Le blog de Philippe Liria

Auteur, formateur, consultant et éditeur de français langue étrangère (FLE)

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Quelle valeur ajoutée pour les contenus numériques dans l’enseignement du FLE ?

Posted by Philippe Liria sur 24/09/2012

Le 21 septembre dernier, s’est tenue à Barcelone la 23e Journée DIM (Didactique, Innovation et Multimédia). Cette année, parmi les thèmes qui centraient l’attention des experts, il y avait la question de la valeur ajoutée des contenus numériques dans l’éducation. Les conclusions de la table ronde de cette journée m’ont paru particulièrement intéressantes, même si je ne les partage pas forcément dans leur globalité. Publiées en espagnol sur le site de Pere Marquès, directeur du groupe DIM, je me suis permis de les traduire car elles apportent des éléments de réflexion intéressants. Vous pouvez retrouver le texte original, dans son intégralité, sur le site du groupe.
La lecture de ce compte rendu suscitera sans aucun doute des réactions en raison de certaines affirmations. C’est normal et c’est la fonction du débat. Il serait intéressant, une fois la lecture faite de s’interroger justement sur la place qui est faite au manuel numérique et plus largement aux contenus numériques dans la classe de langue, notamment celle de FLE que ce soit au collège – comme il est en surtout question dans ce débat -, au lycée ou à l’université mais aussi dans les autres institutions où le FLE est la raison d’être.

Pour aller plus loin aussi dans cette réflexion sur les TICE, je vous propose de visiter le blog de Bruno Devauchelle. Il y est aussi question de TICE et son animateur, spécialiste du sujet, s’interroge sur l’efficacité des TNI ou encore des activités pour tablette allant même jusqu’à parler de « tromperie ». Je vous laisse donc lire et apprécier depuis votre expérience ces points de vue, certainement complémentaires, sur des thèmes qui reviennent régulièrement lors des ateliers que j’anime.

Compte rendu de la 23e Journée DIM (Trad. de l’espagnol)

Les participants à cette journée étaient :
Antonio Cara (conseiller d’Education et Connaissance en Réseau de la Fundación Telefonica), Esteban Lorenzo (Directeur de la maison d’édition scolaire Edebé-Digital), Santiago Serrano (Responsable de la Délégation de Macmillan en Catalogne) et Jordi Vivancos (Département d’Éducation de la Generalitat de Catalogne).
Le débat était moderé par Pere Marquès (professeur à l’Université Autonome de Barcelone (UAB) et responsable du groupe DIM).
Pere Marquès et Paloma Valdivi sont les auteurs de ce compte rendu de cette table ronde.

Face à l’immense galaxie informative qui est aujourd’hui gratuitement à notre portée, les manuels scolaires sélectionnent une partie de cette information (que constitue une réponse complète aux programmes scolaires officiels), ils la préparent et la structurent pour qu’elle soit facilement assimilable par les élèves, tout en l’accompagnant d’une bonne collection d’activités pour faciliter la compréhension/mémorisation ainsi que la mise en pratique des connaissances que suppose le développement des compétences. Ils orientent l’enseignant et lui simplifie le travail (ce n’est pas à lui de chercher l’information) en lui fournissant des ressources élémentaires qui lui font gagner du temps.

1. QUELLE VALEUR AJOUTÉE NOUS APPORTENT LES MANUELS SCOLAIRES NUMÉRIQUES ?

Nous savons aussi que les « bons manuels scolaires numériques » nous apportent la même chose qu’un « bon manuel scolaire papier » et en plus : des vidéos, des animations, des simulations, des liens (vers des sites compagnons), des exercices auto-correctifs… Auncun doute : ils apportent de la « valeur ajoutée ». Voici ce que les participants à cette table rond ont mis en avant parmi les principales contributions du manuel numérique :

– l’interactivité qu’il apporte à l’élève. Jordi Vivancos a d’ailleurs cité les résultats d’une étude de John Hattie (Visible Learning : A Synthesis of Over 800 Meta-Analyses Relating to Achievement) : celle-ci met clairement en évidence que l’apprentissage des élèves est d’autant plus efficace qu’il y a mise en place de l’ interactivité/rétroalimantation ;

– Le feed-back immédiat des exercices auto-correctifs et des simulations (Héctor Ruiz) ;

Plus grande motivation et attention des élèves (en raison surtout de l’environnement multimédia et de l’interactivité, avec des réponses immédiates à ce qu’ils demandent/font) ;

Moins de temps consacré par le professeur à la correction d’exercices puisque la plupart sont auto-correctifs. Il pourra ainsi donner aux élèves plus d’exercices, si nécessaire, puisqu’on dispose de plus de temps. Les élèves pratiquent plus et amélioreront donc leur apprentissage ;

– On peut plus aisément intégrer des activités d’évaluation (et d’autoévaluation) dans les séquences d’apprentissage proposées aux élèves. En outre, on voit apparaître petit à petit des « systèmes adaptatifs » (Antonio Cara) qui permettent d’adapter les séquences d’apprentissage aux connaissances préalables et l’évolution des apprentissages de chaque élève (contenus numériques + intelligence artificielle) ;

– Les rapports/comptes rendus personnalisés fournis par ces supports et rendent plus simple pour l’enseignant le suivi de l’activité que réalise l’élève quand il interagit avec ces supports. (Héctor Ruiz). Comme ils connaissant mieux l’activité et les apprentissages de leurs élèves, les professeurs peuvent traiter de façon adéquate la diversité des besoins formatifs de ces élèves ;

– Il est facile de maintenir ces supports à jour et d’y inclure des informations d’actualité (Santiago Serrano), même si les maisons d’édition ne le font pas toujours ;

Actuellement, aux côtés du modèle classique de « manuel numérique » complet, il existe une offre de contenus éducatifs atomisés (objets d’apprentissage, Pepe Giráldez) de façon à ce que chaque enseignant ou chaque établissement peut élaborer (sur l’espace numérique d’enseignement de l’établissement) ses propres « manuels » (ou contenus de référence pour les élèves) en sélectionnant les « objets d’apprentissage » qui lui plaisent le plus (Esteban Lorenzo) parmi ceux que proposent les différentes maisons d’édition de contenus éducatifs multimédia – pour cela, il faut que les contenus suivent un protocole, le « common cartbridge » (Jordi Vivancos).

Les contenus numériques devraient être facilement malléables pour que les professeurs, et parfois les élèves, puissent les adapter à leurs besoins et contexte d’utilisation (Javi Vizuete).

Complémentarité. Le manuel scolaire numérique est un recours de plus dans la classe ; il ne remet pas en cause le manuel papier si celui est nécessaire (Xavier Gómez). S’il n’est pas nécessaire que chaque élève ait un manuel papier, on peut envisager une « bibliothèque de classe » avec les manuels des différentes maisons d’édition. Il ne faut pas oublier non plus que les départements d’éducation, que certains enseignants et même certaines maisons d’édition font la promotion de fonds structurés de ressources gratuites, qui peuvent, dans certains cas, être suffisants comme compléments à l’usage des manuels scolaires en papier.

2. INFRASTRUCTURES NECESSAIRES

Pour pouvoir utiliser les manuels numériques, il faut que les salles de classe disposent d’une bonne connexion à Internet (Héctor Ruiz) tant en réseau qu’en haut débit et que les élèves puissent avoir accès à un dispositif numérique (PC, tablettes, Smartphones…) leur permettant d’accéder et d’interagir sur les informations des contenus numériques et d’interagir avec (environ 30% du temps de classe hebdomadaire car les TICE ne doivent pas nécessaires pour toutes les activités).
Il ne faut pas seulement prendre en compte les spécificités de chaque méthodologie mais aussi, cas par cas, se demander si l’usage de contenus numériques dans chaque matière et à tout âge est nécessaire (Antonio Cara).
Pour Jordi Vivancos, actuellement, la salle de classe idéale, c’est « celle que nous avons ». Nous devons tirer le meilleur profit de ce que nous avons car les temps ne sont pas aux grands investissements. Il faut en outre profiter du fait que 90% des familles avec des enfants en âge de scolarité disposent d’ordinateur et d’Internet chez elles, ce qui permet aux élèves de faire une partie des activités TICE à la maison. Ensuite, en classe et grâce au TNI, on peut consacrer du temps à partager et à réviser ces travaux.
Pour éviter les problèmes de haut débit que pourraient avoir les établissements si tous les élèves travaillaient avec les manuels numériques en ligne, les maisons d’édition ont tendance à proposer des formats hybrides qui consistent à insaller des contenus sur les serveurs des établissements et ainsi réduire les téléchargements.
Il faut aussi prendre en compte les besoins en ressources humaines : le coordinateur pédagogique TICE, l’agent de maintenance… (Santiago Serrano).

3. LA PROBLÉMATIQUE ASSOCIÉE À L’USAGE DES MANUELS NUMÉRIQUES

Les manuels papier posent peu de problème : ils sont toujours disponibles y compris avec peu d’éclairage, ils permettent une lecture plus reposée (séquentielle, bonne lisibilité des caractères…) et une prise de note directe ou sur des post-it.
On associe à l’usage des manuels numériques les problèmes suivants : dépendance TIC (il faut un dispositif numérique) ; il faut souvent déplacer les dispositifs de salle en salle (chariots pour ordinateur…) ; les câbles et les connexions, le mobilier (tables fixes…) et les installations (peu de prises…) rendent difficiles le travail collaboratif et l’usage des TIC ; les ordinateurs et les écrans réduisent la visibilité et l’espace de travail ; il y a plus de bruit en classe (Santiago Serrano) ; il y a tendance à lire superficiellement (comme le montrent les résultats de test PISA2009 qui indiquent le peu de compréhension de lecture à l’écran – Jordi Vivancos) ; les hyperliens peuvent finir par désorienter les élèves ou augmenter leur distraction (surtout si l’enseignant ne se promène pas entre les élèves pendant qu’ils travaillent avec des contenus numériques) ; les enseignants n’ont pas toujours (ni les élèves d’ailleurs) la formation nécessaire pour faire un bon usage didactique des contenus numériques…

4. VERS OÙ ALLONS-NOUS ?

Il y a plus de 100 ans, Giner de los Ríos et d’autres fondateurs de la Escuela Nueva (note de trad. : Education nouvelle) faisaient déjà la promotion dans certains cas d’un apprentissage où chaque élève élaborerait son propre manuel, ce qui demandait d’avoir une vision générale des sujets, de chercher et de sélectionner les renseignements, de les analyser et d’en faire la synthèse, de débattre et de corriger ensemble (camarades et professeur)… Actuellement, comme les professeurs et les élèves ont à leur portée une quantité infinie d’information, il serait très facile d’encourager chaque élève à créer son propre livre sur un wiki !
Si dès l’âge de 10 ans chaque élève disposait à l’école d’un dispositif numérique (netbook, tablette…), cela aurait-il un sens pour lui d’utiliser aussi des livres numériques ? Dans ce cas, devrait-il acheter un livre numérique pour chaque matière ? (même à très bas prix). Et plus encore, ne devrait-il pas plutôt disposer d’un « livre-album » qui le guiderait dans les informations à chercher sur Internet (ou sur une base de données fermée de la plateforme de l’établissement scolaire) pour élaborer son propre livre de texte ?

Actuellement les manuels numériques ressemblent énormément aux manuels papier (Antonio Cara). Les manuels numériques n’ont pas encore développé tout leur potentiel grâce aux fonctionnalités que leur apporte la technologie. On attend qu’ils intègrent les techniques de l’intelligence artificielle (systèmes adaptatifs, « teachable agents » que les élèves entrainent) et qu’on profite mieux encore des énormes possibilités d’apprentissage dont on dispose à partir des simulations (Héctor Ruiz).

Comme il a déjà été dit, on assiste à une tendance à la fragmentation des contenus et au micro-paiement pour ces « objets d’apprentissage » qui intéressent (Esteban Lorenzo). Le manuel numérique peut évoluer vers une sorte de « container » de connexions (Antonio Cara).
(…)

5. EFFICACITÉ ET AMÉLIORATION DU RENDEMENT DES ÉLÈVES. L’IMPORTANCE DES MÉTHODOLOGIES.

Bref, ce qui compte, et c’est l’objectif des ressources didactiques, c’est de faciliter les apprentissages des élèves. Il serait absurde de dépenser plus en technologie et en ressources pour obtenir les mêmes résultats qu’auparavant. L’utilisation des livres numériques indique-t-elle une amélioration des résultats scolaires si les élèves les utilisent « bien » ?
Nous avons d’une part les études citées par Jordi Vivancos dans le livre Visible Learning (plus il y a d’interaction/rétroalimentation, mieux on apprend). Il faut par conséquent renforcer au maximum des contenus numériques qui génèrent cette interaction entre les élèves. Les manuels numériques agiront donc comme des catalyseurs d’apprentissages (Santiago Serrano).

Dans le cadre du groupe DIM-UAB les deux études importantes réalisées sur les manuels numériques mettent en avant qu’un « bon usage de ces supports peut vraiment contribuer à améliorer les rendements des élèves » : l’enquête sur l’orthographe avec les manuels de Digital-Text (en espagnol) a démontré de façon empirique une amélioration de 23% dans le rendement des « élèves numériques » par rapport à ceux qui avaient travaillé l’orthographe sans le support de TIC (Héctor Ruiz) ; et dans l’enquête sur les manuels Educaline (en espagnol), 2 professeurs sur 3 ont considéré que leurs élèves avaient appris plus. Dans ces enquêtes, les professeurs ont été orientés de façon à ce qu’ils utilisent les contenus numériques selon des méthodologies qui sont responsables du succès obtenu, en profitant de façon appropriée la « valeur ajoutée » des ressources numériques.
Parfois les contenus numériques ne misent pas sur une méthodologie didactique claire (Esteban Lorenzo). Il serait souhaitable que les manuels numériques soient au service d’une méthodologie novatrice (Antonio Cara).

Comme je l’écrivais au début de cet article, les questions sont nombreuses et on peut légitimement s’interroger sur certaines réponses. On sait aussi que la réalité de la classe rend souvent difficile l’utilisation des TIC et qu’il ne faut pas perdre de vue que, plus que l’interactivité, ce que nous recherchons dans nos classes de français, c’est l’interaction pour mener à bien un projet final ou tâche.

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Le web 2.0 en classe de langue. Une réflexion théorique et des activités pratiques pour faire le point

Posted by Philippe Liria sur 29/03/2012

À lire cette note de lecture sur l’ouvrage Le web 2.0 en classe de langue. Une réflexion théorique et des activités pratiques pour faire le point.

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Quelle place pour les nouvelles technologies en classe ?

Posted by Philippe Liria sur 04/01/2012

Le New York Times organise un intéressant débat sur la place des nouvelles technologies en classe. Ce n’est pas la classe de FLE mais la réflexion en vaut la peine alors que nous voyons entrer dans nos salles de classe les TNI, les smartphones et autres outils qu’on englobe dans cette appellation de « nouvelles technologies ». Or nos impressions, celles des professeurs que je rencontre un peu partout dans le monde, sont souvent partagées. On s’interroge, légitimement, sur les bénéfices qu’en tirent véritablement nos élèves et on se demande souvent si ces outils contribuent vraiment à mieux apprendre.
Je vous invite donc à lire les différentes opinions de ce débat que nous propose la « Room for Debate » du NYT, vous y trouverez des opinions, variées, et une somme d’exemples fort intéressants qui pourront peut-être vous donner des pistes pour l’utilisation de ces outils dans vos classes.
Pouvons-nous, par exemple, ignorer les smartphones ? Nos élèves – et nous-mêmes de plus en plus – les utilisons à tout moment. Il est donc certainement nécessaire d’admettre cette réalité et de chercher des façons de les rendre utiles à l’apprentissage, peut-être comme un prologement de la classe. C’est la réflexion à laquelle nous invite Will richardson, Powerful learning practice, qui revendique l’utilisation du smartphone comme reflet de la réalité de notre monde numérisé.
Sans les rejeter, Paul Thomas, membre du Radical Scholarship, rappelle que la technologie doit accompagner l’enseignant dans son travail quotidien ; or, pour Paul Thomas, les nouvelles technologies n’auraient fait qu’augmenter les coûts en achat de matériel – particulièrement onéreux – au détriment de la formation des professeurs sans qu’on ait vraiment démontrer les bénéfices de ces « nouvelles technologies ». Il demande à ce que l’école de se laisse pas aveugler par ces outils et n’oublient pas les enseignants. Ce n’est pas l’avis d’Eric Shenninger qui dénonce la mise à l’index qui est souvent fait des nouvelles technologies et des réseaux sociaux. Il reproche aux enseignants d’ignorer le pouvoir de ces outils dans l’enseignement/apprentissage. Il rappelle qu’ils contribuent à la communication, à la collaboration entre les apprenants et donc à leur créativité. Ces outils, qui font partie de leur quotidien, les impliquent encore plus ce qui contribue à les motiver dans leur apprentissage. Un exemple concret de mise en oeuvre des nouvelles technologies, c’est celui que nous donne Shekemma Silveri qui à travers ces cours à distance et grâce à l’utilisation des réseaux sociaux en ligne fait entrer le monde dans l’espace-classe. Ou encore celui que nous donne Ann Leaness, membre du bureau de la fondation Edcamp Foundation et fervente utilisatrice du TNI et qui décrit son expérience de classe où le tableau interactif n’est qu’un outil de plus qui n’empêche en rien que ces classes soient des lieux de travail en groupe réduit, de débats, etc.
On peut retenir aussi un bémol, celui de Vicki Davis, co-fondatrice de Flat Classroom Projects qui, sans remettre en cause les nouvelles technologies en soi, au contraire, souhaiterait que celles-ci permettent de faciliter l’individualisation de l’apprentissage, notamment au moment d’évaluer.
Des échanges à lire et qui surtout devraient en permettre d’autres, notamment par rapport à la place que nous donnons, nous, aux nouvelles technologies dans nos classes.

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 » Aucune école ne doit investir dans la technologie sans investir de manière substantielle dans la formation des enseignants. »

Posted by Philippe Liria sur 25/09/2011

« Aucune école ne doit investir dans la technologie sans investir de manière substantielle dans la formation des enseignants. » Cette phrase est tirée d’un article d’Hubert Guillaud (Dans les salles de classe, les résultats ne progressent pas)sur le blog qu’il co-anime avec Xavier de La Porte et Rémi Sussan, Inter Actu. Cette affirmation n’est pas anodine et soulève une question bien présente aujourd’hui dans les établissements. On sait ce qui se passe, on implante les technologies comme les TNI dans les salles de classe, on dote les élèves d’ordinateur portable et un certain technodéterminisme nous fait croire qu’avec ça, on a trouvé une réponse à tous les problèmes de la classe. Pourtant, dans certains États des Etats-Unis où ces technologies ne sont plus au stade de l’expérience, on se pose légitimement des questions sur les résultats des élèves et la place du prof. On a vu, comme le rappelait le NYT dans un article de mars dernier des écoles qui pensent que la technologie peut remplacer les enseignants comme ces classes virtuelles en Floride qui prétendent résoudre le problème des sureffectifs. (Disponible en français sur le site du Courrier International)
En Europe, on voit comment les investissements en technologie se font souvent au détriment de la formation des enseignants. On voit même des enseignants fonder leur choix non pas sur des critères pédagogiques mais sur des questions technologiques. Peu importe le contenu, ce qui importe c’est l’emballage : plus il est interactif, mieux c’est. Quant à l’interaction, elle viendra après, s’il y a le temps.
Je reprends un autre extrait de l’article de Guillaud qui cite la chercheuse américaine, Cathy Davidson : « Nous ne sommes pas responsables en tant qu’éducateurs si nous ne faisons qu’enseigner avec la technologie, car il faut également enseigner à travers elle, sur elle et à cause d’elle. Nous devons faire comprendre aux enfants sa puissance, son potentiel, ses dangers, ses usages. Ce n’est pas seulement un investissement qui en vaut la peine, mais c’est un investissement qu’il serait irresponsable d’éviter. » Et elle a certainement raison à condition, comme elle le dit par ailleurs, que nous aidions à comprendre la technologie et pour cela, il faut que les enseignants non seulement la connaissent mais surtout la maîtrise. Or, nombreux sont ceux qui découvrent ces technologies en même temps que leurs élèves (voire même après dans certains cas).
En fait la question n’est pas d’être pour ou contre les technologies dans la salle de classe, je crois que tout le monde est d’accord qu’elles sont devenues un outil de plus au service de l’apprentissage. Dans le même temps, leur entrée se fait souvent très, trop vite sans qu’on ait eu le temps de « repenser l’éducation ».

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Interactif et actionnel : le nouveau Rond-Point innove !

Posted by Philippe Liria sur 10/05/2011

J’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer sur les TBI ou plutôt les TNI comme je préfère dorénavant appeler ces tableaux qui entrent dans nos salles de classe depuis quelque temps. Aujourd’hui, c’est parce que je crois qu’il y a enfin du nouveau avec la clé USB+ du Nouveau Rond-Point.
Jusqu’à présent, les livres numériques des méthodes sont le plus souvent de simples PDFs enrichis. C’est mieux que rien mais ça limite l’utilisation de notre TNI. Bref, les versions numériques allaient à la traine de la version papier. Or, ce qu’il fallait, c’était concevoir des activités spécifiques pour la méthode. Nous créerons ainsi une dynamique véritablement différente. Je vous invite à jeter un coup d’oeil à cette vidéo où vous pourrez découvrir les nouvelles possibilités de la méthode grâce l’interaction qu’elle permet entre activités / TNI et apprenants. L’élève devient ainsi véritablement actif, comme le suggère Serge Priniotakis dans son article sur les TNI dans la deuxième édition de L’approche actionnelle dans l’enseignement des langues (EDML, Paris, 2011).

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Dépassés par les TICE ?

Posted by Philippe Liria sur 06/01/2011

En France, on le sait, malgré le discours dominant, les TICE sont encore à la traine. En Espagne et plus particulièrement en Catalogne, pour parler d’un cas que je connais bien, on voit les contradictions entre discours et réalité : les élèves sont prêts, mais les écoles n’ont pas ou mal implanté les ordinateurs ou les TBI, les livres ne sont pas disponibles ou que partiellement et surtout, les professeurs ne sont pas formés. Ce constat est aussi valable dans des pays qui ont pourtant depuis longtemps misé sur Internet et l’ordinateur en classe comme c’est le cas du Québec (à lire : Nos écoles en retard dans le Journal de Montréal). Or, on ne pourra vraiment tirer profit de ces nouveaux outils que si on met en place une véritable politique de formation des enseignants. On en parle beaucoup, mais j’ai l’impression qu’il s’agit d’une autre Arlésienne. Au cours de mes différents voyages à travers le monde, j’ai pu malheureusement constaté que c’est trop souvent le cas un peu partout, même si on peut applaudir d’excellentes initiatives prises en Amérique Latine et qui vont dans le bon sens : on cherche à former les professeurs tout en distribuant des ordinateurs, en développant la présence d’internet dans les lieux les plus reculés, etc. À ce sujet, je recommande la lecture de ¡Basta de historias! de Andrés Oppenheimer.

 

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L’approche actionnelle à l’IFAL (México, D.F.)

Posted by Philippe Liria sur 22/12/2010

On ne peut concevoir un enseignement novateur que si celui-ci est accompagné d’une formation permanente des professeurs. Partant de cette constatation, les Editions Maison des Langues (EMDL) se sont engagées dès leur début à contribuer à cette formation par le biais d’ateliers et de conférences dans le monde entier. En novembre dernier, se tenait ainsi la première Rencontre FLE en Amérique Latine et dans un lieu on ne pouvait plus prestigieux, l’IFAL. Pendant une journée entière, plus de 165 professeurs de français du D.F. mais aussi des alentours, ont assisté à une conférence et un atelier de Christian Puren et à deux autres ateliers, l’un mené par Patrick Riba, directeur-adjoint de l’IFAL et l’autre que j’avais l’honneur d’animer. L’ensemble portait sur une réflexion pédagogique autour de l’apprentissage des langues, la place de l’actionnel et celle des technologies dites « nouvelles », comme le livre numérique ou le TBI.
Un moment d’échanges, de réflexions mais aussi de détente et de bonne humeur. Merci à toutes et à tous !
Regardez la vidéo sur You Tube
Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site d’Editions Maison des Langues.

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L’Afrique doit-elle attendre pour être équipée en tableau blanc numérique ?

Posted by Philippe Liria sur 17/06/2010

Cette question revient souvent. En effet, quand nous analysons la possibilité de diffusion d’un matériel numérique, nous nous topons encore trop souvent aux remarques sur le manque de développement de certains pays. Ce qui rendrait ces marchés peu intéressants pour les concepteurs de matériel numérique. Pourtant, je constate au cours de mes déplacements en Amérique Latine que le développement numérique n’est vraiment en retard par rapport aux pays soi-disant plus avancés. On nous dit aussi qu’en Afrique, il n’y a rien à y faire et que le numérique n’est pas prêt d’arriver. D’autres ont une autre vision du continent africain et ont bien compris que, face au déficit de matériel, le numérique peut ouvrir de nouvelles portes. Alors pourquoi faudrait-il attendre ?

Une réflexion à suivre sur TV5 Monde grâce à un projet en coopération avec REPTA.

http://www.tv5.org/TV5Site/publication/galerie-269-2-Un_tableau_pour_l_Afrique.htm

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Le multimédiaction

Posted by Philippe Liria sur 04/04/2010

Les TBI entrent de plus en plus dans la classe. Que ce soit en Europe ou en Amérique latine, en Asie ou en Afrique, les établissements sont en train d’être équipés en tableaux interactifs. Les supports varient, ils peuvent être plus ou moins développés, mais ce qui est certain, c’est qu’il ne s’agit pas d’un simple effet de mode mais d’une tendance appelée à se généraliser. Pourtant, si l’on parle avec les enseignants, des questions et des doutes pointent. Ils se demandent souvent à quoi va leur servir ce tableau si la formation et les contenus n’accompagnent pas le support.

En effet, le TBI n’est qu’un support. Un TBI sans contenu, c’est comme un ordinateur vide. Et si en plus, la formation ne suit pas, nous risquons de nous retrouver face au même problème qu’au début de la généralisation des ordinateurs dans les écoles, souvenez-vous : l’ordinateur était dans un coin et on lui préférait la machine à écrire ! Et je ne parle pas d’un temps si lointain…

Bref, il est important de créer des contenus pour le TBI. Les nouveaux manuels doivent donc à la fois contenir des éléments spécifiques pour ce nouveau support tout en préservant la dynamique préconisée ces dernières années qui rend l’apprenant acteur de son apprentissage. Il faut donc favoriser un apprentissage qui passe par les nouveaux et nombreux moyens que nous proposent les nouvelles technologies sans perdre de vue que l’interactivité, l’action, doit avoir dans la classe. Cette combinaison, c’est le multimédiaction. Il s’agit de fournir aux professeurs un outil complet et complexe qui va au-delà du simple flipbook interactif. On ne se contente pas de tourner les pages mais on y trouve des interactions, parfois simples comme l’écoute ou la projection d’un document ; parfois plus complexe car d’un clic, on se retrouve sur une page d’activités dynamiques ou sur un site web 2.0 qui cherche à créer des interactions entre les apprenants de français des quatre coins de la planète. Derrière le multimédiaction, il y a donc l’idée de regrouper un large éventail des possibilités qu’offrent aujourd’hui les nouvelles technologies pour rendre l’apprentissage plus efficace dans la classe et au-delà de ses murs.

Le multmédiaction a été utilisé pour la première fois par la maison d’édition Difusión/Éditions Maison des Langues pour désigner l’ensemble des contenus pour TBI et web 2.0 qu’elle présente à l’intérieur d’une clé USB.

La clé USB de Version Originale 1

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Un TBI ? Pour quoi faire ?

Posted by Philippe Liria sur 22/12/2009

Photo : García Ortega

En 2010, DifusiónEDML va proposer de nouveaux contenus pour le tableau blanc interactif ou TBI. Ce sera un complément didactique qui vous permettra de tirer le meilleur parti de nos manuels pour vos classes. Mais nous ne voulons pas nous contenter de concevoir du matériel pour les professeurs, nous voulons aussi et surtout le faire avec les professeurs. C’est pourquoi nous avons ouvert ce blog, afin de vous permettre d’y laisser vos remarques ou vos commentaires sur ce nouveau support et le matériel qui doit ou devrait l’accompagner. Ce blog se veut être un véritable lieu d’échanges et de débat.

Au cours de nos ateliers et journées, nous avons recueilli des opinions de professeurs sur le TBI. En voici un petit résumé que nous vous proposons sous forme de liste :

  1. Le TBI doit être au service de l’enseignant et pas l’inverse ;
  2. C’est notre méthodologie qui doit déterminer l’usage du TBI mais en aucun cas le contraire ;
  3. Sans une réflexion méthodologique préalable qui définirait l’intégration du TBI dans la classe, le TBI n’est qu’un support onéreux pour une simple projection de PDF ;
  4. Si les élèves n’apprennent vraiment qu’en communiquant, le TBI ne sera le bienvenu que s’il renforce la communication et l’interaction dans la classe ;
  5. C’est beaucoup plus pratique que d’avoir à manipuler un tableau, un lecteur CD, un projecteur, un téléviseur… C’est vraiment pratique ;
  6. Le progrès dans la classe ne vient pas de la technologie mais de la méthodologie : le TBI ne sert à rien si les méthodologies sont dépassées ;
  7. La valeur d’un outil didactique dépend de son utilité dans la classe, pas de son prix sur le marché ni d’un effet de mode ;
  8. Le TBI permet de rendre les corrections d’activités beaucoup plus interactives.
  9. Les élèves ne viennent pas en classe pour se taire devant un écran de projection. Autant aller au cinéma !
  10. Un écran avec des présentations dynamiques peut maintenir la motivation des élèves une semaine ; en revanche, une dynamique de classe actionnelle où dominent l’interaction et la conscientisation de l’apprentissage maintiendront la motivation pendant toute l’année ;
  11. Selon  le CECR, l’élève est au centre du processus d’apprentissage, pas le TBI ;
  12. Les élèves adorent. On sent que le TBI crée une nouvelle dynamique qui les motive.

Ces idées vous inspirent ? Qu’ajouteriez-vous ? Vous n’êtes pas d’accord ? Nous attendons vos réactions !

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