Le blog de Philippe Liria

Auteur, formateur, consultant et éditeur de français langue étrangère (FLE)

Posts Tagged ‘Tableau blanc interactif’

Quelle place pour les nouvelles technologies en classe ?

Posted by Philippe Liria sur 04/01/2012

Le New York Times organise un intéressant débat sur la place des nouvelles technologies en classe. Ce n’est pas la classe de FLE mais la réflexion en vaut la peine alors que nous voyons entrer dans nos salles de classe les TNI, les smartphones et autres outils qu’on englobe dans cette appellation de « nouvelles technologies ». Or nos impressions, celles des professeurs que je rencontre un peu partout dans le monde, sont souvent partagées. On s’interroge, légitimement, sur les bénéfices qu’en tirent véritablement nos élèves et on se demande souvent si ces outils contribuent vraiment à mieux apprendre.
Je vous invite donc à lire les différentes opinions de ce débat que nous propose la « Room for Debate » du NYT, vous y trouverez des opinions, variées, et une somme d’exemples fort intéressants qui pourront peut-être vous donner des pistes pour l’utilisation de ces outils dans vos classes.
Pouvons-nous, par exemple, ignorer les smartphones ? Nos élèves – et nous-mêmes de plus en plus – les utilisons à tout moment. Il est donc certainement nécessaire d’admettre cette réalité et de chercher des façons de les rendre utiles à l’apprentissage, peut-être comme un prologement de la classe. C’est la réflexion à laquelle nous invite Will richardson, Powerful learning practice, qui revendique l’utilisation du smartphone comme reflet de la réalité de notre monde numérisé.
Sans les rejeter, Paul Thomas, membre du Radical Scholarship, rappelle que la technologie doit accompagner l’enseignant dans son travail quotidien ; or, pour Paul Thomas, les nouvelles technologies n’auraient fait qu’augmenter les coûts en achat de matériel – particulièrement onéreux – au détriment de la formation des professeurs sans qu’on ait vraiment démontrer les bénéfices de ces « nouvelles technologies ». Il demande à ce que l’école de se laisse pas aveugler par ces outils et n’oublient pas les enseignants. Ce n’est pas l’avis d’Eric Shenninger qui dénonce la mise à l’index qui est souvent fait des nouvelles technologies et des réseaux sociaux. Il reproche aux enseignants d’ignorer le pouvoir de ces outils dans l’enseignement/apprentissage. Il rappelle qu’ils contribuent à la communication, à la collaboration entre les apprenants et donc à leur créativité. Ces outils, qui font partie de leur quotidien, les impliquent encore plus ce qui contribue à les motiver dans leur apprentissage. Un exemple concret de mise en oeuvre des nouvelles technologies, c’est celui que nous donne Shekemma Silveri qui à travers ces cours à distance et grâce à l’utilisation des réseaux sociaux en ligne fait entrer le monde dans l’espace-classe. Ou encore celui que nous donne Ann Leaness, membre du bureau de la fondation Edcamp Foundation et fervente utilisatrice du TNI et qui décrit son expérience de classe où le tableau interactif n’est qu’un outil de plus qui n’empêche en rien que ces classes soient des lieux de travail en groupe réduit, de débats, etc.
On peut retenir aussi un bémol, celui de Vicki Davis, co-fondatrice de Flat Classroom Projects qui, sans remettre en cause les nouvelles technologies en soi, au contraire, souhaiterait que celles-ci permettent de faciliter l’individualisation de l’apprentissage, notamment au moment d’évaluer.
Des échanges à lire et qui surtout devraient en permettre d’autres, notamment par rapport à la place que nous donnons, nous, aux nouvelles technologies dans nos classes.

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 » Aucune école ne doit investir dans la technologie sans investir de manière substantielle dans la formation des enseignants. »

Posted by Philippe Liria sur 25/09/2011

« Aucune école ne doit investir dans la technologie sans investir de manière substantielle dans la formation des enseignants. » Cette phrase est tirée d’un article d’Hubert Guillaud (Dans les salles de classe, les résultats ne progressent pas)sur le blog qu’il co-anime avec Xavier de La Porte et Rémi Sussan, Inter Actu. Cette affirmation n’est pas anodine et soulève une question bien présente aujourd’hui dans les établissements. On sait ce qui se passe, on implante les technologies comme les TNI dans les salles de classe, on dote les élèves d’ordinateur portable et un certain technodéterminisme nous fait croire qu’avec ça, on a trouvé une réponse à tous les problèmes de la classe. Pourtant, dans certains États des Etats-Unis où ces technologies ne sont plus au stade de l’expérience, on se pose légitimement des questions sur les résultats des élèves et la place du prof. On a vu, comme le rappelait le NYT dans un article de mars dernier des écoles qui pensent que la technologie peut remplacer les enseignants comme ces classes virtuelles en Floride qui prétendent résoudre le problème des sureffectifs. (Disponible en français sur le site du Courrier International)
En Europe, on voit comment les investissements en technologie se font souvent au détriment de la formation des enseignants. On voit même des enseignants fonder leur choix non pas sur des critères pédagogiques mais sur des questions technologiques. Peu importe le contenu, ce qui importe c’est l’emballage : plus il est interactif, mieux c’est. Quant à l’interaction, elle viendra après, s’il y a le temps.
Je reprends un autre extrait de l’article de Guillaud qui cite la chercheuse américaine, Cathy Davidson : « Nous ne sommes pas responsables en tant qu’éducateurs si nous ne faisons qu’enseigner avec la technologie, car il faut également enseigner à travers elle, sur elle et à cause d’elle. Nous devons faire comprendre aux enfants sa puissance, son potentiel, ses dangers, ses usages. Ce n’est pas seulement un investissement qui en vaut la peine, mais c’est un investissement qu’il serait irresponsable d’éviter. » Et elle a certainement raison à condition, comme elle le dit par ailleurs, que nous aidions à comprendre la technologie et pour cela, il faut que les enseignants non seulement la connaissent mais surtout la maîtrise. Or, nombreux sont ceux qui découvrent ces technologies en même temps que leurs élèves (voire même après dans certains cas).
En fait la question n’est pas d’être pour ou contre les technologies dans la salle de classe, je crois que tout le monde est d’accord qu’elles sont devenues un outil de plus au service de l’apprentissage. Dans le même temps, leur entrée se fait souvent très, trop vite sans qu’on ait eu le temps de « repenser l’éducation ».

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Dépassés par les TICE ?

Posted by Philippe Liria sur 06/01/2011

En France, on le sait, malgré le discours dominant, les TICE sont encore à la traine. En Espagne et plus particulièrement en Catalogne, pour parler d’un cas que je connais bien, on voit les contradictions entre discours et réalité : les élèves sont prêts, mais les écoles n’ont pas ou mal implanté les ordinateurs ou les TBI, les livres ne sont pas disponibles ou que partiellement et surtout, les professeurs ne sont pas formés. Ce constat est aussi valable dans des pays qui ont pourtant depuis longtemps misé sur Internet et l’ordinateur en classe comme c’est le cas du Québec (à lire : Nos écoles en retard dans le Journal de Montréal). Or, on ne pourra vraiment tirer profit de ces nouveaux outils que si on met en place une véritable politique de formation des enseignants. On en parle beaucoup, mais j’ai l’impression qu’il s’agit d’une autre Arlésienne. Au cours de mes différents voyages à travers le monde, j’ai pu malheureusement constaté que c’est trop souvent le cas un peu partout, même si on peut applaudir d’excellentes initiatives prises en Amérique Latine et qui vont dans le bon sens : on cherche à former les professeurs tout en distribuant des ordinateurs, en développant la présence d’internet dans les lieux les plus reculés, etc. À ce sujet, je recommande la lecture de ¡Basta de historias! de Andrés Oppenheimer.

 

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L’approche actionnelle à l’IFAL (México, D.F.)

Posted by Philippe Liria sur 22/12/2010

On ne peut concevoir un enseignement novateur que si celui-ci est accompagné d’une formation permanente des professeurs. Partant de cette constatation, les Editions Maison des Langues (EMDL) se sont engagées dès leur début à contribuer à cette formation par le biais d’ateliers et de conférences dans le monde entier. En novembre dernier, se tenait ainsi la première Rencontre FLE en Amérique Latine et dans un lieu on ne pouvait plus prestigieux, l’IFAL. Pendant une journée entière, plus de 165 professeurs de français du D.F. mais aussi des alentours, ont assisté à une conférence et un atelier de Christian Puren et à deux autres ateliers, l’un mené par Patrick Riba, directeur-adjoint de l’IFAL et l’autre que j’avais l’honneur d’animer. L’ensemble portait sur une réflexion pédagogique autour de l’apprentissage des langues, la place de l’actionnel et celle des technologies dites « nouvelles », comme le livre numérique ou le TBI.
Un moment d’échanges, de réflexions mais aussi de détente et de bonne humeur. Merci à toutes et à tous !
Regardez la vidéo sur You Tube
Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site d’Editions Maison des Langues.

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Le multimédiaction

Posted by Philippe Liria sur 04/04/2010

Les TBI entrent de plus en plus dans la classe. Que ce soit en Europe ou en Amérique latine, en Asie ou en Afrique, les établissements sont en train d’être équipés en tableaux interactifs. Les supports varient, ils peuvent être plus ou moins développés, mais ce qui est certain, c’est qu’il ne s’agit pas d’un simple effet de mode mais d’une tendance appelée à se généraliser. Pourtant, si l’on parle avec les enseignants, des questions et des doutes pointent. Ils se demandent souvent à quoi va leur servir ce tableau si la formation et les contenus n’accompagnent pas le support.

En effet, le TBI n’est qu’un support. Un TBI sans contenu, c’est comme un ordinateur vide. Et si en plus, la formation ne suit pas, nous risquons de nous retrouver face au même problème qu’au début de la généralisation des ordinateurs dans les écoles, souvenez-vous : l’ordinateur était dans un coin et on lui préférait la machine à écrire ! Et je ne parle pas d’un temps si lointain…

Bref, il est important de créer des contenus pour le TBI. Les nouveaux manuels doivent donc à la fois contenir des éléments spécifiques pour ce nouveau support tout en préservant la dynamique préconisée ces dernières années qui rend l’apprenant acteur de son apprentissage. Il faut donc favoriser un apprentissage qui passe par les nouveaux et nombreux moyens que nous proposent les nouvelles technologies sans perdre de vue que l’interactivité, l’action, doit avoir dans la classe. Cette combinaison, c’est le multimédiaction. Il s’agit de fournir aux professeurs un outil complet et complexe qui va au-delà du simple flipbook interactif. On ne se contente pas de tourner les pages mais on y trouve des interactions, parfois simples comme l’écoute ou la projection d’un document ; parfois plus complexe car d’un clic, on se retrouve sur une page d’activités dynamiques ou sur un site web 2.0 qui cherche à créer des interactions entre les apprenants de français des quatre coins de la planète. Derrière le multimédiaction, il y a donc l’idée de regrouper un large éventail des possibilités qu’offrent aujourd’hui les nouvelles technologies pour rendre l’apprentissage plus efficace dans la classe et au-delà de ses murs.

Le multmédiaction a été utilisé pour la première fois par la maison d’édition Difusión/Éditions Maison des Langues pour désigner l’ensemble des contenus pour TBI et web 2.0 qu’elle présente à l’intérieur d’une clé USB.

La clé USB de Version Originale 1

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Un TBI ? Pour quoi faire ?

Posted by Philippe Liria sur 22/12/2009

Photo : García Ortega

En 2010, DifusiónEDML va proposer de nouveaux contenus pour le tableau blanc interactif ou TBI. Ce sera un complément didactique qui vous permettra de tirer le meilleur parti de nos manuels pour vos classes. Mais nous ne voulons pas nous contenter de concevoir du matériel pour les professeurs, nous voulons aussi et surtout le faire avec les professeurs. C’est pourquoi nous avons ouvert ce blog, afin de vous permettre d’y laisser vos remarques ou vos commentaires sur ce nouveau support et le matériel qui doit ou devrait l’accompagner. Ce blog se veut être un véritable lieu d’échanges et de débat.

Au cours de nos ateliers et journées, nous avons recueilli des opinions de professeurs sur le TBI. En voici un petit résumé que nous vous proposons sous forme de liste :

  1. Le TBI doit être au service de l’enseignant et pas l’inverse ;
  2. C’est notre méthodologie qui doit déterminer l’usage du TBI mais en aucun cas le contraire ;
  3. Sans une réflexion méthodologique préalable qui définirait l’intégration du TBI dans la classe, le TBI n’est qu’un support onéreux pour une simple projection de PDF ;
  4. Si les élèves n’apprennent vraiment qu’en communiquant, le TBI ne sera le bienvenu que s’il renforce la communication et l’interaction dans la classe ;
  5. C’est beaucoup plus pratique que d’avoir à manipuler un tableau, un lecteur CD, un projecteur, un téléviseur… C’est vraiment pratique ;
  6. Le progrès dans la classe ne vient pas de la technologie mais de la méthodologie : le TBI ne sert à rien si les méthodologies sont dépassées ;
  7. La valeur d’un outil didactique dépend de son utilité dans la classe, pas de son prix sur le marché ni d’un effet de mode ;
  8. Le TBI permet de rendre les corrections d’activités beaucoup plus interactives.
  9. Les élèves ne viennent pas en classe pour se taire devant un écran de projection. Autant aller au cinéma !
  10. Un écran avec des présentations dynamiques peut maintenir la motivation des élèves une semaine ; en revanche, une dynamique de classe actionnelle où dominent l’interaction et la conscientisation de l’apprentissage maintiendront la motivation pendant toute l’année ;
  11. Selon  le CECR, l’élève est au centre du processus d’apprentissage, pas le TBI ;
  12. Les élèves adorent. On sent que le TBI crée une nouvelle dynamique qui les motive.

Ces idées vous inspirent ? Qu’ajouteriez-vous ? Vous n’êtes pas d’accord ? Nous attendons vos réactions !

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