Le blog de Philippe Liria

Auteur, formateur, consultant et éditeur de français langue étrangère (FLE)

Posts Tagged ‘French flipped classroom’

1er Congrès national sur la classe inversée

Posted by Philippe Liria sur 30/05/2015

classe_inverseeLes 3 et 4 juillet prochains se tiendra en France le 1er Congrès national sur la classe inversée.
La classe inversée, un concept qui n’est pas encore connu de tout le monde mais qui se fraie un chemin à l’école. De plus en plus de responsables pédagogiques et d’enseignants s’y intéressent comme nous le constatons dans les formations. Un intérêt qui n’est que le reflet de l’expression d’un besoin ressenti par tous : la classe change parce que l’apprentissage change. Mais comment faire ? Il ne suffit pas de faire entrer des tablettes ou un TNI dans la classe ou d’affirmer que l’élève est autonome qu’il le deviendra. Comme j’ai souvent eu l’occasion de l’exposer dans ce blog, c’est aussi la dynamique d’enseignement/apprentissage qui doit changer pour que les différents moments de contact avec la matière étudiée soient traités différemment. On ne vient plus en classe pour qu’un professeur magicien nous ouvre sur le monde. Plus besoin. Alors nous pourrions nous demander pourquoi continuer à aller en cours ? Parce qu’une chose, c’est avoir accès à une quantité apparemment infinie de savoirs et une autre chose, c’est être capable d’organiser ces savoirs et de porter un regard critique dessus. La classe doit donc permettre de savoir gérer cette information et, grâce à l’échange et au débat avec les autres, pouvoir faire des choix et/ou porter un avis.
La classe inversée, on l’a déjà vu ici, doit contribuer à cette nouvelle organisation de la classe. Elle doit aussi répondre souvent à une autre réalité : moins de temps de classe. Or, nous avons toujours besoin de temps pour apprendre. Alors si une partie de classe se trouve sur des capsules – bien faites, sur le fonds et sur la forme ! Et là j’en appelle au travail éditorial indispensable pour éviter de longues et soporifiques vidéos qui expliqueraient un point de langue. Un sujet à développer à mon avis.
Donc pour faire le point sur cette classe inversée, qu’il ne faudrait pas transformer en la nouvelle panacée qui va tout résoudre. Pourquoi avons-nous éternellement besoin de faire de tout nouvel outil ou de nouvelle méthodologie un veau d’or ?
Centré sur l’école en France, je présume que le FLE ne sera pas très présent dans ce congrès mais peut-être y aura-t-il des idées à glaner pour nos classes.
En tout cas, ce sera l’occasion d’échanger, de réfléchir, de créer autour de la classe inversée pendant ces deux jours de congrès au lycée Montaigne, à Paris.

Retrouvez le programme et les renseignements pratiques sur le site du Congrès.

Lisez en ligne le dossier du Café pédagogique suite à ce premier congrès.

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Pédagogie inversée : Et si ça prenait ?

Posted by Philippe Liria sur 02/02/2014

Il est certainement encore trop tôt pour savoir si toutes ces technologies dont nous parlons tant dernièrement vont finir par changer l’approche de l’enseignement-apprentissage ou si, comme cela s’est déjà vu dans le passé, nous aurons fini par faire couler beaucoup d’encre pour pas grand-chose. Je vous renvoie à ce sujet à la chronique d’Emmanuel Davidenkoff du mercredi 29 janvier. Il y évoquait les « rendez-vous manqués de l’école » avec les technologies et reprenait un excellent billet de Matt Novak sur ces 15 technologies qui auraient dû révolutionner le monde de l’éducation (15 Technologies That Were Supposed to Change Education Forever). Pour exemple, cette fillette qui dans les années 20 aurait retrouvé le goût de faire ses devoirs grâce à la radio à en croire les promesses de la revue Science and Education. Ne manquez surtout pas ce billet si vous ne l’avez pas encore lu !
The Radio Book of 1924
Mais on peut aussi imaginer que, à la différence de ce qui s’est passé à d’autres moments de l’histoire de l’éducation, la sauce prendra et que cela marchera. Ô miracle ! On constate d’ailleurs que de plus en plus d’établissements scolaires ou universitaires sont en train de changer leur façon de transmettre les savoirs, parce que leurs étudiants ont changé. L’usage des technologies est en plein essor. Aux États-Unis, près de la moitié des professeurs de l’enseignement supérieur est en train d’abandonner sa façon traditionnelle d’enseigner pour aller vers des modèles où les technologies liées au numérique prennent de plus en plus d’importance. Il ne s’agit pas de renoncer à un enseignement « classique » mais plutôt de chercher à mettre en place un système hybride. Cette combinaison entre numérique et nouvelle façon d’envisager la dynamique de la classe est certainement fondamentale d’autant que les étudiants d’aujourd’hui attendent autre chose de la classe que d’écouter la classe et prendre des notes. Les étudiants d’aujourd’hui ont grandi avec Internet haut débit, les jeux vidéos et les portables. On ne peut pas l’ignorer quand on envisage non pas la classe de demain mais bien celle d’aujourd’hui. La majorité souhaite que les parties plus théoriques de l’apprentissage se déroulent hors classe et permettent une plus grande autonomie tout en attendant de l’espace-classe qu’il favorise le travail en groupe et l’échange.
C’est ce qui nous fait penser que la pédagogie inversée (‘flipped classroom’) a certainement toute sa place dans l’évolution de l’enseignement-apprentissage. Le concept n’est pas nouveau en soi mais il est évident que l’arrivée en force des technologies en favorise rapidement le développement. Il motive différemment les élèves qui se sentent beaucoup plus impliqués dans leur apprentissage : l’espace-classe n’est plus un lieu de réception des savoirs, disponibles ailleurs et sur des supports variés. Il sert plutôt à l’échange, aux questions entre élèves et avec l’enseignant et à activer ses savoirs autour d’un projet. Les apprenants s’impliquent beaucoup plus dans la résolution des problèmes posés : ils sont plus créatifs, ils communiquent plus et interagissent beaucoup plus. Cela donne plus de sens à leur apprentissage.

Et en FLE?
Dans le domaine du FLE, nous voyons que de plus en plus de coordinateurs et d’enseignants s’y intéressent et commencent à mettre en place des initiatives pour que la pédagogie inversée fasse sont entrée dans la classe. Des expériences sont menées qui, espérons-le, déboucheront sur des résultats concrets et positifs. En tout cas, la réflexion sur la question a toute sa place puisqu’elle peut contribuer à envisager un espace-classe où les élèves puissent utiliser la langue ou s’interroger dessus après avoir visionné des capsules vidéo chez eux. Les notions de base sont ainsi préparées en amont à partir de la vidéo pour que l’espace-classe serve plutôt à une vérification et surtout une mise en pratique de ces notions en réalisant une tâche ou un projet.
Des capsules en ligne existent déjà comme celle que propose le site canadien de La machine à écrire. Pas conçu pour un public FLE, il est trop difficile pour des niveaux débutants, mais les explications sont tout à fait accessibles pour des apprenants de B1 et plus, ce qui permet de réviser chez soi les règles tout en vérifiant si l’on a compris. Et puis, cela peut donner des idées sur l’édition de ces capsules : pas questions d’avoir en face, sur l’écran, le visage d’un enseignant, ce qui serait soporifique pour l’apprenant, mais plutôt une animation, en musique, qui illustre les propos pour rendre l’explication plus claire.
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J’imagine, à un niveau A1/A2, la leçon sur le passé composé : la maison du verbe « être » animée dans un diaporama que l’apprenant pour voir et revoir autant de fois qu’il veut avec des exemples précis d’emploi. Tout se passe hors classe. Et quand il arrive dans la salle, ce n’est pas pour écouter le professeur expliquer que certains verbes se conjuguent avec l’auxiliaire « être » mais pour poser des questions sur ce qui ne serait resté flou ou pour échanger avec les autres apprenants de la classe à partir d’un questionnaire que le professeur aurait élaboré afin de motiver la réflexion autour de ce point de langue et finalement réaliser une tâche, plus ou moins développée, dans laquelle les apprenants devraient utiliser le passé composé voire expliquer à leur tour la règle. Ce ne sont d’ailleurs pas les exemples qui manquent où l’on voit des élèves mettre en images et en musique le célèbre couple Dr & Mrs Vandertramp – nom issu des principaux verbes conjugués avec « être »-. Voici deux exemples de travaux d’élèves d’un lycée de Monterrey (Mexique) expliquant l’utilisation d' »être » :
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Et puis les leçons n’ont pas besoin d’être forcément traditionnelles. On peut justement les rapper comme on le voit dans cet exemple sur les participes passés proposé par le CEGEP de Jonquière :
Rap des participes passés
Ce changement, profond changement dans la dynamique de la classe, ne peut bien entendu être mis en place sans un accompagnement des enseignants et la mise à disposition des conditions matérielles pour que justement la technologie soit au service de l’apprentissage. Il faut notamment que les professeurs apprennent à éditer ces capsules et à proposer un contenu dynamique.
Des conseils existent en ligne comme ceux de Fiona Boughey qui explique sur son prezi (en anglais) comment mettre en place la pédagogie inversée en classe de français.
Je vous renvoie sur ce point à un billet précédent dans lequel je vous parlais d’un dossier sur la classe inversée qui apportait des pistes de travail pour la mise en place de cette pédagogie.
Alors cela prendra-t-il ? Trop tôt encore pour savoir si la montagne accouchera d’une souris, mais je suis convaincu que l’expérience en vaut la chandelle. Et vous, avez-vous essayé ?

Note : une partie des informations de ce billet sur la pédagogie inversée dans l’enseignement supérieur aux États-Unis est tirée de
Colleges Go Proactive with Flipped Classrooms par Wylie Wong dans EdTech.

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