Le blog de Philippe Liria

Auteur, formateur, consultant et éditeur de français langue étrangère (FLE)

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Présentation-atelier Version Originale 1 – Les évaluations

Posted by Philippe Liria sur 02/10/2012

Version Originale 1 – Évaluations

Si vous êtes enseignant à Paris ou tout simplement de passage dans la capitale, nous vous invitons à assister à l’atelier-présentation que j’aurai le plaisir d’animer mardi prochain. En raison des places limitées, nous vous recommandons de vous inscrire. Pour plus de renseignements, cliquez ici !

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Quelle valeur ajoutée pour les contenus numériques dans l’enseignement du FLE ?

Posted by Philippe Liria sur 24/09/2012

Le 21 septembre dernier, s’est tenue à Barcelone la 23e Journée DIM (Didactique, Innovation et Multimédia). Cette année, parmi les thèmes qui centraient l’attention des experts, il y avait la question de la valeur ajoutée des contenus numériques dans l’éducation. Les conclusions de la table ronde de cette journée m’ont paru particulièrement intéressantes, même si je ne les partage pas forcément dans leur globalité. Publiées en espagnol sur le site de Pere Marquès, directeur du groupe DIM, je me suis permis de les traduire car elles apportent des éléments de réflexion intéressants. Vous pouvez retrouver le texte original, dans son intégralité, sur le site du groupe.
La lecture de ce compte rendu suscitera sans aucun doute des réactions en raison de certaines affirmations. C’est normal et c’est la fonction du débat. Il serait intéressant, une fois la lecture faite de s’interroger justement sur la place qui est faite au manuel numérique et plus largement aux contenus numériques dans la classe de langue, notamment celle de FLE que ce soit au collège – comme il est en surtout question dans ce débat -, au lycée ou à l’université mais aussi dans les autres institutions où le FLE est la raison d’être.

Pour aller plus loin aussi dans cette réflexion sur les TICE, je vous propose de visiter le blog de Bruno Devauchelle. Il y est aussi question de TICE et son animateur, spécialiste du sujet, s’interroge sur l’efficacité des TNI ou encore des activités pour tablette allant même jusqu’à parler de « tromperie ». Je vous laisse donc lire et apprécier depuis votre expérience ces points de vue, certainement complémentaires, sur des thèmes qui reviennent régulièrement lors des ateliers que j’anime.

Compte rendu de la 23e Journée DIM (Trad. de l’espagnol)

Les participants à cette journée étaient :
Antonio Cara (conseiller d’Education et Connaissance en Réseau de la Fundación Telefonica), Esteban Lorenzo (Directeur de la maison d’édition scolaire Edebé-Digital), Santiago Serrano (Responsable de la Délégation de Macmillan en Catalogne) et Jordi Vivancos (Département d’Éducation de la Generalitat de Catalogne).
Le débat était moderé par Pere Marquès (professeur à l’Université Autonome de Barcelone (UAB) et responsable du groupe DIM).
Pere Marquès et Paloma Valdivi sont les auteurs de ce compte rendu de cette table ronde.

Face à l’immense galaxie informative qui est aujourd’hui gratuitement à notre portée, les manuels scolaires sélectionnent une partie de cette information (que constitue une réponse complète aux programmes scolaires officiels), ils la préparent et la structurent pour qu’elle soit facilement assimilable par les élèves, tout en l’accompagnant d’une bonne collection d’activités pour faciliter la compréhension/mémorisation ainsi que la mise en pratique des connaissances que suppose le développement des compétences. Ils orientent l’enseignant et lui simplifie le travail (ce n’est pas à lui de chercher l’information) en lui fournissant des ressources élémentaires qui lui font gagner du temps.

1. QUELLE VALEUR AJOUTÉE NOUS APPORTENT LES MANUELS SCOLAIRES NUMÉRIQUES ?

Nous savons aussi que les « bons manuels scolaires numériques » nous apportent la même chose qu’un « bon manuel scolaire papier » et en plus : des vidéos, des animations, des simulations, des liens (vers des sites compagnons), des exercices auto-correctifs… Auncun doute : ils apportent de la « valeur ajoutée ». Voici ce que les participants à cette table rond ont mis en avant parmi les principales contributions du manuel numérique :

– l’interactivité qu’il apporte à l’élève. Jordi Vivancos a d’ailleurs cité les résultats d’une étude de John Hattie (Visible Learning : A Synthesis of Over 800 Meta-Analyses Relating to Achievement) : celle-ci met clairement en évidence que l’apprentissage des élèves est d’autant plus efficace qu’il y a mise en place de l’ interactivité/rétroalimantation ;

– Le feed-back immédiat des exercices auto-correctifs et des simulations (Héctor Ruiz) ;

Plus grande motivation et attention des élèves (en raison surtout de l’environnement multimédia et de l’interactivité, avec des réponses immédiates à ce qu’ils demandent/font) ;

Moins de temps consacré par le professeur à la correction d’exercices puisque la plupart sont auto-correctifs. Il pourra ainsi donner aux élèves plus d’exercices, si nécessaire, puisqu’on dispose de plus de temps. Les élèves pratiquent plus et amélioreront donc leur apprentissage ;

– On peut plus aisément intégrer des activités d’évaluation (et d’autoévaluation) dans les séquences d’apprentissage proposées aux élèves. En outre, on voit apparaître petit à petit des « systèmes adaptatifs » (Antonio Cara) qui permettent d’adapter les séquences d’apprentissage aux connaissances préalables et l’évolution des apprentissages de chaque élève (contenus numériques + intelligence artificielle) ;

– Les rapports/comptes rendus personnalisés fournis par ces supports et rendent plus simple pour l’enseignant le suivi de l’activité que réalise l’élève quand il interagit avec ces supports. (Héctor Ruiz). Comme ils connaissant mieux l’activité et les apprentissages de leurs élèves, les professeurs peuvent traiter de façon adéquate la diversité des besoins formatifs de ces élèves ;

– Il est facile de maintenir ces supports à jour et d’y inclure des informations d’actualité (Santiago Serrano), même si les maisons d’édition ne le font pas toujours ;

Actuellement, aux côtés du modèle classique de « manuel numérique » complet, il existe une offre de contenus éducatifs atomisés (objets d’apprentissage, Pepe Giráldez) de façon à ce que chaque enseignant ou chaque établissement peut élaborer (sur l’espace numérique d’enseignement de l’établissement) ses propres « manuels » (ou contenus de référence pour les élèves) en sélectionnant les « objets d’apprentissage » qui lui plaisent le plus (Esteban Lorenzo) parmi ceux que proposent les différentes maisons d’édition de contenus éducatifs multimédia – pour cela, il faut que les contenus suivent un protocole, le « common cartbridge » (Jordi Vivancos).

Les contenus numériques devraient être facilement malléables pour que les professeurs, et parfois les élèves, puissent les adapter à leurs besoins et contexte d’utilisation (Javi Vizuete).

Complémentarité. Le manuel scolaire numérique est un recours de plus dans la classe ; il ne remet pas en cause le manuel papier si celui est nécessaire (Xavier Gómez). S’il n’est pas nécessaire que chaque élève ait un manuel papier, on peut envisager une « bibliothèque de classe » avec les manuels des différentes maisons d’édition. Il ne faut pas oublier non plus que les départements d’éducation, que certains enseignants et même certaines maisons d’édition font la promotion de fonds structurés de ressources gratuites, qui peuvent, dans certains cas, être suffisants comme compléments à l’usage des manuels scolaires en papier.

2. INFRASTRUCTURES NECESSAIRES

Pour pouvoir utiliser les manuels numériques, il faut que les salles de classe disposent d’une bonne connexion à Internet (Héctor Ruiz) tant en réseau qu’en haut débit et que les élèves puissent avoir accès à un dispositif numérique (PC, tablettes, Smartphones…) leur permettant d’accéder et d’interagir sur les informations des contenus numériques et d’interagir avec (environ 30% du temps de classe hebdomadaire car les TICE ne doivent pas nécessaires pour toutes les activités).
Il ne faut pas seulement prendre en compte les spécificités de chaque méthodologie mais aussi, cas par cas, se demander si l’usage de contenus numériques dans chaque matière et à tout âge est nécessaire (Antonio Cara).
Pour Jordi Vivancos, actuellement, la salle de classe idéale, c’est « celle que nous avons ». Nous devons tirer le meilleur profit de ce que nous avons car les temps ne sont pas aux grands investissements. Il faut en outre profiter du fait que 90% des familles avec des enfants en âge de scolarité disposent d’ordinateur et d’Internet chez elles, ce qui permet aux élèves de faire une partie des activités TICE à la maison. Ensuite, en classe et grâce au TNI, on peut consacrer du temps à partager et à réviser ces travaux.
Pour éviter les problèmes de haut débit que pourraient avoir les établissements si tous les élèves travaillaient avec les manuels numériques en ligne, les maisons d’édition ont tendance à proposer des formats hybrides qui consistent à insaller des contenus sur les serveurs des établissements et ainsi réduire les téléchargements.
Il faut aussi prendre en compte les besoins en ressources humaines : le coordinateur pédagogique TICE, l’agent de maintenance… (Santiago Serrano).

3. LA PROBLÉMATIQUE ASSOCIÉE À L’USAGE DES MANUELS NUMÉRIQUES

Les manuels papier posent peu de problème : ils sont toujours disponibles y compris avec peu d’éclairage, ils permettent une lecture plus reposée (séquentielle, bonne lisibilité des caractères…) et une prise de note directe ou sur des post-it.
On associe à l’usage des manuels numériques les problèmes suivants : dépendance TIC (il faut un dispositif numérique) ; il faut souvent déplacer les dispositifs de salle en salle (chariots pour ordinateur…) ; les câbles et les connexions, le mobilier (tables fixes…) et les installations (peu de prises…) rendent difficiles le travail collaboratif et l’usage des TIC ; les ordinateurs et les écrans réduisent la visibilité et l’espace de travail ; il y a plus de bruit en classe (Santiago Serrano) ; il y a tendance à lire superficiellement (comme le montrent les résultats de test PISA2009 qui indiquent le peu de compréhension de lecture à l’écran – Jordi Vivancos) ; les hyperliens peuvent finir par désorienter les élèves ou augmenter leur distraction (surtout si l’enseignant ne se promène pas entre les élèves pendant qu’ils travaillent avec des contenus numériques) ; les enseignants n’ont pas toujours (ni les élèves d’ailleurs) la formation nécessaire pour faire un bon usage didactique des contenus numériques…

4. VERS OÙ ALLONS-NOUS ?

Il y a plus de 100 ans, Giner de los Ríos et d’autres fondateurs de la Escuela Nueva (note de trad. : Education nouvelle) faisaient déjà la promotion dans certains cas d’un apprentissage où chaque élève élaborerait son propre manuel, ce qui demandait d’avoir une vision générale des sujets, de chercher et de sélectionner les renseignements, de les analyser et d’en faire la synthèse, de débattre et de corriger ensemble (camarades et professeur)… Actuellement, comme les professeurs et les élèves ont à leur portée une quantité infinie d’information, il serait très facile d’encourager chaque élève à créer son propre livre sur un wiki !
Si dès l’âge de 10 ans chaque élève disposait à l’école d’un dispositif numérique (netbook, tablette…), cela aurait-il un sens pour lui d’utiliser aussi des livres numériques ? Dans ce cas, devrait-il acheter un livre numérique pour chaque matière ? (même à très bas prix). Et plus encore, ne devrait-il pas plutôt disposer d’un « livre-album » qui le guiderait dans les informations à chercher sur Internet (ou sur une base de données fermée de la plateforme de l’établissement scolaire) pour élaborer son propre livre de texte ?

Actuellement les manuels numériques ressemblent énormément aux manuels papier (Antonio Cara). Les manuels numériques n’ont pas encore développé tout leur potentiel grâce aux fonctionnalités que leur apporte la technologie. On attend qu’ils intègrent les techniques de l’intelligence artificielle (systèmes adaptatifs, « teachable agents » que les élèves entrainent) et qu’on profite mieux encore des énormes possibilités d’apprentissage dont on dispose à partir des simulations (Héctor Ruiz).

Comme il a déjà été dit, on assiste à une tendance à la fragmentation des contenus et au micro-paiement pour ces « objets d’apprentissage » qui intéressent (Esteban Lorenzo). Le manuel numérique peut évoluer vers une sorte de « container » de connexions (Antonio Cara).
(…)

5. EFFICACITÉ ET AMÉLIORATION DU RENDEMENT DES ÉLÈVES. L’IMPORTANCE DES MÉTHODOLOGIES.

Bref, ce qui compte, et c’est l’objectif des ressources didactiques, c’est de faciliter les apprentissages des élèves. Il serait absurde de dépenser plus en technologie et en ressources pour obtenir les mêmes résultats qu’auparavant. L’utilisation des livres numériques indique-t-elle une amélioration des résultats scolaires si les élèves les utilisent « bien » ?
Nous avons d’une part les études citées par Jordi Vivancos dans le livre Visible Learning (plus il y a d’interaction/rétroalimentation, mieux on apprend). Il faut par conséquent renforcer au maximum des contenus numériques qui génèrent cette interaction entre les élèves. Les manuels numériques agiront donc comme des catalyseurs d’apprentissages (Santiago Serrano).

Dans le cadre du groupe DIM-UAB les deux études importantes réalisées sur les manuels numériques mettent en avant qu’un « bon usage de ces supports peut vraiment contribuer à améliorer les rendements des élèves » : l’enquête sur l’orthographe avec les manuels de Digital-Text (en espagnol) a démontré de façon empirique une amélioration de 23% dans le rendement des « élèves numériques » par rapport à ceux qui avaient travaillé l’orthographe sans le support de TIC (Héctor Ruiz) ; et dans l’enquête sur les manuels Educaline (en espagnol), 2 professeurs sur 3 ont considéré que leurs élèves avaient appris plus. Dans ces enquêtes, les professeurs ont été orientés de façon à ce qu’ils utilisent les contenus numériques selon des méthodologies qui sont responsables du succès obtenu, en profitant de façon appropriée la « valeur ajoutée » des ressources numériques.
Parfois les contenus numériques ne misent pas sur une méthodologie didactique claire (Esteban Lorenzo). Il serait souhaitable que les manuels numériques soient au service d’une méthodologie novatrice (Antonio Cara).

Comme je l’écrivais au début de cet article, les questions sont nombreuses et on peut légitimement s’interroger sur certaines réponses. On sait aussi que la réalité de la classe rend souvent difficile l’utilisation des TIC et qu’il ne faut pas perdre de vue que, plus que l’interactivité, ce que nous recherchons dans nos classes de français, c’est l’interaction pour mener à bien un projet final ou tâche.

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Fiche pédagogique :Travailler la chronique radio en classe

Posted by Philippe Liria sur 02/09/2012

Je me souviens encore qu’il y a un peu plus de quinze ans, si on voulait avoir des émissions de radio en français dans nos cours, on faisait appel à la famille ou aux amis en France pour nous faire expédier des cassettes (!) qui arrivaient avec des jours voire des semaines après les événements qu’on nous avait gentiment enregistrés sur la radio. Inutile de préciser que la qualité d’écoute laissait souvent à désirer. Il y avait aussi les cassettes puis les Cd que la revue du Français dans le monde élaborait tous les deux mois. On les attendait impatiemment pour pouvoir ensuite préparer nos cours avec des documents authentiques ! Aujourd’hui, on rit en pensant à ce temps révolu (et pourtant pas si loin !). Internet et les applications nous permettent d’avoir à présent accès à une quantité d’émissions incroyables, non seulement françaises mais aussi du reste de la Francophonie. Une merveille ! Pour le plaisir et pour la classe… Tout le monde connaît La danse des mots qu’anime Yvan Amar sur RFI. Aujourd’hui, je vous propose une petite fiche pédagogique avec un exemple d’exploitation d’une chronique radio – en l’occurrence celle qu’anime Anthony Bellanger sur RTL.

Télécharger la Fiche_pedagogique_emission_radio

Quelques radios francophones en ligne
Le site de Radio France
À partir de ce site, vous pouvez écouter ou réécouter l’ensemble des émissions des différentes stations de Radio France (France Inter, France Culture…). Vous pouvez aussi les écouter grâce à leur application très complète (qui m’a même permis pendant ces vacances d’écouter mes keleir sur Breizh Izel, elles sont si rares ces heures en breton).

Le site de RFI

Le site RTL (aussi disponible sur l’application)

Le site Radio-Canada

Le site de Radio Télévision Suisse (RTS)

Et puis Francoradios, un site à partir duquel vous pouvez retrouver quelques 119 stations francophones en ligne, en France, en Suisse, en Belgique, au Canada, en Afrique…

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Sagesse numérique, motivation, apprendre à apprendre… Repenser l’apprentissage

Posted by Philippe Liria sur 26/08/2012

Cette semaine, ce sont deux liens fournis par des amis de Facebook qui ont retenu mon attention. Curieusement, les deux s’interrogent sur le sens de l’éducation et il m’a paru intéressant de partager avec les lecteurs de ce blog ces quelques réflexions. La première part d’un article sur la pédagogue étatsunienne Cathy Davidson et l’autre sur le film documentaire La educación prohibida (Argentine, août 2012). Dans les deux cas, la réflexion nous amène à nous poser des questions sur nos pratiques de classe, dont celles de la classe de FLE.

Marc Prensky

Dans un entretien sur RSLN, Marc Prensky évoque sa vision de l’école de demain ou plutôt celle d’après-demain. Prensky, vous le connaissez certainement car c’est l’auteur du concept de « migrant numérique » et de « natif numérique ». Il parle aujourd’hui de « sagesse numérique » (cf. son ouvrage From digital nativ to digital wisdom: Hopeful essays for 21st Century Learning – 2012 Corwin, 240 pages) ce qui nous renvoie à ce idée de l’homme posant des questions, analysant les situations… Bref, l’homme de l’avenir ne doit plus apprendre pour apprendre mais comme on le répète depuis déjà longtemps « apprendre à apprendre » afin d’être autonome. C’est ce qui fait dire à Tommy Pouilly, animateur sur le blog de RSLN, que l’éducation de demain ou d’après-demain devrait peut-être ressembler à celle d’avant-hier (cf. l’article de Tommy Pouilly). Pourquoi ? Parce que la classe d’aujourd’hui ressemble encore trop au système éducatif d’hier, c’est-à-dire des XVIIIe et XIXe siècles comme le rappelle d’ailleurs l’introduction du film-documentaire La educación prohibida. Un système qui n’a pas grand-chose à voir avec le monde à venir. Par contre, si nous creusons un peu plus, nous verrons que les méthodes socratiques (questions/réponses) du disciple éveillé par la curiosité d’un phénomème qui fait qu’il interroge le maître pour mieux comprendre sans pour autant espérer la solution mais plutôt des éléments qui le guideront vers celle-ci.

Cathy Davidson

C’est que suggère Cathy Davidson dans son livre Now you see it sur lequel se base l’article de Pouilly. Cathy Davidson, dont je vous recommande le blog, pense que cette approche répond mieux aux réalités actuelles et surtout à venir où l’imprévisible reprend le dessus sur le monde prévisible que des dernières décennies. C’est pourquoi l’éducation doit se charger de fournir aux élèves les outils pour qu’ils sachent (se) poser les bonnes questions pour progresser plutôt que d’apporter des savoirs déjà mis en boîte, peu motivants et surtout déconnecter du monde qui les attend.

Cette remise en cause de l’éducation telle qu’on la pratique actuellement, c’est aussi le sens du film documentaire La educación prohibida (L’éducation interdite)* du réalisateur argentin German Doin et de toute son équipe. Réalisé sur le principe du crowdfunding, à partir d’une enquête menée dans sept pays d’Amérique latine et en Espagne auprès de quelque quatre-vingts spécialistes (éducateurs, professeurs, pédagogues…), ce document s’interroge sur la nature même de l’apprentissage, les choix des apprenants, leurs motivations, l’importance de l’affectif dans le développement de l’individu, membre d’une société dont il est acteur. Il passe en revue les deux derniers siècles de tradition scolaire pour ensuite récupérer des réflexions autour d’autres voies qui ont osé remettre en question le modèle d’école traditionnelle. On y retrouve les expériences éducatives de différentes écoles (Montessori, Home schooling, pedsistema, edupopular, educación libre, logosófica, proyecto Kilpatrick, AC activa, escuela democrática, Waldorf…) qui ont toutes en commun de placer l’enfant au centre d’un projet éducatif où l’autonomie d’apprentissage est fondamentale ; des expériences qui montrent que l’enfant s’intéresse aux choses qu’il fait parce qu’elles ont du sens.

Un film sur l'éducation centrée sur l'amour, le respect, la liberté et l'apprentissage

La educación prohibida (Argentine, 2012)

*Ce film est en espagnol mais la version sous-titrée en français est disponible à partir du site. Toujours sur ce site, vous y trouverez de nombreuses références et des liens vers toutes les écoles et tous les spécialistes qui ont participé à ce projet.

Après cette réflexion sur ces deux sujets, penchons-nous sur ce que nous demandons à nos élèves dans le domaine de l’enseignement du français langue étrangère. Et que constatons-nous ? Combien il est difficile d’adapter nos pratiques à ces nouvelles exigences, même si le souci d’y parvenir est bel et bien présent depuis quelques années dans les tentatives de mise en place d’une part, de nouvelles pratiques en lien avec l’approche actionnelle et, d’autre part, en cherchant à introduire des activités s’appuyant sur les plateformes d’échanges et les wiki (des expériences existent sur Moodle ou sur des blogs comme ceux de Babelweb ou le web 2.0 des méthodes FLE Version Originale ou Nouveau Rond-Point).
Pas simple. Nous voyons en effet que malgré ces essais, beaucoup d’enseignants continuent de privilégier les exercices fermés, du déjà mis en boite, prêts à servir avec des réponses fermées. Car même en ligne, ces exercices ont conservé la même dynamique ; ce qui a changé, c’est qu’ils sont tout simplement plus esthétiques et plus agréables. Par contre, nous observons les difficultés à proposer un apprentissage qui aurait recours à ces espaces virtuels plus ouverts et certainement plus motivants pour les élèves. On sait que ce n’est pas simple et cette mise en place ne dépend pas forcément ou pas uniquement de l’enseignement mais aussi de l’environnement dans lequel professeurs et élèves se trouvent (les curricula, le nombre d’heures présentielles, les outils dont on dispose et la formation proposée aux enseignants ou le temps qu’ils ont pour préparer leurs cours, etc.).
Alors que nos élèves devraient savoir écrire des courriels dans des différents registres, des textos, de tweeter… nous continuons de leur demander d’écrire des cartes postales et des lettres administratives ; alors que les B2 et les C1 doivent savoir faire des exposés et rédigés des compte rendus – certainement utiles – qui leur enseigne à monter des powerpoints (et l’accompagnement – oral la plupart du temps qui va avec) ? Nous commençons à peine à accepter que le téléphone portable devienne un outil de plus en classe et non pas un objet qui dérange. Il y a un décalage, qui n’a cesse de se creuser mais savons-nous vraiment y remédier ? Permettons-nous à nos élèves de poser les questions, de découvrir la langue à travers le plaisir ? Les objectifs du CECRL sont bien beau mais si, comme c’est le cas, les programmes, les curricula, les traditions d’apprentissage – le passé composé s’étudie à tel moment et pas un autre, etc. – reprennent le dessus – a-t-on jamais pu vraiment les écarter ? -, nous ne parviendront pas à motiver les élèves. Il faut donc que nos classes de langue soient de plus en plus en contact avec la réalité, c’est que permet l’outil internet pour que les élèves n’aient plus l’impression qu’apprendre le français, ça ne sert qu’à améliorer une note globale.
Depuis quelques années, les propositions autour de l’actionnel et le développement de l’interdisciplinarité contribuent certainement à aller dans ce sens, contribuent à repenser notre perception de la classe de langue et donc celle qu’en auront les élèves.

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Quel statut pour le professeur FLE ?

Posted by Philippe Liria sur 16/08/2012

Je n’ai pas pu me rendre à Durban pour le 13e Congrès mondial de la FIPF. Je le regrette car ces rencontres qu’organise la fédération sont toujours l’occasion de retrouver des amis, professeurs, coordinateurs et autres professionnels du FLE venant d’un peu partout dans le monde. C’est un excellent moment pour prendre le pouls de la planète FLE. Les programmes de ces journées sont toujours plus alléchants les uns que les autres et celui de Durban ne manquait pas d’intérêt. Et puis, le fait même que le congrès mondial des professeurs de français soit organisé pour la première fois en Afrique, c’est véritablement un symbole : on sait que dans quelques années le continent africain sera l’aire francophone par excellence. Programme alléchant j’écrivais et c’est bien dommage de n’avoir pu y prendre part. Ce ne sera que partie remise. Cependant, une fois encore, il y a eu un grand absent, c’est le statut du professeurs de français. Je sais que les associations de professeurs locales luttent pour améliorer ce statut, mais souvent elles ont un pouvoir limité et se sentent souvent peu soutenues par les pouvoirs français en place et en charge de la politique du français. Et puis, ces associations sont souvent les représentantes des professeurs des réseaux publics locaux. Reste tout un pan d’enseignants, c’est la grande armée des professeurs de FLE qui le plus souvent parcourent le monde dans des conditions difficiles sinon précaires, sans avoir l’impression que la France ait vraiment l’intention de les soutenir alors qu’elle applaudit leur combat pour la langue et est bien contente d’en récolter les fruits. Car débattre pendant cinq jours sur nos métiers, ce devrait être aussi chercher à donner un vrai statut au professeur FLE, qu’il exerce en France ou n’importe où ailleurs dans le monde.
À la lecture des descriptions de poste, on constate très clairement la volonté des employeurs du réseau d’avoir dans leurs équipes enseignantes des professionnels hautement qualifiés. On ne peut que saluer cette politique qui contribue à accompagner un enseignement de qualité, indispensable pour garantir la satisfaction des élèves et donc leur motivation à poursuivre leur apprentissage. Indispensable pour que le centre, Institut ou Alliance, puisse assurer des entrées économiques conséquentes qui permettront non seulement de maintenir les cours mais aussi de mettre en place une politique culturelle de qualité. Donc rien à redire sur cette recherche de qualité qui doit, entre autres, reposer sur des professeurs formés. Pourtant, et toujours à la lumière des descriptions de poste, on peut s’interroger sur la possibilité – ou la véritable volonté – de constituer des équipes pédagogiques motivées. En effet, les missions souvent toutes plus passionnantes les unes que les autres sont accompagnées d’offres salariales qui frisent le ridicule. On me répliquera que la plupart des rétributions proposées sont au-dessus du niveau de vie locale ou du salaire minimum du pays de la mission. Il suffit de consulter l’incontournable site de l’Agence de promotion du FLE dans la rubrique « Offres d’emplois » pour se rendre compte des missions proposées au quatre coins du monde et des salaires souvent dérisoires qui les accompagnent. Certes, c’est souvent suffisant pour « prendre le taxi pour se rendre à l’Alliance » comme on peut le lire sur certaines annonces ou pour louer un petit appartement ou vivre en collocation avec d’autres professeurs de l’établissement. Ou encore que cela permet de « prendre son repas du midi sur place à un prix modique ». On oublie souvent que les conditions de travail ne sont pas toujours faciles, et je ne pense pas simplement aux questions sécuritaires pourtant omniprésentes quand on exerce dans certains pays dès qu’on sort d’Europe et de l’Amérique du nord.
Il ne s’agit pas, dans cette critique, d’accuser d’une certaine négligence le personnel des institutions employeuses car on sait qu’elles ne font qu’essayer de gérer au mieux les budgets qui leur sont alloués. Je connais suffisamment de directeurs d’Instituts ou d’Alliances pour savoir qu’ils sont sincères quand ils expliquent combien ils regrettent de ne pas pouvoir proposer de meilleures conditions à leurs professeurs. Je sais qu’ils sont parfaitement conscients du rôle que jouent ces femmes et ces hommes pour la diffusion de la langue et des cultures francophones malgré leurs conditions de travail, souvent ingrates. En fait, mon doigt pointe plutôt les Services culturels des ambassades ou plus directement le ministère des Affaires étrangères. Alors que les discours de chaque congrès ou colloque servent à ces responsables d’insister sur l’importance de langue française et sur la mission de ses agents de terrain- et je veux y lire ou entendre « ses professeurs », même si le mot n’apparait que rarement dans ces laïus -, la réalité nous montre que les enveloppes budgétaires maigrissent d’année en année, qu’aucun effort n’est fait pour que les institutions de terrain puissent vraiment mettre en place une politique d’enseignement de qualité – lisez « avec un personnel ayant un salaire digne à la hauteur de la mission » – qui doit être parallèle aux activités culturelles, nécessaires elles aussi au rayonnement de langue et de la culture. Mais celles-ci ne peuvent ni ne doivent aller sans celle-là. Or, la réalité est autre : on doit jongler de plus en plus au niveau local avec les entrées provenant des inscriptions pour faire du culturel et du pédagogique. Qui en pâtit les conséquences ? L’agent de terrain, le professeur. Pourtant, ce sont bel et bien ces professeurs qui forment cette armée de petits soldats qui grâce à leurs talents humains et pédagogiques savent séduire les élèves et les motiver à continuer. Si la motivation du professeur n’y est pas, comment motivera-t-il l’apprenant ? La médaille que pourra accrocher au revers de sa veste le ministre ou conseiller du moment n’est pas simplement et uniquement le fruit de sa politique pédagogique (?) globale – dans le cas le plus optimiste où il en existe une – mais aussi et surtout parce que des centaines de professeurs souvent payés à l’heure sous la direction de coordinateurs ou directeurs pédagogiques ou directeurs d’Alliance au contrat souvent (très) précaire (et presque tout le temps incertain) ont mené un combat pour que les élèves aient envie d’apprendre notre langue.
Il est donc temps que le statut de ces petits soldats, de ces O.S de l’enseignement soit revu et revalorisé. On ne peut prétendre que l’enseignement s’améliore qu’à coup d’achats de TNI. Comme on ne peut demander aux professeurs de passer des heures « gratuitement » à voir et revoir des programmations de cours pour mettre en place des pédagogies novatrices, à élaborer des activités de classe nouvelles et dynamiques, à utiliser toutes les ressources que les nouvelles technologies mettent à leur portée sans qu’il y ait aussi un accompagnement économique à la hauteur des prétentions de la France et des ses partenaires pour que notre langue continue à avoir sa place dans ce monde en marche. Prendre en compte cette réalité et se donner les moyens de la changer, c’est aussi contextualiser l’enseignement du français dans cette mondialisation.

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Question de ponctuation

Posted by Philippe Liria sur 09/08/2012

Les vacances servent à se détendre, à se promener au bord de la mer ou sur les sentiers de montagne, à se baigner ou à se balancer dans un hamac, à se lever tard ou au contraire, profiter d’une agréable matinée d’été pour sortir aux aurores et respirer la fraicheur de la nature avant que le soleil ne l’embrase ; prendre le temps d’aller faire son marché et cuisiner à base d’ingrédients frais tout en dégustant de délicieux vins du pays. Rien d’extraordinaire mais pourtant si agréable en ces temps troubles à l’avenir incertain… C’est aussi le moment pour prendre le temps de lire ce qu’on s’était promis de lire depuis des semaines, voire des mois et qu’on n’a jamais eu le temps de faire parce qu’absorbé par la réalité du quotidien. Lire, c’est finir ce roman de Koonchung qui trainait depuis des mois sur la table de nuit et que je ne prenais jamais le temps de lire ; c’est dévorer le dernier Mendoza – même s’il m’a un peu déçu – ou se plonger dans la presse internationale au petit déjeuner sans avoir les yeux rivés sur la montre – d’ailleurs je ne sais plus où je l’ai rangée -. Lire, c’est aussi, à l’heure de la sieste, de ces heures lasses où tout s’arrête parce que l’air devient irrespirable, où on attend que sept heures sonne au carillon de l’église du quartier – quatre quarts rapides suivis de sept coups secs – pour sortir se promener, constater que la vie reprend le dessus sur la canicule et terminer la promenade à la terrasse d’un café – toujours bondé malgré la crise – pour déguster une bonne bière. « Bonne » parce que fraiche et agréable, car on sait que les bières de la Péninsule ibérique n’ont que ce mérite, celui de désaltérer -.
Parmi ces lectures d’été, il y a aussi celles sur Internet. Désolé mais je fais partie de ceux qui ont du mal à déconnecter. Je l’avoue. C’est peut-être triste, mais je ne déconnecte que partiellement : pas question de consulter les e-mails mais impossible de ne pas suivre ce qui se passe dans le monde. Je n’y arrive pas ! Je continue donc à naviguer, ce qui est aussi l’occasion de tomber sur des sites que je ne connaissais pas ou mal. Aujourd’hui, je suis tombé sur un blog du Monde, Langue sauce piquante (LSP). Il s’agit d’un blog animé par les correcteurs du quotidien parisien. En tant qu’éditeur, même en vacances, je ne pouvais m’empêcher de faire un clic sur ce blog. Aujourd’hui, ses animateurs proposaient un sujet qui ne pouvait être plus « piquant » : la ponctuation ! Comme tout éditeur, les coquilles me hantent et la ponctuation me torture. Pris par les impératifs de l’édition – qui ne sont pas forcément ceux de ce travail de fourmi qu’est la correction -, nous savons combien il est difficile dans nos budgets de (faire) glisser une enveloppe consacrer à la correction. Souvent il faut la faire « en interne », chacun lit et se relit sans prendre le temps de confier systématiquement le travail à un professionnel. Pourtant, quant nous le faisons, nous savons que la chasse aux coquilles est fructueuse. Merci Sarah ! Il est évident que nous ne lui consacrons pas assez de temps. Dommage ! Hantise de la coquille, j’écrivais, mais aussi terreur de la ponctuation. Espace ? Pas espace ? Majuscule ? Minuscule ? Point-virgule ou point tout court ? Que de doutes pour ponctuer correctement notre propre langue ! Eh bien justement aujourd’hui, les correcteurs du Monde proposent un excellent exercice qui consiste à reponctuer des textes français qu’ils ont déponctués. Cet article intitulé Ni rog, ni sus, ni tiret ! exercez-vous à l’art de la ponctuation propose aux lecteurs des textes de différentes époques mais sans aucune ponctuation. À eux de replacer les signes manquant à leur place. Intéressant exercice pour nous aussi, éditeurs, auteurs, professeurs de FLE et que nous pourrions peut-être reprendre pour nos élèves de niveau avancé. D’ailleurs ne devrions-nous pas consacrer plus de temps à la ponctuation ? Élément indispensable pour une meilleure compréhension d’un texte, celle-ci est pourtant souvent délaissée alors qu’elle contribue à mieux saisir le sens des textes que nous lisons ou que nous faisons lire.

J’ai personnellement commencé l’exercice mais n’ai pas encore eu le temps de vérifier si j’avais correctement ponctué ces textes ; pourtant rien que d’y penser, j’étais pris par la hantise de mal ponctué celui-ci !

En tout cas, profs ou éditeurs, je vous recommande – si ce n’est déjà fait – de prendre quelques minutes à découvrir ce site qui ne manque pas d’humour pour traiter un sujet aussi grave que la correcte ponctuation de notre langue. Comme l’écrivait George Sand : « On a dit « Le style, c’est l’homme ». La ponctuation est encore plus l’homme que le style. La ponctuation c’est l’intonation de la parole, traduite par des signes de la plus haute importance. Une belle page, mal ponctuée, est incompréhensible à la vue ; un bon discours est incompréhensible à l’oreille s’il est débité sans ponctuation, et désagréable si la ponctuation est mauvaise. » (Lettre de George Sand à Charles Edmond, 1871)

Remarque : le corrigé est désormais disponible en bas de page du site (http://correcteurs.blog.lemonde.fr/)

Si la ponctuation vous intéresse, je vous recommande aussi quelques sites :

La ponctuation
Ah ! La ponctuation ! Comme cela exaspère ! Ou… Au contraire, comme elle sied bien à la compréhension de ce qui pourrait être illisible et totalement inaccessible à la logique humaine et surtout follement essoufflant sans cette petite virgule… Fort à propos ! D’ailleurs, qui n’a pas failli mourir au moins une fois, charrié, bousculé, épuisé, à la lecture d’une envolée proustienne ? Une phrase, huit pages et hop là ! Suffit de suivre l’histoire… Lire la suite…

Règles de typographie
Il est difficile de parler d’une typographie, tant les usages peuvent être différents. Non seulement les ouvrages traitant de de la matière peuvent donner des avis divergents sur certains points, mais de plus sans sortir de ce qui est communément admis l’on peut faire certains choix : c’est ce que l’on appelle une marche. Pour tout compliquer, chacun pratique la typographie dans la vie courante sans le savoir, avec des règles variables selon le support.
On pourra ainsi distinguer :
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Conseils de typographie ou d’orthotypographie
Typographe, typographe, qui m’a traité de typographe ? Mais sait-on ce qu’est un typographe ? Ce peut être celui qui agence le texte dans une mise en page d′un journal, d′un magazine, d′un livre ou celui qui conçoit des nouveaux caractères et/ou met au goût du jour les classiques un peu désuets. Les lignes qui suivent s’adressent plus à ceux qui veillent au toilettage et à la mise en forme d’un texte ou d’un écrit qu’à la conception de nouvelles polices de caractères. Lire la suite…

Guide de typographie
Quand et comment abréger, où mettre des capitales, quels caractères choisir, qu’est-ce qu’un sigle, comment utiliser les espaces… Lire la suite…

Les éditions Atelier Perrousseaux

Atelier Perrousseaux éditeur est spécialisée dans :
– les ouvrages de culture typographique et graphique (histoire et technique),
– les ouvrages pratiques de traitements du texte, de l’image et de la mise en pages.

Résumé de règles typographiques
Les « règles typographiques » indiquées ici pour l’impression papier sont conformes à celles définies par l’Imprimerie nationale et détaillées dans : Lexique des règles typographiques en usage à l’Imprimerie nationale. 3e édition. Paris : Imprimerie nationale, 2002. Rappelons que ce n’est pas la norme obligatoire, mais simplement une norme parmi d’autres. Lire la suite…

Orthotypographie
(Extrait de l’avant-propos du site) L’accent circonflexe d’abîme est défendu avec vigueur, c’est bien. On dénie à nos représentants élus le droit de régir la langue, c’est téméraire mais compréhensible. Dans le même temps, on l’accorde à des administrations, parfois à des institutions internationales, qui nous enseignent comment il convient d’abréger tel ou tel mot. Dans le même temps, pour les toponymes et les patronymes chinois, nos dictionnaires et nos journaux suivent les recommandations orthographiques de Beijing (Pékin). On en viendrait aux mains pour le ph de nénuphar, mais on écrit indifféremment : le Jardin des plantes (Mémento typographique de Charles Gouriou, le Petit Robert), le jardin des Plantes (Code typographique de la fédération C.G.C. de la communication) ou le Jardin des Plantes (le Nouveau Petit Robert, le Petit Larousse illustré).
Pour Queneau, « l’orthographe est plus qu’une mauvaise habitude, c’est une vanité. » Peut-être. Mézalor, c’est une vanité sans fierté, une coquetterie négligée.

Les codes typographiques sont là pour recueillir les règles de la composition typographique, mais les codes typographiques sont comme tous les codes, ils vieillissent. Lire la suite…
(Je tiens à remercier Armand pour le lien)

Bibliographie
Lexique des règles typographiques en usage à l’Imprimerie nationale, Paris, Imprimerie nationale, 2002, 198 pages, (ISBN 2-7433-0482-0)
Lacroux, Jean-Pierre, Orthotypographie, orthographe et typographie françaises. Dictionnaire raisonné. Édtions Quintette, Paris, 2007, 372 pages (ISBN 978-2-86850-147-9) – Consultable en ligne ou téléchargeable sur le site dédié.

Vidéo
Et si vous ne le connaissiez pas, je vous recommande de (re-)voir ce sketch de Michel Leeb (Tiens, qu’est-il devenu ?) intitulé « La ponctuation« . Une façon plaisante d’introduire le sujet en classe.

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Nouvelle rubrique : centres pour apprendre le français dans le monde

Posted by Philippe Liria sur 15/07/2012

Apprendre le français, suivre un cours de perfectionnement ou encore un stage de formation pour professeurs… Les offres sont nombreuses, pendant toute l’année, en France, bien sûr, mais aussi en Belgique, en Suisse, au Québec… Sans avoir la prétention d’être exhaustif, j’espère que cette nouvelle rubrique vous aidera à trouver des solutions appropriées pour vos élèves ou pour vous-même. Rendez-vous sur Centres pour apprendre le français dans le monde.

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Université d’été d’Izmir : un bilan plus que positif !

Posted by Philippe Liria sur 09/07/2012

J’avais mis une petite note pour annoncer cette université d’été. Celle-ci a été un vrai succès comme le rapporte Latitutde France sur son site : « La deuxième Université d’été a eu lieu du 18 au 22 juin à Izmir. Cet évènement a été organisée par l’association des Professeurs de Français d’Izmir (APFIZ) et le service de Coopération linguistique et éducative de l’ambassade de France et de l’antenne de l’Institut français de Turquie à Izmir. L’ouverture des travaux s’est déroulée dans les locaux mis à disposition par l’université d’Économie, en présence de l’ambassadeur de France, Laurent Bili et du professeur Tunçdan Baltacioglu, recteur de l’université d’Économie d’Izmir. » Pour en savoir plus, lisez l’article complet que consacre Latitude France à cet évènement.

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Retour en Europe… Assez d’un français franco-français en FLE !

Posted by Philippe Liria sur 08/07/2012

Centrer l’apprentissage sur un français trop franco-français, une erreur de perspective ? Après ce séjour en Colombie, je reviens avec la profonde conviction, déjà exprimée à d’autres occasions, qu’il est grand temps que nous cessions de nous regarder le nombril. Enseigner le français, écrire ou éditer des ouvrages de FLE ne doit pas, ne doit plus être orienter sur la France. Apprendre le français, c’est disposer d’un outil pour communiquer dans cette langue sans qu’aucun des interlocuteurs n’ait ou n’ait eu un contact avec la France ou sa culture. C’est cette dimension, pas si nouvelle que ça mais que les francophones hexagonaux avons du mal à comprendre, qu’il faut prendre en compte. D’ailleurs, si la langue français veut se maintenir au rang de langue de communication dans le monde des affaires ou de la culture, il faut qu’elle cesse de chercher à s’identifier à cet espace européen qu’est la France pour s’ouvrir à l’ensemble de l’espace où le français est justement langue d’usage.
Si un Colombien, un Mexicain ou un Chilien doit travailler avec un Québécois pourquoi doit-il chercher ailleurs les outils socioculturels utiles à son apprentissage alors que s’il devait travailler avec un Parisien, il trouverait tous les éléments dans son livre de français ? Quelque chose ne va pas. Et il est temps qu’on en parle et qu’on change nos habitudes. Il est temps que nous formions des équipes d’auteurs aux accents pluriels, qui vivent en français de Montréal ou en français de Genève, où dans n’importe quel autre coin du monde où le français est une réalité qui n’a pas l’accent parisien ! Et il ne s’agit pas de tomber dans les clichés où celui qui a l’accent est un personnage exotique qui vient du froid ou de la côte sénégalaise mais une personne « normal » qui fait des choses de son quotidien (il passe un coup de fil professionnel à une collègue tout aussi « normale » que lui ou il a des habitudes de « diner » propre de tous professionnels québécois à la pause de midi, par exemple). Pas simple, car il y a encore une sorte fausse conviction qu’il faudrait que nous projetions une certaine image du français associé à la tour Eiffel et à la France. Mais attention, il ne s’agit pas de tout jeter, de faire table rase de tout ce que nous avons fait jusqu’à présent. Pas du tout. Il s’agit plutôt d’apprendre à intégrer le plus naturellement possible de nouveaux ingrédients que nous n’avons pas su incorporer pour le moment dans les pages de nos ouvrages, au-delà des traditionnelles pages de culture. Ce travail ne sera certainement pas simple et il nous allons devoir apprendre, et beaucoup. Pourtant, à mon avis, c’est la voie à suivre si, depuis l’Hexagone justement, nous voulons vraiment proposer des ouvrages qui comprennent la Francophonie dans sa globalité, loin des lieux communs qui trop souvent prétendent la représenter. La Francophonie n’est pas une institution, ni un chiffre variable selon les intérêts des uns et des autres, ni la photo de Montréal ou la recette d’un plat créol. La Francophonie est une réalité qui appartient aux quotidiens de millions de citoyens qui partagent une langue, le français. C’est ce que nous devons réussir à représenter dans nos manuels pour qu’ils aient cette dimension francophone recherchée. Tâche ardue mais certainement passionnante et que nous devons mettre en oeuvre dès maintenant.

Depuis l’Amérique latine, il est clair que le pays francophone qui attire le plus, c’est le Québec.
Pour en savoir plus sur le français du Québec et les raisons pour apprendre le français si on veut s’installer au Québec, consultez le site Immigration et communautés culturelles du Québec.
Vous pouvez aussi vous rendre sur le site de l’office québécois de la langue française : http://www.oqlf.gouv.qc.ca/

Au Canada, il n’y a pas que le Québec à être francophone. On parle d’ailleurs du français pancanadien. Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site du Conseil des ministres canadiens de l’Éducation : http://www.cmec.ca/217/Programmes-et-initiatives/Langues-officielles/Education-de-langue-francaise-en-milieu-minoritaire/Projet-pancanadien-de-francais-langue-premiere–Phase-I/index.html/

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Français du Canada et apprentissage du français

Posted by Philippe Liria sur 24/06/2012

En tournée en Colombie, je ne peux que constater l’intérêt des Colombiens pour le français… du Québec ! La nouvelle n’en est pas vraiment une. Lors de mon dernier passage dans ce pays, j’avais déjà eu l’occasion d’apprécier le vif intérêt que suscitait le français de nos cousins d’Amérique, au grand dam parfois de certains enseignants de français de France. Pourtant, je crois qu’on ne peut plus se contenter de constater ce phénomène croissant, qui, rien qu’en Colombie représente plus de 30% des apprenants de français si on en croit les motivations qu’ils signalent au moment de s’inscrire dans une Alliance française. Intérêt à ne limiter qu’aux apprenants colombiens ? Certainement pas même si les chiffres manquent pour pouvoir vraiment déterminer la dimension du marché d’élèves de français qui regardent plutôt en direction du pays à la feuille d’érable que vers la France.
On constate ainsi une demande de matériel pour la classe or celui fait cruellement défaut. Pas ou très peu, sans parler de l’erreur encore très courante de penser que ce besoin est comblé parce qu’on a glissé dans le manuel une page culturelle sur le Québec. Il est grand temps que les éditeurs, nous cessions de détourner le regard et que nous nous posions les questions pertinentes sur la présence d’autres francais dans nos ouvrages, une présence qui ne se limiterait pas seulement à la page culturelle. Et qui ne se limiterait pas non plus au francais québécois mais prendrait certainement en compte les autres formes de francais parlées au Canada. Bref, il faudrait d’une part s’interroger sur la place du francais du Québec, nécessaire car c’est ce francais et pas un autre que les candidats à l’immigration doivent connaître pour s’installer dans la Belle Province ; mais aussi la place du pan-canadien, promu par les autorités canadiennes hors Québec. L’affaire, on le voit, n’est pas simple, mais il faut absolument commencer à l’aborder. Peut-être pourrions-nous commencer par regarder les pratiques dans le domaine qu’ont les Anglophones qui précisent de quel type d’anglais il s’agit (UK, US ou autre) sur le matériel utilisé.
Combler ce vide, ce sera répondre au besoin d’un public dont le nombre est croissant et qui ne vient pas seulement d’Amérique latine mais aussi d’Asie ou d’Afrique puisque ces populations voient comment leurs opportunités d’un avenir meilleur auront plus de chances de se concrétiser au Canada qu’en France.

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