrid a l’air de préférer les heures de religion – rien d’étonnant quand on voit qui est au pouvoir – au détriment des heures de langue. Comme si parler à un dieu, quel qu’il soit, était plus important que de savoir parler des langues étrangères. Ce n’est certes qu’un projet de décret de la présidente de la Région Madrid, Isabel Díaz Ayuso, mais on peut craindre le pire surtout qu’on connaît les penchants historiques vers le tout-anglais dans les écoles madrilènes avec des programmes bilingues qui n’ont pourtant pas l’air d’avoir été très efficaces. Pourquoi le français serait-il en danger à Madrid ? Il se trouve que la présidente Ayuso propose d’augmenter les heures de sport – ce qui en apparence une bonne idée – et que, plutôt que d’aller en chercher en religion, on va les prendre dans ces matières optionnelles comme le sont les arts, l’informatique et bien sûr, la seconde langue étrangère, c’est-à-dire presque tout le temps le français. Evidemment elle le vend dans un emballage qui est dans l’air du temps en vantant les mérites de l’activité sportive, comme le recommande l’OMS. A aucun moment, elle ne s’est dit – elle ou quelqu’un d’autre de son gouvernement autonome – que c’était peut-être l’occasion de revoir le traitement que son système scolaire donne aux langues étrangères – autres que l’anglais, of course – ? C’est en tout cas une mesure absurde et qui éloigne un peu plus la Région Madrid des objectifs de faire des collégiens Madrilènes des citoyens européens pleinement plurilingues. Avec deux heures, on pouvait légitimement se demander comment atteindre le niveau A2 en fin de l’ESO mais avec une heure, c’est tout simplement impossible ! Les professeurs essaient de se mobilier : une pétition a été lancée pour essayer de freiner ce décret.

Andalousie, un combat permanent pour le maintien du français

Mais cette attaque à l’enseignement des langues étrangères, on la retrouve aussi en Andalousie. Rien de définitif non plus mais il semblerait que le français ne sera plus présent dans le primaire dès la première année et qu’à partir de la rentrée 2020, on ne le retrouverait qu’en 5è et 6è du Primaire. Une bien mauvaise nouvelle si cette information finit par être confirmée. Point positif, c’est qu’en Bachillerato, la deuxième langue étrangère obligatoire (souvent le français) est maintenue – grâce à une pétition qui a fait reculer le Gouvernement andalou -. En novembre, la presse andalouse s’était largement fait écho de la menace qui pesait sur le français. On a donc eu chaud, mais jusqu’à quand ? Andogalia, l’association andalouse des professeurs de français, est sur le pied de guerre elle aussi. Elle relaie activement sur les réseaux l’appel du 2 mars en faveur du français comme deuxième langue obligatoire et qui consiste à envoyer sur twitter un message sous les étiques #quieroestudiarfrances (je veux étudier le français) et #elfrancesnosetoca (toucher pas au français) et qui sera adressé à la ministre de l’Éducation (@CelaaIsabel) ou à son ministère (@educaciongob), ou encore aux différents ministères régionaux.

La deuxième langue étrangère, la 5è roue d’un carrosse éducatif branlant

Je n’ai fait référence qu’à la Région Madrid et à l’Andalousie mais en fait, le combat vaut pour l’ensemble des régions qui, malgré certains efforts parfois, ne misent pas vraiment sur un vrai enseignement d’une deuxième langue obligatoire dès la première année de l’ESO (tranche des 12-16 ans). Certes, le français voit ses effectifs augmenter et on ne peut que s’en réjouir mais il est clair que c’est largement insuffisant car souvent, cela se fait dans des conditions précaires, avec peu d’heures, peu de moyens financiers et humains, pas assez de formations – même si on ne peut qu’applaudir la généralisation des Journées de français sur l’ensemble du territoire -. Le français, comme la musique, les arts et d’autres matières ne sont donc que la 5è roue d’un carrosse éducatif déjà branlant et peu audacieux, comme si les autorités espagnoles ou régionales ne voyaient pas que l’anglais est loin d’être suffisant et que c’est bien du français dont auraient besoin les citoyens d’un pays ayant comme partenaires essentielles, au Sud, le Maroc, l’Algérie ou encore la Tunisie et au Nord, la France.

 

Pour en savoir plus :

Nueva apuesta educativa: tres horas de educación física, menos de música y las mismas de religión

En defensa de la Segunda Lengua Extranjera en la ESO. ¡NO A LA REDUCCIÓN HORARIA DE LOS IDIOMAS EN LA ESO!

La Comunidad de Madrid provoca la alarma con la subida de horas de Educación Física

Proyecto de Decreto del Consejo de Gobierno por el que se modifica el Decreto 48/2015, de 14 de mayo, del Consejo de Gobierno, por el que se establece para la Comunidad de Madrid el currículo de la Educación Secundaria Obligatoria.

Fédération Espagnole des Associations de Professeurs de Français

La comunidad educativa rechaza el sistema de bilingüismo de la Junta

 

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Une bibliothèque virtuelle pour toutes les Amériques

Posted by Philippe Liria sur 30/01/2020

Lecteurs et lectrices qui ne vous trouvez pas dans les Amériques du Nord, centrale ou du Sud ni dans les Caraïbes, vous n’en avez peut-être jamais entendu parler et c’est pourtant toute une institution : je me réfère bien entendu au Centre de la Francophonie des Amériques (CFA). Le CFA contribue, comme on peut le lire sur le site internet, “à la promotion et à la mise en valeur d’une francophonie porteuse d’avenir pour la langue française dans le contexte de la diversité culturelle en misant sur le renforcement et l’enrichissement des relations ainsi que sur la complémentarité d’action entre les francophones et les francophiles du Québec, du Canada et des Amériques”. Un bel objectif qui se traduit par un vaste et ambitieux programme qui comprend, entre autres, une université d’été dont ce sera la 6è édition en mai prochain ou encore le déjà célèbre concours Slame tes accents qui s’adresse aux élèves d’entre 12 et 18 ans et à leurs enseignants.

Des lectures en ligne par milliers

Le CFA propose aussi des outils comme la merveilleuse Bibliothèque des Amériques. Cette initiative entièrement gratuite pour les membres du CFA permet d’accéder à des milliers d’ouvrages en ligne. Comme l’a déclaré l’écrivain et académicien Dany Laferrière, elle “ouvre, pour beaucoup de gens dans ce monde d’inégalités, de fantastiques possibilités. Brusquement une grande partie de cette Amérique aura accès à un savoir jusque-là hors de leur portée !” Plusieurs de ces livres sont d’ailleurs empruntables dans la Bibliothèque des Amériques. A partir d’un simple clic, vous pourrez lire ou relire l’Autoportrait de Paris avec un chat, le Journal d’un écrivain en pyjama et bien d’autres encore ! Le catalogue est très bien fourni avec presque 10 000 titres (environ 6600 pour adultes et environ 2300 pour la jeunesse) aussi bien dans la catégorie Fiction que des documentaires. Impossible de ne pas y trouver son bonheur ! Le lecteur peut choisir une lecture en ligne, en PDF ou un ePub. Et en plus, depuis cette année, une sélection de livre audios est disponible grâce à un partenariat entre le CFA et Radio-Canada. On peut ainsi écouter, en ligne ou en le téléchargeant, l’ouvrage La petite poule d’eau (1950) de l’incontournable autrice manitobaine, Gabrielle Roy ou encore le très récent recueil de poésie de Gabriel Robichaud Acadie road qui a obtenu le prix Champlain en 2019.

La Bibliothèque des Amériques, c’est bien plus qu’une bibliothèque, c’est aussi un lieu de rencontres grâce à aux Rendez-vous littéraires qui permet à des écrivains francophones d’échanger en ligne avec des étudiants de français où qu’ils soient dans les Amériques. En 2019, il y a eu ainsi 12 Rendez-vous littéraires qui ont permis des échanges avec des étudiants du Canada, des Etats-Unis, du Mexique, du Pérou ou d’Argentine de rencontrer virtuellement des écrivains et écrivaines de différents horizons de la Francophonie (Canada, Louisiane, Haïti). N’est-ce pas merveilleux et motivant pour les apprenants ? Renseignez-vous pour la saison 2020 ! Toujours dans le cadre de ces actions en faveur de la promotion de la littérature francophone, la Bibliothèque annonce sur son site qu’elle va bientôt lancer le Club de lecture des Amériques pour les plus jeunes (8 – 12 ans). Soyez attentifs à leur actualité !

Pour les enseignants, la Bibliothèque des Amériques dispose d’une zone pédagogique avec des fiches pour accompagner les lectures ou encore des liens vers des ouvrages sur l’enseignement du français et l’enseignement en français.

On le voit bien, cette bibliothèque est un merveilleux outil, surtout pour tous ces coins des Amériques mais aussi, après tout, pour tous ces coins du monde où, malheureusement on ne trouve pas une seule bibliothèque ni la moindre librairie. Elle donne accès à une impressionnante quantités d’ouvrages qui seraient inaccessibles autrement. C’est pourquoi il faut que cette initiative du CFA bénéficie d’une plus large diffusion encore. Allez donc y faire un tour !

Voilà quelques années déjà que nos chemins se croisent, parfois dans le froid canadien et plus souvent sous la chaleur des Tropiques, et je ne peux que confirmer que tout ce que fait le Centre de la Francophonie des Amériques est énormément apprécié des enseignants et des étudiants. Je l’ai dit, grâce à un superbe programme mais aussi, et ce n’est pas un détail, grâce à une équipe motivée et absolument extraordinaire !

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Dix ans de blog déjà ! Merci à toutes et tous !

Posted by Philippe Liria sur 30/12/2019

Article du 2 janvier 2010 sur le livre scolaire à l’ère du numerique

Il y a 10 ans maintenant, je décidais sur les conseils d’un collègue de l’époque d’ouvrir ce blog sur http://www.wordpress.com. Dix ans déjà ! D’abord sporadiquement et très discrètement, j’ai commencé par un article sur les TNI que j’appelais encore TBI d’ailleurs. En le relisant, 10 ans après, je me rends compte aussi qu’il est nécessaire d’apprendre à relativiser l’enthousiasme ou l’émerveillement que peut susciter une nouveauté technologique. Au centre des inquiétudes, déjà, était la motivation et j’augurais à tort que le TNI allait vraiment y contribuer. Le temps et surtout la pratique à montrer qu’il n’en est presque rien car trop souvent, l’outil, même s’il s’est généralisé, n’a pas vraiment changé la façon de faire la classe dans bien des cas. En me plongeant dans les archives de ce blog, j’y retrouve des réflexions sur l’avenir des manuels scolaires dans un monde numérisé. Je notais déjà que nous avancions « inexorablement vers une classe où le virtuel, notamment dans l’enseignement des langues, permettra de faire de cet espace-classe un lieu d’interactions véritables avec une vraie présence de la langue-cible. » Au long de toutes ces années, j’ai souvent écrit au sujet de la place des technologies dans notre domaine que ce soit les TNI, les manuels numériques, la tablette, les plateformes, les MOOC, la réalité virtuelle ou encore, comme dans mon tout dernier article, une référence aux robots. Il ne s’agit ni d’encenser le numérique ni de le mettre à l’index mais bien de faire le point sur l’avancée des technologies au service de l’apprentissage car le risque des mauvais usages n’est jamais bien loin des avantages que celles-ci présentent. Je l’évoquais déjà en 2015 dans un article qui s’interrogeait sur ce que signifie apprendre à partir des ouvrages de Roberto Casati et Michel Serres respectivement.

Mais il n’y pas que la technologie et d’ailleurs, je n’ai jamais voulu la dissocier de la didactique car rien ne sert de la faire entrer dans la classe si ce n’est pas pour la mettre au service d’une didactique plus efficace ; pour qu’elle permette aux apprenants de mieux acquérir des compétences. J’y ai donc souvent parlé de l’approche actionnelle non sans faire évoluer mon opinion dessus. Certains me reprocheront peut-être d’avoir mis de l’eau dans mon vin. Et ceux qui me connaissent bien savent ô combien un tel mélange est un sacrilège pour moi ! Mais c’est aussi parce que je crois que la démarche est juste qu’elle demande d’être mise à la portée de tous et pour cela, nous devons peut-être savoir renoncer à certains postulats trop radicaux. La didactique doit avancer mais elle ne peut ignorer le contexte dans lequel elle le fait. D’ailleurs, c’est parce que je continue à y croire tout en étant conscient des difficultés à la mettre en oeuvre que j’ai perçu dès le départ que la classe inversée en être un facilitateur.

On assiste aussi aujourd’hui, et peut-être dans cet effet de pendule qu’on retrouve régulièrement en didactique,  à une certaine demande d’un retour à des fondamentaux comme par exemple de la grammaire. Comment rendre à la fois compatible la nécessité d’avoir des connaissances grammaticales solides sans que son étude ne soit une obsession et même un frein à l’acquisition de compétences de communication et d’action dans la langue-cible ? La grammaire inductive est-elle une réponse possible ? Dès décembre 2012, j’envisageais dans un article qu’elle le soit dans les propositions devant faciliter la place d’une grammaire autrement en classe. On veut y croire mais on voit là encore que sur le terrain les choses ne sont pas si simples. J’y ai parlé du CECRL, de ses implications dans notre enseignement et plus récemment, j’ai commencé à m’intéresser à ce volume complémentaire qui contient de nouveaux éléments ou en tout cas en propose une vision enrichie grâce à de nouveaux descripteurs. Certainement que nous en reparlerons. Parmi ces éléments, la place à réserver, chaque fois plus grande au bilinguisme et mieux encore au plurilinguisme.

Il y a eu aussi cet article paru en octobre 2012 sur la pédagogie inversée. Le tout premier d’une série sur le sujet. Et d’ailleurs l’un des tous premiers à essayer de faire le lien entre FLE, approche actionnelle et cette pédagogie au nom encore hésitant en français à ce moment-là. Puis vinrent plusieurs autres articles sur la question pour aboutir finalement avec Cynthia Eid et Marc Oddou à la publication chez CLE International à un ouvrage qui y est justement consacrée à qu’aujourd’hui nous nommons plus généralement la classe inversée.

Premier article dans lequel j’évoquais la classe inversée (Octobre 2012)

Dans ce blog, essentiellement dédié à la didactique du français langue étrangère, je n’ai jamais manqué aussi d’être critique (et continuerai à l’être) quand c’est nécessaire quand on parle de la situation du français dans le monde, non sans hypocrisie parfois comme lors de congrès ou à l’occasion des célébrations autour de la Francophonie ; de m’insurger parfois sur le statut des enseignants FLE (un des articles les plus consultés) mais aussi par rapport à certaines situations pédagogiques comme la place du smartphone en classe ou les polémiques autour de la féminisation des noms de métiers ou plus récemment autour de la médiation (un sujet épineux en Espagne par exemple) mais aussi plus politique car, notre monde du FLE ne peut rester indifférent face à ces phobies qui se dressent comme j’intitulais mon article de mars dernier, contre la glottophobie aussi ou une réflexion sur les inquiétudes que provoquent la monté de l’extrême-droite et des populismes en général un peu partout dans le monde.

Et si j’ai continué à écrire au fil des mois puis des années, c’est parce que vous êtes des milliers à me lire régulièrement et souvent à partager mes réflexions en les diffusant sur les réseaux. Je vous en remercie du fond du coeur. Ce n’est pas simple de maintenir le rythme. Parfois les événements extérieurs ne le permettent pas toujours. Je sais aussi que ce que j’écris n’a aucune prétention si ce n’est apporter quelques éléments pour, modestement, essayer de faire avancer le monde de la didactique des langues et plus particulièrement celle du FLE dans lequel je suis tombé, un peu sans le vouloir, en 1989, loin d’imaginer que j’en ferais encore partie 30 ans après !

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