Le blog de Philippe Liria

Auteur, formateur, consultant et éditeur de français langue étrangère (FLE)

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Question de ponctuation

Posted by Philippe Liria sur 09/08/2012

Les vacances servent à se détendre, à se promener au bord de la mer ou sur les sentiers de montagne, à se baigner ou à se balancer dans un hamac, à se lever tard ou au contraire, profiter d’une agréable matinée d’été pour sortir aux aurores et respirer la fraicheur de la nature avant que le soleil ne l’embrase ; prendre le temps d’aller faire son marché et cuisiner à base d’ingrédients frais tout en dégustant de délicieux vins du pays. Rien d’extraordinaire mais pourtant si agréable en ces temps troubles à l’avenir incertain… C’est aussi le moment pour prendre le temps de lire ce qu’on s’était promis de lire depuis des semaines, voire des mois et qu’on n’a jamais eu le temps de faire parce qu’absorbé par la réalité du quotidien. Lire, c’est finir ce roman de Koonchung qui trainait depuis des mois sur la table de nuit et que je ne prenais jamais le temps de lire ; c’est dévorer le dernier Mendoza – même s’il m’a un peu déçu – ou se plonger dans la presse internationale au petit déjeuner sans avoir les yeux rivés sur la montre – d’ailleurs je ne sais plus où je l’ai rangée -. Lire, c’est aussi, à l’heure de la sieste, de ces heures lasses où tout s’arrête parce que l’air devient irrespirable, où on attend que sept heures sonne au carillon de l’église du quartier – quatre quarts rapides suivis de sept coups secs – pour sortir se promener, constater que la vie reprend le dessus sur la canicule et terminer la promenade à la terrasse d’un café – toujours bondé malgré la crise – pour déguster une bonne bière. « Bonne » parce que fraiche et agréable, car on sait que les bières de la Péninsule ibérique n’ont que ce mérite, celui de désaltérer -.
Parmi ces lectures d’été, il y a aussi celles sur Internet. Désolé mais je fais partie de ceux qui ont du mal à déconnecter. Je l’avoue. C’est peut-être triste, mais je ne déconnecte que partiellement : pas question de consulter les e-mails mais impossible de ne pas suivre ce qui se passe dans le monde. Je n’y arrive pas ! Je continue donc à naviguer, ce qui est aussi l’occasion de tomber sur des sites que je ne connaissais pas ou mal. Aujourd’hui, je suis tombé sur un blog du Monde, Langue sauce piquante (LSP). Il s’agit d’un blog animé par les correcteurs du quotidien parisien. En tant qu’éditeur, même en vacances, je ne pouvais m’empêcher de faire un clic sur ce blog. Aujourd’hui, ses animateurs proposaient un sujet qui ne pouvait être plus « piquant » : la ponctuation ! Comme tout éditeur, les coquilles me hantent et la ponctuation me torture. Pris par les impératifs de l’édition – qui ne sont pas forcément ceux de ce travail de fourmi qu’est la correction -, nous savons combien il est difficile dans nos budgets de (faire) glisser une enveloppe consacrer à la correction. Souvent il faut la faire « en interne », chacun lit et se relit sans prendre le temps de confier systématiquement le travail à un professionnel. Pourtant, quant nous le faisons, nous savons que la chasse aux coquilles est fructueuse. Merci Sarah ! Il est évident que nous ne lui consacrons pas assez de temps. Dommage ! Hantise de la coquille, j’écrivais, mais aussi terreur de la ponctuation. Espace ? Pas espace ? Majuscule ? Minuscule ? Point-virgule ou point tout court ? Que de doutes pour ponctuer correctement notre propre langue ! Eh bien justement aujourd’hui, les correcteurs du Monde proposent un excellent exercice qui consiste à reponctuer des textes français qu’ils ont déponctués. Cet article intitulé Ni rog, ni sus, ni tiret ! exercez-vous à l’art de la ponctuation propose aux lecteurs des textes de différentes époques mais sans aucune ponctuation. À eux de replacer les signes manquant à leur place. Intéressant exercice pour nous aussi, éditeurs, auteurs, professeurs de FLE et que nous pourrions peut-être reprendre pour nos élèves de niveau avancé. D’ailleurs ne devrions-nous pas consacrer plus de temps à la ponctuation ? Élément indispensable pour une meilleure compréhension d’un texte, celle-ci est pourtant souvent délaissée alors qu’elle contribue à mieux saisir le sens des textes que nous lisons ou que nous faisons lire.

J’ai personnellement commencé l’exercice mais n’ai pas encore eu le temps de vérifier si j’avais correctement ponctué ces textes ; pourtant rien que d’y penser, j’étais pris par la hantise de mal ponctué celui-ci !

En tout cas, profs ou éditeurs, je vous recommande – si ce n’est déjà fait – de prendre quelques minutes à découvrir ce site qui ne manque pas d’humour pour traiter un sujet aussi grave que la correcte ponctuation de notre langue. Comme l’écrivait George Sand : « On a dit « Le style, c’est l’homme ». La ponctuation est encore plus l’homme que le style. La ponctuation c’est l’intonation de la parole, traduite par des signes de la plus haute importance. Une belle page, mal ponctuée, est incompréhensible à la vue ; un bon discours est incompréhensible à l’oreille s’il est débité sans ponctuation, et désagréable si la ponctuation est mauvaise. » (Lettre de George Sand à Charles Edmond, 1871)

Remarque : le corrigé est désormais disponible en bas de page du site (http://correcteurs.blog.lemonde.fr/)

Si la ponctuation vous intéresse, je vous recommande aussi quelques sites :

La ponctuation
Ah ! La ponctuation ! Comme cela exaspère ! Ou… Au contraire, comme elle sied bien à la compréhension de ce qui pourrait être illisible et totalement inaccessible à la logique humaine et surtout follement essoufflant sans cette petite virgule… Fort à propos ! D’ailleurs, qui n’a pas failli mourir au moins une fois, charrié, bousculé, épuisé, à la lecture d’une envolée proustienne ? Une phrase, huit pages et hop là ! Suffit de suivre l’histoire… Lire la suite…

Règles de typographie
Il est difficile de parler d’une typographie, tant les usages peuvent être différents. Non seulement les ouvrages traitant de de la matière peuvent donner des avis divergents sur certains points, mais de plus sans sortir de ce qui est communément admis l’on peut faire certains choix : c’est ce que l’on appelle une marche. Pour tout compliquer, chacun pratique la typographie dans la vie courante sans le savoir, avec des règles variables selon le support.
On pourra ainsi distinguer :
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Conseils de typographie ou d’orthotypographie
Typographe, typographe, qui m’a traité de typographe ? Mais sait-on ce qu’est un typographe ? Ce peut être celui qui agence le texte dans une mise en page d′un journal, d′un magazine, d′un livre ou celui qui conçoit des nouveaux caractères et/ou met au goût du jour les classiques un peu désuets. Les lignes qui suivent s’adressent plus à ceux qui veillent au toilettage et à la mise en forme d’un texte ou d’un écrit qu’à la conception de nouvelles polices de caractères. Lire la suite…

Guide de typographie
Quand et comment abréger, où mettre des capitales, quels caractères choisir, qu’est-ce qu’un sigle, comment utiliser les espaces… Lire la suite…

Les éditions Atelier Perrousseaux

Atelier Perrousseaux éditeur est spécialisée dans :
– les ouvrages de culture typographique et graphique (histoire et technique),
– les ouvrages pratiques de traitements du texte, de l’image et de la mise en pages.

Résumé de règles typographiques
Les « règles typographiques » indiquées ici pour l’impression papier sont conformes à celles définies par l’Imprimerie nationale et détaillées dans : Lexique des règles typographiques en usage à l’Imprimerie nationale. 3e édition. Paris : Imprimerie nationale, 2002. Rappelons que ce n’est pas la norme obligatoire, mais simplement une norme parmi d’autres. Lire la suite…

Orthotypographie
(Extrait de l’avant-propos du site) L’accent circonflexe d’abîme est défendu avec vigueur, c’est bien. On dénie à nos représentants élus le droit de régir la langue, c’est téméraire mais compréhensible. Dans le même temps, on l’accorde à des administrations, parfois à des institutions internationales, qui nous enseignent comment il convient d’abréger tel ou tel mot. Dans le même temps, pour les toponymes et les patronymes chinois, nos dictionnaires et nos journaux suivent les recommandations orthographiques de Beijing (Pékin). On en viendrait aux mains pour le ph de nénuphar, mais on écrit indifféremment : le Jardin des plantes (Mémento typographique de Charles Gouriou, le Petit Robert), le jardin des Plantes (Code typographique de la fédération C.G.C. de la communication) ou le Jardin des Plantes (le Nouveau Petit Robert, le Petit Larousse illustré).
Pour Queneau, « l’orthographe est plus qu’une mauvaise habitude, c’est une vanité. » Peut-être. Mézalor, c’est une vanité sans fierté, une coquetterie négligée.

Les codes typographiques sont là pour recueillir les règles de la composition typographique, mais les codes typographiques sont comme tous les codes, ils vieillissent. Lire la suite…
(Je tiens à remercier Armand pour le lien)

Bibliographie
Lexique des règles typographiques en usage à l’Imprimerie nationale, Paris, Imprimerie nationale, 2002, 198 pages, (ISBN 2-7433-0482-0)
Lacroux, Jean-Pierre, Orthotypographie, orthographe et typographie françaises. Dictionnaire raisonné. Édtions Quintette, Paris, 2007, 372 pages (ISBN 978-2-86850-147-9) – Consultable en ligne ou téléchargeable sur le site dédié.

Vidéo
Et si vous ne le connaissiez pas, je vous recommande de (re-)voir ce sketch de Michel Leeb (Tiens, qu’est-il devenu ?) intitulé « La ponctuation« . Une façon plaisante d’introduire le sujet en classe.

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Dans la peau de l’auteur – Paris, les 8 et 9 juin 2012

Posted by Philippe Liria sur 03/06/2012

Faire des manuels destinés à l’apprentissage du français implique l’intervention de nombreux acteurs avant d’arriver entre les mains des élèves. On est souvent loin d’imaginer tout ce qui se passe pour que le projet initial devienne un manuel qui fait partie d’une collection qui elle-même s’inscrit dans une ligne pédagogique. Régulièrement nous parviennent des manuscrits d’enseignants convaincus que leur proposition, issue de leur expérience de classe dans la plupart des cas, pourra devenir un excellent manuel. Pourtant, dans la pratique, il est rare qu’un manuel scolaire naisse d’un simple manuscrit. En fait, on pourrait dire que ce n’est presque jamais le cas. Au départ, il s’agit d’une décision de la maison d’édition qui souhaite couvrir un besoin et pour y arriver, elle va, après l’avoir mieux cerné, chercher à organiser une équipe d’auteurs – rarement un seul – qui élaborera un « tapuscrit » qui devra suivre certaines règles. Or, on constate que ces équipes d’auteurs ne sont généralement pas formées pour préparer un document qui combinera les aspects pédagogiques avec d’autres, tout aussi indispensables, liés au contrainte de l’édition. Pourtant, si ces équipes connaissaient de plus près la réalité de l’édition, elles pourraient plus aisément dialoguer avec l’éditeur et leur manuscrit, tout en respectant la ligne pédagogique définie, serait moins « idéaliste ». Non pas qu’il ne faille pas conserver un certain idéalisme dans toute création, même celle d’un manuel, mais il faut aussi être conscient de la réalité du monde l’édition.
C’est sur ce sujet que portera l’atelier que j’animerai vendredi et samedi prochains lors de la Rencontre FLE que nous organisons à l’Alliance française de Paris. J’espère que ce sera un moment intéresant pour rapprocher deux corps de métier qui souvent se côtoient mais qui, à vrai dire, se connaissent mal.
Voici une petite anmation qui reprend certains aspects du métier d’éditeur, même si celle-ci est générale, on y retrouve des points communs avec l’éditeur de manuel : <a href="[blip.tv http://blip.tv/play/AYHslGYC?p=1 width= »480″ height= »299″] » target= »_blank »>Les dessous du métier d’éditeur.

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