Le blog de Philippe Liria

Auteur, formateur, consultant et éditeur de français langue étrangère (FLE)

Posts Tagged ‘Christian Puren’

Lecture d’été : (mieux) intégrer les technologies en classe de FLE… Quelques pistes pour enseignants et apprenants

Posted by Philippe Liria sur 08/08/2013

apprentissage_lgAlors que nous nous posons mille et une questions sur l’efficacité d’apprendre une langue à travers des plateformes virtuelles, voilà que je suis tombé tout à fait par hasard sur ce que nous appellerions aujourd’hui un publi-reportage promettant un apprentissage de l’anglais « sans quitter votre résidence, sans rien modifier à vos occupations de chaque jour ». Comment ? Tout simplement grâce à la « Méthode Linguaphone pour l’enseignement des langues » qui promet au lecteur d’avoir toujours auprès de lui « plusieurs professeurs qui non seulement [lui] inculqueront patiemment des mots, des phrases, des tournures correctes, mais [lui] apporteront l’atmosphère du pays ». Si ce texte n’était extrait des pages annonces d’un numéro de L’illustration de 1935, nous pourrions presque croire qu’il s’agit d’une présentation promotionnelle d’un de ces nombreux espaces d’apprentissage de langues en ligne comme Babbel, Busuu ou Livemocha qui promettent à leurs étudiants de pouvoir « réellement parler une langue » (Livemocha). Nous ne sommes finalement pas si éloignés des promesses de Linguaphone qui prétendait enseigner une langue « telle qu’on la parle ». À ce sujet, je vous recommande d’écouter l’introduction à ce cours d’anglais prononcée par Bernard Shaw (parties 1 / 2 et parties 3 / 4, transcription).busuu
Hasard du moment, deux ou trois jours plus tard, arrivait sur mon bureau le dernier numéro de Recherches et applications (nº54, juillet 2013) consacré, comme son titre l’indique, aux mutations technologiques, nouvelles pratiques sociales et didactiques des langues. Et en lisant la présentation que font les deux coordinateurs de ce numéro, Christian Ollivier et Laurent Puren, je repensais à cet article sur l’anglais quand ils écrivent que « depuis un siècle, l’histoire de la didactique des langues est intimement liée à celles des avancées technologiques intervenues dans le domaine des médias audio-visuels et des TIC. »
Cependant, et au-delà de cette curieuse coïncidence, je ne peux que vivement recommander la lecture des articles de ce Recherches et applications. Elle permet de faire le point sur tous ces changements qui font que « notre rapport à la connaissance mais également à nous-mêmes et aux autres […] s’en trouve profondément bouleversé. » comme l’affirment Ollivier et Puren. Ils le font en menant d’une part une réflexion sur l’évolution que ces technologies ont entrainée dans les pratiques didactiques et d’autre part, sur l’utilisation qu’ont les apprenants-internautes pour tirer au mieux profit du web social (sur le même sujet, je recommande aussi la lecture d’un article publié sur le site ALSIC à propos de stratégies d’apprentissage dans un environnement virtuel). Finalement, une dernière partie porte sur l’avenir de l’enseignement/apprentissage grâce aux technologies émergentes.
r&a_juillet2013Ce numéro de Recherches et applications proposent donc douze articles distribués en quatre parties :
1. Quel lien entre évolutions technologiques et évolutions didactiques ;
2. Les modifications de la communication en situation d’enseignement/apprentissage et le fonctionnement des communautés Web 2.0 ;
3. Les conséquences du numérique sur le manuel de langue ;
4. L’apprentissage en ligne

Ces douze articles arrivent à point nommé alors que nous parlons de plus en plus des technopédagogies mais aussi à un moment où nombreux sont les enseignants qui se posent des questions sur l’utilité réelle de certains outils « apparus » (je choisis vraiment ce terme tant on a l’impression que ces tableaux sont parfois – souvent ? – arrivés dans les salles sans aucun accompagnement formatif ni réflexion sur une utilisation pédagogique de cet outil) dans leur classe, comme le TNI ou sur la possibilité de changer leur pratique de classe car Internet n’arrive pas dans leur salle de cours ou le débit est tellement lent qu’il n’est même pas envisageable de mettre en place des activités basées qui demandent d’être en ligne. Ou encore de voir comment les smartphones sont mis au ban de la classe plutôt que d’être un véritable compagnon d’apprentissage. (Lire aussi En classe… à l’ère numérique)
Inutile de vous dire aussi que les réflexions sur les manuels de langue que fait Puren dans son article Manuels d’apprentissage, entre papier et numérique ou les réflexions de Guichon et Soubrié dans Manuels FLE et numérique : le mariage annoncé n’a pas (encore ?) eu lieu ne me laissent pas indifférent. Il est temps en effet que les éditeurs – et les auteurs – de manuel arrivions à concevoir des contenus qui intègreraient pleinement la dimension numérique et que ce ne soit plus un simple prolongement du papier. Pas simple et pourtant cela nous permettrait de proposer aux enseignants de FLE un matériel qui aiderait encore plus à accompagner les changements méthodologiques en matière d’enseignement/apprentissage des langues.
J’admets que ce petit (et excellent) livre n’est certainement pas la lecture à vous accompagner sur la plage – si vous êtes en pleines vacances d’été -, mais il pourrait en tout cas être dans votre cartable ou votre tablette à la rentrée, vous y trouverez une quantité de réflexion et de nouvelles pistes, ainsi qu’une très riche bibliographie, pour (mieux) intégrer les technologies dans la classe et que celles-ci soient vraiment au service de l’apprentissage.

Référence :
Mutations technologiques, nouvelles pratiques sociales et didactiques des langues in Recherches et applications, nº54 (juillet 2013), Français dans le monde, éd. CLE International/FIPF – ISBN 978-2-09-037127-7

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Réponse à Jean-Philippe Blondel

Posted by Philippe Liria sur 29/12/2012

Je remercie Jean-Philippe Blondel, l’auteur de G229, pour avoir réagi à mon billet au sujet de l’approche actionnelle et dans lequel je le citais en reprenant un article de Christian Puren. D’après J.-P. Blondel, il n’y aurait rien de nouveau sous le soleil… Et pourtant… « faire atteindre un même objectif à des groupes hétérogènes », pour reprendre Claire Bourguignon, ce n’est pas simple… En tout cas, c’est certainement plus difficile que de faire faire des exercices sur le passé compose sans pour autant rejeter la maîtrise de connaissance. Bref, une approche actionnelle demande d’aller au-delà de la maîtrise des connaissances et des savoir-faire mais aussi de savoir les mobiliser au bon moment pour réaliser la tâche ou le projet… (Lire la réponse)

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Non, l’approche actionnelle n’est pas un phénomène de mode !

Posted by Philippe Liria sur 26/12/2012

Dernièrement à l’occasion d’une rencontre avec des enseignants de français, l’atelier que je devais animer s’est transformé en débat sur l’approche actionnelle, une approche qui ne serait qu’un phénomène de mode comme l’aurait été l’approche communicative. D’après ces enseignants, didacticiens et maisons d’édition n’ont aucune idée de la pratique enseignante et des réels besoins des apprenants.
Ce n’est pas la première fois que je me retrouve confronté à des réticences dans la mise en place de la démarche actionnelle dans le curriculum d’un établissement même si je dois avouer que cette fois, l’opposition était particulièrement virulente. Selon cette équipe d’enseignants, les apprenants sont demandeurs de grammaire et de lexique avant tout et que nos manuels ne leur permettent pas d’apprendre la langue car toujours selon ces enseignants, si les élèves apprenaient il y a 30 ans à partir d’exercices de grammaire et de lexique, pourquoi vouloir tout changer ?
Le débat semblait difficile pourtant j’insistais que je n’interviens pas pour prêcher la bonne parole, convaincu moi-même qu’il n’y en a pas mais qu’au contraire les meilleures pratiques d’enseignement/apprentissage sont le résultat d’une somme de méthodologie. Je n’en rejette aucune mais essaie plutôt de les combiner selon les besoins, les moments, les apprenants… Et justement quand je réfléchissais à cette question, je suis tombé sur un article de mon ami et grand expert de la quesiton, Christian Puren. Il venait de publier sur le site de l’APLV un article initulé La perspective actionnelle, dernière mode officielle avant la prochaine ? (puren_commentaire_extrait_blondel_2012_12). Cet article est en fait un commentaire qui part d’un extrait de G229, un livre de Jean-Philippe Blondel publié chez Buchet-Castel (2011). Le passage en question reprend le moment où l’on demande aux enseignants d’introduire la perspective actionnelle dans leurs pratiques car…

« il faut injecter de l’action parce qu’avant ils étaient passifs passifs et maintenant ils vont être actifs actifs en imaginant des affiches qu’on pourrait exposer au CDI, des posters sur tout, les Amish aux États-Unis, contre la drogue, on se mélange un peu, on s’excuse, des posters, ah d’accord, mais pas seulement des posters, hein, l’actionnel il est partout tout le temps, on joue des sketches, on écrit des dialogues des
lettres des sujets d’argumentation, c’est de l’actionnel.
 »

L’analyse de Puren est certes basée sur les pratiques de l’enseignement des langues vivantes de le système éducatif français mais les réflexions qu’il fait pourraient très bien s’appliquer à ce qui se passe en ce moment dans cette mise en place généralisée de la perspective actionnelle dans les différents espaces d’enseignement du FLE : l’imposition d’une nouvelle méthodologie pas toujours accompagnée de la formation pourtant indispensable, des évaluations souvent en contradiction avec les nouvelles exigences mais sans que rien ne soit vraiment fait pour que celles-ci changent, des programmes en phase avec les objectifs du CECRL et de la perspective actionnelle mais avec un timing qui en rend impossible la mise en place à moins de fermer les yeux sur la progression réelle des apprenants… Bref, même si je ne partage pas l’avis de ces enseignants qui me parlaient de cet effet de mode en référence à la mise en place de la perspective actionnelle, je peux comprendre qu’il y ait un problème à la base et qu’on ne sache pas vraiment comment le résoudre ou qu’on y consacre pas vraiment les moyens et le temps.
Certainement que nous ne pouvons nous contenter de dire qu’il faut mettre en place l’approche actionnelle et celle-ci se mettra justement « en action » dans la classe. Nous devons prendre en compte différents facteurs et chercher de vraies réponses. Certaines commencent à poindre comme d’une part la place d’une grammaire inductive qui implique véritablement l’apprenant dans la réflexion sur la construction de la langue-cible mais sans perdre de vue sa langue-source et les autres langues qu’il connaîte – à des degrés différents – et d’autre part la place des exercices voire de la leçon à proprement dit sur la langue – avant même les moments de réflexions. Et cette place, grâce au développement et la démocratisation de la technologie, peut sans doute être ailleurs qu’en classe ; elle peut être virtuelle de façon à ce que dans l’espace classe en soit pas un lieu de réalisation d’exercices répétitifs et de corrections vides de sens, mais bien un espace d’échange sur notre apprentissage. Une idée qu’on retrouve dans la classe inversée. Une piste de travail qu’il faudrait suivre de plus près comme tant d’autres pour que les nouvelles approches, s’ajoutant aux anciennes, contribuent à ce que nos élèves soient plus compétents dans l’ensemble des domaines de la langue-cible, dont la langue mais pas seulement si nous voulons vraiment qu’ils agissent ensemble, qu’ils travaillent ensemble dans cette société multi/pluri-culturelle en construction.

Je vous invite aussi à lire les réponses/commentaires suite à cet article de Puren. Vous les trouverez directement sur le site de l’APLV.

Pour en savoir sur…
Jean-Philippe Blondel et son livre G229
Les jardins d’Hélène, blog consacré à la littérature. Vous y trouverez une note de lecture sur le livre G229.
Babelion.com, site sur lequel vous trouverez des opinions et des citations de G229.
Biblioblog, autre site consacré à l’opinion des lecteurs sur G229.
Extrait vidéos de G229. Extrait sonore de différents passages du livre. Intéressant la réflexion sur la classe en U (jusqu’à la 1’25 »).
Jean-Philippe Blondel parle de son livre. (vidéo, 2’03 »)

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La didactique des langues interrogée par les compétences

Posted by Philippe Liria sur 17/06/2012

L’autre jour, j’ai eu le grand plaisir de trouver sur la table de mon bureau un petit paquet. Il arrivait de l’Université de Bourgogne. À l’intérieur, le dernier ouvrage de Jean-Jacques Richer : La didactique des langues interrogée par les compétences. J’ai découvert Les écrits de Jean-Jacques Richer quand nous préparions notre livre sur l’approche actionnelle dans l’enseignement des langues. Son point de vue, indiscutablement situé dans une perspective de rupture entre approche communicative et actionnelle m’intéressait alors particulièrement. Nous lui avions commandé alors un article sur la question.
C’est en poursuivant ses recherches en didactique, qu’il propose maintenant d’aller encore plus loin dans son analyse tout en s’arrêtant un temps pour essayer de faire le point car, non sans raison, il considère que la didactique des langues se trouve dans une période d’hésitation. Pour cela, il convient de s’interroger sur la notion de « compétence » depuis la définition de Chomsky jusqu’à la situation présente. Comme Puren, Richer considère que nous devons aller au-delà de l’état programmatique dans laquelle se trouve la perspective actionnelle pour « ouvrir de nouveaux chantiers » sur la typologie textuelle, la tâche, le projet…
L’ouvrage, divisé en trois parties, propose d’analyser la notion de compétence à partir d’un passage en revue du terme même pour ensuite s’interroger sur ce qu’est le Cadre européen commun de référence pour les langues : simple reconduction du communicatif ou nouveau paradigme méthodologique ? Finalement, admettant que celui-ci est à peine esquissé par le Cadre, il propose d’essayer de développer la linguistique actionnelle, les compétences langagières et de stratégie, mais aussi de revisiter la définition de la tâche en faisant la différence entre celle-ci et le projet. Ce qui, selon lui, implique aussi une redéfinition de la séquence didactique et une reprécision du rôle de l’enseignant.

Pour en savoir plus, voici les références de l’ouvrage :
La didactique des langues interrogée par les compétences, Jean-Jacques Richer. Coll. Proximités « Didactique », E.M.E. Bruxelles, 2012. 196 pages.
À lire aussi, la note de lecture que Christian Puren a mise sur son site.

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Version Originale, mise en oeuvre d’une unité (Proposition de Christian Puren)

Posted by Philippe Liria sur 23/05/2011

Christian Puren propose régulièrement sur son site des tâches dans le cadre de son cours en ligne « La didactique
des langues-cultures comme domaine de recherche ». Cette fois-ci, il propose une analyse des manuels et à élaborer un corrigé dans lequel il compare les manuels Version Originale (EMDL) et Latitudes (Didier). Je vous les recommande vivement pòur mieux comprendre les notions de tâche ou de projet.
Retrouvez l’ensemble du cours et articles de Christian Puren sur son site. Téléchargez le PDF: PUREN_2011d_Mise_oeuvre_PA_Latitudes2_VO1

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L’approche actionnelle à l’IFAL (México, D.F.)

Posted by Philippe Liria sur 22/12/2010

On ne peut concevoir un enseignement novateur que si celui-ci est accompagné d’une formation permanente des professeurs. Partant de cette constatation, les Editions Maison des Langues (EMDL) se sont engagées dès leur début à contribuer à cette formation par le biais d’ateliers et de conférences dans le monde entier. En novembre dernier, se tenait ainsi la première Rencontre FLE en Amérique Latine et dans un lieu on ne pouvait plus prestigieux, l’IFAL. Pendant une journée entière, plus de 165 professeurs de français du D.F. mais aussi des alentours, ont assisté à une conférence et un atelier de Christian Puren et à deux autres ateliers, l’un mené par Patrick Riba, directeur-adjoint de l’IFAL et l’autre que j’avais l’honneur d’animer. L’ensemble portait sur une réflexion pédagogique autour de l’apprentissage des langues, la place de l’actionnel et celle des technologies dites « nouvelles », comme le livre numérique ou le TBI.
Un moment d’échanges, de réflexions mais aussi de détente et de bonne humeur. Merci à toutes et à tous !
Regardez la vidéo sur You Tube
Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site d’Editions Maison des Langues.

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Faire faire ? sur Franc-parler

Posted by Philippe Liria sur 14/04/2010

Le webzine du FLE, Franc-parler vient de proposer un chat sur l’approche actionnelle. En complément, les éditeurs ont aussi mis en ligne un dossier trpes complet sur la question. J’en recommande vivement la lecture. Vous pourrez aussi y trouver des liens d’intérêts et des pistes de lecture. À lire et à télécharger.

Avez-vous déjà essayer cette approche dans vos cours ? Qu’est-ce que vous en pensez ? Et des tâches ? Quelle est la différence en tâche et projet ? Réagissez…

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