Le blog de Philippe Liria

Auteur, formateur, consultant et éditeur de français langue étrangère (FLE)

Archive for the ‘FLE et didactique’ Category

Quelle intégration du numérique dans la classe de langue ?

Posted by Philippe Liria sur 10/04/2017


Des carences dans la formation
Il n’est pas rare d’entrer dans des salles de classe où l’usage des smartphones est (encore) interdit. Parfois, ce sont mêmes les législateurs qui ont pondu un texte pour garantir que cet objet de tous les démons ne pénètre pas dans le temple du savoir qu’est l’école ! Mais avant même de tomber dans ces extrêmes, il suffit de voir combien d’enseignants encore aujourd’hui sont réticents à faire entrer le numérique dans leur salle de classe. Souvent parce que la formation qui les aiderait à en faire un meilleur usage, ainsi que de ses outils pour accompagner l’apprentissage n’est pas à la hauteur des besoins, voire est complètement absente. Soit parce que l’institution n’y a pas pensé (il ne suffit pas d’exiger de moderniser les pratiques et les outils, il faut en donner les moyens) bien qu’ayant mis en place un plan d’offre de cours comprenant une formation à distance ou hybride ; soit tout simplement parce que l’institution ne prend pas en compte le numérique dans son offre, cas de plus en plus rare même si ce n’est que pour une question de marketing éducatif.

Des contradictions entre discours et pratique
Ce qui est certain, c’est que malgré les discours prônant l’intégration du numérique dans la classe de langue pour favoriser, notamment l’interaction authentique avec l’extérieur, les obstacles sont nombreux qui montrent combien la brèche est importante entre le discours théorique et la réalité de la classe. Plusieurs raisons expliquent cet écart. C’est pour cela qu’il était utile de faire le point sur la situation actuelle pour explorer de nouvelles pistes et surmonter des croyances (idéalistes ou sceptiques) sur la question du numérique dans l’enseignement/apprentissage des langues. Voilà donc le propos d’un superbe ouvrage collectif qu’a coordonnée l’équipe du département FLE de l’Université de La Réunion (Christian Ollivier, Thierry Gaillat et Laurent Puren) : Numérique et formation des enseignants de langue, pistes et imaginaires (2016), aux Éditions des Archives Contemporaines.

Cinq articles pour réfléchir aux implications du numérique dans l’enseignement/apprentissage
On comprendra la présence du mot du CIEP puisque son antenne réunionnaise a rendu en partie possible l’ouvrage mais on s’attardera beaucoup plus sur l’introduction de Christian Ollivier qui nous parle d’emblée du fossé existant entre “nos façons d’être au monde, de percevoir celui-ci et de le vivre” grâce aux innovations technologiques et un monde de l’enseignement, notamment des langues, qui semble tarder à vraiment les intégrer.
Pour mieux comprendre pourquoi ces deux mondes peinent à se rencontrer, il faut bien sûr s’intéresser à la formation des enseignants mais aussi aux formats de formation, hybride ou à distance. Il ne faut pas perdre de vue non plus nos représentations ou nos croyances, en tant qu’enseignants ou qu’apprenants, par rapport au numérique, que nous en soyons des inconditionnels ou que nous les regardions avec distance, celles-ci ont une influence sur notre rapport en classe avec ces innovations technologiques.
A un moment où toutes les institutions, publiques ou privées, semblent vouloir intégrer à n’importe quel prix des cours de langues en ligne, ces cinq articles arrivent à point nommé pour inviter à marquer une pause dans cette course effrénée et prendre le temps de réfléchir à la meilleure façon de réduire le fossé, à défaut de l’éliminer, en prenant compte les différentes implications abordées dans chacune de ces contributions.
Ollivier conclut son introduction en souhaitant une bonne lecture aux chercheurs et aux étudiants, mais je crois qu’il s’agit d’un ouvrage qui mérite une bien plus large audience. Je pense aux directeurs d’établissements et à leurs directeurs ou coordinateurs pédagogiques ou encore aux éditeurs. Tous ont, tous avons besoin de nous poser des questions sur ce numérique omniprésent et son rôle dans nos environnements, qu’il s’agisse des fournisseurs de cours ou des fournisseurs de contenus.

Le smartphone en vedette
Finalement, je voudrais retenir, peut-être comme une anecdote dans cette enrichissante lecture, les deux cas qui mettent en avant l’usage des smartphones. Celui de ces deux enseignantes d’anglais en Azerbaïdjan et celui du projet English in Action, très justement surnommé “The trainer in the pocket” (l’entraîneur dans la poche) par deux enseignants bangalais qui suivent cette formation professionnalisante de la britannique Open university depuis leur pays. Deux exemples qui montrent qu’il est temps tout d’abord de cesser de considérer ces téléphones intelligents des parasites ; puis de cesser de penser que ce sont des instruments du premier monde (ah ces croyances qui ont la peau dure !) mais bel et bien les outils de toute une jeunesse, d’Asie, d’Afrique ou d’Amérique latine, en soif d’apprentissage et donc très « numérique » mais pas depuis un ordinateur ou une tablette. Toute une nouvelle culture de l’apprentissage que nous ne pouvons ignorer si nous ne voulons pas être dépassés. Et les choses vont vite…

Pour en savoir plus :
Ollivier, C, Gaillat, T et Puren, L.(Coord.), 2016, Numérique et formation des enseignants de langue. Pistes et imaginaires, Paris, Éditions des archives contemporaines, 94 pages. ISBN : 9782813002297 – 22€
Sur le site de Christian Ollivier : https://eurofle.wordpress.com/

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Les pièges de la classe inversée

Posted by Philippe Liria sur 17/03/2017

Presque inconnue il y a à peine trois ou quatre ans, la classe inversée vit un véritable engouement. Pas un stage sans qu’il n’y ait un module sur le sujet (j’en animerai un cet été) ; les responsables pédagogiques sont à la chasse aux experts en inversion de classe pour la formation annuelle de leurs profs ;  sur les réseaux, on y trouve des infos à foison sur les congrès, séminaires et autres rencontres dont l’objet est cette fameuse classe inversée. Quel succès ! Et dire que c’est d’un regard méfiant qu’on nous accueillait quand nous abordions le sujet dans nos ateliers ! S’agit-il d’un simple phénomène de mode ? Ou au contraire, d’une tendance qui s’inscrit dans un mouvement beaucoup plus généralisé qui cherche à trouver de nouvelles pistes pour la classe ? Ce qui est sûr, c’est qu’il y a une véritable envie d’essayer de nouvelles pratiques qui motiveraient les apprenants. Cependant, il ne suffit pas de se lancer dans la classe inversée pour en faire. Même si celle-ci présente de nombreux avantages, elle n’est pas exempte de pièges qu’il faut savoir éviter. C’est justement le thème de cet article particulièrement intéressant sur la classe inversée publié en janvier 2017 dans la revue Technologie (n° 206 : p.52-59) et repris sur le blog d’Annick Arsenault Carter. Il nous propose un résumé de la mini-conférence qu’elle-même et deux autres trois experts de la classe inversée, Luc Chevalier (retrouvez-le sur IDEA où il partage son expérience de la classe inversée dans le monde universitaire) et Jean-Marie Le Jeune (Lisez son entretien dans le Café pédagogique du 6/07/2015), ont animé pendant le CLIC 2016, le congrès désormais annuel de la classe inversée qu’organise l’association Inversons la classe ! Vous y trouverez les 10 pièges à éviter si vous souhaitez mettre en place la classe inversée avec vos apprenants. Ils abordent les questions de la perception de la classe inversée auprès des collègues ou des élèves, des réticences rencontrées, des craintes de la surcharge de travail, la technophobie de certains, les difficultés à changer la dynamique de classe, la perte de contrôle des rythmes d’apprentissage ou encore les omniprésentes questions autour de l’évaluation.

Un article indispensable pour toutes celles et tous ceux d’entre vous qui avez envie de changer votre mode d’enseignement et vous posez encore des questions sur la classe inversée.

 

Clic2016 représente un grand moment de ma carrière! C’est à l’Université Diderot à Paris, où j’ai animé la conférence 10 Pièges à éviter en classe inversée avec mes collègues Jean-Marie Le Jeune et Luc Chevalier. Nous avons précisé les détails de notre présentation dans un article à l’intention de la revue Technologie numéro 206 ici: https://drive.google.com/file/d/0B-cqyta5IWozUHBaeENpSHc0bG8/view Merci […]

A lire : 10 Pièges à éviter en classe inversée — Annick Arsenault Carter

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Apprendre en jouant

Posted by Philippe Liria sur 16/02/2017

Jeux d'enfants (Pieter Bruegel l'Ancien, 1560, )

Jeux d’enfants (Pieter Bruegel l’Ancien, 1560, )

Entre le café et le croissant du petit matin, avec la radio en bruit de fond qui nous rappelle que le monde est vraiment malade, ça fait du bien de tomber sur une lecture qui met un peu de gaieté dans cette grisaille matinale. Il s’agit d’un dossier très intéressant sur le site Franc-parler. En collaboration avec T’enseignes-tu ?, le site de ressources pédagogiques pour professeurs de FLE propose un dossier sur le jeu en classe de langue avec de nombreux liens qui vous renvoient vers des fiches pratiques et aussi vers des aspects plus théoriques avec Haydée Silva, certainement l’une des meilleures expertes en la matière et auteure de l’ouvrage de référence sur le sujet, Le jeu en classe de langue (CLE International, 2008). J’en profite pour rappeler l’excellent dossier qu’avaient élaboré Les agités du FLE sur le même sujet et que vous pouvez retrouver en ligne. Et, pure coïncidence, ma consoeur et amie, Fatiha Chahi du Bla-Lab nous relayait ce matin-même depuis son sccop.it un article du quotidien canadien Le soleil sur la place de plus en plus importante qu’occupe le jeu vidéo dans les cours à distance qui « se sont aujourd’hui transformés en véritables expériences d’apprentissage en ligne, plus ludiques et interactives, qui deviennent une option prisée des apprenants, peu importe leur âge« , comme l’illustre bien ce tableau de Pieter Bruegel l’Ancien qui, bien que s’intitulant Jeux d’enfants (1560), nous montre bien que tout le monde joue. Cette importance du jeu dans la classe de langue nous avions aussi eu l’occasion de l’évoquer en vous présentant le numéro de janvier 2016 de Recherches et Applications (n°59) qui faisait le « lien entre jeu et enseignement/apprentissage des langues à l’heure de la perspective actionnelle. ».

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Prononcer le français… oui, mais comment ?

Posted by Philippe Liria sur 06/02/2017

prononciationJ’ai entre les mains une petite merveille qui va vous plaire, profs de FLE du monde entier. Il s’agit de La prononciation du français dans le monde, du natif à l’apprenant. Cet ouvrage qui vient de sortir (2017) chez CLE International, est dirigé par une équipe d’experts en phonétique et en phonologie (Sylvain Detey, Isabelle Racine, Yuji Kawaguchi et Julien Eychenne) et a bénéficié du soutien de la Délégation Générale à la Langue Française et aux Langues de France (DGLFLF). Il propose une véritable étude de la prononciation non pas du mais des français parlés dans le monde ainsi que des mécanismes mis en place par les apprenants pour prononcer notre langue.

L’ouvrage s’intéresse dans un premier temps, au travers de différents chapitres, à la prononciation du français natif (français de référence, norme, accents), ainsi qu’à ses différentes variations géographiques (français méridional, de Belgique, de Suisse, du Canada, de Louisiane, du Maghreb…). Il va ensuite passer à l’analyse des difficultés de prononciation que rencontrent (ou peuvent rencontrer en tout cas) les locuteurs d’une langue donnée après en avoir exposé les principales caractéristiques. Une partie fort utile pour le prof de FLE qui pourra s’appuyer sur ces indications pour mieux préparer la correction phonétique. Dix-neuf profils de locuteurs sont ainsi analysés (anglophones, arabophones, russophones, turcophones, lusophones, hispanophones…). Je salue au passage les remarques sur les particularités de l’espagnol selon les aires dialectales, même si on peut regretter les raccourcis (le manque de place certainement)… Une partie que le lecteur ne manquera pas de compléter par les chapitres consacrés à la formation et à l’enseignement de la phonétique et de la phonologie.
Dans une dernière partie, l’ouvrage va porter son attention sur le domaine suprasegmental de la langue. On y trouvera des articles sur la phonétique expérimentale, la phonologie développementale, la prosodie ou la multimodalité expressive.
Finalement, un CR-Rom divisé en trois parties accompagne cet ouvrage. Il contient des exemples de français natif, non natif ainsi que de nombreuses références complémentaires et des fichiers complémentaires (PDF) qui enrichissent la déjà très complète bibliographie fournie à la fin de chaque chapitre.

La prononciation du français dans le monde, du natif à l’apprenant s’adresse à l’ensemble des professionnels du FLE, enseignants mais aussi formateurs de formateurs. Vous y trouverez les réponses aux nombreuses questions que nous nous posons toutes et tous quand il s’agit d’aborder la phonétique et la phonologie en cours de FLE. Un ouvrage nécessaire sur les étagères des médiathèques et des bibliothèques des centres de ressources pédagogiques et qu’il ne faudra pas oublier de mentionner aux étudiants FLE dans les inconturnables de leur formation.

Pour en savoir plus
Référence complète :
La prononciation du français dans le monde, du natif à l’apprenant. S. Detey, I. Racine, Y. Kawaguchi, J. Eychenne (sous la direction de), janvier 2017 : CLE International. ISBN 9782090382419 – 264 pages
Disponible depuis le site de CLE International.
Retrouvez un extrait de l’ouvrage sur ISSU : https://issuu.com/marketingcle/docs/feuilletage_la_prononciation_du_fra

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A lire sur Fandefle : Lançons des défis à nos élèves, ça motive !

Posted by Philippe Liria sur 24/10/2016

A lire sur Fandefle, des idées pour attirer l’attention des élèves, les intéresser et finalement les motiver ! Rendre plus accessible et plus motivant les apprentissages, c’est vraiment la clé d’un enseignement…

Lisez la suite : Lançons des défis à nos élèves, ça motive ! — Fandefle

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Les outils numériques rendent-ils plus difficile l’apprentissage ?

Posted by Philippe Liria sur 22/10/2016

Les outils numériques rendent-ils plus difficile l’apprentissage ? Pour savoir d’où vient cette question, lisez La Contra de La Vanguardia du 22/10/2016 (disponible en espagnol ou en catalan sur le site du journal catalan). Suggérer la lecture d’une interview de Manfred Spitzer (lien en allemand vers sa biographie sur Wikipédia) dans ce blog pourra certainement en surprendre plus d’un. Habitué à y trouver des articles et des liens qui sont plutôt favorables à l’intégration du numérique dans l’éducation, on peut s’étonner que je contribue à diffuser le message de ce neurologue allemand qui préconise ni plus ni moins que de retirer les smartphones et les tablettes de la classe car ces outils, qu’il perçoit plus comme des gadgets, « rendent difficiles l’apprentissage ». J’ai toutefois décidé de le faire parce que je crois que nous ne devons pas non plus nous laisser emporter par le « tsunami numérique » sans réfléchir sur les avantages et les inconvénients. Souvenez d’ailleurs du rapport de Thierry Karsenti il y a deux ans environ et dont je m’étais fait l’écho dans ce blog. L’expert canadien s’interrogeait sur les bienfaits de la tablette en classe. Spitzer va plus loin et prétend éliminer des classes tous ces appareils qui empêcheraient les élèves de se concentrer dans leur apprentissage. Il n’est pas technophobe mais pense que, comme une voiture dont on ne laisse pas le volant entre les mains d’un enfant, il faudrait interdire ces outils mais aussi Internet aux moins de 18 ans. Hérésie ! Comment ose-t-on affirmer de telles choses à l’ère du numérique qu’est la nôtre ? Un peu comme ceux qui critiquent l’innovation pédagogique et préfèrent la bonne vieille classe, telle qu’on la toujours faite (cf. Haro sur l’innovation pédagogique – Mars 2016). Inutile de préciser que je ne partage pas les suggestions de Spitzer (et des voix bien plus qualifiées que la mienne aussi remettent en cause ses analyses), mais nous ne pouvons pas nier non plus que cette révolution technologique provoque de véritables changements sociétaux et qu’il est fondamental de s’interroger sur ceux qu’ils nous apportent. Des sonnettes d’alarme comme celle que tire ce chercheur allemand doivent nous obliger à bien réfléchir à l’usage que nous faisons de la technologie numérique. Pas question de tomber dans cette « démence numérique » dont nous parle Spitzer (pour reprendre le titre d’un de ses ouvrages, Digital Demenz, 2012) mais analysons clairement ce qu’apporte tel ou tel outil numérique dans l’apprentissage. A ce propos, je vous conseille de regarder ce petit reportage diffusé sur Arte en 2015 :

Alors ne nous laissons pas entraîner par les dogmes ni d’un côté ni de l’autre. C’est ce qui fait l’intérêt de cette interview même si elle choque certaines convictions qu’on peut avoir sur le numérique. Je rejoins sur ce point Marcel Lebrun qui, dans un article publié en 2015 sur revue-projet.com, a bien raison de nous rappeler que ce n’est pas parce qu’il y a révolution technologique que nous allons vivre une révolution pédagogique. Les miracles n’existent pas ! Ce rappel, il le fait dans le cadre d’un débat sur le numérique à l’école où différents spécialistes interviennent pour essayer d’apporter des éléments de réflexion sur la question. nous devons tous avoir une réflexion globale sur la signification que doit avoir l’irruption du numérique dans l’enseignement/apprentissage, et notamment celui des langues étrangères, dont le FLE bien entendu.

Pour en savoir plus :
Interview de Manfred Spitzer (en français, 01/11/2013)

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Ne jamais s’adresser à la classe entière : mon idée pour changer l’école

Posted by Philippe Liria sur 23/08/2016

Une idée intéressante… A creuser dans la classe de langue. Certains vont penser : « Si je fais ça dans ma classe, mes élèves passeront leur temps à parler mais dans leur langue ! » Parce que – c’est bien connu – les élèves parlent plus dans la langue cible quand le prof occupe le temps de parole et ne le cède que s’il a le plein contrôle sur ce qui va être dit (quoique…) et surtout le comment (bonne phonétique, bonne grammaire et un long etc. d’objectifs linguistiques qui étouffent l’expression). Bref, voici une idée intéressante dans l’esprit de la nécessité de changer la dynamique de classe.

Site de François Jourde

1Le Forum Educatank 2016 demande à ses intervenants : “Quelle est votre idée pour changer l’école ?”. Pour répondre avec audace à cette question audacieuse, je propose : ne jamais s’adresser à la classe entière (je tiens cette idée d’Alice Keeler : “Never address the whole class” ; une balise lui est consacrée sur Twitter : #nottalkWC).

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La scolarisation des publics allophones en Martinique

Posted by Philippe Liria sur 20/06/2016

icefi_afficheFin mai, j’ai eu le plaisir d’être invité en tant que représentant de la maison d’édition CLE International par l’équipe de l’ICEFI de l’Université des Antilles à participer à un séminaire consacré à la scolarisation des publics allophones sur l’île. Ce séjour a été vraiment intéressant pour prendre connaissance des réalités de l’île, un contexte particulier et complexe d’un monde qui – je l’avoue – m’était complètement inconnu. Cette complexité, c’est dès l’arrivée à l’aéroport de Fort-de-France qu’on la perçoit : l’on entend parler français bien sûr, mais aussi créole et surtout on se rend compte d’un réel croisement entre les deux langues se croisent et s’enlacent comme c’est souvent le cas dans les contextes bilingues – asymétriques ici, un peu comme à Barcelone – et auxquels on est hélas pas assez habitués dans ce là-bas qui, souvent accompagné d’un mouvement de tête en direction de l’Orient, indique notre Hexagone. Je crois qu’il est important d’être conscient de cette réalité si on veut comprendre ce que signifie la scolarisation des primo-arrivants comme a permis de le faire ce séminaire proposé par l’ICEFI.
Derrière ces sigles -rarement présent dans des journées universitaires en France, je me suis rendu compte que j’en avais oublié l’abondance en français (et je vous assure qu’on peut vivre sans)-, se cache l’Institut Caribéen d’Etudes Francophones et Interculturelles qui « est un département pluridisciplinaire au sein de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines qui permet de préparer des diplômes de Licence – Master – Doctorat dans cinq disciplines (Français Langue Etrangère – FLE; Langues et Cultures Régionales – Créoles; Arts Caribéens, Traductologie, Education comparée). L’ICEFI a la particularité de promouvoir, au cœur de la Caraïbe et dans les Amériques, la langue française, les études et les recherches francophones, dans une perspective d’ouverture au pluralisme linguistique et culturel qui caractérise ces régions. » Nombreux sont les professeurs et futurs professeurs de FLE en Amérique latine qui le connaissent car c’est justement l’ICEFI qui propose dans la région un master FLE entièrement en ligne.
Pendant ce séminaire, les participants ont pu écouter différents témoignages d’études de cas sur la place du plurilinguisme et la valorisation des langues premières, l’enseignement de l’orthographe ou de disciplines non linguistique comme les mathématiques par exemple. On a pu aussi voir quelle est la représentation des élèves allophones auprès des enseignants ou s’interroger sur l’accueil des élèves nouvellement arrivés dans l’académie de Martinique et d’aborder ainsi le principe de bienveillance.

Intervention de Melissa Marcin sur la place de la didactique du plurilinguisme (cas d'étude en Martinique)

Intervention de Melissa Marcin sur la place de la didactique du plurilinguisme (cas d’étude en Martinique)

Tout cela sans laisser de côté les aspects plus institutionnels en parlant de la fonction des CASNAV et du DELF en milieu scolaire avec une intervention du CIEP ou encore les questions juridiques avec notamment la participation de la chef du Bureau de la langue et de la citoyenneté, Isabelle Kaelbel, du ministère de l’Intérieur. Lors de son intervention, elle a exposé la réforme en cours de la législation concernant la formation linguistique des étrangers des primo-arrivants. Elle a ainsi confirmé la disparition du niveau A1.1 et donc du DILF et nous a appris qu’il faudra dorénavant parler du Contrat d’Intégration Républicaine ou CIR dans ce langage des sigles qui ne nous lâche pas ! Les primo-arrivants devront suivre une formation selon les contenus prescrits par le ministère et qui porteront sur le français pratique, le français public et le français professionnel mais aussi sur d’autres aspects comme les valeurs de la société démocratique et de la République. On ne manquera certainement pas d’en reparler…
Personnellement, je suis intervenu sur le travail d’un éditeur FLE et le rôle à tenir pour accompagner enseignants et élèves primo-arrivants dans un apprentissage réussi du français, ce qui m’a permis de faire un peu le tour de différentes publications sur la question.
Intervention de P. Liria sur l'édition pour le public migrant

Intervention de P. Liria sur l’édition pour le public migrant


Ce séminaire a permis de faire le point sur la situation d’un public allophone peut-être moindre que dans d’autres parties du territoire français mais en augmentation, en particulier dans le système scolaire ce qui demande une meilleure préparation des enseignants souvent « démunis » en les formant notamment à la didactique du FLSco. Garantir au mieux l’accueil de cette population, c’est aussi appliquer un critère de bienveillance, comme le rappellent Jean-David Bellonie et Patrick Riba dans leur conclusion des travaux, pour mettre fin aux représentations qui tendent à associer le public allophone à des mots comme « handicap » ou « illétrisme ». A l’issue de cette journée, ce sont différentes pistes d’action qui ont été proposées pour justement permettre une intégration réussie des publics allophones.
Conclusions et pistes d'action du séminaire par J.-D. Bellonie et P. Riba

Conclusions et pistes d’action du séminaire par J.-D. Bellonie et P. Riba


L’ensemble des interventions a été filmé et vous pouvez les écouter à partir de Manioc, une « bibliothèque numérique spécialisée sur la Caraïbe, l’Amazonie, le Plateau des Guyanes et les régions ou centres d’intérêt liés à ces territoires. Vous y trouverez des documents textuels, sonores, iconographiques et des références concernant l’histoire culturelle, sociale, économique ou politique de ces pays. » Bref, un superbe portail à partir duquel je vous invite à vous perdre, vous y découvrirez un véritable trésor sur les cultures des Caraïbes.
Le séjour a été trop court pour comprendre toute la réalité de la Martinique, ce serait bien prétentieux de ma part que d’affirmer le contraire mais déjà je sais que je ne lirai plus Patrick Chamoiseau tout à fait de la même façon -et en plus j’ai découvert Raphael Confiant-. C’est une nouvelle porte qui s’est ouverte ; tout comme elle s’ouvre à ces nouveaux arrivants venus des îles voisines ou de l’autre bout du monde en quête d’un nouveau rêve. Garantir la scolarisation des plus jeunes et la formation de leurs aînés, c’est contribuer à ce qu’il devienne réalité.

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Quand l’actionnel et la classe inversée font bon ménage !

Posted by Philippe Liria sur 30/05/2016

classeinverseenantesTâches finales et projets actionnels s’imposent
Voilà près de 15 ans que nous parlons de l’approche ou de la perspective actionnelle. Entrée discrètement par l’arrière-porte du FLE, elle est aujourd’hui présente dans les cours à la fac et dans les recommandations officielles et autres feuilles de route de la plupart des institutions où le FLE a son mot à dire. Les principaux outils qui accompagnent profs et élèves dans la classe, comme le sont les manuels, ont tous, à des degrés différents et avec plus ou moins de réussite, intégré l’actionnel (devenu d’ailleurs substantif au grand dam des correcteurs de nos ordinateurs !) : des tâches finales aux projets en passant par les unités scénarisées pour garantir que processus et produit soient un succès. Enfin presque… Pourquoi ? Parce que sur le papier, tout ça, c’est très bien, mais dans la réalité de la classe, à en croire les nombreux témoignages que les professeurs nous transmettent – et ils sont nombreux -, la mise en oeuvre de cette fameuse approche actionnelle ne va pas de soi. Plusieurs raisons peuvent expliquer la difficulté à travailler dans une démarche actionnelle et surtout rendre possible la réalisation du projet mais je dirais que la principale est en lien direct avec l’organisation de la classe en soi. En effet, nous avons souvent cherché à coller le projet dans le programme sans remettre en cause ce qui se passe en classe. Bref, tout ce qui se faisait en classe avant l’actionnel est toujours présent avec peu voire pas de changement. Pis encore : à ce projet s’ajoutent aussi les maintes évaluations qui complètent les examens finaux. Le temps de classe est le même or nous devons y mettre plus de contenus. Un défi impossible à relever pour beaucoup d’enseignants, et on les comprend !!

Quand le projet passe à la trappe
Résultat des courses ? C’est le projet qui en pâtit ! Combien d’enseignants reconnaissent, parfois en secret pour ne pas se faire taper sur les doigts, qu’ils sont bien obligés de faire passer le projet à la trappe !! Ils sont légions. Or, comme je le dis souvent dans les ateliers de formation, ne pas faire réaliser la tâche finale ou le projet, c’est comme dire aux footballeurs qu’ils ne joueront pas le match – vous avez le droit de remplacer le foot par le basket si vous n’aimez pas le ballon mais prenez un sport collectif dans tous les cas -. Car travailler dans une pédagogie du projet ou jouer à un sport collectif, c’est très similaire : un entraînement qui met en place une pédagogie différenciée, le développement de l’autonomie de l’apprenant, la mise en oeuvre d’un travail collaboratif, des phases théoriques au service du projet ou de la tâche, la mise en place de stratégies… Le rôle de l’entraîneur (coach) par rapport aux joueurs et la place de chacun sur le terrain (side by side) nous rappelle bien les recommandations que nous faisons pour la classe pour nous éloigner du cours magistral (face to face).

La classe inversée au secours du projet ?
Si nous sommes convaincus des bienfaits du projet, nous devons donc trouver des solutions pour éviter que la réalité de la classe ne le fasse disparaître ou le transforme en une activité extra qu’on ne ferait que s’il y a le temps. En foot, on ne joue pas le match s’il y a le temps mais on organise le temps de façon à ce que tout le monde soit prêt pour le jouer avec la plus grande efficacité possible. Et c’est là que la classe inversée a certainement un rôle à jouer. Je ne reviendrai pas sur la définition de cette démarche (pédagogie ?) dont on parle beaucoup depuis déjà quelques années mais qui a l’air de tarder un peu à faire son entrée dans la classe de FLE alors qu’elle est de plus en plus présente dans d’autres matières. Elle l’est bien sûr dans les sciences pures. D’ailleurs ce sont des professeurs de sciences physiques et de mathématiques qui ont été les premiers à lancer dans sa version moderne la classe inversée. Mais depuis, le monde des lettres et celui des langues ont aussi introduit la classe inversée dans leur démarche. J’entends dire parfois dans les formations FLE que ce n’est pas possible en français. Pourquoi ? Si ça l’est en anglais comme nous pouvons le voir dans ce témoignage de Rafika Selmi, « une jeune professeure d’anglais au collège Les rives du Léman à Evian [qui] se propose de « Transformer la salle de classe, rendre les élèves plus actifs et plus confiants (…) avec la classe inversée. » (lisez ici son entretien dans Le café pédagogique du 28/01/2016). Dans le document où elle décrit la séquence, elle conclut que « La classe inversée bouleverse non seulement nos pratiques mais aussi les habitudes de travail de nos élèves. Inverser pour simplement libérer du temps peut être extrêmement bénéfique de prime abord, mais sans repenser les supports proposés (qui doivent être différenciés), le retour en classe, ainsi que la cohérence des contenus, la pédagogie inversée finit par s’essouffler et par lasser nos élèves. C’est ainsi que la classe « start-up » – qui se caractérise tout d’abord par son caractère extrêmement bruyant parfois déroutant où les idées foisonnent – n’est pas vide de sens. Elle s’inscrit foncièrement dans notre conception de la classe inversée car elle concrétise dans ses moindres effets ce que les élèves ont appris en amont et permet à ces derniers de donner la pleine mesure de leur potentiel et de leurs atouts divers mais parfois peu ou pas exprimés.« . A l’occasion de la journée académique sur le numérique, deux témoignages d’enseignants d’anglais – à lire sur le site de l’Académie de Nantes – nous montrent combien la classe inversée a contribué à améliorer la motivation et les résultats de leurs collégiens.

Un accompagnement nécessaire
Nous le voyons, si cela est possible en classe d’anglais, c’est bien évidemment possible en classe de FLE. Reste que ce n’est pas simple à mettre en place. La classe inversée doit intégrer un projet d’établissement qui implique l’équipe pédagogique, la direction et les apprenants – ainsi que les parents dans le cas des élèves mineurs -. La démarche doit être expliquée et sa mise en place devra être progressive. L’implication de l’équipe facilitera notamment l’élaboration du matériel nécessaire pour une classe inversée réussie. Je pense ici aux fameuses capsules pédagogiques dont on parle tant. Souvent ce sont ces capsules qui font peur. Elles peuvent s’avérer chronophage et on imagine les réactions technophobes alors que si l’on connaît un peu la technique – Marc Oddou vient de commettre une petite capsule tutorielle pour créer… une capsule pédagogique – et les outils (gratuits et ils sont nombreux), elles ne sont pas difficiles à créer. Par contre, le travail d’équipe est indispensable car il serait absurde que chaque professeur crée dans son coin une capsule sur le passé composé. Et puis, si c’est difficile, nous pouvons demander aux apprenants de niveau supérieur de créer des capsules pour des niveaux plus bas. Un projet au service de l’apprentissage et collaboratif entre apprenants de niveaux différents.
Une critique qui revient souvent, c’est celle du travail non fait : « Et si les élèves ne regardent pas la capsule ? ». Certes, c’est une probabilité ; comme d’autres ne font pas leurs devoirs – ce qui n’empêche pas de donner des rédactions à faire à la maison – mais je crois que nous ne pouvons pas réfléchir à de nouvelles pratiques sans prendre des risques. Les résultats et les témoignages tendent à montrer que globalement les élèves sont plus motivés et qu’ils progressent comme nous pouvons l’écouter dans cette vidéo d’une classe de Terminale au lycée La Colinière à Nantes. D’autres témoignages ainsi que des conseils sont disponibles en ligne sur la mise en place de la classe inversée sur le site dédié du même nom.

Comme vous pouvez le constater, actionnel et classe inversée font plutôt bon ménage car celle-ci contribue à nous faire gagner du temps tout en rendant l’apprenant plus autonome. Ces deux points sont justement ceux dont a besoin la classe pour que nous puissions plus aisément mettre en place les tâches finales ou les projets. Alors pourquoi ne pas essayer ?

Je serai présent à Azurlingua (Nice) la semaine du 25 juillet pour un module de formation sur la classe inversée. Pour en savoir plus, consultez le programme de la formation « Et si nous mettions la classe à l’envers« .

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Publics allophones en Martinique : besoins et enjeux pour une école inclusive

Posted by Philippe Liria sur 23/04/2016

Faculté des Lettres et Sciences HumainesQuand on pense à l’enseignement du français pour migrants, viennent à l’esprit des lieux que nous associons à la France hexagonale. On oublie souvent que la pression migratoire existe aussi dans les territoires français d’outre-mer, que ce soit à Mayotte, à la Réunion ou encore en Martinique. Or celle-ci, même si elle est moindre qu’en Europe, est en constante augmentation. Il s’agit essentiellement de la population allophone en provenance des régions voisines (Haïti, Sainte-Lucie). C’est le constat que fait l’Institut caribéen d’études francophones et interculturelles (ICEFI) sur l’aire géographique dont il est en charge. Les migrants hispanophones bien sûr, mais aussi anglophones ou créolophones arrivent nombreux en Martinique, cette autre porte d’entrée en Europe pour beaucoup d’entre eux. Plus récemment, ce sont aussi les réfugiés des zones en conflit aux frontières de l’Europe qui arrivent par d’autres voies dans l’espoir de trouver l’accueil et la possibilité de se construire un avenir que les bombes des fous de la guerre leur nient.
Parmi ces migrants, de nombreux enfants et adolescents qui doivent pouvoir intégrer au plus vite l’école. La scolarisation est en effet une priorité et c’est la mission du ministère de l’Education nationale français de la garantir. Dans ce contexte, il est important de s’assurer de la prise en charge de ces EAA, encore un acronyme barbare comme on les aime en français et qui désigne les Enfants Allophones Arrivants. Une prise en charge qui ne peut seulement être administrative mais qui doit comprendre différents volets qui vont garantir la meilleure intégration possible de ces enfants que les crises ont déracinés. Parmi ces volets, il y a bien sûr l’apprentissage de la langue française mais celui-ci ne peut se faire n’importe comment ni ne peut se contenter des réponses qu’apportent le FLE. D’autres pistes sont à explorer comme le FLI ou le FLSco. Mais qu’en est-il sur le terrain ? Les programmes d’accueil répondent-ils vraiment aux besoins ? Les enseignants ont-ils les outils adéquats pour garantir une scolarisation réussie ? Et ces outils, quels sont-ils ?
Ces questions et d’autres – comme celle de la formation des formateurs – encore en lien avec cette situation émergente rencontrée en Martinique feront partie des sujets abordés lors du séminaire La scolarisation des publics allophones en Martinique : enjeux et démarches pour une école inclusive qu’organise l’ICEFI à l’initiative de J.-D. Bellonie et P. Riba, en collaboration avec le département FLE de la Faculté des Lettres et Sciences humaines de l’Université des Antilles et le CASNAV de Martinique. Ce séminaire qui se tiendra le 25 mai prochain sur le Campus de Schoelcher mais aussi en streaming réunira en présentiel et en visioconférence un large éventail d’experts qui présenteront leurs communications qui porteront aussi bien sur une analyse de la situation dans la réalité martiniquaise que sur des propositions de travail ou encore sur les matériels de support que le monde éditorial crée pour ce public.

Retrouvez l’ensemble du programme sur le site de l’ICEFI.

Pour en savoir plus sur le sujet
Scolarisation des élèves : Organisation de la scolarité des élèves allophones nouvellement arrivés (consulté le 23/04/2016)
Conference-AADPAS-les enjeux de l’immigration en Martinique
ADAMI, H., 2009, La formation linguistique des migrants, Paris, CLE International
ESCOUFIER, D., MARHIC, Ph., TALBOT, E., 2013, Ensemble cours de français pour migrants A1.1, Paris, CLE International
IGLESIS, T., VERDIER, C., MOTRON, A.-C., CHARLIAC, L., 2012, Trait d’union (2è édition), Paris, CLE International

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