Le blog de Philippe Liria

Auteur, formateur, consultant et éditeur de français langue étrangère (FLE)

Posts Tagged ‘francais du Québec’

Retour en Europe… Assez d’un français franco-français en FLE !

Posted by Philippe Liria sur 08/07/2012

Centrer l’apprentissage sur un français trop franco-français, une erreur de perspective ? Après ce séjour en Colombie, je reviens avec la profonde conviction, déjà exprimée à d’autres occasions, qu’il est grand temps que nous cessions de nous regarder le nombril. Enseigner le français, écrire ou éditer des ouvrages de FLE ne doit pas, ne doit plus être orienter sur la France. Apprendre le français, c’est disposer d’un outil pour communiquer dans cette langue sans qu’aucun des interlocuteurs n’ait ou n’ait eu un contact avec la France ou sa culture. C’est cette dimension, pas si nouvelle que ça mais que les francophones hexagonaux avons du mal à comprendre, qu’il faut prendre en compte. D’ailleurs, si la langue français veut se maintenir au rang de langue de communication dans le monde des affaires ou de la culture, il faut qu’elle cesse de chercher à s’identifier à cet espace européen qu’est la France pour s’ouvrir à l’ensemble de l’espace où le français est justement langue d’usage.
Si un Colombien, un Mexicain ou un Chilien doit travailler avec un Québécois pourquoi doit-il chercher ailleurs les outils socioculturels utiles à son apprentissage alors que s’il devait travailler avec un Parisien, il trouverait tous les éléments dans son livre de français ? Quelque chose ne va pas. Et il est temps qu’on en parle et qu’on change nos habitudes. Il est temps que nous formions des équipes d’auteurs aux accents pluriels, qui vivent en français de Montréal ou en français de Genève, où dans n’importe quel autre coin du monde où le français est une réalité qui n’a pas l’accent parisien ! Et il ne s’agit pas de tomber dans les clichés où celui qui a l’accent est un personnage exotique qui vient du froid ou de la côte sénégalaise mais une personne « normal » qui fait des choses de son quotidien (il passe un coup de fil professionnel à une collègue tout aussi « normale » que lui ou il a des habitudes de « diner » propre de tous professionnels québécois à la pause de midi, par exemple). Pas simple, car il y a encore une sorte fausse conviction qu’il faudrait que nous projetions une certaine image du français associé à la tour Eiffel et à la France. Mais attention, il ne s’agit pas de tout jeter, de faire table rase de tout ce que nous avons fait jusqu’à présent. Pas du tout. Il s’agit plutôt d’apprendre à intégrer le plus naturellement possible de nouveaux ingrédients que nous n’avons pas su incorporer pour le moment dans les pages de nos ouvrages, au-delà des traditionnelles pages de culture. Ce travail ne sera certainement pas simple et il nous allons devoir apprendre, et beaucoup. Pourtant, à mon avis, c’est la voie à suivre si, depuis l’Hexagone justement, nous voulons vraiment proposer des ouvrages qui comprennent la Francophonie dans sa globalité, loin des lieux communs qui trop souvent prétendent la représenter. La Francophonie n’est pas une institution, ni un chiffre variable selon les intérêts des uns et des autres, ni la photo de Montréal ou la recette d’un plat créol. La Francophonie est une réalité qui appartient aux quotidiens de millions de citoyens qui partagent une langue, le français. C’est ce que nous devons réussir à représenter dans nos manuels pour qu’ils aient cette dimension francophone recherchée. Tâche ardue mais certainement passionnante et que nous devons mettre en oeuvre dès maintenant.

Depuis l’Amérique latine, il est clair que le pays francophone qui attire le plus, c’est le Québec.
Pour en savoir plus sur le français du Québec et les raisons pour apprendre le français si on veut s’installer au Québec, consultez le site Immigration et communautés culturelles du Québec.
Vous pouvez aussi vous rendre sur le site de l’office québécois de la langue française : http://www.oqlf.gouv.qc.ca/

Au Canada, il n’y a pas que le Québec à être francophone. On parle d’ailleurs du français pancanadien. Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site du Conseil des ministres canadiens de l’Éducation : http://www.cmec.ca/217/Programmes-et-initiatives/Langues-officielles/Education-de-langue-francaise-en-milieu-minoritaire/Projet-pancanadien-de-francais-langue-premiere–Phase-I/index.html/

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Français du Canada et apprentissage du français

Posted by Philippe Liria sur 24/06/2012

En tournée en Colombie, je ne peux que constater l’intérêt des Colombiens pour le français… du Québec ! La nouvelle n’en est pas vraiment une. Lors de mon dernier passage dans ce pays, j’avais déjà eu l’occasion d’apprécier le vif intérêt que suscitait le français de nos cousins d’Amérique, au grand dam parfois de certains enseignants de français de France. Pourtant, je crois qu’on ne peut plus se contenter de constater ce phénomène croissant, qui, rien qu’en Colombie représente plus de 30% des apprenants de français si on en croit les motivations qu’ils signalent au moment de s’inscrire dans une Alliance française. Intérêt à ne limiter qu’aux apprenants colombiens ? Certainement pas même si les chiffres manquent pour pouvoir vraiment déterminer la dimension du marché d’élèves de français qui regardent plutôt en direction du pays à la feuille d’érable que vers la France.
On constate ainsi une demande de matériel pour la classe or celui fait cruellement défaut. Pas ou très peu, sans parler de l’erreur encore très courante de penser que ce besoin est comblé parce qu’on a glissé dans le manuel une page culturelle sur le Québec. Il est grand temps que les éditeurs, nous cessions de détourner le regard et que nous nous posions les questions pertinentes sur la présence d’autres francais dans nos ouvrages, une présence qui ne se limiterait pas seulement à la page culturelle. Et qui ne se limiterait pas non plus au francais québécois mais prendrait certainement en compte les autres formes de francais parlées au Canada. Bref, il faudrait d’une part s’interroger sur la place du francais du Québec, nécessaire car c’est ce francais et pas un autre que les candidats à l’immigration doivent connaître pour s’installer dans la Belle Province ; mais aussi la place du pan-canadien, promu par les autorités canadiennes hors Québec. L’affaire, on le voit, n’est pas simple, mais il faut absolument commencer à l’aborder. Peut-être pourrions-nous commencer par regarder les pratiques dans le domaine qu’ont les Anglophones qui précisent de quel type d’anglais il s’agit (UK, US ou autre) sur le matériel utilisé.
Combler ce vide, ce sera répondre au besoin d’un public dont le nombre est croissant et qui ne vient pas seulement d’Amérique latine mais aussi d’Asie ou d’Afrique puisque ces populations voient comment leurs opportunités d’un avenir meilleur auront plus de chances de se concrétiser au Canada qu’en France.

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