Le blog de Philippe Liria

Auteur, formateur, consultant et éditeur de français langue étrangère (FLE)

Posts Tagged ‘pédagogie inversée’

Causerie sur les classes inversées avec Annick Arsenault Carter, Marcel LeBrun et Christophe Batier à #Clair2015

Posted by Philippe Liria sur 20/08/2015


La classe inversée évolue. Il n’y a pas une, mais plusieurs recettes pour que ça prenne et surtout pour que les élèves accrochent et se sentent motivés. Annick Arsenault Carter (https://philliria.wordpress.com/2012/10/21/vers-la-pedagogie-inversee/) partage dans cette vidéo une causerie avec Marcel Lebrun dans laquelle ils évoquent le travail réalisé avec cet outil pédagogique dont on parle tant récemment. Il est intéressant de noter comment, au bout de 4 ans d’expérience, d’essais et d’erreurs, Annick Arsenault Carter, enseignante au New Brunswick, nous dit que les capsules de sa chaine You Tube sont de plus en plus visionnées en classe, ce qui permet de renforcer la collaboration entre les élèves qui peuvent eux-mêmes publier des contenus.
Bref, c’est toute la gestion de la classe qui a changé. Dans ce sens, comme le souligne Marcel Lebrun, ce n’est pas uniquement la façon de changer la transmission des savoirs qui a été modifiée mais aussi le rôle enseignant/élèves – on parle beaucoup de ce changement mais on est loin de pouvoir vraiment le mettre en place. Ici, on voit que la classe inversée le favorise.
Intéressant de voir comment elle a aussi impliqué les parents dans cette démarche (en leur envoyant une capsule) ou comment son institution a compris les enjeux du projet.
Une causerie très enrichissante qui nous incite à découvrir plus à fond le blog d’Annick Arsenault Carter.

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Le numérique au service de l’innovation pédagogique

Posted by Philippe Liria sur 15/07/2015

IMG_0151« L’élève doit être au centre de l’apprentissage ! » C’est une phrase que tout le monde a entendue mais qu’en est-il réellement ? Une fois dans la classe, la pression des programmes, des institutions, le manque de temps ou de formation font que trop souvent encore la classe est organisée non pas en fonction de l’élève et de sa façon d’apprendre mais plutôt en fonction de ces impératifs. Pourtant, nous devrions tous nous interroger sur notre manière d’apprendre, sur celle de nos étudiants et donc sur ce que nous faisons pour faciliter cet apprentissage. « Tout enseignement efficace doit commencer par la prise en compte de la façon qu’ont les étudiants à apprendre » nous rappelaient les auteurs de How learning works (Jossey-Bass, USA 2010), un excellent livre que je recommande vivement si vous vous intéressez aux processus d’apprentissage. Une inquiétude qui doit bien entendu être présente dans nos cours de français. Quelle place faisons-nous à la créativité ? Quelle rôle peuvent jouer les langues plus ou moins proches pour accompagner l’apprentissage ? Ou que faire de ces technologies qui entrent dans nos classes ? Qu’est-ce qui forcément change dans nos pratiques ou dans la dynamique du cours si le monde change autour de nous ? Ces questions, ce sont celles auxquelles essaient de répondre les spécialistes invités à participer au dossier du 400è numéro (bon anniversaire !) du Français dans le monde. couvn400 Dix pages, c’est encore trop peu pour traiter un sujet aussi vaste mais c’est déjà ça pour lancer la réflexion (ou l’approfondir) dans les salles de profs ou dans les réunions pédagogiques. Une réflexion par exemple sur la nécessité de repenser la classe de sorte que soient mis en avant les talents et les centres d’intérêt car « il s’agit de créer les conditions qui permettent (…) d’apprendre et de s’épanouir, sur le plan collectif et individuel » nous rappelle Ken Robinson (FDLM, pp.50-51), l’auteur de L’élément que j’avais eu l’occasion de présenter dans ce blog il y a quelque temps déjà. Et pour atteindre ces objectifs, il nous faut disposer de plus de temps pendant le moment de la classe. Oui, mais comment ? En réorganisant la distribution des contenus et du temps. La classe ou pédagogie inversée (la flipped classroom en anglais) peut être une solution à cette nécessité de repenser la classe. Marcel Lebrun, professeur à l’Université de Louvain (Belgique), nous parle de ce changement de paradigme et résume les trois niveaux de cette démarche pédagogique qui « repositionnent les espaces-temps traditionnels de l’enseigner-apprendre » (pp.52-53). IMG_0154L’idée de la pédagogie inversée commence à faire son entrée dans la classe de FLE, comme me le rapportait une jeune enseignante venezuelienne lors du BELC Régional de Bogota. Elle n’hésite pas à expérimenter ce concept pour donner une nouvelle dynamique à son cours et donc motiver différemment ses élèves. Je constate aussi que dans plus en plus de formations, on nous demande d’en parler dans l’optique de la mettre en place, même si ce n’est que ponctuellement. Et si ces classes peuvent « prendre », c’est aussi parce que les technologies numériques sont arrivées au bon moment, à condition de savoir en user sans en abuser ! Or, cela a été trop souvent le cas à cause d’une certaine précipitation (un « tsunami numérique », pour reprendre le titre du livre d’Emmanuel Davidenkoff, qu’on ne peut ignorer) malgré les appels à la vigilance d’experts tels que Thierry Karsenti (lire aussi cet article). Il faut donc non pas les imposer mais bien savoir les intégrer dans l’apprentissage. C’est dans cette intégration que réside l’innovation pédagogique. Il faut donc que le professeur apprenne à maîtriser ces outils technologiques de plus en plus performants ; qu’il devienne un « enseignant multidimensionnel » nous dit Marc Oddou, bien connu des profs de FLE notamment grâce à son site. La tablette est un bon exemple d’outil qui peut favoriser cette « créativité pédagogique » des apprenants que revendique Ken Robinson, à condition de gérer l’espace-temps différemment, souligne Laurent Carlier (inovateach.com).lcarlier Et pour y parvenir, il faut changer la dynamique de classe et renforcer la place de l’authentique dans la classe. Le web 2.0 doit y contribuer. C’est l’avis de Christian Ollivierr&a_juillet2013, spécialiste de l’introduction de ces nouvelles pratiques en lien avec les mutations technologiques auxquelles nous assistons et surtout participons (cf. Recherches et applications, juillet 2013). Pourquoi le web 2.0 ? Parce qu’il contribue à l’authenticité des échanges en laissant les apprenants réaliser des « tâches ancrées dans la vie réelle » qui débouchent sur un « produit(…) fortement socialisé« . Mais le ‘comment-j’apprends’ ne passe pas que par la technopédagogie. C’est aussi la capacité à mobiliser des stratégies qui vont contribuer à mieux s’approprier d’une langue. Par exemple, en se basant sur les différents degrés de parenté entre la langue cible et celle de départ. Selon la distance de ces langues, les compétences à mobiliser seront différentes, comme nous le décrit Jean-Michel Robert dans un article sur l’intercompréhension, dont on ne parle pas assez en classe de langue comme je le signalais dans ce blog le mois dernier et qui pourtant contribue vraiment à l’apprentissage des langues et à la mobilisation de stratégies pour mieux y arriver.
Voilà donc un superbe numéro du Français dans le monde, une belle réussite avec un riche contenu pédagogique au-delà de ce dossier. A lire absolument, sur papier ou, puisque nous parlons numérique, sur l’application qui accueille la version numérisée de la célèbre revue.

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Changer oui, mais quoi ?

Posted by Philippe Liria sur 06/05/2015

ecolexxiDans un récent article publié sur revue-projet.com, Marcel Lebrun a bien raison de nous rappeler que ce n’est pas parce qu’il y a révolution technologique que nous allons vivre une révolution pédagogique. Les miracles n’existent pas ! Ce rappel, il le fait dans le cadre d’un débat sur le numérique à l’école où différents spécialistes interviennent pour essayer d’apporter des éléments de réflexion sur la question. Je vais me centrer ici sur la classe inversée mais c’est l’ensemble des articles produits à l’occasion de ce débat qu’il faut lire et qui doivent nous faire réfléchir à ce que signifie l’irruption du numérique dans l’enseignement/apprentissage. Avec une mise en garde : cette réflexion n’a rien à voir avec l’avis sur le numérique que peut avoir chacun. Peu importe qu’on aime ou pas ! Les questions qui se posent et s’imposent par rapport à la classe, dont celle de langue (en l’occurrence de FLE), sont inévitables. On ne peut l’ignorer. On ne peut faire cours comme si nous ne voulions pas savoir que nos élèves, même les adultes, ont de nouveaux outils d’accès au savoir et d’échanges entre les mains.
Apprendre à les intégrer ne signifie pas non plus plonger dedans les yeux fermés ! C’est pourtant l’impression qu’on a parfois. On se souvient il y a quelques années de l’engouement pour les TNI. Tout le monde en voulait un dans sa classe. Des enveloppes budgétaires ont été mises à la disposition de nombreux établissements dans le monde entier pour se doter de ces (merveilleux?) tableaux interactifs. On avait juste oublié d’accompagner cet achat – qui a rapporté (et très gros) aux fabricants – de la formation adéquate, pas seulement technique, mais SURTOUT pédagogique ! C’est sans doute un des aspects de l’industrialisation ou pire encore de la marchandisation de l’éducation que pointe du doigt Pierre Moeglin dans un excellent article où il dénonce que « plan après plan, le numérique à l’école commet les mêmes erreurs. Malgré tous les avertissements. En toile de fond, une tentative d’OPA de l’approche productiviste en éducation aux dépens de l’approche culturelle. Derrière la difficile quête d’un successeur au bon vieux manuel scolaire, ce sont bien les fondamentaux de l’école qui sont en jeu. » même si je nuancerais l’accusation qu’il lance contre les éditeurs, du moins dans le secteur du FLE tout en étant bien d’accord que nous ne pouvons pas nous contenter des modèles numérisés actuels et devons nous interroger sur ces plateformes et autres modèles d’e-éducation dont il parle dans un encadré (lecture indispensable) du même article.

Mais revenons à nos moutons… Oui, comme l’écrit Marcel Lebrun, c’est bien « le facteur humain qui a été négligé, plus que la formation technique des étudiants et des enseignants : l’apprentissage à l’ère numérique n’est pas seulement une affaire d’infrastructures, d’outils et de ressources, de méthodes et d’usages, c’est surtout une affaire de mentalité, d’état d’esprit et de culture. » Si nous ne le comprenons pas, la nouvelle génération de jeunes adultes, cette Génération Z, nous le fera comprendre peut-être malgré nous : elle a déjà – nous ne parlons plus au futur – de nouvelles habitudes d’apprentissage qui vont obliger ceux qui sont encore dans une dynamique de classe magistrale à en changer. Pour cette génération, une grande partie de l’apprentissage se produit en dehors de la salle de classe comme le fait remarquer Anne Boysen sur le blog d’After The Millennials : « Cette génération utilise Youtube de façon périodique pour faire ses devoirs, ce qui indique qu’elle veut un plus grand degré de personnalisation dans l’éducation. Si l’approche du professeur ne lui plait pas ou elle ne la comprend pas, elle cherchera quelqu’un en ligne qui le lui expliquera mieux« .
C’est ce qui doit nous inciter à déplacer le curseur de l’éducation de l’enseignement vers l’apprentissage et à nous intéresser de plus près à son fonctionnement. Une évidence peut-être mais qui ne va pas de soi. On sait qu’un fossé existe entre les ressources didactiques à disposition des professionnels et celles qui fournissent des stratégies de classe pour améliorer l’apprentissage et surtout l’adapter au monde d’aujourd’hui.

Motivation, créativité, dynamique de classe… Bref, repensons la classe !

C’est s’intéresser à la motivation ; c’est favoriser la créativité ou encore développer la pédagogie différenciée pour ne citer que quelques exemples. Et c’est aussi changer la dynamique de la classe, la repenser et c’est ce que nous trouvons dans l’idée de « pédagogie inversée », une démarche qui n’est pas nouvelle en soi mais qui prend encore plus de sens à l’ère numérique dans laquelle nous nous trouvons. Pour être encore plus pratique, j’y ajouterais cette petite vidéo de Nasrdine Khaddouri et Damien Frelat qui propose une synthèse plutôt de la pédagogie inversée.
Ce n’est pas simplement changer le lieu de la réalisation de certaines activités, c’est aussi et surtout changer la perspective d’enseignement et d’apprentissage. Il s’agit de ne plus travailler dans une perspective de transmission de savoir mais d’assurer que nos élèves sauront mobiliser leurs compétences dans un objectif défini. Bref, il faut s’assurer que les élèves soient vraiment compétents dans la matière enseignée. Objectif logique de tout enseignement, non ? Nous savons tous pourtant que trop souvent, ce qu’on attend vraiment de l’apprenant, c’est d’être capable de montrer qu’il sait redire ce que l’enseignant a dit, qu’il soit un bon perroquet. Certes c’est plus facile à vérifier ou évaluer que de lui demander de faire quelque chose qui, pour fonctionner, demandera de mobiliser des compétences acquises grâce à un travail de construction de l’apprentissage. Et si possible, pas seulement mais en mobilisant des compétences de savoir-être car nous devons collaborer avec l’autre pour obtenir un résultat. Mais finalement, n’est-ce pas tout simplement le reflet de notre monde en réseau que nous construisons/tissons nous-mêmes ?

Vous avez dit changement ?

Facile à dire mais pas si simple à mettre en place. C’est vrai. Je me souviens d’une blague qui circulait sur les réseaux il y a quelques mois : un homme demandait au public présent s’il était pour le changement et tout le monde levait la main ; puis il demandait qui était prêt à changer et là, plus personne ne levait le bras. Et s’agissant du FLE pour adultes (sauf certainement cette fameuse Génération Z), il s’agit même souvent d’un défi qui oblige aussi à se poser des questions sur la validité même des changements qu’on veut introduire, voire imposer. Nous voulons changer des habitudes d’apprentissage, je dirais même des croyances sur celui-ci. Les apprenants adultes et qui ne suivent parfois pas d’autres cours que celui de l’Alliance ou de l’Institut, ne comprennent pas toujours. Ils arrivent avec une idée préconçue qu’apprendre le français, c’est surtout faire de la grammaire et faire beaucoup d’exercices grammaticaux. Alors quand ils voient que leur enseignant leur fait faire des activités différentes, mettant en avant un ensemble de compétences où les outils langagiers ne sont plus l’axe autour duquel tourne la classe, que se passe-t-il ? Eh bien, c’est simple : l’apprenant se plaint et ne comprend pas ! Alors il se met à réclamer des listes de verbes, des exercices, etc. Comme si leur motivation passait non pas par tout ce qu’on cherche à favoriser dans le cadre d’un apprentissage d’une langue au XXIè siècle mais restait ancrée dans une perception de la classe de langue comme on l’entendait il y a cent ans ! Quelle contradiction ! Et c’est pourtant ce qu’on nous fait souvent ressentir quand nous rencontrons les enseignants de français qui nous décrivent leur bataille au quotidien.ecolexix

Changement… en commençant par la formation des enseignants !

Certes le discours pédagogique de l’institution ne laisse pas la place au moindre doute : on doit faire entrer dans la classe l’innovation technologique mais aussi pédagogique. Et c’est là où la formation manque ! Nous mettons entre les mains des enseignants des outils qui permettent d’accompagner le changement mais (presque) rien n’est fait pour les accompagner, eux, dans la mise en place concrète, pratique, de ce changement. Ils se retrouvent donc souvent démunis face à des apprenants qui ne comprennent pas pourquoi leur professeur leur demande d’élaborer des projets ou des tâches, de co-construire les règles de grammaire, de jouer… Parler de motivation des apprenants, c’est bien mais comment les motiver si les enseignants ne le sont pas car ils sentent bien qu’ils ne sont pas prêts ni préparés à introduire cette révolution dans leur classe ? Changer les habitudes d’apprentissage des élèves n’est pas simple comme on le sait, mais si les enseignants ne reçoivent pas la formation pour faciliter ce changement, la partie est perdue d’avance. C’est l’affaire de tous ! Et dans l’établissement, le changement doit passer par un projet global d’innovation pédagogique. Il ne peut en aucun cas dépendre de la volonté ou de la motivation de quelques enseignants, même si ceux-ci seront certainement d’excellents relais et moins encore d’une imposition venue du haut sans s’en donner véritablement les moyens.
Si ces conditions sont réunies, nous pouvons alors envisager la mise en place d’une pédagogie différente pour un apprentissage en accord avec notre temps. Nous devons vraiment faire que la classe change comme l’ont fait presque tous les autres espaces de notre entourage le plus immédiat. Sans être la seule réponse possible, la pédagogie inversée est certainement l’une des plus intéressantes actuellement car, comme le dit Marcel Lebrun, elle « est au confluent de trois courants : les approches par compétences, les méthodes actives et un usage « à valeur ajoutée » des technologies de l’information et de la communication considérées à la fois comme outils et comme ressources. »

Des changements pour mieux gérer (le temps de) la classe

classescienceConcrètement dans la classe de FLE, cette pédagogie doit nous permettre de laisser plus de temps à faire des choses dans la langue. On entend encore trop souvent qu’il n’y a pas le temps à réaliser les projets ou tâches proposés en fin d’unité de la plupart des manuels de FLE de ces dernières années. Quelle absurdité ! Et quelle incohérence ! Or, si nous arrivons à gérer différemment ce que nous faisons en classe et ce que nous faisons hors-classe, nous trouverons certainement le temps nécessaire pour que ne passe pas à la trappe ce qui est justement l’objectif ou la motivation de tout ce qui aura été demandé aux apprenants en amont. C’est plus de temps pour mettre en place des activités collaboratives. Si nous voulons que la technologie entre en classe, c’est pour favoriser l’apprentissage. Pourquoi expliquer une règle de grammaire en classe par exemple alors qu’on pourrait la mettre en ligne sous forme de capsule grammaticale à visionner en dehors de la classe (les plus jeunes apprenants savent le faire sans problème). Bien évidemment, cela nécessite de mobiliser de nouveaux savoirs-faire de la part des enseignants comme l’édition de capsules vidéos. Fastidieux si on travaille seul mais ne parle-t-on pas de favoriser le travail collaboratif ? Une nécessité pas seulement entre apprenants mais aussi entre enseignants pour construire ces nouveaux outils qui doivent accompagner ces nouveaux paradigmes de l’apprentissage. Et puis, on peut aussi demander aux élèves de créer leurs propres capsules de français à mettre en ligne. Une façon d’être à la fois créatif, de faire de la grammaire ou du lexique par exemple, de produire en français tout en joignant la technologie… N’est-ce pas plus motivant ?

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Pédagogie inversée : une carte mentale pour bien procéder

Posted by Philippe Liria sur 12/01/2015

cartementale.jpgPetit à petit, la pédagogie inversée est en train de gagner sa place au soleil. Les formations et les sites FLE s’en font de plus en plus l’écho, même si sa mise en place dans la classe de langue semble encore très discrète. Question de temps… Il y a à peine un peu plus de deux ans, c’était les yeux écarquillés que l’on écoutait untel parler d’inverser la classe (à commencer par les miens – à lire). Aujourd’hui, cette pédagogie fait son bonhomme de chemin car elle contribue à merveille à renforcer les tendances actuelles en enseignement/apprentissage des langues : autonomie, implication, responsabilité… On pourrait dire que, même si elle n’est pas nouvelle en soi (je vous renvoie au témoignage de Marcel Lebrun qui expliquait comment il inversait déjà ses cours dans les années 70), plusieurs éléments en favorisent la mise en place. A ce sujet, je vous recommande la lecture d’un article de Sophie Blitman en décembre dernier dans Educprosf.fr (La classe inversée, un véritable bouleversement pédagogique ?). Les cours hybrides qu’on trouve dans plusieurs établissements du réseau AF / IF sont la preuve qu’il faut absolument réfléchir à innover pédagogiquement. Pas question de supprimer la classe, qui doit, à mon avis, rester un lieu privilégié de rencontre mais il faut qu’elle évolue. Nous ne pouvons continuer à concevoir l’enseignement/apprentissage comme il y a 100 ans – et pourtant ! – et la conséquence d’un tel constat entraîne des changements à tous les niveaux (Certains parlent de tsunami numérique pour reprendre le terme d’Emmanuel Davidenkoff). Les institutions doivent réfléchir à de nouvelles façons de faire circuler les savoirs ; les acteurs de la classe – profs et élèves – doivent s’impliquer différemment ; les supports ne peuvent plus être ceux d’hier (en tout cas pas seulement) et nous devons absolument nous interroger sur les nouveaux outils de la classe, notamment sur l’avenir des manuels (sommes-nous en train de refermer la « parenthèse Gutenberg » ? comme l’a déjà suggéré Sauerberg dans ce monde de transition vers le numérique) ; les espaces aussi doivent être revus, qu’ils soient réels ou virtuels et bien entendu les techniques de classe doivent être revisitées (comme ses espaces d’ailleurs) à la lumière de tout ce qui est à la portée des enseignants et des apprenants. Dans ce contexte, sans parler pour autant de formule « miracle » (celle-ci n’existe pas), la pédagogie inversée peut apparaître comme une réponse à une partie de ces questions que nous nous posons face à ces défis de la classe non plus de demain, mais bien d’aujourd’hui, même si l’odeur et la poussière de la craie et la présence de vieux pupitres aux côtés d’un vieux tableau noir à moitié cassé nous rappellent encore trop souvent le XIXè que ce XXIè siècle dans lequel nous nous trouvons pourtant bien.
Mais comment la mettre en place ? Comment procéder pour que cette inversion de la classe prenne ? Quelles sont ses implications ? Quels sont les outils à prendre en compte ? Quel rôle pour chacun ? Elèves et professeurs, bien sûr mais aussi l’administration de l’établissement que ce soit sur les aspects plus techniques et technologiques (place du smartphone dans la classe/école, accès à Internet…) que sur la question pédagogique (l’enseignant doit se sentir soutenu dans sa démarche). Combien d’expériences novatrices sont frustrées par des administrations trop frileuses, craignant de perdre des élèves car le projet pédagogique n’est pas bien expliqué aux parents ou directement aux élèves dans le cas des apprenants adultes ?
C’est à ces questions et bien d’autres encore au sujet de la pédagogie inversée qu’essaie de répondre efficacement Sophie Guichard à travers une carte mentale que vous pouvez retrouver sur Youtube. Ses explications sont claires, accompagnés d’exemples précis qui vont certainement contribuer à diffuser un peu plus ce nouveau « champ de pensée (…) au niveau de la pédagogie » comme elle le dit elle-même. Encore une fois, cet exemple n’appartient pas au domaine de l’enseignement des langues mais à celui des mathématiques. Mais pourquoi les sciences s’y prêteraient-elles plus que les langues ? Ne cherchons-nous pas dans nos classes à favoriser la pratique de la langue ? Pourquoi l’explication de la théorie de Pythagore ou des logarithmes seraient-elles plus passionnante dans une capsule vidéo que celle de la différence entre imparfait et passé composé ? J’espère en tout cas que cette vidéo que j’ai découverte grâce aux excellents liens que propose le Facebook Journées FLE 2014 Institut français d’Espagne (merci Valérie) vous donnera des pistes de travail pour la classe.

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Comment éduquer au XXIe siècle ?

Posted by Philippe Liria sur 19/09/2014

Si vous ne l’avez pas encore eu entre les mains, je vous recommande le dernier numéro de Sciences humaines qui consacre un dossier sur l’éducation du XXIe siècle : Éduquer au 21eme siècle. Et pour compléter votre lecture, toujours sur le même sujet, lisez aussi la chronique Meirieu de Philippe Meirieu dans Le café pédagogique qui commente les innovations suggérées par Sylvain Marcelli dans son article « Huit idées pour réinventer l’école ». Philippe Meirieu propose notamment une réflexion sur la pédagogie inversée.

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L’élément de Robinson en un simple coup d’oeil

Posted by Philippe Liria sur 22/08/2014

Robinson Format 30Je vous ai beaucoup parlé de Ken Robinson et de ses travaux. Il y a quelques mois, je vous avais présenté sur ce blog L’élément dans sa version française (cf. article), un ouvrage indispensable pour mieux comprendre la réflexion autour d’apprentissage et créativité. Hier, c’est une amie (Merci !) qui m’a signalé un résumé de ce livre sous forme de mindmap que vous pouvez retrouver sur Format 3.0, le blog de Marco Bertolini, consacré, entre autres, à la pensée visuelle, mais aussi à la formation et l’éducation et d’une façon plus générale à l’emploi des technologies dans l’enseignement.

Au-delà de ce que dit ou écrit Ken Robinson, il est temps que dans l’enseignement du FLE, nous approfondissions nos réflexions sur les implications de la créativité dans l’apprentissage, que nous interrogions nos pratiques de classe, le matériel que nous élaborons, les programmes que nous concevons et voir ce que nous pouvons faire pour améliorer la place faite au « comment apprennent mes élèves » plutôt que nous centrer sur le « comment j’enseigne ». Il parait que c’est un point de vue très anglo-saxon, comme le signale Emmanuel Davidenkoff dans un entretien sur Médiapart, mais si cela contribue à l’obtention de meilleurs résultats, pourquoi ne pas le prendre en compte ?
Évidemment, cette réflexion nous obligera à revoir une grande partie de nos croyances autour de ce qu’il faut enseigner et pour les apprenants, ce qu’ils doivent apprendre. Pas simple, pour personne ! Car l’on sait que les réticences ne viennent pas que du corps enseignant. Elles viennent aussi des apprenants, s’ils sont adultes, et dans les cas des plus jeunes, souvent de leurs parents qui continuent à associer l’apprentissage de la langue à une accumulation des connaissances, notamment grammaticales. Et aussi des institutions qui pour mille et une raisons préfèrent rester conservatrices plutôt que d’oser de nouvelles pratiques de classe et bien entendu d’évaluation, car si celle-ci n’évolue pas, rien ne servira de changer. A ce sujet, les apports de l’approche actionnelle, de la pédagogie différenciée ou de la classe inversée pourraient ouvrir de nouvelles perspectives à condition de prendre le temps de les mettre en place, de les tester, de les corriger… Pas simple dans ce monde du FLE si précaire !

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Pédagogie inversée, un livre et une carte

Posted by Philippe Liria sur 02/05/2014

Voici deux informations concernant la pédagogie inversée…

La classe inverséeTout d’abord, une publication en français… Je ne l’ai pas encore lue mais on vient de me signaler – merci Rachel 🙂 -, la sortie en français d’un ouvrage sur la pédagogie inversée qui m’a l’air particulièrement intéressant. Il s’agit de La classe inversée
Technologie de l’éducation
de
Sams et Bergmann aux Éditions Reynald Goulet Inc. (2014). Il s’agit de la traduction de Flip Your Classroom: Reach Every Student in Every Class Every Day‘, livre qui fait référence sur le sujet.
Vous trouverez sur le site de l’éditeur le sommaire, la préface d’Isabelle Nizet, de l’université de Sherbrooke, et le premier chapitre en lecture en ligne.

J’en profite d’ailleurs pour reprendre en français ce qu’est et n’est pas la pédagogie inversée selon les auteurs de ce livre…
La pédagogie inversée, ce N’est PAS :

– Un synonyme de vidéo en ligne. La plupart du temps les personnes qui entendent parler de la pédagogie inversée font le lien avec des vidéos alors que ce qui le plus important, c’est l’interaction et les activités d’apprentissage pleines de sens pendant le temps d’échange ;
– Remplacer les enseignants par des vidéos ;
– Un cours en ligne ;
– Des apprenants travaillant sans structure ;
– Des apprenants qui passeraient leur temps en classe collés à l’écran ;
– Des apprenants qui travailleraient tout seuls dans leur coin.

La pédagogie inversée, C’EST :

– Un moyen d’augmenter le temps d’interaction et de contact personnel entre enseignants et apprenants ;
– Un environnement où les apprenants se responsabilisent de leur propre apprentissage ;
– Une classe où l’enseignant n’est pas le « sage en scène », mais le « guide sur le côté » ;
– Une combinaison entre l’instruction directe et l’apprentissage constructiviste ;
– Un cours où les apprenants absents parce qu’ils ont été malades ou ont dû s’absenter en raison d’activités extrascolaires (compétitions sportives par exemple) ne soient pas à la traine ;
– Un cours où les contenus sont systématiquement archivés pour la révision ou la remédiation ;
– Un cours où les apprenants sont pleinement impliqués dans leur apprentissage ;
– Un lieu qui favorise la pédagogie différenciée.
(traduction libre de l’anglais, version originale : The Flipped Classroom: What it is and What it is not)

La deuxième information, c’est cette carte heuristique que mentionne et commente Marcel Lebrun. Elle présente les différentes phases d’une séquence de pédagogiqe inversée. Scoop.iteLearning – entre pedagogies et technologies – between pedagogy et technology

Détail des 4 phases d’une séquence d’apprentissage en pédagogie inversée dans le premier degré. Différence fondamentale avec le second degré : l’ensemble du processus se passe en classe. Carte mentale établie par Claire Marotine, CPD Tice Marne

Marcel Lebrun‘s insight:

Une bien belle carte reprenant les principes de la classe inversée avec, en détail, certaines phases de l’enseignement stratégique : contextualisation, décontextualisation, recontextualisation … Je m’y retrouve pas mal. Cela pose la question de savoir si la première phase (en préalable aux activités et interactivités en classe) doit être une partie théorique (la matière, les fondements …) ou alors la quête des éléments de contextes qui seraient amenés en classe par les élèves. Amener la théorie en dehors de la classe ou amener les contextes dans la classe ?

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La classe inversée, invitée de la Rue des écoles sur France culture

Posted by Philippe Liria sur 23/02/2014

audio France-culturePour toutes celles et ceux qui s’intéressent à la pédagogie inversée ou ne la connaissent pas encore, je vous invite à écouter l’émission Rue des écoles du 19 février 2014. Trente minutes sont consacrées à ce modèle pas vraiment nouveau mais qui connaît, avec notamment la Khan Academy, un véritable engouement. Cela fait déjà quelque temps que je vous en parle et je peux confirmer l’intérêt que suscite cette pédagogie auprès des enseignants. L’émission le rappelle, ce n’est pas simple à mettre en place et il ne s’agit pas non plus de transformer sa classe au point de tout inverser. Pourtant cette pédagogie, directement liée au socio-cognitivisme, fait son chemin comme vous allez l’entendre. Profitez-en aussi pour lire les différents billets traitant la question que j’ai publiés sur ce blog.
Le site de France Culture complète l’émission avec quelques liens sur la pédagogie inversée.

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Pédagogie inversée : Et si ça prenait ?

Posted by Philippe Liria sur 02/02/2014

Il est certainement encore trop tôt pour savoir si toutes ces technologies dont nous parlons tant dernièrement vont finir par changer l’approche de l’enseignement-apprentissage ou si, comme cela s’est déjà vu dans le passé, nous aurons fini par faire couler beaucoup d’encre pour pas grand-chose. Je vous renvoie à ce sujet à la chronique d’Emmanuel Davidenkoff du mercredi 29 janvier. Il y évoquait les « rendez-vous manqués de l’école » avec les technologies et reprenait un excellent billet de Matt Novak sur ces 15 technologies qui auraient dû révolutionner le monde de l’éducation (15 Technologies That Were Supposed to Change Education Forever). Pour exemple, cette fillette qui dans les années 20 aurait retrouvé le goût de faire ses devoirs grâce à la radio à en croire les promesses de la revue Science and Education. Ne manquez surtout pas ce billet si vous ne l’avez pas encore lu !
The Radio Book of 1924
Mais on peut aussi imaginer que, à la différence de ce qui s’est passé à d’autres moments de l’histoire de l’éducation, la sauce prendra et que cela marchera. Ô miracle ! On constate d’ailleurs que de plus en plus d’établissements scolaires ou universitaires sont en train de changer leur façon de transmettre les savoirs, parce que leurs étudiants ont changé. L’usage des technologies est en plein essor. Aux États-Unis, près de la moitié des professeurs de l’enseignement supérieur est en train d’abandonner sa façon traditionnelle d’enseigner pour aller vers des modèles où les technologies liées au numérique prennent de plus en plus d’importance. Il ne s’agit pas de renoncer à un enseignement « classique » mais plutôt de chercher à mettre en place un système hybride. Cette combinaison entre numérique et nouvelle façon d’envisager la dynamique de la classe est certainement fondamentale d’autant que les étudiants d’aujourd’hui attendent autre chose de la classe que d’écouter la classe et prendre des notes. Les étudiants d’aujourd’hui ont grandi avec Internet haut débit, les jeux vidéos et les portables. On ne peut pas l’ignorer quand on envisage non pas la classe de demain mais bien celle d’aujourd’hui. La majorité souhaite que les parties plus théoriques de l’apprentissage se déroulent hors classe et permettent une plus grande autonomie tout en attendant de l’espace-classe qu’il favorise le travail en groupe et l’échange.
C’est ce qui nous fait penser que la pédagogie inversée (‘flipped classroom’) a certainement toute sa place dans l’évolution de l’enseignement-apprentissage. Le concept n’est pas nouveau en soi mais il est évident que l’arrivée en force des technologies en favorise rapidement le développement. Il motive différemment les élèves qui se sentent beaucoup plus impliqués dans leur apprentissage : l’espace-classe n’est plus un lieu de réception des savoirs, disponibles ailleurs et sur des supports variés. Il sert plutôt à l’échange, aux questions entre élèves et avec l’enseignant et à activer ses savoirs autour d’un projet. Les apprenants s’impliquent beaucoup plus dans la résolution des problèmes posés : ils sont plus créatifs, ils communiquent plus et interagissent beaucoup plus. Cela donne plus de sens à leur apprentissage.

Et en FLE?
Dans le domaine du FLE, nous voyons que de plus en plus de coordinateurs et d’enseignants s’y intéressent et commencent à mettre en place des initiatives pour que la pédagogie inversée fasse sont entrée dans la classe. Des expériences sont menées qui, espérons-le, déboucheront sur des résultats concrets et positifs. En tout cas, la réflexion sur la question a toute sa place puisqu’elle peut contribuer à envisager un espace-classe où les élèves puissent utiliser la langue ou s’interroger dessus après avoir visionné des capsules vidéo chez eux. Les notions de base sont ainsi préparées en amont à partir de la vidéo pour que l’espace-classe serve plutôt à une vérification et surtout une mise en pratique de ces notions en réalisant une tâche ou un projet.
Des capsules en ligne existent déjà comme celle que propose le site canadien de La machine à écrire. Pas conçu pour un public FLE, il est trop difficile pour des niveaux débutants, mais les explications sont tout à fait accessibles pour des apprenants de B1 et plus, ce qui permet de réviser chez soi les règles tout en vérifiant si l’on a compris. Et puis, cela peut donner des idées sur l’édition de ces capsules : pas questions d’avoir en face, sur l’écran, le visage d’un enseignant, ce qui serait soporifique pour l’apprenant, mais plutôt une animation, en musique, qui illustre les propos pour rendre l’explication plus claire.
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J’imagine, à un niveau A1/A2, la leçon sur le passé composé : la maison du verbe « être » animée dans un diaporama que l’apprenant pour voir et revoir autant de fois qu’il veut avec des exemples précis d’emploi. Tout se passe hors classe. Et quand il arrive dans la salle, ce n’est pas pour écouter le professeur expliquer que certains verbes se conjuguent avec l’auxiliaire « être » mais pour poser des questions sur ce qui ne serait resté flou ou pour échanger avec les autres apprenants de la classe à partir d’un questionnaire que le professeur aurait élaboré afin de motiver la réflexion autour de ce point de langue et finalement réaliser une tâche, plus ou moins développée, dans laquelle les apprenants devraient utiliser le passé composé voire expliquer à leur tour la règle. Ce ne sont d’ailleurs pas les exemples qui manquent où l’on voit des élèves mettre en images et en musique le célèbre couple Dr & Mrs Vandertramp – nom issu des principaux verbes conjugués avec « être »-. Voici deux exemples de travaux d’élèves d’un lycée de Monterrey (Mexique) expliquant l’utilisation d' »être » :
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Et puis les leçons n’ont pas besoin d’être forcément traditionnelles. On peut justement les rapper comme on le voit dans cet exemple sur les participes passés proposé par le CEGEP de Jonquière :
Rap des participes passés
Ce changement, profond changement dans la dynamique de la classe, ne peut bien entendu être mis en place sans un accompagnement des enseignants et la mise à disposition des conditions matérielles pour que justement la technologie soit au service de l’apprentissage. Il faut notamment que les professeurs apprennent à éditer ces capsules et à proposer un contenu dynamique.
Des conseils existent en ligne comme ceux de Fiona Boughey qui explique sur son prezi (en anglais) comment mettre en place la pédagogie inversée en classe de français.
Je vous renvoie sur ce point à un billet précédent dans lequel je vous parlais d’un dossier sur la classe inversée qui apportait des pistes de travail pour la mise en place de cette pédagogie.
Alors cela prendra-t-il ? Trop tôt encore pour savoir si la montagne accouchera d’une souris, mais je suis convaincu que l’expérience en vaut la chandelle. Et vous, avez-vous essayé ?

Note : une partie des informations de ce billet sur la pédagogie inversée dans l’enseignement supérieur aux États-Unis est tirée de
Colleges Go Proactive with Flipped Classrooms par Wylie Wong dans EdTech.

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La pédagogie inversée… Conseils et exemples pour sa mise en place

Posted by Philippe Liria sur 06/01/2014

Quand vous parliez de pédagogie inversée ou de « flipped classroom » il y a encore quelque temps, on vous regardait avec des yeux d’étonnement. Alors que de nombreux pédagogues du Québec en parlait et que la presse québécoise s’en était fait l’écho (ex.:
La pédagogie inversée: qu’est-ce ? dans La Presse), c’est à peine si le sujet avait été traité en France. D’ailleurs, côté FLE, il me semble qu’une revue spécialisée comme Le Français dans le monde n’a pas encore abordé le sujet. Dommage! Ça viendra certainement…

Ceci dit, depuis septembre les choses ont l’air de bouger un peu (pas en FLE mais dans la classe de façon plus général) : l’arrivée de la Khan Academy en France et le développement des MOOC (et les doutes qu’ils soulèvent) dont le FUN ont suscité un certain intérêt qui a permis de donner une certaine diffusion de la pédagogie inversée et des concepts qu’elle développe. La presse généraliste française a publié de nombreux articles sur la pédagogie inversée (ex. : Le blog Internet Actu du journal Le Monde en octobre) et des expérimentations à grande échelle sont en train de se mettre en place. Je pense notamment à celle que mène depuis octobre 2013 le lycée Marguerite Yourcenar d’Erstein dans le Bas-Rhin. Les professeurs de 2nde et de 1re de plusieurs disciplines (Français, Sciences économiques et sociales, Histoire, SVT, Allemand et Anglais) et deux niveaux de classe se sont impliqués dans un projet qui combine la pédagogie inversée et l’approche actionnelle. Cette expérimentation est filmée. Je vous conseille de vous rendre sur le site et de visionner les différentes capsules en ligne (trois épisodes divisés en plusieurs parties pour le moment mais les autres seront disponibles à mesure qu’avancera l’année scolaire) : vous pourrez y voir des exemples concrets de mise en place de la pédagogie dans la classe, voir la préparation des contenus didactisés, écouter les réactions des enseignants et des lycéens et vous pourrez vous-mêmes réagir ou poser des questions en intervenant sur le forum de cette websérie pédagogique.
Cet intérêt, je le constate moi-même sur ce blog en voyant comment depuis quelques mois vous êtes de plus en plus nombreuses/-eux à chercher des informations sur cette pédagogie.

Si l’envie vous prend de mettre en place une expérimentation de pédagogie inversée, vous pouvez aussi être intéressés par « dossier classe inversee« , un petit dossier, petit mais très complet, paru au printemps 2013 pour que vous puissiez justement vous lancer. Élaboré par Audrey Miller pour le compte d’Infobourg et de Carrefour éducation, il a pour objectif de proposer « de faire le tour de la question et de prendre connaissance de l’expérience de certains enseignants. Ainsi, chacun
sera en mesure de voir si l’option peut lui convenir.
 » Après un rappel des caractéristiques de la pédagogie inversée, le dossier passe en revue les outils qui en permettent la mise en place puis s’attarde sur le comment faire pour vraiment passer de la théorie à la pratique, sans oublier quelques trucs fort utiles. Finalement, vous y trouverez un guide de ressources pour en savoir plus sur la pédagogie inversée et pour trouver des exemples concrets de mise en pratique. Vous verrez que la plupart sont des exemples en lien avec des disciplines non linguistiques, et plutôt scientifiques. Comme je l’ai déjà signalé dans des billets précédents sur la pédagogie inversée, il semblerait que pour le moment il n’y ait pas vraiment d’expérimentation menée dans le domaine des langues, notamment du FLE. J’attends rapidement d’être corrigé et pouvoir écrire un billet sur les exemples qui pourraient exister…
Finalement, et merci à Elena Pérez pour la suggestion, je voudrais signaler comment la baladodifusion vidéo peut être mise au service de la pédagogie inversée comme le montre ce diaporama proposé par Samuel Bernard, encore un professeur de mathématiques ! Mais cela peut donner des idées…

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