Le blog de Philippe Liria

Auteur, formateur, consultant et éditeur de français langue étrangère (FLE)

Archive for the ‘Le monde des langues’ Category

Prononcer le français… oui, mais comment ?

Posted by Philippe Liria sur 06/02/2017

prononciationJ’ai entre les mains une petite merveille qui va vous plaire, profs de FLE du monde entier. Il s’agit de La prononciation du français dans le monde, du natif à l’apprenant. Cet ouvrage qui vient de sortir (2017) chez CLE International, est dirigé par une équipe d’experts en phonétique et en phonologie (Sylvain Detey, Isabelle Racine, Yuji Kawaguchi et Julien Eychenne) et a bénéficié du soutien de la Délégation Générale à la Langue Française et aux Langues de France (DGLFLF). Il propose une véritable étude de la prononciation non pas du mais des français parlés dans le monde ainsi que des mécanismes mis en place par les apprenants pour prononcer notre langue.

L’ouvrage s’intéresse dans un premier temps, au travers de différents chapitres, à la prononciation du français natif (français de référence, norme, accents), ainsi qu’à ses différentes variations géographiques (français méridional, de Belgique, de Suisse, du Canada, de Louisiane, du Maghreb…). Il va ensuite passer à l’analyse des difficultés de prononciation que rencontrent (ou peuvent rencontrer en tout cas) les locuteurs d’une langue donnée après en avoir exposé les principales caractéristiques. Une partie fort utile pour le prof de FLE qui pourra s’appuyer sur ces indications pour mieux préparer la correction phonétique. Dix-neuf profils de locuteurs sont ainsi analysés (anglophones, arabophones, russophones, turcophones, lusophones, hispanophones…). Je salue au passage les remarques sur les particularités de l’espagnol selon les aires dialectales, même si on peut regretter les raccourcis (le manque de place certainement)… Une partie que le lecteur ne manquera pas de compléter par les chapitres consacrés à la formation et à l’enseignement de la phonétique et de la phonologie.
Dans une dernière partie, l’ouvrage va porter son attention sur le domaine suprasegmental de la langue. On y trouvera des articles sur la phonétique expérimentale, la phonologie développementale, la prosodie ou la multimodalité expressive.
Finalement, un CR-Rom divisé en trois parties accompagne cet ouvrage. Il contient des exemples de français natif, non natif ainsi que de nombreuses références complémentaires et des fichiers complémentaires (PDF) qui enrichissent la déjà très complète bibliographie fournie à la fin de chaque chapitre.

La prononciation du français dans le monde, du natif à l’apprenant s’adresse à l’ensemble des professionnels du FLE, enseignants mais aussi formateurs de formateurs. Vous y trouverez les réponses aux nombreuses questions que nous nous posons toutes et tous quand il s’agit d’aborder la phonétique et la phonologie en cours de FLE. Un ouvrage nécessaire sur les étagères des médiathèques et des bibliothèques des centres de ressources pédagogiques et qu’il ne faudra pas oublier de mentionner aux étudiants FLE dans les inconturnables de leur formation.

Pour en savoir plus
Référence complète :
La prononciation du français dans le monde, du natif à l’apprenant. S. Detey, I. Racine, Y. Kawaguchi, J. Eychenne (sous la direction de), janvier 2017 : CLE International. ISBN 9782090382419 – 264 pages
Disponible depuis le site de CLE International.
Retrouvez un extrait de l’ouvrage sur ISSU : https://issuu.com/marketingcle/docs/feuilletage_la_prononciation_du_fra

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Profs et élèves : à vos jeux !

Posted by Philippe Liria sur 23/01/2016

IMG_0242L’un des meilleurs souvenirs de classe à l’époque où je faisais encore cours, c’est quand nous laissions de côté avec les élèves livres et cahiers et que nous prenions le jeu de l’oie des verbes. Les élèves autour, en équipe et avec des règles que nous avions négociées entre nous ; moi, en arbitre ou plutôt en co-animateur avec un autre élève et c’était parti pour un moment de détente mais pas seulement. C’était aussi l’occasion d’interactions authentiques au cours desquelles la conjugaison était certes présente mais en arrière-plan. Ce qui comptait vraiment, c’était les échanges, les expressions spontanées de réussite, les complicités, les efforts et les encouragements. Et cela ne se faisait pas dans la crainte d’une sanction d’un prof-bourreau, prêt à dégainer un carton rouge si on se trompait mais dans le but d’arriver en premier à la case d’arrivée et bien entendu, de s’amuser. Un vrai moment de plaisir où pourtant, sans s’en rendre compte, les élèves conjuguaient et s’exprimaient spontanément en français. Ils ne se souciaient pas des aspects langagiers, pourtant bien présent. Non, le défi était ailleurs.

Un projet pédagogique pour apprendre en jouant

On joue au Memory à Geraybeyli (Azerbaïdjan) - Sources : Site Facebook ON JOUE

On joue au Memory à Geraybeyli (Azerbaïdjan) – Sources : Site Facebook ON JOUE


Ce souvenir qui m’a marqué, je l’admets, est hélas trop anecdotique. Nous ne jouions pas souvent. Pas assez en tout cas maintenant que je regarde dans le rétroviseur. Or, on sait combien le jeu ne devrait pas être un extra parce qu’il reste cinq minutes avant la fin du cours ou que les vacances approchent. Au contraire, il devrait occuper une place centrale dans l’apprentissage. En somme, intégrer le projet pédagogique dans lequel s’inscrit le parcours de l’apprenant. C’est ce qu’Anne-Marie Pauleau nous rappelle dans son article publié dans la livraison de ce mois de janvier du Français dans le monde (n°403 Janvier-février 2016). Elle y présente le projet pédagogique ON JOUE que portent l’Asdifle et la FIPF, un projet qui « encourage les enseignants à utiliser le jeu en classe, à lui donner toute sa place, ouvertement. Il vise aussi à lutter contre l’étiquette de « divertissement stérile » apposée aux activités ludiques » et donc démontrer que « jouer, c’est aussi enseigner« . Cette présentation est illustrée de deux exemples concrets de professeurs à s’être lancés dans ce projet.

Jeu(x) et langue(s) : un lien qui remonte dans le temps et à l’avenir prometteur

Et pour aller plus loin dans cette réflexion sur la place du jeu dans l’apprentissage, il ne faut surtout pas rater le dernier numéro de Recherches et Applications. Sous la direction d’Haydée Silva (Retrouvez son blog sur le jeu) et de Mathieu Loiseau, le numéro 59 de janvier 2016 y est entièrement consacré. Il vient certainement comblé un vide, non pas qu’il soit le premier mais il faut bien reconnaître que « par rapport au foisonnement de la production anglophone sur le sujet, le nombre d’articles et d’ouvrages qui ont vu le jour dans la communauté francophone est encore relativement restreint. » Ce numéro ne prétend pas être un recueil de plus d’activités ludiques pour la classe mais plutôt une réponse à la question et une réflexion à la fois sur le « lien entre jeu et enseignement/apprentissage des langues à l’heure de la perspective actionnelle. »
Le lecteur trouvera donc douze articles regroupés en trois parties et dont les auteurs arrivent des quatre coins de la planète (7 pays et 8 nationalités) ce qui permet de s’interroger sur le rapport qu’ont les apprenants de langue et les enseignants avec le jeu ; comment celui-ci permet de concilier la théorie et la pratique de la langue étudiée. Jouer est sans aucun doute une façon de se désinhiber, d’oser se jeter à l’eau plus facilement. Dans la deuxième partie, « Revisiter », on y aborde le jeu théâtral d’une part et l’écriture créative d’autre part mais on s’interroge aussi sur la place de la langue des apprenants notamment dans la transmission / compréhension des consignes pour un bon déroulement du jeu.
Finalement, dans la troisième partie « Renouveler », une large place est faite au numérique. Impossible de passer à côté. N’avons-nous pas tous en tête la gamification (ou ludification en « bon » français) de l’apprentissage ? Le terme est « dans le vent » nous rappelle Haydée Silva qui le définit comme étant « l’élargissement du paradigme ludique à des domaines dont il est censé être habituellement exclu : travail, santé, éducation… » Nous en parlions déjà dans ce blog il y a quelque temps : j’avais alors invité Fatiha Chahi à écrire sur le sujet. Elle y évoquait notamment les applications dans le domaine de l’apprentissage du français.
Nous le voyons, il s’agit d’une combinaison intéressante de deux éléments qui contribuent sans aucun doute à l’apprentissage des langues : le numérique, avec certainement une place importante à réserver aux outils du web 2.0 et le jeu, en particulier le jeu vidéo. Une façon de progresser dans l’emploi de la langue mais dans un contexte moins formel. On nous plonge dans cette « didactique invisible » dont nous parle C. Ollivier et à travers laquelle nous avançons à partir de parcours ou de scénarios actionnels où le jeu y a une place. Une scénarisation des apprentissages qui rejoint l’idée qu’à partir du moment où on utilise la langue, on l’apprend de façon consciente ou pas.

Ce numéro de Recherche et application est une lecture indispensable et qui va contribuer à renforcer les réflexions des responsables pédagogiques et directeurs des cours qui ici ou là cherchent de plus en plus à intégrer le jeu, pas uniquement dans des ateliers spécifiques mais véritablement dans la classe, ce qui veut dire l’inscrire au programme pour que ceux qui y ont déjà recours ne se sentent pas coupables d’être en train de voler un temps d’apprentissage précieux. De la même façon qu’il nous appartient du côté de l’édition d’envisager une plus grande présence du jeu dans les manuels ou sur les autres supports proposés. Le jeu renvoie au notion de plaisir et donc de motivation. Il fait aussi appel à la collaboration, à la coopération et à la créativité. Il contribue donc à préparer l’apprenant à faire face à des situations imprévisibles en mobilisant des compétences et des stratégies.
Bref, pour reprendre la citation de Cicéron que mentionne Anne-Marie Pauleau dans son article, il est temps de cesser de penser que le jeu ne peut être utilisé qu' »après avoir satisfait aux obligations graves et sérieuses » mais au contraire de l’intégrer pleinement dans le projet d’enseignement/apprentissage de la classe de langue.

Pour en savoir sur le projet ON JOUE
Facebook : http://www.facebook.com/ouifaitesvosjeux
Blog : http://faitesvosjeux.over-blog.com
Email : faitesvosjeux@outlook.fr

A propos du numéro 59 de Recherches et applications :
Ami(e)s du Mexique, vous pouvez assister à la présentation de ce numéro à Mexico le 16 février, à 12h, à la Facultad de filosofía y Letras de l’UNAM (salle A).

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Marion Charreau nous invite à un voyage illustré dans le territoire du français

Posted by Philippe Liria sur 11/11/2015

francais_ciel.jpg(Mise à jour : le 15/12/15)

L’Île des Noms, la Montagne des Verbes… Quels sont donc ces territoires au nom si mystérieux ? Des territoires que traverse un personnage à la découverte de la langue française, tel Lancelot à la quête du Graal ou plus fantastique encore, Alice déambulant dans cet univers inquiétant en apparence mais magique si on n’a pas peur d’emprunter parfois des raccourcis comme le Tube des Pronoms.
Je n’en ai vu que des extraits mais ceux-ci donnent envie de faire la valise et partir dans ce merveilleux voyage initiatique et illustré de la langue française auquel nous invite Marion Charreau – que nous connaissons pour ses formations et son site, Territoires des Langues – dans son livre, Le français vu du ciel. Un voyage qui commence à Barcelone pour nous plonger dans les rouages du français – on ne perd pas de vue l’aspect pédagogique des cartes heuristiques (ou cartes mentales) qui lui sont si chères – à travers 40 planches illustrées.

Cette nouvelle cartographie du français s’inscrit dans une démarche originale pour poser un regard différent sur les verbes, les prépositions, etc. Le français vu du ciel, c’est un beau livre pour tous, francophiles et francophones, apprenants ou enseignants, qui montre que l’apprentissage d’une langue doit aussi – voire surtout – être un moment de plaisir qui n’est pas incompatible avec cette créativité, encore trop souvent délaissée dans une partie du monde de l’éducation. Et ne ratez pas son très intéressant passage sur RFI le 14 décembre. Interviewée par Yvan Amar pour son émission la Danse des mots, Marion nous parle avec passion de ce magnifique livre.Marion Charreau_0

Je vais vite me rendre sur le site de son éditeur, Zeugmo Editions, pour me faire un petit cadeau…

Pour en savoir plus :
http://territoiresdeslangues.com/2015/11/10/le-francais-vu-du-ciel-1-introduction/

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Les avantages du bilinguisme, par Marie Rose Moro

Posted by Philippe Liria sur 12/10/2015

On entend encore, heureusement moins qu’avant, des personnes qui doutent des avantages du bilinguisme ou du plurilinguisme. L’association D’une langue à l’autre, DULALA, propose des vidéos avec des experts qui exposent les avantages du bilinguisme. Je vous propose ici l’intervention de Marie Rose Moro, « chef de file actuelle de l’ethnopsychanalyse et de la psychiatrie transculturelle en France » pour reprendre le chapeau de la biographie de son blog sur lequel je vous conseille d’y faire un tour.

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Causerie sur les classes inversées avec Annick Arsenault Carter, Marcel LeBrun et Christophe Batier à #Clair2015

Posted by Philippe Liria sur 20/08/2015


La classe inversée évolue. Il n’y a pas une, mais plusieurs recettes pour que ça prenne et surtout pour que les élèves accrochent et se sentent motivés. Annick Arsenault Carter (https://philliria.wordpress.com/2012/10/21/vers-la-pedagogie-inversee/) partage dans cette vidéo une causerie avec Marcel Lebrun dans laquelle ils évoquent le travail réalisé avec cet outil pédagogique dont on parle tant récemment. Il est intéressant de noter comment, au bout de 4 ans d’expérience, d’essais et d’erreurs, Annick Arsenault Carter, enseignante au New Brunswick, nous dit que les capsules de sa chaine You Tube sont de plus en plus visionnées en classe, ce qui permet de renforcer la collaboration entre les élèves qui peuvent eux-mêmes publier des contenus.
Bref, c’est toute la gestion de la classe qui a changé. Dans ce sens, comme le souligne Marcel Lebrun, ce n’est pas uniquement la façon de changer la transmission des savoirs qui a été modifiée mais aussi le rôle enseignant/élèves – on parle beaucoup de ce changement mais on est loin de pouvoir vraiment le mettre en place. Ici, on voit que la classe inversée le favorise.
Intéressant de voir comment elle a aussi impliqué les parents dans cette démarche (en leur envoyant une capsule) ou comment son institution a compris les enjeux du projet.
Une causerie très enrichissante qui nous incite à découvrir plus à fond le blog d’Annick Arsenault Carter.

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Le numérique au service de l’innovation pédagogique

Posted by Philippe Liria sur 15/07/2015

IMG_0151« L’élève doit être au centre de l’apprentissage ! » C’est une phrase que tout le monde a entendue mais qu’en est-il réellement ? Une fois dans la classe, la pression des programmes, des institutions, le manque de temps ou de formation font que trop souvent encore la classe est organisée non pas en fonction de l’élève et de sa façon d’apprendre mais plutôt en fonction de ces impératifs. Pourtant, nous devrions tous nous interroger sur notre manière d’apprendre, sur celle de nos étudiants et donc sur ce que nous faisons pour faciliter cet apprentissage. « Tout enseignement efficace doit commencer par la prise en compte de la façon qu’ont les étudiants à apprendre » nous rappelaient les auteurs de How learning works (Jossey-Bass, USA 2010), un excellent livre que je recommande vivement si vous vous intéressez aux processus d’apprentissage. Une inquiétude qui doit bien entendu être présente dans nos cours de français. Quelle place faisons-nous à la créativité ? Quelle rôle peuvent jouer les langues plus ou moins proches pour accompagner l’apprentissage ? Ou que faire de ces technologies qui entrent dans nos classes ? Qu’est-ce qui forcément change dans nos pratiques ou dans la dynamique du cours si le monde change autour de nous ? Ces questions, ce sont celles auxquelles essaient de répondre les spécialistes invités à participer au dossier du 400è numéro (bon anniversaire !) du Français dans le monde. couvn400 Dix pages, c’est encore trop peu pour traiter un sujet aussi vaste mais c’est déjà ça pour lancer la réflexion (ou l’approfondir) dans les salles de profs ou dans les réunions pédagogiques. Une réflexion par exemple sur la nécessité de repenser la classe de sorte que soient mis en avant les talents et les centres d’intérêt car « il s’agit de créer les conditions qui permettent (…) d’apprendre et de s’épanouir, sur le plan collectif et individuel » nous rappelle Ken Robinson (FDLM, pp.50-51), l’auteur de L’élément que j’avais eu l’occasion de présenter dans ce blog il y a quelque temps déjà. Et pour atteindre ces objectifs, il nous faut disposer de plus de temps pendant le moment de la classe. Oui, mais comment ? En réorganisant la distribution des contenus et du temps. La classe ou pédagogie inversée (la flipped classroom en anglais) peut être une solution à cette nécessité de repenser la classe. Marcel Lebrun, professeur à l’Université de Louvain (Belgique), nous parle de ce changement de paradigme et résume les trois niveaux de cette démarche pédagogique qui « repositionnent les espaces-temps traditionnels de l’enseigner-apprendre » (pp.52-53). IMG_0154L’idée de la pédagogie inversée commence à faire son entrée dans la classe de FLE, comme me le rapportait une jeune enseignante venezuelienne lors du BELC Régional de Bogota. Elle n’hésite pas à expérimenter ce concept pour donner une nouvelle dynamique à son cours et donc motiver différemment ses élèves. Je constate aussi que dans plus en plus de formations, on nous demande d’en parler dans l’optique de la mettre en place, même si ce n’est que ponctuellement. Et si ces classes peuvent « prendre », c’est aussi parce que les technologies numériques sont arrivées au bon moment, à condition de savoir en user sans en abuser ! Or, cela a été trop souvent le cas à cause d’une certaine précipitation (un « tsunami numérique », pour reprendre le titre du livre d’Emmanuel Davidenkoff, qu’on ne peut ignorer) malgré les appels à la vigilance d’experts tels que Thierry Karsenti (lire aussi cet article). Il faut donc non pas les imposer mais bien savoir les intégrer dans l’apprentissage. C’est dans cette intégration que réside l’innovation pédagogique. Il faut donc que le professeur apprenne à maîtriser ces outils technologiques de plus en plus performants ; qu’il devienne un « enseignant multidimensionnel » nous dit Marc Oddou, bien connu des profs de FLE notamment grâce à son site. La tablette est un bon exemple d’outil qui peut favoriser cette « créativité pédagogique » des apprenants que revendique Ken Robinson, à condition de gérer l’espace-temps différemment, souligne Laurent Carlier (inovateach.com).lcarlier Et pour y parvenir, il faut changer la dynamique de classe et renforcer la place de l’authentique dans la classe. Le web 2.0 doit y contribuer. C’est l’avis de Christian Ollivierr&a_juillet2013, spécialiste de l’introduction de ces nouvelles pratiques en lien avec les mutations technologiques auxquelles nous assistons et surtout participons (cf. Recherches et applications, juillet 2013). Pourquoi le web 2.0 ? Parce qu’il contribue à l’authenticité des échanges en laissant les apprenants réaliser des « tâches ancrées dans la vie réelle » qui débouchent sur un « produit(…) fortement socialisé« . Mais le ‘comment-j’apprends’ ne passe pas que par la technopédagogie. C’est aussi la capacité à mobiliser des stratégies qui vont contribuer à mieux s’approprier d’une langue. Par exemple, en se basant sur les différents degrés de parenté entre la langue cible et celle de départ. Selon la distance de ces langues, les compétences à mobiliser seront différentes, comme nous le décrit Jean-Michel Robert dans un article sur l’intercompréhension, dont on ne parle pas assez en classe de langue comme je le signalais dans ce blog le mois dernier et qui pourtant contribue vraiment à l’apprentissage des langues et à la mobilisation de stratégies pour mieux y arriver.
Voilà donc un superbe numéro du Français dans le monde, une belle réussite avec un riche contenu pédagogique au-delà de ce dossier. A lire absolument, sur papier ou, puisque nous parlons numérique, sur l’application qui accueille la version numérisée de la célèbre revue.

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Quelle place pour l’intercompréhension dans l’apprentissage des langues ?

Posted by Philippe Liria sur 15/06/2015

imintercom L’autre jour, une étudiante péruvienne qui suit des études de traduction (anglais-français) m’a vu lire un article sur le résultat des élections municipales à Barcelone. Dès les premiers mots, bloquée, elle m’a demandé de quoi parlait l’article. Celui-ci était sur le site d’El País dans El País en catalan. Surpris, je lui ai fait remarquer qu’elle pouvait le comprendre, en tout cas, au moins dans ses grandes lignes. Mais il y avait comme un blocage et la réaction a été : « Je ne parle pas catalan ! ». Pourtant, un lecteur, et a fortiori avec une formation en lettres et en langues, et de surcroit de langue romane (ici, l’espagnol) et qui en étudie une autre, le français, peut-il vraiment avoir cette réaction face à un document écrit dans une autre langue romane ?
Quelques jours plus tard, circulait sur Facebook un lien vers un article de Filomena Capucho sur l’intercompréhension. L’article remonte à 2008 ; ce n’est pas pour autant qu’il manque d’intérêt ni d’actualité même si on a parfois l’impression que le sujet ne déclenche pas les passions, quel dommage ! La lecture de cet article m’a replongé dans cette réflexion autour de l’intercompréhension, si naturelle chez ceux qui avons eu la chance d’être bercés dans des contextes multilingues et de côtoyer des personnes plurilingues ; mais qui ne va pas de soi. D’où la nécessité d’aller vers « une refonte de notre rapport aux langues vivantes et à la pédagogie de leur enseignement », comme le rappellent Pierre Janin et Pierre Escudé dans Le point sur l’intercompréhension, clé du plurilinguisme (CLE, 2010).livreintercom

L’apprentissage des langues au-delà des quatre murs de la classe de langue
Je n’ai pu m’empêcher de faire le lien entre la réaction quelque peu épidermique de cette amie face à un texte en catalan (mais j’ose penser que la réaction eût été la même face à un texte en portugais ou en italien) et le manque de pratique, et même de sensibilisation (plus que de sensibilité), qui domine nos sociétés par rapport à la mise en place de stratégies de lecture – dans un premier temps – pour comprendre un document écrit dans une autre langue, une pratique pourtant si utile et efficace surtout entre langues sœurs ! Je parle bien de stratégie car l’intercompréhension, c’est avant tout ça ! Développer des compétences de réception d’un texte écrit dans une langue qu’on ne connait pas mais qui est rapidement compréhensible à partir du moment où on sait mobiliser des stratégies pour comprendre les principales informations. C’est apprendre à positiver aussi la lecture dans une autre langue plutôt que d’angoisser et de penser immédiatement aux faux amis, aux contresens possibles ou encore aux difficultés grammaticales. Bien sûr que ces pièges existent mais pourquoi se bloquer d’emblée en ne pensant qu’aux problèmes ? N’aurions-nous donc le droit de lire des textes que dans des langues que nous aurions étudiées auparavant ? Devrions-nous forcément passer par une tierce personne dans le cas contraire ? Absurde ! Nous devons renforcer l’intégration de la pluralité linguistique dans nos pratiques enseignantes, ce qui ne serait que le reflet de la réalité du monde actuel. Nous ne pouvons prétendre maîtriser à la perfection toutes les langues mais nous pouvons nous doter d’outils qui permettent de faciliter l’échange grâce au « décloisonnement de l’apprentissage (des langues), une prise en compte de la continuité des familles de langues, et dans un saut méthodologique supplémentaire, du décloisonnement entre les familles de langues elles-mêmes » (Escudé/Janin, p.18).
Je sais que l’intercompréhension surprend voire choque encore certains. Pourtant, après avoir assisté plus d’une fois à des échanges où Espagnols et Italiens utilisaient l’anglais entre eux sans pour autant être de bons anglophones m’a renforcé dans mes convictions que l’intercompréhension serait plus efficace. En Catalogne, il est fréquent d’assister à des échanges où l’un des interlocuteurs parle catalan et l’autre castillan sans que cela ne pose le moindre problème. A ce sujet, l’Etat espagnol devrait s’intéresser de plus près à une pédagogie de l’intercompréhension plutôt que d’y voir l’incarnation du Mal (les mythes fondateurs de nos civilisations ont la peau dure !). Et je ne dirai rien sur l’Etat français mais n’en pense pas moins… (autre mythe fondateur !) Dans les deux cas, ils se rendront compte un jour qu’il vaut mieux privilégier la pluralité linguistique, beaucoup plus universelle que le monolinguisme, à des années-lumière du monde actuel.
L’intercompréhension contribue à une plus grande interaction car elle développe naturellement la curiosité de l’apprenant. C’est une véritable ouverture sur le monde et contribue ainsi à la formation citoyenne plurilingue. C’est bien l’enjeu de la mise en place des DNL dans les programmes scolaires. Je vous invite à découvrir par exemple les excellentes activités d’éveil proposées dans le cadre d’Euromania sur le site Xtec de la Generalitat de Catalunya. Des pistes de stratégies pour l’intercompréhension entre langues romanes sont fournies dans ce document de Jordi Ortiz et plus généralement du matériel et des idées pour la classe sur la page d’accueil consacrée à l’intercompréhension. Je ne sais pas si un site français équivalent existe mais finalement, qu’importe puisqu’il s’agit justement de travailler l’intercompréhension !

Et en FLE ?
L’intercompréhension a toute sa place dans la classe de FLE et dans ces différentes déclinaison comme le FOS.
On me demande souvent ce que je pense de la place de la langue des apprenants dans la classe de français en contexte exogène. Ma réponse est claire : pourquoi cette langue, leur langue, ne pourrait-elle pas entrer dans la salle de classe ? Dans une démarche actionnelle, on demande de prendre en compte le bagage des apprenants. Leur langue est certainement l’un des plus précieux. Par contre, je crois aussi qu’il faut savoir en canaliser la présence et des activités notamment basées sur l’intercompréhension peuvent aider à rassurer les apprenants tout en les mettant en contact directement avec des documents complexes à condition justement de développer des stratégies appropriées.
Nous devons entraîner nos élèves par exemple à suivre l’actualité internationale (ou n’importe quel sujet d’intérêt) en français et dans leur langue. Ce qui est très simple aujourd’hui grâce à internet. Ceux-ci se rendront compte très rapidement qu’ils sont capables d’identifier des informations et de les comprendre même si dans un premier temps ils ne pourront en parler que dans leur langue ou que très partiellement en français. Mais n’est-ce pas motivant justement de se rendre compte que dès les premiers pas dans la classe de français on peut interagir plutôt que de ne penser qu’aux barrières que peuvent être les difficultés lexicales ou grammaticales ? Il me semble que cette démarche est encore plus indispensable en FOS ou en FOU, qui d’une certaine façon rejoignent les DNL évoquées plus haut.
Une étude menée par Patrick Engler sur la place de l’intercompréhension et la classe de FLE chez des apprenants hispanophones est disponible en ligne. Elle comprend une première partie plus théorique et est suivie de propositions pratiques pour la classe basée sur les TICE.

L’intercompréhension, l’avenir d’un monde plurilingue
Aujourd’hui plus encore qu’hier, nous devons renforcer l’intercompréhension car c’est l’avenir non seulement d’une Europe multilingue mais plus généralement d’un monde où nous sommes tous amenés à nous rencontrer et à mener/construire ensemble des projets, finalité même de la démarche actionnelle.
Et en guise de conclusion, je voudrais revenir à la réaction de cette étudiante péruvienne. Il me semble qu’il est urgent d’intégrer à l’université l’intercompréhension car indépendamment des études suivies, tout étudiant d’aujourd’hui sera confronté à des documents en provenance de plusieurs langues – nous aurions tort de penser que l’anglais est la solution, ou pis encore un traducteur automatique d’un moteur de recherche – et qu’il vaut mieux donc, dès maintenant, qu’il se prépare à être compétent à pouvoir les lire et les comprendre, même si ce n’est que partiellement.

Pour en savoir plus sur l’intercompréhension :

Site de l’Association Pour l’intercompréhension des langues, APIC
Facebook APIC de l’APIC
Le point sur l’intercompréhension, clé du plurilinguisme, Pierre Escudé, Pierre Janin in Didactiques des langues étrangères. CLE International : Paris 2010
L’intercompréhension est-elle une mode ? Du linguiste citoyen au citoyen linguiste. Article de Filomena Capucho publié dans la revue en ligne Pratiques en 2008
Intercomprehension in Theorie und Praxis, Christian Ollivier et Margareta Strasser. Praesens : Vienne, 2013
S’entendre entre langues voisines : vers l’intercompréhension. Virginie Conti, François Grin. Georg Editeur, 2008
Euromania, material i recursos sur le site du Departement d’Ensenyament de la Generalitat de Catalunya
Euromania. Intercomprensió, una via al plurilinguisme. Sota la direcció de Pierre Escudé, traducció i adaptación: Rosa Fornell, Elisabet Portabella, Francesca Ruiz. Université de Toulouse-Le Mirail amb la col.laboració de la Generalitat de Catalunya, 2012 (PDF)
Estratègies per treballar la intercomprensió, Jordi Ortiz. Universitat Pompeu Fabra. Barcelone.(PDF)
Didactique des langues voisines : mobilisation et optimisation de la parentéespagnol-français et des principes intercompréhensifs dans des ressources de FLE en ligne. Patrick Engler, Linguistics. 2011.

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Changer nos pratiques d’enseignement car l’apprentissage change

Posted by Philippe Liria sur 29/03/2015

Alors que l’on a l’air de peiner à vraiment mettre en place une pédagogie du projet dans la classe de FLE, les expériences dans le domaine scolaire semblent vouloir donner raison à celles et ceux qui y croient. Je pense à cet article publié dans The Independent sur les réformes de l’école en Finlande ou à cet autre article lu dans El País et qui rapporte l’expérience que mène un collège jésuite en Catalogne.
En Finlande, on parle de reléguer les matières du moins en tant que tel – elles ne disparaissent pas vraiment comme le précise le site finnois Theconversation mais seront intégrées dans des thématiques plus globales. Les matières seront mises au service de projets interdisciplinaires, ce qui permettra ainsi de les contextualiser donc de leur donner plus de sens.
En Catalogne, c’est le collège Claver Raimat (Lleida) qui a lancé l’expérience d’une école différente dont l’apprentissage n’est plus basé sur des matières mais sur la transversalité des connaissances et des savoir-faire. Limitée à certaines classes, l’initiative, fruit d’une réflexion entre experts, enseignants, parents et bien entendu les élèves, devrait s’étendre petit à petit aux autres niveaux. L’école devient un lieu où les élèves ne répondent plus aux questions du professeur qui vérifierait s’ils ont bien appris leur leçon mais au contraire, ils cherchent à répondre à des questions qui n’ont pas encore de réponse ce qui est une véritable motivation à mobiliser ensemble (travail collaboratif) des compétences dans le but de faire car « c’est en faisant qu’on apprend ». L’élève n’est pas simplement un apprenant, il participe activement au processus créatif du projet et donc de ses propres connaissances. Comme on le fait remarquer dans l’article d’El País, il n’est pas anodin de retenir que ce changement de paradigme se produit dans un collège jésuite, l’ordre qui d’une certaine façon imposa le modèle éducatif « traditionnel » et qui pour le moment domine encore le monde éducatif mais dont les jours sont peut-être comptés.
Et c’est dans ce contexte de changement que je reviens à la classe de langue, en particulier celle de français. Voilà plus de 10 ans maintenant que nous parlons d’être plus actif en classe. La perspective actionnelle est dans la bouche de tous les experts et dans les recommandations de toutes les institutions du Réseau. Bref, parler de tâche finale ou de projet, de travail collaboratif… ce n’est absolument pas nouveau. Et pourtant, il suffit de visiter la plupart des établissements dudit Réseau pour constater que la réalité est souvent à des années-lumière des recommandations. Les outils facilitateurs ont certes fait leur entrée dans la classe depuis le manuel « actionnel » (tous les sont plus ou moins depuis 2004) jusqu’au numérique (du simple vidéoprojecteur aux tablettes et à l’accès à Internet) ; les coordinateurs ont aussi remanié les programmes et les progressions car il faut que les niveaux du CECRL soient visibles – en oubliant peut-être qu’il ne suffit pas d’indiquer ces niveaux pour que les contenus soient reflétés dans la classe ; les professeurs sont sensibilisés à la question, moins les élèves… C’est d’ailleurs un des points qu’il faudrait peut-être revoir : on ne peut prétendre changer la façon d’enseigner sans impliquer directement l’ensemble des acteurs ; or, les élèves qui proviennent souvent d’autres habitudes d’apprentissage se retrouvent tout à coup plongés dans une classe de français qui ne répond pas à l’idée qu’ils se font de la classe. Si ce changement n’est pas accompagné, il risque de provoquer le rejet avec pour conséquence une chute des effectifs que la direction de l’établissement va vouloir freiner en… revenant à de vieilles pratiques parce que « c’est ce qu’attendent nos élèves« . Curieuse façon de trouver des solutions au problème posé. Et puis, changer nos pratiques de classe, cela demande du temps, de l’implication. Difficilement compatible avec des emplois du temps qui ne prennent pas en compte la réalité de la classe : on ne peut prétendre à un enseignement de qualité, basé sur des paramètres modernes et novateurs si les enseignants doivent courir entre trois et quatre établissements, travailler avec trois ou quatre manuels différents sur trois ou quatre niveaux différents avec un total d’heures d’enseignement plus près des 40 heures que des 20 heures (celles-ci sont pour les très priviligiés, mais il n’y en a pas beaucoup dans la profession !). Alors la pédagogie du projet, si belle sur le papier, si bien mise en avant dans les manuels ces dernières années, eh bien cette pédagogie, elle passe à la trappe ! Tant pis pour le projet, on le fera… peut-être, si on a le temps. Et on revient à des outils de travail qui vont nous simplifier la vie, le manuel qu’on n’aura qu’à suivre sans se poser de question et la bonne vieille leçon de grammaire accompagnée de ses bons vieux exercices qui nous font croire que les élèves seront compétents parce qu’ils ont compris et qui font croire aux élèves qu’ils le seront parce qu’ils ont bien fait les exercices. Quel leurre !
Pouvons-nous continuer à vivre dans cette contradiction ? La classe de français, et a fortiori celle qu’on propose dans les établissements du Réseau ne peut ignorer que nous sommes au XXIè siècle et que la pédagogie à mettre en place doit être en phase avec les besoins de la société d’aujourd’hui. Pour y arriver, il faut s’en donner les moyens. Il ne faut pas renoncer aux budgets de formation. C’est bien d’avoir donné des enveloppes pour acheter des dizaines et des dizaines de TNI (qui après avoir passé un temps dans des cartons car personne n’avait pensé qu’il fallait les installer) mais il fallait aussi accompagner cette initiative fort louable d’un plan de formation pédagogique (peu en ont vraiment bénéficié) pour ne pas être utilisés comme de vulgaires tableaux blancs voire noirs). Et maintenant, c’est au tour des tablettes mais ne commettons pas les mêmes erreurs : formons les profs à une utilisation pédagogique en classe ! Il faut trouver aussi une solution pour que les enseignants de ce Réseau puissent vraiment préparer des cours « actionnels » (donc avoir du temps pour mettre en pratique ce qu’on leur explique dans les stages ou les mastères FLE). C’est aussi ce qui fait la qualité et le prestige de ces établissements, y renoncer revient à remettre en cause la raison d’être de ce Réseau. Ce serait bien dommage et je n’ose imaginer que ce serait la secrète idée qui courrait du côté de certains ministères. Alors, pour y arriver, il ne faut pas que ces changements de paradigme d’enseignement soit perçus comme une imposition venue de l’extérieur mais comme une réflexion à mener dans chaque établissement sur la façon de les introduire. Tous doivent y être impliqués, y compris les élèves. Pure utopie ? Non, condition sine qua non pour qu’on puisse véritablement changer la classe en adaptant les recommandations générales à la réalité locale, mais sans y renoncer. Cette adaptation, c’est aussi la clé du succès de l’enseignement en Finlande ou de ce collège de Lleida.

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Gérer l’interaction en classe de langue

Posted by Philippe Liria sur 21/03/2015

Ce matin, je suis tombé sur ce diaporama en ouvrant l’i-Pad et j’avais envie de le partager car je l’ai trouvé particulièrement intéressant pour nous faire à réfléchir à la gestion de la classe dont on parle tant. Désolé pour mes lecteurs habituels mais pour une fois, le document n’est pas en français. Cependant, tenant de l’intercompréhension entre langues romanes, je suis sûr que ces diapositives essentiellement en espagnol (et un peu en anglais) n’empêcheront pas la réflexion sur cette question qui est au centre des apprentissages : comment gérer l’interaction en classe ? C’est bien de vouloir les faire parler mais pourquoi en auraient-ils envie si la motivation n’est pas au rendez-vous ? Quelles stratégies mettre en place pour que cette somme d’individus veuille interagir au sein du groupe ? Bref, comment rendre possible ce qui paraît souvent relever de l’impossible ?
Il s’agit donc du diaporama qui accompagnait la conférence de Fernando Trujillo (Faculté d’Education, d’Economie et de Technologie de Ceuta, Université de Grenade, Espagne) dans le cadre de la V Jornada de Didáctica del Español como Lengua Extranjera, organisé par l’Institut Cervantès à Hambourg et la Consejería de Educación espagnole en Allemagne le 21 mars 2015.

Et si vous avez le temps, allez faire un détour par le blog de Fernando Trujillo, le détour en vaut la peine et il est bon, je dirais même sain pour l’esprit d’aller voir ce qui se fait ailleurs en didactique des langues (ELT, ELE…). Vous y trouverez des articles très intéressants sur l’enseignement/apprentissage des langues mais aussi l’interculturalité (à lire / écouter : Cultura en el aula de idiomas), les TICE, l’intégration de projets dans l’apprentissage…

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Un MOOC pour enseigner et former avec le numérique en langues

Posted by Philippe Liria sur 22/09/2014

Il semblerait que les enseignants de langues soyons parmi les plus réticents à intégrer le numérique dans nos classes. C’est du moins ce qui ressortait d’un récent rapport sur la place des différents outils numériques dans la classe, en France (je ne retrouve plus le lien mais dès que je mets la main dessus…). Les motifs évoqués sont multiples pour expliquer le phénomène mais on peut espérer qu’avec le temps, un peu plus de moyens et surtout de la formation, ce décalage s’estompera. Et c’est justement de formation dont il est question dans ce post (j’en avais rapidement informé la semaine dernière). L’Université Stendhal Grenoble 3 propose, sous la direction de François Mangenot, un MOOC sur l’intégration du numérique à une classe de langue. Dans ce MOOC, ouvert « aux enseignants de langues, aux enseignants de FLE (…), aux étudiants de Master ou Doctorat en didactique, aux étudiants des Écoles supérieures du professorat et de l’éducation (ESPE) », ainsi qu’aux responsables pédagogiques de centres de langues, aux ingénieurs pédagogiques et aux les formateurs d’enseignants, il s’agira de passer en revue les outils et les méthodes qui ont fait leur preuve dans le domaine de l’enseignement/apprentissage des langues.
Les organisateurs ont mis en ligne le plan du cours qui se concentrera sur…

– les formations hybrides qui permettent aux apprenants de suivre une partie du cours à distance grâce au numérique. On en voit de plus en plus se mettre en place ;
– l’intercompréhension, afin de ne pas apprendre une mais plusieurs langues en parallèle en aidant les apprenants à développer des stratégies de compréhension ;
– la télécollaboration pour favoriser l’interaction en ligne entre apprenants de langues et cultures différentes ;
– le web social, qui permet une utilisation de la langue en « contexte authentique ». Un MOOC dont les mots-clés sont la communication, l’accompagnement, les tâches et les scénarios pédagogiques.
L’inscription est entièrement gratuite et déjà ouverte à partir du site de FUN.
Vous y trouverez tous les renseignements nécessaires, une brève biographie de l’équipe enseignante et des lectures recommandées pour vous préparer à ce cours qui commence le 27 octobre prochain et durera un mois.
Pour en savoir plus, visionnez la capsule de présentation.
Une fois de plus, il ne s’agit pas de dire que tout doit passer par le numérique. Ce n’est pas la numérisation de la classe qui va tout changer. Mais l’ignorer ou la mépriser est certainement une erreur. Par contre, il faut apprendre à en connaitre les outils pour savoir lesquels s’adaptent le mieux à nos cours, quels avantages ils présentent par rapport à des approches plus classiques et aussi être conscients des limites qu’ils ont.

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