Le blog de Philippe Liria

Auteur, formateur, consultant et éditeur de français langue étrangère (FLE)

Posts Tagged ‘grammaire’

Marion Charreau nous invite à un voyage illustré dans le territoire du français

Posted by Philippe Liria sur 11/11/2015

francais_ciel.jpg(Mise à jour : le 15/12/15)

L’Île des Noms, la Montagne des Verbes… Quels sont donc ces territoires au nom si mystérieux ? Des territoires que traverse un personnage à la découverte de la langue française, tel Lancelot à la quête du Graal ou plus fantastique encore, Alice déambulant dans cet univers inquiétant en apparence mais magique si on n’a pas peur d’emprunter parfois des raccourcis comme le Tube des Pronoms.
Je n’en ai vu que des extraits mais ceux-ci donnent envie de faire la valise et partir dans ce merveilleux voyage initiatique et illustré de la langue française auquel nous invite Marion Charreau – que nous connaissons pour ses formations et son site, Territoires des Langues – dans son livre, Le français vu du ciel. Un voyage qui commence à Barcelone pour nous plonger dans les rouages du français – on ne perd pas de vue l’aspect pédagogique des cartes heuristiques (ou cartes mentales) qui lui sont si chères – à travers 40 planches illustrées.

Cette nouvelle cartographie du français s’inscrit dans une démarche originale pour poser un regard différent sur les verbes, les prépositions, etc. Le français vu du ciel, c’est un beau livre pour tous, francophiles et francophones, apprenants ou enseignants, qui montre que l’apprentissage d’une langue doit aussi – voire surtout – être un moment de plaisir qui n’est pas incompatible avec cette créativité, encore trop souvent délaissée dans une partie du monde de l’éducation. Et ne ratez pas son très intéressant passage sur RFI le 14 décembre. Interviewée par Yvan Amar pour son émission la Danse des mots, Marion nous parle avec passion de ce magnifique livre.Marion Charreau_0

Je vais vite me rendre sur le site de son éditeur, Zeugmo Editions, pour me faire un petit cadeau…

Pour en savoir plus :
http://territoiresdeslangues.com/2015/11/10/le-francais-vu-du-ciel-1-introduction/

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Rencontre FLE 2013… Le rendez-vous incontournable de Barcelone pour les professionnels du FLE

Posted by Philippe Liria sur 25/08/2013

Rencontre FLE 2013Pour la 8e année consécutive, la Rencontre FLE de Barcelone se veut le rendez-vous des professionnels du FLE. Venus d’Espagne, mais aussi du reste de l’Europe et même de bien plus loin, enseignants, coordinateurs, directeurs… prennent part à cet évènement FLE. Certainement le plus important qu’accueille la capitale catalane avec ses quelque 300 participants ! Cette année, un programme alléchant sur deux jours comme d’habitude, les 22 et 23 novembre prochains, qui combine conférences, ateliers, table ronde et échanges d’expérience. On y parlera de la classe, de son environnement, de ses acteurs et de ses outils.
Les conférences
sylvie-poissonLa première conférence portera sur la grammaire… Une vieille question et pourtant au coeur de l’actualité FLE. C’est d’ailleurs la QUESTION qui revient systématiquement dans presque tous les ateliers car les enseignants ont souvent l’impression d’être pris entre deux feux, celui des didacticiens d’un côté et celui des apprenants de l’autre. Une question qui anime les débats, influence les décisions pédagogiques et méthodologiques… Sylvie Poisson-Quinton, qui connaît bien la question, essaiera d’apporter des pistes pour concilier ces deux façons de percevoir la grammaire.
christelle-combe-celikLa deuxième conférence abordera un sujet tout aussi d’actualité, qui parfois inquiète, mais aussi motive, c’est celui de la place des TIC dans l’enseignement/apprentissage des langues. Cette conférence sera prononcée par Christelle Combe Celik, spécialiste de la communication médiée par les technologies, de l’enseignement et du tutorat via les plateformes de formation en ligne (Moodle), de l’utilisation d’outils comme les forums, la visioconférence ou les réseaux sociaux.
Les deux conférencières prolongeront leur intervention par un atelier pratique.

Les ateliers
Ce sont 11 ateliers qui sont proposés aux participants. Ils aborderont la classe FLE sous tous ses angles : la dynamique de classe, la variété des publics (enfants, FLS…), la grammaire en classe, le conte, les DNL, les besoins spécifiques, les TIC, l’acquisition du lexique avec les cartes heuristiques…

À ces deux grands volets, s’ajoutent une session d’échanges d’expériences et, nouveauté 2013, une table ronde.

Et bien entendu, tous les autres moments de rencontre qui sont tout autant d’occasions pour échanger et créer de nouveaux liens.

Cette Rencontre FLE est organisée par les Éditions Maison des Langues en collaboration avec l’Institut français de Barcelone.ifb

Pour en savoir plus et vous inscrire, rendez-vous sur le site de la Rencontre FLE.

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L’approche actionnelle et les tâches : dissiper les malentendus

Posted by Philippe Liria sur 13/12/2010

Il est bien de faire le point de temps en temps. Il y a un an, nous publiions une série d’articles sur l’approche actionnelle et la pédagogie des tâches. Des chercheurs et des practiciens analysaient cette démarche qui est en train de gagner du terrain dans les pratiques de la classe de FLE. Parmi ces plumes, il y avait les Willis. Malheureusement peu connus dans le monde du FLE, ces experts des TBL contribuaient dans leur article à montrer combien on peut et de façon très eficace, enseigner dans une démarche dont la base tourne sur l’axe de la tâche. Il manquait certainement un auteur – qui sait s’il nous rejoindra dans la deuxième édition – : c’était Rod Ellis. Ce chercheur de l’Université d’Auckland et de celle de Shanghai est peu, voire pas connu du tout, des enseignants en FLE. On trouve pourtant dans ses articles une analyse particulièrement fine de la tâche. Au dernier trimestre 2009, il publiait un article très intéresant sur les TBLT et les malentendus qui existent sur leur efficacité dans l’apprentissage de l’anglais mais que nous pouvons transférer au monde du FLE. On ne peut que regretter qu’un article de ce type n’ait pas été diffusé avant – il est en anglais certes, mais on ne demande que de la réception écrite – ! A lire, notamment les différentes définitions de la tâche ou encore la réflexion sur la place de la grammaire.

À lire: Rod Ellis – Task-based Language Teaching sorting out the misunderstandings

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À bas l’orthographe ! Vive la syntaxe !

Posted by Philippe Liria sur 18/07/2010

Réunis à Zacatecas, des auteurs en langue espagnole d’horizons divers sont revenus sur la proposition il y a 13 ans déjà de García Márquez de réformer l’orthographe en supprimant des h ou en unifiant les usages du b et du v, qui en espagnol contemporain ont la même prononciation. Il en est de même pour le c et le s, comme le rappelle l’article d’El País. Mais si l’orthographe est mouvante, ce n’est pas le cas de la syntaxe. Ni en espagnol ni en français. Pourtant, alors qu’en espagnol, on peut assez facilement jouer avec l’orthographe, la syntaxe reste la syntaxe car, comme le dit l’écrivain Javier Cercas, « sans la syntaxe, il n’y a pas de sens« . Or, la question que nous devrions nous poser quand nous enseignons la langue, c’est bien celle qui porte sur le sens plus que sur la forme, notamment la forme des mots en français. On entend les enseignants lever le cri au ciel quand la sacro-sainte orthographe française est victime de la communication des temps modernes. N’est-ce pourtant pas une preuve que notre langue est vivante ? Car cette défense à outrance d’une certaine orthographe est absurde. Ces jours-ci, nous avons vu, comme chaque année à l’occasion du 14 juillet, des documents de l’époque révolutionnaire et nous avons pu constaté l’évolution de l’orthographe depuis cette époque-là. C’est normal et c’est très bien. Finalement, peu importe. Mais dans nos classes, il semblerait que nous insistions pourtant plus sur cet aspect que sur la syntaxe alors que celle-ci est vraiment porteuse de sens. C’est pourquoi nous devons nous y intéresser de plus près et certainement nous efforcer pour que celle-ci soit encore plus présente dans nos cours. À quoi sert une bonne orthographe si le message ne passe pas ? À rien ! Je ne veux pas dire par là que l’orthographe ne serve à rien. Bien sûr qu’elle contribue à l »ntercompréhension, à l’échange. C’est un code graphique utile mais finalement passager. Contrairement à la syntaxe. Observons simplement des échanges entre internautes sur les blogs, les chats ou les forums. L’orthographe peut être approximative, adaptée et souvent « égratignée » car notre pensée va plus vite que nos doigts sur le clavier, mais la syntaxe, elle, est parfaite. On pourra bien entendu reprocher le manque de phrases complexes mais je crois que le problème ne vient pas de la langue en soi mais du moyen. Ce que nous écrivons sur Internet appartient au monde de l’immédiat. C’est maintenant ou jamais. Ce doit être rapide et court car nous n’avons pas (ou ne ne savons pas prendre) le temps de nous asseoir et de lire tranquillement. Mais c’est un autre débat !

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We are sinking! What are you thinking about?

Posted by Philippe Liria sur 05/06/2010

Cette semaine Le bloggeur consacre un dossier au plurilinguisme en Europe: Yo soy ein Polyglott. Dossier frais et sympa, traité avec humour et illustré d’exemples intéressants… On retiendra l’importance de penser « communication » quand on parle une langue et pas « grammaire ». Pour cela, on écoutera l’interview de Larry Finnegan – malheureusement doublée plutôt que sous-titrée – et on appréciera l’interview d’Alex Taylor, ainsi que un extrait de film où l’on se rend compte que la phonétique n’est pas dénuée de sens quand un message de détresse arrive (we are sinking), on voit l’officier réagir et demander à l’émetteur what are thinking?

Le débat est ouvert aussi sur les régions européennes pluritilingues, comme la Catalogne.

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Sortons la langue de son carcan grammatical !*

Posted by Philippe Liria sur 02/01/2010

Une langue éloignée de la réalité et des besoins

Si on demande aux enseignants de français ce que signifie pour eux l’apprentissage de cette langue, on constate dans leurs réponses, dominent celles qui l’associe à la culture, à la littérature et dans une moindre mesure à la possibilité de voyager en France ou dans un pays francophone. Moins encore de s’y installer, d’y travailler ou, à défaut, de l’apprendre pour en faire une langue de travail dans un monde d’échanges internationaux où l’anglais, indispensable, est loin de suffire pour être compétent non seulement sur le plan linguistique mais aussi socioculturel. Si on pose cette même question à des apprenants, la perception varie bien entendu avant tout selon leur projet personnel d’études. Pour les collégiens et lycéens qui ont encore accès à des cours de français dans leur établissement, cet apprentissage est souvent subi, s’agissant pour la plupart du temps, d’une matière obligatoire et surtout en déconnexion complète avec le monde qui les attend.

En fait, la langue enseignée en classe reste trop souvent éloignée des centres d’intérêt actuels ou à venir des apprenants et trop souvent ancrée dans un idéal peu réaliste des enseignants ou des programmes qu’eux-mêmes subissent. Dans la classe de français, et malgré l’introduction de projets ou des nouvelles technologies, la centration sur la langue reste prédominante. Les autres moments de la classe sont secondaires et, dans certains cas, ne sont même pas évalués. Ce qui importe encore trop souvent est la connaissance grammaticale. C’est d’ailleurs l’impression qu’ont les apprenants qui associent souvent le français à des règles de grammaire et à leur bonne application.

Une langue qui n’est que grammaire, est-elle encore une langue vivante ?

Nécessaire, la grammaire doit bien entendu être présente dans la classe et contrairement à une idée reçue, les nouvelles tendances didactiques liées à la mise en place du Cadre européen commun de référence pour les langues (CECRL) et en particulier de l’approche (ou perspective) actionnelle ne la mettent pas de côté, au contraire. Par contre, il est légitime de s’interroger sur la place qu’occupe la grammaire dans notre enseignement. En effet, une langue sans grammaire n’est certainement pas une langue mais une langue qui n’est que grammaire, est-elle encore une langue vivante ?

Or, on sent bien que pour certains (encore très nombreux), le français se résume en une série d’activités grammaticales qu’on fait plus ou moins bien et dont le résultat permet de situer le niveau de langue. Ces activités sont souvent peu motivantes et on les réalise sans vraiment s’interroger sur leur sens, mais on s’en contente. Inutile de dire que les déceptions de l’apprenant sont à la hauteur de ses résultats quand celui-ci entre en contact avec des francophones de langue maternelle.

Passer des plots

Comment faire alors pour que la grammaire soit présente dans nos cours sans perdre de vue les véritables objectifs de l’apprentissage d’une langue ?

À ce stade, ouvrons une parenthèse et parlons de sport, de football plus précisément. Imaginons un seul instant des footballeurs arrivant sur le stade un samedi soir en ayant reçu pour seule et unique préparation, celle de passer des plots en zigzag pendant leurs journées d’entraînement. Indépendamment du résultat final du match – certainement peu favorable à cette équipe -,  il est évident que ces joueurs ne seraient jamais prêts ou compétents pour affronter la réalité du match. Préparer un match demande bien plus que des séances d’exercices de plots. Il faut créer un esprit d’équipe, mettre en place des stratégies, reproduire des situations réelles de match, etc. dans un but : celui d’être véritablement efficaces le jour J. C’est la motivation des joueurs. Et c’est cette motivation qui va aussi permettre à l’entraîneur de justifier des moments d’exercices tel que passer des plots en zigzag. Une activité guère amusante mais qui, en s’inscrivant dans un cadre plus vaste – celui de gagner un match – se verra justifiée et nécessaire.

Sens et contexte

Si nous revenons à notre grammaire, nous voyons bien que, dans l’apprentissage d’une langue, elle a sa place, celle des plots, mais que l’apprenant ne comprendra sa fonction que s’il sait pourquoi il le fait et surtout où il doit aller, quelle est sa mission ou sa tâche.

Les activités grammaticales ne peuvent être une simple pratique de structures sans interaction ni défi. En résumé, nous pourrions dire que les activités grammaticales doivent :

–       permettre de fixer des structures en contexte ;

–       se centrer sur la forme certes, mais sans perdre de vue le sens ;

–       créer un lien de communication ;

–       établir une certaine interaction lors de la mise en commun

Une grammaire qui suivrait ces points serait certainement plus motivante pour les apprenants.

Une grammaire-outil versus une grammaire-carcan

Évidemment, se pose un autre problème : l’incompatibilité des programmes dominants encore marqués par la tradition et les croyances d’apprentissage et les objectifs du CECRL. Dans l’absolu, l’apprentissage d’une langue ne devrait pas passer par une progression grammaticale mais tout d’abord par les objectifs de compétences de communication fixés. Or ces objectifs peuvent faire apparaître des points de grammaire qu’on considère traditionnellement peu adaptés au niveau. Mais s’agit-il d’une réalité ou d’une simple croyance liée à une pratique ancrée dans la tradition ? La grammaire, en tant qu’outil langagier pour aider à être compétent, devrait donc répondre aux besoins de l’apprenant. Actuellement, c’est trop souvent l’inverse qui se passe : on demande à l’apprenant de se plier à la progression grammaticale soi-disant nécessaire pour atteindre un niveau. On peut regretter, à ce sujet, le risque de détournement du CECRL contenu dans les référentiels de français puisque ceux-ci marquent des points de grammaire à connaître selon le niveau alors que ceux-ci devraient varier selon le profil de l’apprenant.

Quoiqu’il en soit, nous ne devrions jamais perdre de vue que, dans ce monde où les échanges internationaux dominent, où d’un simple clic nous pouvons lire, écouter ou voir des documents dans n’importe quelle langue, il nous appartient de savoir faire du français une véritable langue vivante dans laquelle on vit, on travaille, on s’amuse et on rit. Rien ne sert de pleurer sur son sort si nous ne nous fixons pas cet objectif. C’est ce qui la rendra motivante et c’est qui motivera nos apprenants. N’en déplaise aux tenants des « ne », l’enfermer dans un carcan grammatical, c’est la vouer à une mort certaine.

Philippe Liria 02/01/2010

*Cet article sera prochainement publié dans le bulletin de l’Association Portugaise des Professeurs de Français. Il reprend les principales lignes abordées lors de l’atelier que son auteur a animé pendant le congrès annuel de l’APPF en novembre 2009.

Tous droits réservés

Notes : Vous pouvez trouver des exemples d’activités grammaticales où forme et sens sont un tout dans le Cahier d’exercices de Version Originale ou dans les Cahiers de grammaire A1 ou Cahiers de grammaire A2.

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