Le blog de Philippe Liria

Auteur, formateur, consultant et éditeur de français langue étrangère (FLE)

Posts Tagged ‘Nouveau Rond-Point’

Exercice sur les métiers : transformer un tableau en carte pour dynamiser sa pensée

Posted by Philippe Liria sur 17/04/2014

Un manuel ne doit en aucun cas être un carcan et les exercices suggérés adaptés aux besoins de l’apprentissage. Transformer notre tableau en carte pour dynamiser la pensée, voilà une excellente proposition.

Territoires des langues

Le paradoxe

metiers-tableau « A chacun son métier » (Rond-Point 1 Edition Maison des langues)

Comment trouver des idées nouvelles quand on doit en même temps les faire rentrer dans les cases rectangulaires d’un tableau ? N’y a-t-il pas là quelque chose de paradoxal ?
D’un côté on souhaite que nos élèves soient créatifs et dynamiques en classe, que les idées fusent pour avancer tous ensemble. De l’autre, on représente les informations de manière figée et compartimentée…

La créativité

Pour générer des idées on a besoin de faire des associations dans notre tête et de libérer sa pensée. C’est une phase dite « divergente » où l’on n’a pas de souci d’ordre (pas tout de suite).
Pourquoi alors demander à nos élèves de remplir un tableau ???

Pour atteindre plus facilement l’objectif de l’exercice « A chacun son métier » : générer des idées concernant les aspects positifs et négatifs des métiers, transformons le tableau en carte…

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Les cités ont leur dictionnaire et leur dictée

Posted by Philippe Liria sur 27/10/2013

La Grande Dictée (Argenteuil, 2013)En ce dimanche matin, alors que les rayons de soleil méditerranéen permettent encore de prendre le petit déjeuner en terrasse (désolé pour mes lecteurs qui se trouvent dans la grisaille du nord), je suis tombé sur le blog Au centre, la banlieue qu’anime Sylvia Zappi, journaliste au Monde et j’y ai lu deux billets particulièrement intéressants sur le français que la bloggeuse a écrits cette semaine. J’avais tout simplement envie de les partager avec vous.
Dictionnaire de la zoneLe premier (L’argot des banlieues a son dictionnaire) nous présente Tout l’argot des banlieues d’Abdelkarim Tengour, un dictionnaire qui vient de sortir aux Édtions de l’opportun, la version papier de son déjà très connu Dictionnaire de la zone, un outil en ligne que l’auteur a créé pour recenser des centaines de mots et d’expressions du monde de la banlieue. « Outil » car son dictionnaire en ligne se veut avant tout collaboratif puisqu’il ajoute régulièrement de nouvelles entrées que proposent les internautes, répond aux questions des non-intitiés qui veulent connaitre le sens d’un mot… Un outil pratique aussi pour nos classes de français si nous voulons la faire découvrir à nos élèves.

Le deuxième (Quand les cités de Saint-Denis se mettent à la dictée) nous présente une initiative originale : un concours de dictée en banlieue qu’organise l’association Force des Mixités que préside Abdellah Boudour. Je sais que cet exercice est souvent décrié, perçu comme vieillot, à la limite du ringard, mais ne devrait-il pas être revalorisé à un moment où l’on entend systématiquement que « les gens ne savent plus écrire » ? L’initiative que nous décrit Sylvia Zappi dans son blog a l’air de motiver les participants, même si certains ne le font que pour gagner une paire de baskets d’une marque connue. Si ces prix favorisent le rapprochement entre ce public et la langue, je crois qu’on ne peut qu’applaudir l’initiative de cette association et souhaiter qu’elle fasse des émules, et pas seulement en France. Visionnez le reportage réalisé à l’occasion de la deuxième édition de ce concours de dictée, moins pompeux certainement que d’autres qui font la une de l’actualité, mais plein d’intérêt pour une partie de la population qui a trop souvent l’impression d’être des oubliés de notre société.
Argenteuil : la Grande dictée - 2013
Cette année, c’est l’écrivain Rachid Santaki qui a lu l’extrait choisi pour la dictée. Il s’agissait d’un passage des Trois mousquetaires, d’Alexandre Dumas.

Pure coïncidence, ces deux billets renvoient à deux unités du manuel Nouveau Rond-Point 3 (niveau B2) : l’unité 1 « Point à la ligne » qui propose de se préparer à une dictée en tâche finale et l’unité 7 « Le français d’aujourd’hui » qui justement propose un travail de compréhension de l’écrit à partir de l’article « Le verlan, c’est devenu trop ‘relou’ ! » (Le Parisien, Vincent Mongaillard, 1/10/2012).

Pour en savoir plus
Tout l’argot des banlieues, Abdelkarim Tengour, Editions de l’opportun, 736 p., 22,90 euros
Nouveau-Rond-Point 3, Capucho et altri, Editions Maison des langues, 2013.

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Sagesse numérique, motivation, apprendre à apprendre… Repenser l’apprentissage

Posted by Philippe Liria sur 26/08/2012

Cette semaine, ce sont deux liens fournis par des amis de Facebook qui ont retenu mon attention. Curieusement, les deux s’interrogent sur le sens de l’éducation et il m’a paru intéressant de partager avec les lecteurs de ce blog ces quelques réflexions. La première part d’un article sur la pédagogue étatsunienne Cathy Davidson et l’autre sur le film documentaire La educación prohibida (Argentine, août 2012). Dans les deux cas, la réflexion nous amène à nous poser des questions sur nos pratiques de classe, dont celles de la classe de FLE.

Marc Prensky

Dans un entretien sur RSLN, Marc Prensky évoque sa vision de l’école de demain ou plutôt celle d’après-demain. Prensky, vous le connaissez certainement car c’est l’auteur du concept de « migrant numérique » et de « natif numérique ». Il parle aujourd’hui de « sagesse numérique » (cf. son ouvrage From digital nativ to digital wisdom: Hopeful essays for 21st Century Learning – 2012 Corwin, 240 pages) ce qui nous renvoie à ce idée de l’homme posant des questions, analysant les situations… Bref, l’homme de l’avenir ne doit plus apprendre pour apprendre mais comme on le répète depuis déjà longtemps « apprendre à apprendre » afin d’être autonome. C’est ce qui fait dire à Tommy Pouilly, animateur sur le blog de RSLN, que l’éducation de demain ou d’après-demain devrait peut-être ressembler à celle d’avant-hier (cf. l’article de Tommy Pouilly). Pourquoi ? Parce que la classe d’aujourd’hui ressemble encore trop au système éducatif d’hier, c’est-à-dire des XVIIIe et XIXe siècles comme le rappelle d’ailleurs l’introduction du film-documentaire La educación prohibida. Un système qui n’a pas grand-chose à voir avec le monde à venir. Par contre, si nous creusons un peu plus, nous verrons que les méthodes socratiques (questions/réponses) du disciple éveillé par la curiosité d’un phénomème qui fait qu’il interroge le maître pour mieux comprendre sans pour autant espérer la solution mais plutôt des éléments qui le guideront vers celle-ci.

Cathy Davidson

C’est que suggère Cathy Davidson dans son livre Now you see it sur lequel se base l’article de Pouilly. Cathy Davidson, dont je vous recommande le blog, pense que cette approche répond mieux aux réalités actuelles et surtout à venir où l’imprévisible reprend le dessus sur le monde prévisible que des dernières décennies. C’est pourquoi l’éducation doit se charger de fournir aux élèves les outils pour qu’ils sachent (se) poser les bonnes questions pour progresser plutôt que d’apporter des savoirs déjà mis en boîte, peu motivants et surtout déconnecter du monde qui les attend.

Cette remise en cause de l’éducation telle qu’on la pratique actuellement, c’est aussi le sens du film documentaire La educación prohibida (L’éducation interdite)* du réalisateur argentin German Doin et de toute son équipe. Réalisé sur le principe du crowdfunding, à partir d’une enquête menée dans sept pays d’Amérique latine et en Espagne auprès de quelque quatre-vingts spécialistes (éducateurs, professeurs, pédagogues…), ce document s’interroge sur la nature même de l’apprentissage, les choix des apprenants, leurs motivations, l’importance de l’affectif dans le développement de l’individu, membre d’une société dont il est acteur. Il passe en revue les deux derniers siècles de tradition scolaire pour ensuite récupérer des réflexions autour d’autres voies qui ont osé remettre en question le modèle d’école traditionnelle. On y retrouve les expériences éducatives de différentes écoles (Montessori, Home schooling, pedsistema, edupopular, educación libre, logosófica, proyecto Kilpatrick, AC activa, escuela democrática, Waldorf…) qui ont toutes en commun de placer l’enfant au centre d’un projet éducatif où l’autonomie d’apprentissage est fondamentale ; des expériences qui montrent que l’enfant s’intéresse aux choses qu’il fait parce qu’elles ont du sens.

Un film sur l'éducation centrée sur l'amour, le respect, la liberté et l'apprentissage

La educación prohibida (Argentine, 2012)

*Ce film est en espagnol mais la version sous-titrée en français est disponible à partir du site. Toujours sur ce site, vous y trouverez de nombreuses références et des liens vers toutes les écoles et tous les spécialistes qui ont participé à ce projet.

Après cette réflexion sur ces deux sujets, penchons-nous sur ce que nous demandons à nos élèves dans le domaine de l’enseignement du français langue étrangère. Et que constatons-nous ? Combien il est difficile d’adapter nos pratiques à ces nouvelles exigences, même si le souci d’y parvenir est bel et bien présent depuis quelques années dans les tentatives de mise en place d’une part, de nouvelles pratiques en lien avec l’approche actionnelle et, d’autre part, en cherchant à introduire des activités s’appuyant sur les plateformes d’échanges et les wiki (des expériences existent sur Moodle ou sur des blogs comme ceux de Babelweb ou le web 2.0 des méthodes FLE Version Originale ou Nouveau Rond-Point).
Pas simple. Nous voyons en effet que malgré ces essais, beaucoup d’enseignants continuent de privilégier les exercices fermés, du déjà mis en boite, prêts à servir avec des réponses fermées. Car même en ligne, ces exercices ont conservé la même dynamique ; ce qui a changé, c’est qu’ils sont tout simplement plus esthétiques et plus agréables. Par contre, nous observons les difficultés à proposer un apprentissage qui aurait recours à ces espaces virtuels plus ouverts et certainement plus motivants pour les élèves. On sait que ce n’est pas simple et cette mise en place ne dépend pas forcément ou pas uniquement de l’enseignement mais aussi de l’environnement dans lequel professeurs et élèves se trouvent (les curricula, le nombre d’heures présentielles, les outils dont on dispose et la formation proposée aux enseignants ou le temps qu’ils ont pour préparer leurs cours, etc.).
Alors que nos élèves devraient savoir écrire des courriels dans des différents registres, des textos, de tweeter… nous continuons de leur demander d’écrire des cartes postales et des lettres administratives ; alors que les B2 et les C1 doivent savoir faire des exposés et rédigés des compte rendus – certainement utiles – qui leur enseigne à monter des powerpoints (et l’accompagnement – oral la plupart du temps qui va avec) ? Nous commençons à peine à accepter que le téléphone portable devienne un outil de plus en classe et non pas un objet qui dérange. Il y a un décalage, qui n’a cesse de se creuser mais savons-nous vraiment y remédier ? Permettons-nous à nos élèves de poser les questions, de découvrir la langue à travers le plaisir ? Les objectifs du CECRL sont bien beau mais si, comme c’est le cas, les programmes, les curricula, les traditions d’apprentissage – le passé composé s’étudie à tel moment et pas un autre, etc. – reprennent le dessus – a-t-on jamais pu vraiment les écarter ? -, nous ne parviendront pas à motiver les élèves. Il faut donc que nos classes de langue soient de plus en plus en contact avec la réalité, c’est que permet l’outil internet pour que les élèves n’aient plus l’impression qu’apprendre le français, ça ne sert qu’à améliorer une note globale.
Depuis quelques années, les propositions autour de l’actionnel et le développement de l’interdisciplinarité contribuent certainement à aller dans ce sens, contribuent à repenser notre perception de la classe de langue et donc celle qu’en auront les élèves.

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Atelier pédagogique 27 avril 2011 – Universidad de Granada

Posted by Philippe Liria sur 24/04/2011

L’unité didactique dans une approche actionnelle

Mercredi 27 avril, j’aurais le plaisir d’animer un atelier à la Facultad de Filosofía y Letras de l’Université de Grenade. Cet atelier s’adresse non seulement aux professeurs de FLE mais aussi à tous les professeurs de langues qui s’intéressent à la mise en oeuvre d’une démarche actionnelle dans leurs cours.

La dynamique d’une unité didactique dans une approche actionnelle doit suivre quelques règles qui changent en soi le concept que l’on peut avoir de l’unité.

Dans cet atelier, nous allons tout d’abord reprendre quelques notions essentielles de l’approche actionnelle pour ensuite analyser à travers des exemples le déroulement d’une unité didactique.

Ce sera l’occasion de revoir le rôle de la tâche ou de l’activité, ou encore de s’interroger sur la place de la grammaire ou de l’évaluation dans cette approche.

Les exemples pris dans l’atelier sont tirés de la nouvelle édition de Rond-Point : Nouveau Rond-Point 1, C. Royer, J. Labascoule, C. Lause, M.R. Rodríguez et P. Liria, Editions Maison des Langues, 2010.

Les principales références bibliographiques proviennent de l’ouvrage L’approche actionnelle dans l’enseignement des langues, 2e édition révisée et enrichie, Éditions Maison des Langues, Paris, 2011, notamment l’article de Chistian Puren : la nouvelle perspective actionnelle et ses implications dans la conception des manuels de langue (pp. 119-137).

Vous pouvez aussi consulter le site de C. Puren : www.christianpuren.fr

Lieu de la formation

L’atelier se tiendra dans la salle García Lorca.

Adresse :
Facultad de Filosofía y Letras
Universidad de Granada –
Campus de Cartuja
18071 GRANADA

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