Le blog de Philippe Liria

Auteur, formateur, consultant et éditeur de français langue étrangère (FLE)

Posts Tagged ‘FLE pédagogie inversée’

Pédagogie inversée : une carte mentale pour bien procéder

Posted by Philippe Liria sur 12/01/2015

cartementale.jpgPetit à petit, la pédagogie inversée est en train de gagner sa place au soleil. Les formations et les sites FLE s’en font de plus en plus l’écho, même si sa mise en place dans la classe de langue semble encore très discrète. Question de temps… Il y a à peine un peu plus de deux ans, c’était les yeux écarquillés que l’on écoutait untel parler d’inverser la classe (à commencer par les miens – à lire). Aujourd’hui, cette pédagogie fait son bonhomme de chemin car elle contribue à merveille à renforcer les tendances actuelles en enseignement/apprentissage des langues : autonomie, implication, responsabilité… On pourrait dire que, même si elle n’est pas nouvelle en soi (je vous renvoie au témoignage de Marcel Lebrun qui expliquait comment il inversait déjà ses cours dans les années 70), plusieurs éléments en favorisent la mise en place. A ce sujet, je vous recommande la lecture d’un article de Sophie Blitman en décembre dernier dans Educprosf.fr (La classe inversée, un véritable bouleversement pédagogique ?). Les cours hybrides qu’on trouve dans plusieurs établissements du réseau AF / IF sont la preuve qu’il faut absolument réfléchir à innover pédagogiquement. Pas question de supprimer la classe, qui doit, à mon avis, rester un lieu privilégié de rencontre mais il faut qu’elle évolue. Nous ne pouvons continuer à concevoir l’enseignement/apprentissage comme il y a 100 ans – et pourtant ! – et la conséquence d’un tel constat entraîne des changements à tous les niveaux (Certains parlent de tsunami numérique pour reprendre le terme d’Emmanuel Davidenkoff). Les institutions doivent réfléchir à de nouvelles façons de faire circuler les savoirs ; les acteurs de la classe – profs et élèves – doivent s’impliquer différemment ; les supports ne peuvent plus être ceux d’hier (en tout cas pas seulement) et nous devons absolument nous interroger sur les nouveaux outils de la classe, notamment sur l’avenir des manuels (sommes-nous en train de refermer la « parenthèse Gutenberg » ? comme l’a déjà suggéré Sauerberg dans ce monde de transition vers le numérique) ; les espaces aussi doivent être revus, qu’ils soient réels ou virtuels et bien entendu les techniques de classe doivent être revisitées (comme ses espaces d’ailleurs) à la lumière de tout ce qui est à la portée des enseignants et des apprenants. Dans ce contexte, sans parler pour autant de formule « miracle » (celle-ci n’existe pas), la pédagogie inversée peut apparaître comme une réponse à une partie de ces questions que nous nous posons face à ces défis de la classe non plus de demain, mais bien d’aujourd’hui, même si l’odeur et la poussière de la craie et la présence de vieux pupitres aux côtés d’un vieux tableau noir à moitié cassé nous rappellent encore trop souvent le XIXè que ce XXIè siècle dans lequel nous nous trouvons pourtant bien.
Mais comment la mettre en place ? Comment procéder pour que cette inversion de la classe prenne ? Quelles sont ses implications ? Quels sont les outils à prendre en compte ? Quel rôle pour chacun ? Elèves et professeurs, bien sûr mais aussi l’administration de l’établissement que ce soit sur les aspects plus techniques et technologiques (place du smartphone dans la classe/école, accès à Internet…) que sur la question pédagogique (l’enseignant doit se sentir soutenu dans sa démarche). Combien d’expériences novatrices sont frustrées par des administrations trop frileuses, craignant de perdre des élèves car le projet pédagogique n’est pas bien expliqué aux parents ou directement aux élèves dans le cas des apprenants adultes ?
C’est à ces questions et bien d’autres encore au sujet de la pédagogie inversée qu’essaie de répondre efficacement Sophie Guichard à travers une carte mentale que vous pouvez retrouver sur Youtube. Ses explications sont claires, accompagnés d’exemples précis qui vont certainement contribuer à diffuser un peu plus ce nouveau « champ de pensée (…) au niveau de la pédagogie » comme elle le dit elle-même. Encore une fois, cet exemple n’appartient pas au domaine de l’enseignement des langues mais à celui des mathématiques. Mais pourquoi les sciences s’y prêteraient-elles plus que les langues ? Ne cherchons-nous pas dans nos classes à favoriser la pratique de la langue ? Pourquoi l’explication de la théorie de Pythagore ou des logarithmes seraient-elles plus passionnante dans une capsule vidéo que celle de la différence entre imparfait et passé composé ? J’espère en tout cas que cette vidéo que j’ai découverte grâce aux excellents liens que propose le Facebook Journées FLE 2014 Institut français d’Espagne (merci Valérie) vous donnera des pistes de travail pour la classe.

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Classe inversée… Un collège de Bretagne s’y met !

Posted by Philippe Liria sur 17/11/2012

Il y a quelques semaines, dans un billet de ce blog, je vous parlais de la classe inversée. Je faisais remarquer qu’on trouvait très peu d’information sur cette nouvelle façon de « faire classe » dans les réseaux sociaux français. Rien dans la presse française. Bref, on aurait dit que le phénomène n’existait pas en France. Il fallait aller chercher ailleurs, surtout de l’autre côté de l’Atlantique, notamment au Canada. Pourtant, depuis la rentrée 2012, dans un petit coin de Bretagne, un prof de physique s’est lancé dans l’aventure.
Une fois de plus, c’est en sciences et non en langues qu’on trouve des mises en place de ce type de classe. À quand des classes de FLE basées sur cette méthodologie ? Les cours de langue ne se prêteraient pas autant que ceux de sciences à ce type de pratique ? Pourtant j’y vois une façon d’appliquer réellement cette approche actionnelle que nous préconisons : le prof n’est plus derrière son bureau mais va d’îlot en îlot dans cette classe qui a dit adieu aux rangées d’oignons pour guider les élèves qui mettent en pratique ce qu’ils ont préparé à la maison. On donne véritablement du sens à un apprentissage où l’élève est actif et construit lui-même son parcours d’apprentissage – développement de l’autonomie de l’apprenant -, sous l’oeil attentif et vigilant de l’enseignant qui s’assure que les objectifs sont atteints. Il semblerait que l’interaction qu’on recherche tant dans nos cours soit une réalité quand on fait une classe inversée. Alors pourquoi ne pas oser l’expérimentation en classe de FLE ?
Mais je me trompe peut-être et, comme ce prof de physique, certain(e)s d’entre vous êtes en train de mener à bien des cours qui suivent ces principes pédagogiques. Si c’est le cas, pourquoi ne m’envoyez-vous pas votre témoignage ?

En attendant, je vous propose la lecture de cet article du Point qui rapporte cette expérimentation de la classe inversée au Collège Sainte-Marie de Saint-Brieuc.

La classe inversée

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