Le blog de Philippe Liria

Auteur, formateur, consultant et éditeur de français langue étrangère (FLE)

Posts Tagged ‘didactique des langues’

Un ouvrage de référence pour le professeur de FLE

Posted by Philippe Liria sur 30/07/2017

Pendant la période estivale, les stages de formation pour professeurs de FLE sont nombreux aux quatre coins de l’Hexagone. A cette occasion, la plupart des organismes proposant ces formules aux enseignants de français venus du monde entier accueillent les éditeurs FLE. Un moment attendu par les enseignants car c’est souvent le moment de l’année pour découvrir les derniers manuels à être sortis mais aussi pour voir les nouveautés en didactique. Cette année, parmi ces nouveautés, on y trouve le Manuel de formation pratique pour le professeur de FLE. Cet ouvrage de Paola Bertocchini et d’Edvige Costanzo vient de sortir dans sa deuxième édition et c’est un petit bijou. Référence pour beaucoup, systématiquement compris dans les bibliographies de masters FLE, ce manuel initialement paru en 2008 a fait peau neuve presque 10 ans après et on ne peut qu’en remercier ses auteures qui ont eu le souci d’intégrer les importants changements qu’a enregistrés la didactique des langues ces dernières années. Des changements dont il faut “rendre compte pour réfléchir aux modifications qu’ils apportent aux pratiques de classe”, écrivent-elles. L’ouvrage introduira ainsi les:

problématiques liées :
– aux nouveaux instruments numériques qui conditionnent de plus en plus le processus
d’enseignement/apprentissage, dont celui des langues ;
– aux nouvelles pratiques de classe qui font la une aujourd’hui en didactique des langues comme la
classe inversée ;
– à la reconsidération de certains domaines de la didactique des langues négligés dans les pratiques
de classe des derniers temps, par exemple la phonétique.

Il ne s’agit pas d’un ouvrage théorique à lire de façon linéaire, mais bien d’un manuel qui invite à la réflexion à partir de documents variés et d’activités que pourront utiliser les enseignants en formation ou les formateurs de formateurs dans leurs cours. On va donc plutôt naviguer de module en module – au nombre de 10 – sans qu’il y ait à suivre une progression quelconque mais plutôt au gré des besoins de chacun, sans avoir peur des va-et-vient entre les modules ou à l’intérieur de ceux-ci. Mais attention ! Suivre son libre cours ne signifie pas aller n’importe où et sans cap mais au contraire en incitant les enseignants à réfléchir sur leurs pratiques ou à s’interroger sur la façon dont ils pourraient introduire telle ou telle démarche en classe voire sa pertinence par rapport à un contexte d’enseignement donné.

Comme le font remarquer à juste titre ses auteures, ce livre n’a pas la prétention d’apporter des recettes toutes faites et moins encore de chercher à soumettre le lecteur à un certain dogme : “l’absolu n’est pas du domaine de la didactique” mais bien de permettre “à chacun, nous dit Jacques Pécheur dans la préface, de répondre dans son enseignement aux défis d’une demande d’apprentissage de plus en plus difficile à appréhender.

A la fin de l’ouvrage, juste avant les corrigés, le lecteur trouvera une riche bliblio-/-sitographie de lectures conseillées ou essentielles qu’apprécieront aussi bien les professeurs dans le cadre de la formation continue que toutes celles et tous ceux qui se lancent dans la belle aventure (eh oui, malgré tout) du FLE.

Pour aller plus loin:
Bertocchini, P. et Constanzo, E : Manuel de formation pratique pour le professeur de FLE. CLE International, Paris 2017 (2è édition)
Préface, introduction, sommaire et module 1 sont feuilletables sur http://issuu.com/marketingcle/docs/manuel_de_formation_pratique_prof_d?e=1396808/51025831

Posted in Actualité du français, FLE et didactique | Tagué: , , , , | Leave a Comment »

Au revoir, Professeur !

Posted by Philippe Liria sur 15/07/2014

louis_porcherCe matin, alors que j’étais dans le train qui me conduisait à Nantes pour une journée au BELC, c’est un bien triste email qui arrivait dans ma boite. Valérie Lemeunier m’annonçait le décès de Louis Porcher. Entré tard dans le monde du FLE, je ne le connaissais pas encore quand Valérie a commencé, il a 20 ans déjà, à me parler de ce merveilleux professeur. Je ne l’ai hélas jamais rencontré mais j’ai l’impression pourtant de l’avoir toujours connu tant ces ouvrages ont été et sont présents dans mon parcours FLE et plus généralement de la didactique des langues.
C’est certainement l’un des pères du Français langue étrangère tel qu’on l’entend aujourd’hui, qui considérait la discipline comme étant la « colonne vertébrale » de la diffusion de notre langue qu’il nous voulait surtout pas limiter à une vision franco-française de la Francophonie mais bien celle d’une langue d’ouverture, plurielle et diverse.
Il a largement contribué à diffuser l’idée que l’enseignement du FLE devait évoluer vers la mise en place de compétences communicatives mais aussi , et surtout peut-être, des savoir-faire socio-culturels car il a bien avant d’autres insisté sur l’importance que l’enseignement de la langue doive répondre aux nouveaux besoins de la société.
Dernièrement, j’aimais faire un tour sur son petit blog qu’il tenait sur le site de l’ASDIFLE où il s’amusait à nous parler de mots, le tout dernier en date, celui de juin 2014, portait sur le mot « thune(s) ».
Je ne vais pas recopier ici sa bibliographique, que vous pouvez retrouver aisément sur l’article de Wikipedia à son sujet.
Un grand nom du FLE nous a quittés mais je sais que pour un grand nombre d’entre nous, il restera présent dans nos cours ou dans nos ouvrages car c’est à lui que nous devons beaucoup de ce que nous y mettons. Au revoir, Professeur !

Posted in Actualité du français, FLE et didactique, Le monde des langues | Tagué: , , , , , , | Leave a Comment »

Lecture d’été : (mieux) intégrer les technologies en classe de FLE… Quelques pistes pour enseignants et apprenants

Posted by Philippe Liria sur 08/08/2013

apprentissage_lgAlors que nous nous posons mille et une questions sur l’efficacité d’apprendre une langue à travers des plateformes virtuelles, voilà que je suis tombé tout à fait par hasard sur ce que nous appellerions aujourd’hui un publi-reportage promettant un apprentissage de l’anglais « sans quitter votre résidence, sans rien modifier à vos occupations de chaque jour ». Comment ? Tout simplement grâce à la « Méthode Linguaphone pour l’enseignement des langues » qui promet au lecteur d’avoir toujours auprès de lui « plusieurs professeurs qui non seulement [lui] inculqueront patiemment des mots, des phrases, des tournures correctes, mais [lui] apporteront l’atmosphère du pays ». Si ce texte n’était extrait des pages annonces d’un numéro de L’illustration de 1935, nous pourrions presque croire qu’il s’agit d’une présentation promotionnelle d’un de ces nombreux espaces d’apprentissage de langues en ligne comme Babbel, Busuu ou Livemocha qui promettent à leurs étudiants de pouvoir « réellement parler une langue » (Livemocha). Nous ne sommes finalement pas si éloignés des promesses de Linguaphone qui prétendait enseigner une langue « telle qu’on la parle ». À ce sujet, je vous recommande d’écouter l’introduction à ce cours d’anglais prononcée par Bernard Shaw (parties 1 / 2 et parties 3 / 4, transcription).busuu
Hasard du moment, deux ou trois jours plus tard, arrivait sur mon bureau le dernier numéro de Recherches et applications (nº54, juillet 2013) consacré, comme son titre l’indique, aux mutations technologiques, nouvelles pratiques sociales et didactiques des langues. Et en lisant la présentation que font les deux coordinateurs de ce numéro, Christian Ollivier et Laurent Puren, je repensais à cet article sur l’anglais quand ils écrivent que « depuis un siècle, l’histoire de la didactique des langues est intimement liée à celles des avancées technologiques intervenues dans le domaine des médias audio-visuels et des TIC. »
Cependant, et au-delà de cette curieuse coïncidence, je ne peux que vivement recommander la lecture des articles de ce Recherches et applications. Elle permet de faire le point sur tous ces changements qui font que « notre rapport à la connaissance mais également à nous-mêmes et aux autres […] s’en trouve profondément bouleversé. » comme l’affirment Ollivier et Puren. Ils le font en menant d’une part une réflexion sur l’évolution que ces technologies ont entrainée dans les pratiques didactiques et d’autre part, sur l’utilisation qu’ont les apprenants-internautes pour tirer au mieux profit du web social (sur le même sujet, je recommande aussi la lecture d’un article publié sur le site ALSIC à propos de stratégies d’apprentissage dans un environnement virtuel). Finalement, une dernière partie porte sur l’avenir de l’enseignement/apprentissage grâce aux technologies émergentes.
r&a_juillet2013Ce numéro de Recherches et applications proposent donc douze articles distribués en quatre parties :
1. Quel lien entre évolutions technologiques et évolutions didactiques ;
2. Les modifications de la communication en situation d’enseignement/apprentissage et le fonctionnement des communautés Web 2.0 ;
3. Les conséquences du numérique sur le manuel de langue ;
4. L’apprentissage en ligne

Ces douze articles arrivent à point nommé alors que nous parlons de plus en plus des technopédagogies mais aussi à un moment où nombreux sont les enseignants qui se posent des questions sur l’utilité réelle de certains outils « apparus » (je choisis vraiment ce terme tant on a l’impression que ces tableaux sont parfois – souvent ? – arrivés dans les salles sans aucun accompagnement formatif ni réflexion sur une utilisation pédagogique de cet outil) dans leur classe, comme le TNI ou sur la possibilité de changer leur pratique de classe car Internet n’arrive pas dans leur salle de cours ou le débit est tellement lent qu’il n’est même pas envisageable de mettre en place des activités basées qui demandent d’être en ligne. Ou encore de voir comment les smartphones sont mis au ban de la classe plutôt que d’être un véritable compagnon d’apprentissage. (Lire aussi En classe… à l’ère numérique)
Inutile de vous dire aussi que les réflexions sur les manuels de langue que fait Puren dans son article Manuels d’apprentissage, entre papier et numérique ou les réflexions de Guichon et Soubrié dans Manuels FLE et numérique : le mariage annoncé n’a pas (encore ?) eu lieu ne me laissent pas indifférent. Il est temps en effet que les éditeurs – et les auteurs – de manuel arrivions à concevoir des contenus qui intègreraient pleinement la dimension numérique et que ce ne soit plus un simple prolongement du papier. Pas simple et pourtant cela nous permettrait de proposer aux enseignants de FLE un matériel qui aiderait encore plus à accompagner les changements méthodologiques en matière d’enseignement/apprentissage des langues.
J’admets que ce petit (et excellent) livre n’est certainement pas la lecture à vous accompagner sur la plage – si vous êtes en pleines vacances d’été -, mais il pourrait en tout cas être dans votre cartable ou votre tablette à la rentrée, vous y trouverez une quantité de réflexion et de nouvelles pistes, ainsi qu’une très riche bibliographie, pour (mieux) intégrer les technologies dans la classe et que celles-ci soient vraiment au service de l’apprentissage.

Référence :
Mutations technologiques, nouvelles pratiques sociales et didactiques des langues in Recherches et applications, nº54 (juillet 2013), Français dans le monde, éd. CLE International/FIPF – ISBN 978-2-09-037127-7

Posted in Actualité du français, FLE et didactique, Le monde des langues, Techno-pédagogie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :