Le blog de Philippe Liria

Auteur, formateur, consultant et éditeur de français langue étrangère (FLE)

Temps de réflexion : laissons les eaux s’enlacer

Posted by Philippe Liria sur 21/04/2017

Rincón (Mayaguez, Porto Rico), là où les eaux s’enlacent. (Photo: Ph. Liria)

Ma dernière mission m’a mené du côté de Rincón, un superbe coin de l’extrême Ouest de Porto Rico. Les plages y sont merveilleuses et, pas très loin, on y déguste d’excellentes empanadillas aux fruits de mer que je recommande vivement ! Rincón, c’est aussi un merveilleux endroit pour la réflexion, à condition de s’avancer un petit peu sur la corniche, histoire de s’écarter des circuits touristiques. Pourquoi une invitation à la réflexion ? Parce qu’on se retrouve juste à la confluence de l’océan Atlantique et de la mer des Caraïbes. Certains pourraient y voir la limite, le point où commence l’un et s’achève l’autre et ne retenir que l’image de l’océan sauvage et démonté qui essaierait de se frayer un chemin dans cette mer calme, plate, presque trop d’ailleurs… Mais à côté de cette interprétation possible, j’en préfère une autre, celle plutôt qui veut y voir un lieu de rencontres avec ces moments certainement houleux mais où finalement les tourbillons finissent par enlacer les deux eaux au point de ne plus vraiment savoir distinguer le début et la fin de chacune d’elles. Le regard du promeneur, perché sur un rocher de la corniche peut scruter l’horizon à la recherche d’une quelconque ligne de division entre Atlantique et Caraïbes ; mais il a beau chercher, il ne la trouve pas. Certainement parce qu’en fait, elle n’existe que dans l’esprit humain qui veut absolument tout délimiter. La nature dans son expression la plus pure n’a cependant que faire de savoir qui est qui… Les poissons doivent certainement lutter contre quelques courants mais ils finissent bien entendu par passer ; il n’y a que les hommes à vouloir mettre des filets pour empêcher de nager librement d’un côté ou de l’autre.
Quand on appartient à ce monde du FLE, qu’on colporte la langue française dans tous ces états aux quatre coins du monde, on ne peut s’empêcher dans ces moments de pause au milieu de la course folle du quotidien de se dire que ce n’est pas possible qu’en France s’installe un pouvoir excluant aux odeurs fétides de ces égouts qui déversent leurs saletés dans ces eaux cristallines. Si on défend la présence de la langue française dans le monde, c’est justement parce que nous voulons qu’elle permette que, comme ces eaux qui se rencontrent et se confondent à Rincón, les femmes et les hommes puissent dépasser les limites des frontières qui se dressent sur leur route pour voyager, pour partir à la rencontre de l’autre, pour s’aimer, pour rêver à des avenirs meilleurs sans craindre qu’on leur ferme la porte au nez. S’il y en a qui croient que c’est en éliminant Schengen que la France sera plus sure et plus prospère, c’est qu’ils ont une sacrée poutre dans l’œil qui les a rendus aussi borgnes que le père de celle qui prétend aujourd’hui diriger la France. Le pire, c’est qu’une grande partie des propositions de l’extrême-droite française s’est installée dans le discours d’une partie de l’éventail politique français, telle une lame de fond qu’on ne voit pas venir.
Quand on colporte la langue française aux quatre coins du monde, on ne peut rester indifférent à ces sinistres discours de candidats aux sourires plastiques mais inquiétants. Il ne s’agit pas de nier les problèmes, ni de fermer les yeux face à la précarité, d’ailleurs fort présente dans notre milieu et à laquelle aucun ministère n’a vraiment cherché à mettre un terme. Mais je ne peux croire, moi qui suis issu de l’immigration comme une très grande majorité de Français ; qui ai grandi avec Touche pas à mon pote et les combats d’Amnesty international ou pour la démocratie au Chili et tant d’autres combats, je ne peux croire que cette menace de lepénisation des idées dont on nous parlait déjà il y a plus de 20 ans et qui nous faisait innocemment hausser les épaules (trop, naïfs que nous étions) soit devenue aujourd’hui une triste réalité.
Sincèrement je ne sais pas vraiment qui j’ai envie de voir au deuxième tour et encore moins qui à l’Elysée mais je sais qui je ne veux surtout pas y voir. Ce n’est pas une question de vote utile, mais de vote intelligent. Dans ma Bretagne natale, les légendes rapportent qu’il y avait toujours un plat pour l’étranger de passage. J’ai entendu des récits similaires un peu partout où j’ai posé mon sac parce qu’on ne m’a jamais fermé la porte au nez, au contraire ! Je ne veux pas dans mes voyages qu’on me parle à partir de demain d’une France qui fermerait (encore plus) la porte aux autres. Laissons les eaux s’enlacer…

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Un café avec Fatiha….

Posted by Philippe Liria sur 21/04/2017

Depuis quelques mois, Fatiha Chahi propose sur son blog  de partager avec elle un café avec « des acteurs du monde de l’éducation et de la formation, des pédagogues, tous passionnés de leur métier. »  Ce mois-ci, c’est avec Mariame Camara qu’elle a pris son café, une professeure de FLE devenue directrice pédagogique chez Thot, cette école diplômante à destination des réfugiés et demandeurs d’asile. A lire absolument à l’heure où certains veulent dresser des murs pour se dire qu’heureusement,  d’autres comme Mariame se battent dans leur quotidien pour aider à une meilleure intégration et favoriser le « vivre ensemble » dont ont tant besoin les réfugiés et les demandeurs d’asile. Un « vivre ensemble« , ça ferait un beau slogan pour contrer ces vagues enragées  et haineuses aux couleurs bleu marine (et dont les lames de fond ont déteint sur presque tous les autres discours politiques) qui déferlent sur la France avec la prétension de détruire les valeurs sur lesquelles nous nous sommes construits, celles de l’ouverture sur l’autre pour faire un bout de chemin ensemble.  A lire : Un café avec Mariame — Un, des clics

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Quelle intégration du numérique dans la classe de langue ?

Posted by Philippe Liria sur 10/04/2017


Des carences dans la formation
Il n’est pas rare d’entrer dans des salles de classe où l’usage des smartphones est (encore) interdit. Parfois, ce sont mêmes les législateurs qui ont pondu un texte pour garantir que cet objet de tous les démons ne pénètre pas dans le temple du savoir qu’est l’école ! Mais avant même de tomber dans ces extrêmes, il suffit de voir combien d’enseignants encore aujourd’hui sont réticents à faire entrer le numérique dans leur salle de classe. Souvent parce que la formation qui les aiderait à en faire un meilleur usage, ainsi que de ses outils pour accompagner l’apprentissage n’est pas à la hauteur des besoins, voire est complètement absente. Soit parce que l’institution n’y a pas pensé (il ne suffit pas d’exiger de moderniser les pratiques et les outils, il faut en donner les moyens) bien qu’ayant mis en place un plan d’offre de cours comprenant une formation à distance ou hybride ; soit tout simplement parce que l’institution ne prend pas en compte le numérique dans son offre, cas de plus en plus rare même si ce n’est que pour une question de marketing éducatif.

Des contradictions entre discours et pratique
Ce qui est certain, c’est que malgré les discours prônant l’intégration du numérique dans la classe de langue pour favoriser, notamment l’interaction authentique avec l’extérieur, les obstacles sont nombreux qui montrent combien la brèche est importante entre le discours théorique et la réalité de la classe. Plusieurs raisons expliquent cet écart. C’est pour cela qu’il était utile de faire le point sur la situation actuelle pour explorer de nouvelles pistes et surmonter des croyances (idéalistes ou sceptiques) sur la question du numérique dans l’enseignement/apprentissage des langues. Voilà donc le propos d’un superbe ouvrage collectif qu’a coordonnée l’équipe du département FLE de l’Université de La Réunion (Christian Ollivier, Thierry Gaillat et Laurent Puren) : Numérique et formation des enseignants de langue, pistes et imaginaires (2016), aux Éditions des Archives Contemporaines.

Cinq articles pour réfléchir aux implications du numérique dans l’enseignement/apprentissage
On comprendra la présence du mot du CIEP puisque son antenne réunionnaise a rendu en partie possible l’ouvrage mais on s’attardera beaucoup plus sur l’introduction de Christian Ollivier qui nous parle d’emblée du fossé existant entre “nos façons d’être au monde, de percevoir celui-ci et de le vivre” grâce aux innovations technologiques et un monde de l’enseignement, notamment des langues, qui semble tarder à vraiment les intégrer.
Pour mieux comprendre pourquoi ces deux mondes peinent à se rencontrer, il faut bien sûr s’intéresser à la formation des enseignants mais aussi aux formats de formation, hybride ou à distance. Il ne faut pas perdre de vue non plus nos représentations ou nos croyances, en tant qu’enseignants ou qu’apprenants, par rapport au numérique, que nous en soyons des inconditionnels ou que nous les regardions avec distance, celles-ci ont une influence sur notre rapport en classe avec ces innovations technologiques.
A un moment où toutes les institutions, publiques ou privées, semblent vouloir intégrer à n’importe quel prix des cours de langues en ligne, ces cinq articles arrivent à point nommé pour inviter à marquer une pause dans cette course effrénée et prendre le temps de réfléchir à la meilleure façon de réduire le fossé, à défaut de l’éliminer, en prenant compte les différentes implications abordées dans chacune de ces contributions.
Ollivier conclut son introduction en souhaitant une bonne lecture aux chercheurs et aux étudiants, mais je crois qu’il s’agit d’un ouvrage qui mérite une bien plus large audience. Je pense aux directeurs d’établissements et à leurs directeurs ou coordinateurs pédagogiques ou encore aux éditeurs. Tous ont, tous avons besoin de nous poser des questions sur ce numérique omniprésent et son rôle dans nos environnements, qu’il s’agisse des fournisseurs de cours ou des fournisseurs de contenus.

Le smartphone en vedette
Finalement, je voudrais retenir, peut-être comme une anecdote dans cette enrichissante lecture, les deux cas qui mettent en avant l’usage des smartphones. Celui de ces deux enseignantes d’anglais en Azerbaïdjan et celui du projet English in Action, très justement surnommé “The trainer in the pocket” (l’entraîneur dans la poche) par deux enseignants bangalais qui suivent cette formation professionnalisante de la britannique Open university depuis leur pays. Deux exemples qui montrent qu’il est temps tout d’abord de cesser de considérer ces téléphones intelligents des parasites ; puis de cesser de penser que ce sont des instruments du premier monde (ah ces croyances qui ont la peau dure !) mais bel et bien les outils de toute une jeunesse, d’Asie, d’Afrique ou d’Amérique latine, en soif d’apprentissage et donc très « numérique » mais pas depuis un ordinateur ou une tablette. Toute une nouvelle culture de l’apprentissage que nous ne pouvons ignorer si nous ne voulons pas être dépassés. Et les choses vont vite…

Pour en savoir plus :
Ollivier, C, Gaillat, T et Puren, L.(Coord.), 2016, Numérique et formation des enseignants de langue. Pistes et imaginaires, Paris, Éditions des archives contemporaines, 94 pages. ISBN : 9782813002297 – 22€
Sur le site de Christian Ollivier : https://eurofle.wordpress.com/

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Les pièges de la classe inversée

Posted by Philippe Liria sur 17/03/2017

Presque inconnue il y a à peine trois ou quatre ans, la classe inversée vit un véritable engouement. Pas un stage sans qu’il n’y ait un module sur le sujet (j’en animerai un cet été) ; les responsables pédagogiques sont à la chasse aux experts en inversion de classe pour la formation annuelle de leurs profs ;  sur les réseaux, on y trouve des infos à foison sur les congrès, séminaires et autres rencontres dont l’objet est cette fameuse classe inversée. Quel succès ! Et dire que c’est d’un regard méfiant qu’on nous accueillait quand nous abordions le sujet dans nos ateliers ! S’agit-il d’un simple phénomène de mode ? Ou au contraire, d’une tendance qui s’inscrit dans un mouvement beaucoup plus généralisé qui cherche à trouver de nouvelles pistes pour la classe ? Ce qui est sûr, c’est qu’il y a une véritable envie d’essayer de nouvelles pratiques qui motiveraient les apprenants. Cependant, il ne suffit pas de se lancer dans la classe inversée pour en faire. Même si celle-ci présente de nombreux avantages, elle n’est pas exempte de pièges qu’il faut savoir éviter. C’est justement le thème de cet article particulièrement intéressant sur la classe inversée publié en janvier 2017 dans la revue Technologie (n° 206 : p.52-59) et repris sur le blog d’Annick Arsenault Carter. Il nous propose un résumé de la mini-conférence qu’elle-même et deux autres trois experts de la classe inversée, Luc Chevalier (retrouvez-le sur IDEA où il partage son expérience de la classe inversée dans le monde universitaire) et Jean-Marie Le Jeune (Lisez son entretien dans le Café pédagogique du 6/07/2015), ont animé pendant le CLIC 2016, le congrès désormais annuel de la classe inversée qu’organise l’association Inversons la classe ! Vous y trouverez les 10 pièges à éviter si vous souhaitez mettre en place la classe inversée avec vos apprenants. Ils abordent les questions de la perception de la classe inversée auprès des collègues ou des élèves, des réticences rencontrées, des craintes de la surcharge de travail, la technophobie de certains, les difficultés à changer la dynamique de classe, la perte de contrôle des rythmes d’apprentissage ou encore les omniprésentes questions autour de l’évaluation.

Un article indispensable pour toutes celles et tous ceux d’entre vous qui avez envie de changer votre mode d’enseignement et vous posez encore des questions sur la classe inversée.

 

Clic2016 représente un grand moment de ma carrière! C’est à l’Université Diderot à Paris, où j’ai animé la conférence 10 Pièges à éviter en classe inversée avec mes collègues Jean-Marie Le Jeune et Luc Chevalier. Nous avons précisé les détails de notre présentation dans un article à l’intention de la revue Technologie numéro 206 ici: https://drive.google.com/file/d/0B-cqyta5IWozUHBaeENpSHc0bG8/view Merci […]

A lire : 10 Pièges à éviter en classe inversée — Annick Arsenault Carter

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Apprendre en jouant

Posted by Philippe Liria sur 16/02/2017

Jeux d'enfants (Pieter Bruegel l'Ancien, 1560, )

Jeux d’enfants (Pieter Bruegel l’Ancien, 1560, )

Entre le café et le croissant du petit matin, avec la radio en bruit de fond qui nous rappelle que le monde est vraiment malade, ça fait du bien de tomber sur une lecture qui met un peu de gaieté dans cette grisaille matinale. Il s’agit d’un dossier très intéressant sur le site Franc-parler. En collaboration avec T’enseignes-tu ?, le site de ressources pédagogiques pour professeurs de FLE propose un dossier sur le jeu en classe de langue avec de nombreux liens qui vous renvoient vers des fiches pratiques et aussi vers des aspects plus théoriques avec Haydée Silva, certainement l’une des meilleures expertes en la matière et auteure de l’ouvrage de référence sur le sujet, Le jeu en classe de langue (CLE International, 2008). J’en profite pour rappeler l’excellent dossier qu’avaient élaboré Les agités du FLE sur le même sujet et que vous pouvez retrouver en ligne. Et, pure coïncidence, ma consoeur et amie, Fatiha Chahi du Bla-Lab nous relayait ce matin-même depuis son sccop.it un article du quotidien canadien Le soleil sur la place de plus en plus importante qu’occupe le jeu vidéo dans les cours à distance qui « se sont aujourd’hui transformés en véritables expériences d’apprentissage en ligne, plus ludiques et interactives, qui deviennent une option prisée des apprenants, peu importe leur âge« , comme l’illustre bien ce tableau de Pieter Bruegel l’Ancien qui, bien que s’intitulant Jeux d’enfants (1560), nous montre bien que tout le monde joue. Cette importance du jeu dans la classe de langue nous avions aussi eu l’occasion de l’évoquer en vous présentant le numéro de janvier 2016 de Recherches et Applications (n°59) qui faisait le « lien entre jeu et enseignement/apprentissage des langues à l’heure de la perspective actionnelle. ».

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Prononcer le français… oui, mais comment ?

Posted by Philippe Liria sur 06/02/2017

prononciationJ’ai entre les mains une petite merveille qui va vous plaire, profs de FLE du monde entier. Il s’agit de La prononciation du français dans le monde, du natif à l’apprenant. Cet ouvrage qui vient de sortir (2017) chez CLE International, est dirigé par une équipe d’experts en phonétique et en phonologie (Sylvain Detey, Isabelle Racine, Yuji Kawaguchi et Julien Eychenne) et a bénéficié du soutien de la Délégation Générale à la Langue Française et aux Langues de France (DGLFLF). Il propose une véritable étude de la prononciation non pas du mais des français parlés dans le monde ainsi que des mécanismes mis en place par les apprenants pour prononcer notre langue.

L’ouvrage s’intéresse dans un premier temps, au travers de différents chapitres, à la prononciation du français natif (français de référence, norme, accents), ainsi qu’à ses différentes variations géographiques (français méridional, de Belgique, de Suisse, du Canada, de Louisiane, du Maghreb…). Il va ensuite passer à l’analyse des difficultés de prononciation que rencontrent (ou peuvent rencontrer en tout cas) les locuteurs d’une langue donnée après en avoir exposé les principales caractéristiques. Une partie fort utile pour le prof de FLE qui pourra s’appuyer sur ces indications pour mieux préparer la correction phonétique. Dix-neuf profils de locuteurs sont ainsi analysés (anglophones, arabophones, russophones, turcophones, lusophones, hispanophones…). Je salue au passage les remarques sur les particularités de l’espagnol selon les aires dialectales, même si on peut regretter les raccourcis (le manque de place certainement)… Une partie que le lecteur ne manquera pas de compléter par les chapitres consacrés à la formation et à l’enseignement de la phonétique et de la phonologie.
Dans une dernière partie, l’ouvrage va porter son attention sur le domaine suprasegmental de la langue. On y trouvera des articles sur la phonétique expérimentale, la phonologie développementale, la prosodie ou la multimodalité expressive.
Finalement, un CR-Rom divisé en trois parties accompagne cet ouvrage. Il contient des exemples de français natif, non natif ainsi que de nombreuses références complémentaires et des fichiers complémentaires (PDF) qui enrichissent la déjà très complète bibliographie fournie à la fin de chaque chapitre.

La prononciation du français dans le monde, du natif à l’apprenant s’adresse à l’ensemble des professionnels du FLE, enseignants mais aussi formateurs de formateurs. Vous y trouverez les réponses aux nombreuses questions que nous nous posons toutes et tous quand il s’agit d’aborder la phonétique et la phonologie en cours de FLE. Un ouvrage nécessaire sur les étagères des médiathèques et des bibliothèques des centres de ressources pédagogiques et qu’il ne faudra pas oublier de mentionner aux étudiants FLE dans les inconturnables de leur formation.

Pour en savoir plus
Référence complète :
La prononciation du français dans le monde, du natif à l’apprenant. S. Detey, I. Racine, Y. Kawaguchi, J. Eychenne (sous la direction de), janvier 2017 : CLE International. ISBN 9782090382419 – 264 pages
Disponible depuis le site de CLE International.
Retrouvez un extrait de l’ouvrage sur ISSU : https://issuu.com/marketingcle/docs/feuilletage_la_prononciation_du_fra

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De l’air venu d’ailleurs

Posted by Philippe Liria sur 23/01/2017

Stromae a reçu la Grande médaille de la francophonie.

Le chanteur Stromae

Dans son édito du n°409 du Français dans le monde, Sébastien Langevin, rédacteur en chef de la revue des professeurs de français du monde entier, nous rappelle qu’en décembre dernier, Stromae a reçu la Grande médaille de la Francophonie des mains de Xavier Darcos, ancien président de l’Institut français et membre de l’Académie française. Et d’ajouter que ce « n’est pas anodin que la vénérable institution honore ainsi un jeune chanteur belge d’origine rwandaise. Avec cette distinction, les Immortels ont souhaité mettre à l’honneur la langue française telle que nous la considérons, telle que nous l’aimons et telle que nous l’enseignons. »

En effet, les propos tenus dans cet édito sont absolument nécessaires en ce début d’année qui va être marquée par le calendrier électoral. Nous ne pouvons oublier qu’enseigner le français, c’est transmettre aussi et surtout les valeurs intrinsèquement liées à notre langue. Parmi celles-ci, il y a bien entendu la liberté, en particulier celle de circulation des personnes ; celle qui fait que les êtres humains doivent pouvoir choisir librement le territoire où ils vivent. Hélas, beaucoup n’ont d’autre choix que de fuir leur terre en raison de la guerre, de la misère et de plus en plus aussi, des changements climatiques. Quitter sa terre n’est jamais simple et c’est rarement le résultat d’un acte volontaire, sauf si on habite le premier monde. Pourtant des murs se lèvent en même temps que la peur de l’autre croît. Depuis l’Europe nombreuses sont les voix qui s’élèvent contre le mur que veut dresser Trump pour séparer le Mexique (et toute l’Amérique latine) des Etats-Unis. Mais n’oublions pas, non plus, qu’il n’y a pas que les menaces fascisantes en 140 caractères de ce pitre d’outre-Atlantique maintenant président : l’Europe aussi dresse ses murs. Elle le fait à ses frontières, qu’ils aient la forme d’horribles grillages comme dans les colonies de Ceuta ou Melilla ou que ce soient ces camps en Italie ou en Grèce où sévissent la pénurie, l’insalubrité et le terrible froid de l’hiver ; sans parler de la Méditerranée occidentale, autrefois carrefour de civilisations et aujourd’hui témoin involontaire et impuissante du drame dont les eaux, transformées en cimetière humain, sont le terrible scénario !

Dessin de Capdevilla publié dans El Watan (17/09/14)

Dessin de Capdevilla publié dans El Watan (17/09/14)


En fermant nos portes aux réfugiés d’aujourd’hui, nous ne rendons-nous donc pas compte que nos esprits sentent de plus en plus le renfermé ? On voit un peu partout en Europe ces extrémistes bomber le torse, grandis par le succès populiste de Trump. Il est grand temps qu’une bouffée d’air chasse les discours alarmistes qui cherchent à nous faire croire que nous allons perdre notre identité. Notre identité ? Mais n’est-elle pas la somme de tous ces icis et de tous ces ailleurs ? C’est ce qui la rend vivante ! Quand nous transmettons la langue française à travers nos manuels et dans nos cours, nous ne le faisons pas pour glorifier des temps passés qui sentent le souffre. Les Gaulois – qui au passage ne parlaient pas français – et autres Jeanne d’Arc appartiennent à ce roman national franchouillard empreint d’un nationalisme nauséabond d’une IIIè République revancharde. Ce n’est pas notre rôle de nous faire les porte-paroles de ces idées ringardes qui, hélas, refont surface. Le français que nous enseignons est celui qui sent bon la lavande de Provence, peut-être, mais c’est aussi celui du couscous, des shawarmas et de tant d’autres saveurs venues des quatre coins du monde et qui enrichissent nos papilles et nos esprits. C’est peut-être le français de Molière – que nous aurions pourtant certainement du mal à comprendre si nous l’écoutions dans sa version originale -, mais c’est aussi et surtout celui qu’on entend dans le métro parisien, dans les rues de Bamako, de Montréal, de Pointe-à-Pitre ; celui qui s’est brassé depuis ses premiers balbutiements avec le breton, l’occitan, l’arabe, etc. et continue de l’être grâce à toutes celles et tous ceux qui l’emploient que ce soit dans leur vie privée, leur milieu professionnel ou leur expression artistique.
Et le français de demain, avec ses je ne sais combien de centaines de millions de locuteurs annoncés en 2050 surtout sur le continent africain, ne sera une réalité que si ce brassage se poursuit. C’est la seule voie possible pour que la langue française survive dans ce concert multilingue de la planète, n’en déplaise aux tenants de ces discours aux relents xénophobes qui envahissent la scène politique française depuis quelque temps -trop de temps ! Cette langue que nous enseignons doit contribuer, ne fût-ce que très modestement, à empêcher de dresser des murs populistes qui seraient, à écouter ces politiques, le remède de nos maux. J’aimerais en rire et me dire qu’il ne s’agit que d’un cauchemar que j’oublierai en ouvrant les yeux mais les sondages ne sont guère optimistes – croisons les doigts pour qu’une fois de plus ils se trompent mais dans le bon sens -. Et de notre côté, continuons à enseigner le français dans cette optique d’ouverture. Car enseigner / apprendre une langue, c’est avant tout tendre la main vers l’autre et montrer que nos diversités sont nos richesses pour construire ensemble l’avenir humain de cette planète.

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Comment créer des citations et messages illustrés ? Un, des clics vous présente Recite.

Posted by Philippe Liria sur 22/12/2016

Retrouvez une présentation de Recite sur le blog de Fatiha Chahi. Un outil intéressant pour illustrer vos messages ou des citations.

 

 

Recite, créer des citations et messages illustrés — Un, des clics

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Un, des clics… où la pédagogie et le numérique se donnent RDV

Posted by Philippe Liria sur 06/12/2016

un_des_clicsC’est toujours avec plaisir qu’on accueille de nouveaux sites dans la blogosphère et plus encore si c’est le blog d’une amie. Fatiha Chahi, formatrice et enseignante de FLE, auteure et éditrice, s’intéresse à tout ce qui touche à la pédagogie et au numérique éducatif depuis déjà quelques années, a décidé de nous faire partager sa passion à la fois pour tout ce qui touche à la pédagogie mais aussi à la technologie à travers son tout nouveau blog, Un, des clics. Lecteurs de ce blog, vous la connaissez peut-être déjà à l’occasion d’un article qu’elle avait bien écrit sur la ludification. Depuis deux ans maintenant, elle co-dirige Le Bla Lab dont elle est co-fondatrice, aux côtés de Ginebra Caballero. Responsable Pédagogie & Numérique de cette société spécialisée en packaging éditoriale, elle nous invite à découvrir son « blog qui s’adresse avant tout aux curieux, mais aussi aux enseignants de FLE, aux acteurs du monde de l’éducation, aux formateurs, aux passeurs de savoirs et de savoir-faire de tout domaine, aux technophiles« .
Vous pourrez notamment trouver des ressources et y apprécier aussi une rubrique très sympa, Un café avec… qui propose des entretiens avec « des acteurs du monde de l’éducation et de la formation, des pédagogues, tous passionnés de leur métier.« . Merci Fatiha pour cette belle initiative !

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De la réalité virtuelle pour apprendre les langues ?

Posted by Philippe Liria sur 20/11/2016

(Extrait de la vidéo de présentation de la RV par D'capsules pour l'école)

(Extrait de la vidéo de présentation de la RV par D’capsules pour l’école)

Et si le réalité virtuelle (RV, d’après l’acronyme anglais VR pour Virtual Reality) était un des nouveaux outils les plus prometteurs de la classe de langue ? En effet, pourquoi ce progrès technologique ne finirait-il pas dans nos cours de langue ?

Vers un vrai apprentissage immersif

On le sait, les écoles d’ingénieurs travaillent un peu partout dans le monde pour développer des technologies qui vont transformer notre façon de communiquer et d’interagir. La RV en est une. Imaginez par exemple des apprenants qui rencontreraient dans des espaces virtuels des locuteurs de la langue qu’ils étudient. Cela va encore plus loin que les cours en visioconférence qui se sont développés ces dernières années. On associe souvent les applications de cette réalité virtuelle aux jeux vidéos ou aux domaines des sciences pures ou de la médecine ; on le fait beaucoup moins dans notre monde des langues. Pourtant on voit bien l’évolution que l’apprentissage des langues est en train de vivre à partir des nouveaux supports qui permettent de développer des logiciels et des applications, plus ou ou moins efficaces ou plus ou moins sérieux mais qui montrent bien que nous ne pouvons continuer à concevoir l’enseignement/apprentissage de la même manière qu’il y a à peine quelques années. D’ailleurs, ne voyons-nous pas déjà circuler des applications en RV ? Je pense par exemple à House of Languages, développée par un Russe de Saint-Petersbourg, Maxim Miheyenko. Il s’agit d’une maison dans laquelle, le casque sur la tête, l’apprenant peut virtuellement déambuler pour aider Mr Woo à trouver les objets qu’une voix en off lui demande de chercher. Les yeux de l’apprenant pointent l’objet en question et c’est gagné ! Il peut même le toucher virtuellement ! Une façon ludique d’apprendre du vocabulaire qui permet en plus de travailler la compétence de réception orale. Une vraie immersion dans la langue qui ne peut nous laisser indifférents. Est-ce que ce type de produit est représentatif de ce que pourrait être la classe de langue demain ? On imagine les élèves partir virtuellement à la découverte des rues d’une ville française dans un voyage en RV ? On continuera à travailler l’orientation mais en plus l’apprenant le fera dans un environnement culturel adapté à ses objectifs d’apprentissage (les magasins, l’organisation de la rue, le passant ou l’agent à qui poser une question, décider d’entrer dans un restaurant ou dans l’épicerie du coin de la rue…). On sourit, d’un air sceptique mais après tout, ces outils ne vont-ils pas permettre d’atteindre les objectifs qu’a tout apprenant d’une langue : être plongé dans ladite langue. La RV permet une approche immersive à prendre très au sérieux dans notre domaine. Les murs qui séparent encore fortement la classe de la réalité sont abattus par l’arrivée de cette RV. On voit bien quels effets cela peut avoir pour le FOS par exemple. On imagine comment plonger des professionnels dans un espace virtuel reproduisant le lieu où ils exercent leur activité mais où ils devraient le faire dans la langue cible. Reproduire l’environnement permettra de reproduire les gestes, les attitudes, les réactions de la situation réelle à laquelle ils doivent se préparer et cela les aidera à acquérir les automatismes de la langue, à mieux mémoriser le vocabulaire et à plus généralement à agir. Je vois dans la RV un véritable stimulus pour l’apprenant.

Le FLE saura-t-il être au rendez-vous de la RV ?

Cette RV n’appartient plus au monde de la fiction, c’est une réalité mais qui va certainement encore tarder à faire son entrée dans les pratiques d’apprentissage des langues car il va falloir développer du matériel. Cela demande de la créativité, de la technologie, de l’expertise en ingénierie de la didactique des langues (il ne suffit pas que ce soit joli, même si l’esthétique est primordial) et des fonds, beaucoup de fonds ! Et c’est là que le bât blesse ! La RV reste onéreuse. Et dans le domaine du FLE, on risque de devoir attendre longtemps d’ici à ce qu’il y ait des contenus basés sur une progression. Alors qu’en anglais nous voyons apparaître déjà des produits comme House of Languages qui prétend sur son site promotionnel s’adresser à des millions d’apprenants, qu’en sera-t-il du développement d’un tel produit en français ? Peut-on imaginer qu’une start-up issue d’une école d’ingénieurs et en collaboration avec des experts FLE développe ce type de produit ? La frilosité des investisseurs ou des responsables financiers hexagonaux freinera-t-elle la création d’un tel produit ? Ou devrons-nous entendre les critiques de ceux qui se plaindront que ce sont des Américains qui proposent une version française de leur produit ? Espérons que le FLE ratera pas le coche de cet important rendez-vous que nous donne la RV pour entrer dans une nouvelle dimension de l’apprentissage de la langue.

Inciter à développer des projets éducatifs en RV
Alors qu’en France, les débats autour du numérique semblent tourner en rond, ailleurs les choses bougent. En tout cas, à Washington on prend cette RV très au sérieux au point de créer un nouveau prix pour récompenser la création d’outils éducatifs de réalité virtuelle ou augmentée, convaincu de l’importance de développer un apprentissage basé sur la simulation pour enrichir l’expérience des apprenants. On remarquera en plus la volonté d’impliquer directement les acteurs en le incitant à développer des produits éducatifs en RV. Je me trompe peut-être et je serai ravi de recevoir des rectifications au sujet de l’investissement de la France dans le domaine du développement de produits éducatifs en RV ou en réalité augmentée.

Les entreprises privées, surtout des start-up du monde anglo-saxon, travaillent d’arrache-pied dans le développement d’outil éducatif RV en collaboration avec des établissements scolaires. C’est le cas d’un réseau d’écoles irlandais qui, en 2014, s’est lancé, avec le soutien d’une entreprise privée, elle-même soutenue par Google, dans une expérimentation particulièrement intéressante autour de la 3D et la RV comme le montre cette vidéo :
Cette vidéo a été publiée sur le site d’une publication en ligne directement liée à Google News et qui énumérait les 5 avantages de la RV. La présence du géant Google n’est pas innocent et on comprendra bien que, même si cette l’expérimentation n’est pas dénuée d’intérêt, elle est certainement biaisée du fait de cette connexion avec l’un des fabricants de ces casques RV. Des choses se passent en France. On peut citer l’exemple de D’capsules pour l’école. Il s’agit d’une école française qui propose une présentation de la RV et de son intérêt en classe. Le site contient une somme impressionnante de vidéos qui peuvent être vues en 3D (point 6) :

Les pieds sur terre

S’agissant de l’éducation, il est évident qu’il faut un débat. Nous devons avoir les pieds sur terre. Il va bien sûr falloir se poser des questions sur le modèle d’apprentissage que nous voulons mettre en place dans le monde des langues. Voulons-nous vraiment voir tous les apprenants avec des casques RV sur la tête en train d’échanger virtuellement avec quelqu’un d’autre qui se trouve à l’autre bout du monde ? Et puis il faut aussi éviter de tomber dans le piège de la marchandisation de l’éducation. La RV est pressenti par les experts comme un marché très juteux et qui devrait connaître une croissance exponentielle dans les années à venir. Le monde de l’éducation fera partie des grosses parts de marché de cette RV – lire à ce sujet cet article du Washington Post du 18/11/2016.

C’est la raison pour laquelle il est important que ces développements technologiques et les objets qui les servent (smartphones, casques RV) et qu’il serait dommage de ne pas utiliser dans l’apprentissage, dont celui des langues, soient accompagnés d’une véritable réflexion sur les vertus mais aussi les défauts qu’il peut y avoir à tout vouloir numériser. C’est d’ailleurs un sujet qui a été au centre des échanges lors de la Semaine de l’Education vient de prendre fin et donton aura l’occasion de reparler.

Pour en savoir plus :
Sur le site de U.S News, Virtual Reality Changes Global Engineering Schools, 26/10/2016 (dernière consultation le 19/11/2016), par Ilana Kowarski.

Sur le site la Maison blanche, A New Prize Challenge for Virtual and Augmented Reality Learning Tools, 15/11/2016 (dernière consultation le 19/11/2016) par Erik Martin et Albert Palacios

House of languages https://vrjam.devpost.com/submissions/36280-house-of-languages

Semaine de l’éducation http://semainedeleducation.laligue.org/

Sur le site du Washington Post : Exploring a new frontier this holiday shopping season: Virtual reality, 18/11/2016 par Hayley Tsukayama

Sur le site de Hypergrid Business : 5 ways virtual reality will change education, 7/11/2014 par Kate Abrosimova

D’capsules pour l’école http://dcapsulespourlecole.weebly.com/

Sur Thot Cursus, La réalité virtuelle, prochain vecteur de changement en éducation? http://cursus.edu/article/25505/realite-virtuelle-prochain-vecteur-changement-education/#.WDGzUPnhDIU, publié le 17/05/2015 (dernière consultation le 20/11/2016) par Alexandre Roberge

Sur le site du magazine de la réalité virtuelle et de la réalité augmentée : Réalité virtuelle – Une possible révolution de l’enseignement http://www.realite-virtuelle.com/realite-virtuelle-enseignement publié le 12/04/2016 (dernière consultation le 20/11/2016) par Tarik H

Sur le site de Ludovia : L’éducation virtuelle : Est-ce possible ? http://www.ludovia.com/2016/06/leducation-virtuelle-est-ce-possible/ publié le 18/06/2016

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