Le blog de Philippe Liria

Auteur, formateur, consultant et éditeur de français langue étrangère (FLE)

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La classe inversée en FLE… ça bouge (enfin) !

Posted by Philippe Liria sur 26/06/2017

On aurait dit il n’y a pas encore si longtemps que la classe inversée n’avait pas sa place en FLE. Comme si cette démarche pédagogique était incompatible avec l’apprentissage du français. Pourtant un certain consensus semblait exister autour de la nécessité de revoir l’organisation de la classe de français pour faire plus de place à la pratique réelle et effective de la langue. Après tout, n’est-ce pas l’un des objectifs de l’approche actionnelle ? Ne trouve-t-on pas dans les programmes de plus en plus de référence au CECRL, à l’actionnel et au projet ? Il suffit de faire un tour sur la plupart des sites des centres de langue pour en faire le constat. L’application de ces programmes dans les faits s’avère peut-être moins vraie pour plusieurs raisons : le manque de temps, le fossé entre les (bonnes) intentions pédagogiques de l’institution et les moyens (ridicules) qu’elle donne à ses équipes, la contradiction flagrante entre le projet pédago et les attentes des apprenants, à frustrer plus d’un didacticien du FLE !

Innover en pédagogie implique une prise de risque
Bref, malgré de nombreuses contradictions, que ce soit de la part des institutions, des enseignants ou des apprenants, force est de constater que des changements dans la classe de FLE sont en cours parce qu’apprendre une langue aujourd’hui ne peut plus signifier la même chose qu’il y a à peine quelques années. Et l’apprentissage du français n’en réchappe pas. Nous devons nous tourner vers l’innovation pédagogique, ce qui signifie aussi accepter que celle-ci nous fera emprunter des chemins erronés. Après tout, innover en pédagogie comme dans n’importe quel autre domaine implique aussi une prise de risque. La classe inversée en FLE comprend des risques (certains demandent justement à ce qu’on l’aborde avec prudence), même celui peut-être d’être victime d’un effet de mode alors qu’elle devrait plutôt assurer une continuité dans l’apprentissage entre ce qui se passe en classe et ce qui se passe en dehors, comme le signalait Patrick Rayou lors du CLIC 2016.
Dans le cas du FLE, inverser la classe devrait permettre aussi d’envisager l’apprentissage différemment et en particulier en faisant plus de place à une pratique actionnelle dans le temps et l’espace de la classe. J’ai souvent eu l’occasion d’en parler.

Un intérêt croissant
On peut d’ailleurs constater que cette volonté de changer les pratiques de classe en introduisant cette modalité suscite un vif intérêt des enseignants, friands de formation sur la classe inversée. Les demandes sont croissantes déjà. Personnellement j’anime régulièrement des dizaines de formation sur le sujet en Amérique latine (Mexique, Colombie, Brésil…) et je sais que c’est la même chose pour mes confrères un peu partout aux quatre coin de la planète. Il suffit d’ailleurs de prendre les catalogues des stages d’été pour enseignants pour s’apercevoir qu’on y trouve maintenant des modules sur le sujet (cf. infra).

La classe inversé vue d’Estonie
C’est justement en cherchant ce lien entre la classe inversée et le FLE que je suis (enfin) tombé sur un travail qui fait le lien entre les deux avec des exemples bien pratiques. Il s’agit du mémoire de master d’une étudiante estonienne, Merit Kuldkepp. Elle nous propose d’analyser L’APPLICATION DE LA MÉTHODE DE LA CLASSE INVERSÉE DANS L’ENSEIGNEMENT DU FRANÇAIS LANGUE ÉTRANGÈRE (17/05/2017, disponible et téléchargeable en PDF). Dans ce mémoire présenté en mai dernier au Département des langues romanes du Collège des langues et des cultures étrangères (Université de Tardu, dans le sud du pays), on peut y lire les avantages que présente la classe inversée en cours. Ce mémoire nous en cite quelques-un auxquels je souscris pleinement :
– Personnalisation de l’apprentissage (une certaine façon de pouvoir enfin mettre en place cet apprentissage différencié) ;
– Changement dans les rapports apprenant(s) / Enseignant mais aussi entre apprenants et, j’ajouterais, entre enseignants (ce qui ne serait pas du luxe). Un changement de paradigme qui nous renvoie à ce que nous explique Ken Robinson. Un changement dans les rapports qui rapprochent les différents acteurs de l’enseignement/apprentissage ;
– Usage plus réfléchi des technologies numériques (lutte contre l’illétrisme numérique) ;
– Développement des compétences sociales, en classe et en ligne, qui s’inscrit pleinement dans l’esprit du travail collaboratif.

Certes, tout n’est pas parfait nous dit Merit Kuldkepp et la classe inversée présente aussi ses inconvénients, certains qui rappellent les pièges que j’avais évoqués en mars dernier. Parmi ceux-ci, il y a :
– les devoirs que les apprenants ne font pas : ne pas faire le travail donné hors classe n’est pas un problème récent mais il prend encore plus d’importance dans le cadre de la classe inversée (mais est-ce que cet éternel problème doit empêcher d’essayer de nouvelles pratiques d’apprentissage ?) ;
– une planification peu appropriée aux besoins des apprenants ou des contenus inadéquats. Comme l’écrit Merit Kuldkepp en citant Ash, « il ne sert à rien de remplacer un cours magistral de salle de cours par un cours magistral à visionner à la maison » ;
– la surcharge de travail. Je préciserai que c’est souvent le premier point qui est mis en avant par de nombreux enseignants qui s’intéressent à la classe inversée mais n’osent pas encore faire le pas en avant. Certes au début, il y aura besoin d’y consacrer plus de temps comme pour toute nouvelle pratique mais il faut aussi penser à partager les outils, à mutualiser les activités que chacun crée plutôt que de les garder pour soi ; s’appuyer aussi sur du matériel didactique que peuvent créer les propres apprenants de niveau avancé et qui pourra être mis à la disposition des apprenants de niveaux élémentaires. Les plateformes internes ou Padlet permettent notamment de partager les productions ;
– l’accès et la formation au numérique. Merit Kuldkepp a raison d’en parler parce qu’il y a encore beaucoup d’établissements qui ne permettent pas l’utilisation du numérique, soit pour des questions purement technologiques soit parce que l’établissement en limite l’usage. Un problème qui pourrait créer des inégalités entre les apprenants (cf. un article à ce sujet sur le blog de Christian Puren).

Le travail de Merit Kuldkepp ne s’arrête pas à une reprise des avantages et inconvénients de la classe inversée. Il détaille la démarche pédagogique suivie et la création de la séquence pédagogique avec la fiche qui reprend les aspects techniques, le déroulement et l’analyse des activités. Trois fiches sont proposées. Pour que tout cela soit possible, le mémoire passe aussi en revue plusieurs outils qui ont été testés pour préparer le contenu des cours ou pour vérifier le travail des apprenants hors classe.

La réticence des enseignants à se lancer dans la classe inversée, ce sont souvent leurs craintes par rapport à la réaction des apprenants. Ce mémoire aborde aussi ce point et on peut lire que les étudiants sont globalement satisfaits même s’ils admettent qu’elle demande plus de discipline.

Voilà un mémoire qui au-delà des rappels théoriques sur la classe inversée, témoigne des possibilités de la classe inversée, même à un niveau débutant et même si les apprenants partent d’une langue éloignée. Deux points qui peuvent contribuer à dissiper des doutes sur les possibilités de la mise en place de cette pratique avec des débutants complets ou avec des apprenants qui ne seraient pas de langue romane.
Ce mémoire présente aussi l’intérêt de présenter une bibliographie actualisée comme par exemple le lien vers l’intéressant article de Le Anne Spino et de D. Trego, « Strategies for Flipping Communicative Language Class » dans la revue en ligne CLEAR News 19, p. 1-8 (Printemps 2015, consulté le 18/06/2017) et bien d’autres encore.

Bonne lecture !

Pour en savoir plus :
Retrouver le mémoire sur lequel s’appuie cet article :
L’APPLICATION DE LA MÉTHODE DE LA CLASSE INVERSÉE DANS L’ENSEIGNEMENT DU FRANÇAIS LANGUE ÉTRANGÈRE par Merit Kuldkepp (17/05/2017)

Quelques stages d’été proposant des modules sur la classe inversée :
Université d’été BELC 2017 – CIEP
Module A306 – Inverser la classe FLE avec le numérique par Flora Aubin
Université d’été Séville 2017 – Institut français d’Espagne
Module 1.3 Innover et Motiver : La pédagogie inversée par Marc Oddou
Universités du Monde 2017
Et si nous mettions la classe à l’envers ? par Philippe Liria
La classe inversée, une réorganisation gagnante de l’apprentissage actif ? par Cynthia Eid

A paraitre fin 2017, un ouvrage consacré justement à la classe inversée dans le monde du FLE :
Eid, C., Liria, P., Moddou, M. : La classe inversée, Coll. Techniques et Pratiques de classe. CLE International, Paris 2017.

Quelques outils pour votre classe inversée (d’après les suggestions de Merit Kuldkepp)*
Powtoon
Wizer
Quizlet
Socrative
Mentimeter
LearningApps
Canva

*Il y a bien entendu d’autres outils qui peuvent aider à la création de matériel mais je n’ai voulu reprendre ici que ceux cités dans le mémoire.

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Où en est le français dans le monde ?

Posted by Philippe Liria sur 29/08/2016

En été, le prof de FLE se forme
L’été touche à sa fin. Les « grandes vacances » aussi, du moins pour la plupart des profs de l’hémisphère nord mais, on le sait, le professeur de FLE est un être bizarre : il passe une très grande partie de l’année à faire bien plus que les trois huit pour joindre les deux bouts. Comment ? En donnant des cours FOS à sept heures du matin, des cours pour enfants ou ados en journée et des cours adultes en soirée… Et de plus en plus, entre cours et cours, que fait-il ? Outre préparer comme il peut le cours suivant et corriger les copies du précédent, il fait de l’hybride depuis son smartphone puis il enchaîne à pas d’heure depuis son PC portable avec un cours en ligne pour un étudiant à l’autre bout de la planète ! Jackpot penseront certains ? Eh bien, non ! Tout ça, pour des clopinettes !!! Et si certains lecteurs croient que j’exagère et que toute ressemblance avec la réalité ne serait que purement fortuite, qu’ils s’inquiètent : ils ont peut-être perdu contact avec la réalité ! Le FLE fait certes rêver. Je le sais: combien d’étudiants en parlent en imaginant leurs futures missions en terres lointaines et exotiques ?! Mais, quand on connaît la réalité du terrain, on sait ô combien le quotidien est très dur. Malgré cette vie de fous qui ne laisse guère de temps pour faire des folies – mais heureusement est pleine de petits plaisirs-, que fait le prof de FLE pendant ses vacances ? Je vous le donne en mille : il se forme ! Et l’été européen est souvent le moment choisi pour suivre l’une des nombreuses formations proposées ici et là.

Conférence Jacques Pécheur sur les scénarios actionnels- Liège 2016 (Photo: P. Liria)

Conférence Jacques Pécheur sur les scénarios actionnels- Liège 2016 (Photo: P. Liria)

Stages d’été, congrès… du FLE pour tous les goûts
Cette année n’a pas dérogé à la règle, et malgré le climat ambiant pas vraiment à la fête : les profs se sont donné rendez-vous à Nantes, Nice, Besançon ou ailleurs pour suivre l’une de ces nombreuses formations estivales avant de rentrer dans leur pays de provenance. A leur retour, ils pourront mettre en oeuvre et relayer ce qu’ils ont pu y apprendre. Cet été, en plus de ces stages, comme tous les quatre ans, les professeurs de FLE se sont retrouvés en juillet pour le grand messe qu’est le Congrès mondial des professeurs de français. Et pour cette quatorzième édition qui s’est tenue à Liège du 14 au 21 juillet, les quelque 1500 professionnels présents se sont demandés justement où en est le français. Venus de 104 pays, ils ont assisté et souvent proposé des conférences, des communications ou encore animé des présentations ou des ateliers pour mettre à jour et partager leurs connaissances, échanger sur leur pratique mais aussi sur la situation de l’enseignement du français dans leur pays. Du moins quand on leur a permis de traverser les barrages administratifs que dresse l’Europe d’aujourd’hui. Pas facile de demander de défendre les valeurs contenues, paraît-il, dans notre langue si l’on ferme la porte au nez de ceux qui justement la prennent pour étendard de leur liberté ! C’est sans doute cette triste réalité qui se rappelle à nous, même lors d’un congrès dont l’objet principal est l’enseignement. Mais il est clair qu’apprendre le français dans les deux sens du verbe n’est pas ni ne peut être un acte innocent, comme l’a réaffirmé le président du Comité organisateur, l’académicien Jean-Marie Klinkenberg dans son discours de clôture.

Conférence de clôture de J.-M. Klinkenberg - Liège 2016 (photo : P. Liria)

Conférence de clôture de J.-M. Klinkenberg – Liège 2016 (photo : P. Liria)

C’est aussi le ton de l’appel que lancent les professeurs de français dans le document final de résolutions en revendiquant clairement leur rôle dans cette lutte pour « un monde plus juste, mis à l’abri de la barbarie, respectueux des identités et des diversités« . Parce que, nous le savons tous, « la langue est un objet politique » qui véhicule des idées profondément attachées au développement et à l’émancipation des citoyens contre tout type d’oppression sociale, culturelle ou politique. Mais le prof de français, ambassadeur de ces précieuses idées, n’est souvent qu’un simple soldat de plomb, d’une armée certes nombreuse mais aux effectifs qui ne cessent de baisser comme nous l’a rappelé aussi ce congrès, et qui souvent se demande ce que font les décideurs pour éviter la fermeture des cours de français ou la précarisation permanente de la profession. Situation ardente, pour reprendre l’adjectif qui définissait le congrès, et à laquelle devra faire face la nouvelle équipe de la Fédération internationale des professeurs de français (FIPF) avec à sa tête Jean-Marc Defays qui prend donc le relais de Jean-Pierre Cuq après deux mandats. Ce spécialiste du FLE qui nous vient de l’Université de Liège sera entouré, entre autres, d’une Canadienne, Cynthia EID et d’une Roumaine, Doina SPITA pour relever les nombreux défis de la Fédération (manque d’enseignants, absence de politiques en faveur du français, nouveaux besoins des associations…) et qu’on peut retrouver, du moins en partie, dans le Livre blanc présenté lors du congrès de Liège et qui prétend dresser, comme il l’annonce, « un panorama unique de l’enseignement de la langue française dans le monde« .

Des programmes pour repenser le FLE
On l’a vu aussi, le programme bien chargé du congrès – peut-être un peu trop – ou encore ceux des stages d’été sont révélateurs de ce renouvellement nécessaire. Ce qui rend encore plus indispensable la formation initiale mais surtout continue des professionnels du FLE. C’est d’ailleurs le premier point mis en avant dans les résolutions du Congrès. Si la langue française est, et prétend rester, ardente, donc bel et bien vivante, il faut qu’elle s’adapte aux réalités du monde d’aujourd’hui et puisse être fin prête à celles de demain. Aucune nostalgie donc, mais au contraire, un regard pointé vers l’avenir avec des solutions séduisantes pour une langue qui hélas n’a plus vraiment l’air de séduire. Vous ne pouvez pas vous imaginer combien sont celles et ceux qui me demandent, au Pérou, en Colombien, au Chili, etc. à quoi ça peut bien servir d’apprendre le français. Ils/Elles n’en perçoivent pas ou pas vraiment l’utilité et ont même souvent l’impression d’une langue éloignée et difficile (bienvenue l’intercompréhension qui a l’air de gagner du terrain dans les cours, mais pas assez malheureusement). Tout le monde se souvient de cette campagne qui présentait les 10 bonnes raisons d’apprendre le français mais pas sûr que ce soit la meilleure manière de convaincre les sceptiques. Il ne fait aucun doute que l’enseignement du français a besoin d’un grand Entrümpelung au cours duquel on se débarrasserait des vieilles croyances sur comment on doit enseigner et surtout comment nos élèves apprennent. C’est pour cela que la formation est importante et qu’il est grand temps de mettre fin à la dégradation de la situation des professeurs de français. On le voit bien, ces formations proposent des programmes riches et novateurs qui ne peuvent que contribuer à ce renouveau de la classe de français. On y parle bien sûr de ce tsunami numérique mais il ne faudrait pas réduire l’innovation pédagogique nécessaire à la technologie, au web 2.0 ou aux plateformes qui ne cessent de se développer que ce soit depuis les institutions ou depuis le monde éditorial FLE*. Une évolution qui nous oblige à repenser l’ensemble des professions de notre secteur.

Module sur la classe inversée aux Universités du Monde (Nice, juillet 2016 - Photo: P. Liria)

Module sur la classe inversée aux Universités du Monde (Nice, juillet 2016 – Photo: P. Liria)

L’innovation pédagogique passe aussi, et surtout je dirais, par savoir changer nos dynamiques de classe et s’approprier des nouveaux outils, bien sûr, ou se réapproprier d’éléments trop souvent tenus à l’écart comme le rappelle Ken Robinson dans L’élément que je vous invite à lire si ce n’est déjà fait. Il est grand temps par exemple que le jeu (sérieux ou tout simplement de société) ou l’art y tiennent un plus grand rôle : petit clin d’oeil au passage à Ghislaine Bellocq qui ménage si bien art et FLE ou à Adrien Payet qui lie si bien apprentissage du français et théâtre. Bref, que la créativité des apprenants dans un sens large du terme soit vraiment au centre de la classe ; qu’on sache (qu’on ose) revoir les programmes de façon à ce que la mise en place du projet soit une réalité (il ne suffit pas de se remplir la bouche d’actionnel ou de le coucher sur les brochures ou le site qui décrivent la pédagogie prônée par telle ou telle institution). Cela demande de changer nos habitudes de classe, de réfléchir à de nouvelles pratiques. Ce n’est pas en vain que la classe inversée, qui semblait ne pas avoir sa place en FLE, comme je l’ai souvent regretté dans ce blog, commence enfin à être prise en compte pour accompagner ce changement. C’est en tout cas ce qu’on a pu constater dans les propositions de modules de plusieurs stages d’été ; reste qu’il faudra maintenant que l’enthousiasme des stagiaires ne retombent pas face au mur de leurs institutions. Parce que changer la classe n’est pas ni peut être le fait d’un prof mais bien le résultat d’un travail d’une équipe (le collaboratif commence dans la salle des profs) soutenue et accompagnée par sa direction.

Une nécessité de changement pour redonner envie d’apprendre
Introduire une nouvelle façon d’aborder l’enseignement est donc bien une nécessité parce que les étudiants d’aujourd’hui ont de nouvelles attentes (savoir échanger lors d’une visioconférence, répondre à des messages personnels mais aussi professionnels sur Whatsapp, mener des projets avec des partenaires à des milliers de kilomètres…) et de nouvelles façons d’apprendre (la technologie ne doit pas remplacer l’humain mais on ne peut non plus ignorer l’existence des supports tels que la tablette ou le smartphone ou des nouvelles manières d’interagir grâce notamment aux réseaux)*. C’est aussi ce qui contribuera à redonner envie d’apprendre notre langue. Les profs sont géniaux mais ne sont pas des Houdins : ce n’est pas d’un coup de baguette magique que ce changement se produira, n’en déplaise à certains. Par conséquent, la formation n’est pas un luxe. Elle est indispensable pour accompagner le discours ambiant qui réclame à cors et à cris qu’il faut se renouveler et innover pour motiver l’apprentissage de notre langue. Et même si l’été en France est une belle occasion pour joindre l’utile à l’agréable, je suis certain qu’ils/elles sont nombreux/-ses à souhaiter avoir accès pendant l’année scolaire à de vrais plans de formation.

* Voir le numéro 406 (juillet-août 2016) du Français dans le monde qui consacre un dossier aux « Cours en ligne, pratiques d’enseignants, parcours d’apprenants »
**A ce sujet, écoutez Mon enseignant va-t-il devenir un écran ? en podcast sur France Inter (27/08/2016)

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