Le blog de Philippe Liria

Auteur, formateur, consultant et éditeur de français langue étrangère (FLE)

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Haro sur l’innovation pédagogique !

Posted by Philippe Liria sur 02/03/2016

(mise à jour : 06/03/2016)

Un courant inquisitorial serait-il en train de vouloir mettre à l’index l’innovation numérique ? Ce ne sont plus les ténèbres de l’Enfer à la veille de l’an mil qui font peur mais la galaxie d’Internet et ce monde digitalisé. Dans le domaine pédagogique, certains invoquent la tradition d’enseignement, tels des prédicateurs médiévaux, pour mettre en garde contre ces chevaliers de l’Apocalypse, du moins celle de l’éducation si nous nous laissons envoûter par le Mal qu’incarnerait le numérique à l’école. Certes, les questions sont nombreuses et nous ne devons pas suivre aveuglément les nouveaux courants didactiques. Nous ne pouvons ignorer les risques voire les menaces. Devons-vous cependant, saisis par la peur face à l’inconnu, nous replier et refuser un enseignement/apprentissage prenant justement en compte les nouvelles possibilités que nous propose cette société connectée ?

Une remise en cause de l’innovation pédagogique
Début février, j’ai retweeté un article de Michel Guillou qui s’interrogeait sur l’intérêt réel de la classe inversée. Il y critiquait une sorte d’engouement aveugle pour cette démarche pédagogique qui, selon lui, ne serait ni novatrice ni si efficace contrairement à ce que certains prétendent. En partageant l’article en question, je ne prétendais pas donner raison à son auteur mais plutôt contribuer à une réflexion sur ce que doit et ne doit pas être la classe, et pas seulement si nous l’inversons. A lire Michel Guillou, on pourrait croire que rien n’est à faire en classe car tout s’y fait déjà. Comme si la pédagogie différenciée, par exemple, était pratique courante ou les pédagogies actives une habitude quotidienne de la classe. Je ne peux pas donner mon avis sur l’ensemble des pratiques de classe, mais ce que je connais de la classe de langue, en particulier dans le domaine du FLE, me permet d’affirmer que malheureusement nous en sommes bien loin. Cette remise en cause de l’innovation pédagogique est aussi au centre d’un ouvrage dont s’est récemment fait écho le quotidien catalan La Vanguardia (28/02/16), Contra la nueva educación d’Alberto Royo (Ed. Plataforma, 2016). Son auteur, répondant aux questions du journaliste dans une interview de ce même journal, critique « les pratiques novatrices actuelles » qui, selon lui, mépriseraient « la tradition rien que parce qu’elle n’implique pas la modernité, ce qui altère les objectifs naturels de l’instruction publique et du professeur« . Toujours d’après ce professeur de collège et lycée, les émotions, l’apprentissage des langues ou la technologie « ne doivent pas faire partie des objectifs de la classe (…)« . Même si cette réflexion est faite depuis la situation du contexte espagnol, son approche interroge les initiatives menées pour que l’apprentissage sorte de son carcan. Vous comprendrez bien que je suis choqué de lire ici ou là que tout existerait déjà en matière d’enseignement/apprentissage. Cela ne veut pas dire que tout ce qui est nouveau est forcément bon. Il est aussi bon d’écouter ces « grognons« , comme les désigne Michel Serres, pour justement ne pas tomber dans le dogme, ce qui serait forcément négatif. Les écouter, c’est une façon de ne pas accepter tout et n’importe quoi au nom de la modernité didactique.
C’est par exemple, ne pas applaudir bêtement des initiatives politiques en faveur du bi- ou tri-linguisme dans les collèges ou lycées si les moyens (formation des enseignants, infrastructures, supports) ne sont pas mis afin de garantir la transmission de la matière. Qu’un collégien reçoive un cours de SVT en anglais ou en français dans une langue approximative parce qu’elle n’est pas vraiment maîtrisée par l’enseignant, c’est tout simplement un leurre pour ne pas parler de charlatanisme éducatif ! Nous n’avons pas le droit de le permettre. Ce n’est pas pour autant que l’enseignement d’une matière dans une langue étrangère soit mauvais. Le problème n’est évidemment pas là, et c’est là l’erreur d’interprétation de ces grognons.

Non au bricolage !
De même, quand Michel Guillou critique la classe inversée et en particulier le manque de qualité d’une grande partie des capsules vidéos dont on parle tant actuellement, je suis d’accord avec lui. Mais pointons le vrai problème. Que préconise-t-on au sujet de la classe inversée ? Marcel Lebrun, l’un des meilleurs spécialistes de la question en Europe, dit bien qu’il faut élaborer des capsules vidéos ayant fait l’objet d’une scénarisation (je vous conseille d’ailleurs de visionner <a href="http:// » target= »_blank »>la causerie entre Christophe Batier et Marcel Lebrun du 17/02/16). Or, il suffit de faire un tour sur Internet pour se rendre que ces capsules sont souvent d’une qualité qui laisse à désirer. Bref, alors qu’elles devraient être l’un des outils de base de cette inversion de la classe, elles pourraient être la cause de son échec. Les changements viendront de la base mais il est important que les acteurs éducatifs s’impliquent de façon à fournir des contenus de qualité en adéquation avec les nouveaux besoins. De même, il faut donner aux enseignants les moyens de se former pour qu’ils puissent sinon créer au moins pouvoir adapter du matériel à la réalité de leurs classes. Cette absence de formation, c’est souvent elle qui est à l’origine du manque d’utilisation ou de l’infra-utilisation de nouveaux outils de la classe, comme je le soulignais déjà dans un article de ce blog il y a tout juste deux ans et qu’aujourd’hui un très intéressant rapport de Thierry Karsenti (Le tableau blanc interactif (TBI) : usages, avantages et défis) vient confirmer. J’en conseille très vivement la lecture : loin de condamner l’usage de cet outil, l’auteur du rapport souligne les contradictions de son utilisation en classe, souvent comme simple projecteur et très rarement interactif, dans le sens où les élèves n’y ont presque jamais accès. A la fin (p.33), Karsenti donne quelques recommandations pour un meilleur usage de cet outil. Son étude porte sur le cas canadien mais je pense qu’il est représentatif de ce qui passe habituellement dans de nombreux coins de la planète.

Pour en revenir à nos capsules, que des enseignants en fassent, souvent en dehors de leur emploi du temps, c’est bien. On ne va pas reprocher la prise d’initiative ! Mais l’innovation pédagogique ne doit pas être sujette à la simple initiative d’un enseignant ; et qui plus est, l’accès à cette innovation ne doit pas frustrer d’excellents enseignants parce qu’ils ne seraient pas nécessairement techniciens. Une évidence et pourtant… A ce sujet, je signale un webinaire qu’organise Jürgen Wagner le 21 avril prochain sur la création de capsules vidéos. Il y sera question des différents type de vidéos et de leur intérêt pédagogique. On verra qu’il n’est pas nécessaire d’être hyper-équipé et qu’un simple smartphone nous permet déjà de réaliser des capsules à condition de suivre certaines règles. De même qu’on pourra voir qu’il faut aussi en suivre pour qu’elles soient attractives, un élément important si nous voulons motiver les apprenants.

Cessons de crier haro sur l’innovation pédagogique !
Ne confondons pas les choses. Cessons de crier haro sur l’innovation pédagogique sous prétexte qu’elle nous rendrait plus bête, comme l’affirment certains ! Non, tout n’est pas fait ! Et si le monde change, pourquoi la classe ne changerait-elle pas ? Si l’accès à l’information change, pourquoi l’enseignement/apprentissage devrait-il rester figé dans des pratiques du XIX ? Pour ceux qui en douteraient, retrouvez la célèbre animation de Ken Robinson sur Youtube (vous la connaissez certainement mais au cas où, <a href="http:// » target= »_blank »>la voici). Elle illustre parfaitement la situation dans laquelle nous sommes et vers où nous devrions aller. Mais ne perdons pas non plus notre sens critique face aux nouvelles propositions issues en partie de l’évolution même de la société. Mettons fin à cette espèce de croisade contre l’innovation pédagogique que certains semblent vouloir lancer depuis le fond de la caverne éducative ! Ce n’est pas en interdisant les smartphones – par exemple – en classe (comme on le fait encore trop souvent) que nous allons améliorer l’enseignement/apprentissage mais plutôt en réfléchissant en quoi ces nouveaux outils peuvent être à son service. Plutôt que de mettre au ban l’innovation pédagogique, posons les bonnes questions comme le suggèrent William D. Eggers et Paul Macmillan dans leur livre The Solution Revolution (Harvard Business Review Press, 1973 -non traduit en français, à ma connaissance) qui se demandent comment améliorer l’école et qui affirment que pour trouver la réponse, il faut que nous nous interrogions sur son objectif réel (mieux éduquer et mieux préparer les jeunes à l’avenir)*. Bref, ce n’est pas en faisant ce que nous avons toujours fait que nous trouverons des réponses aux questions pédagogiques d’aujourd’hui mais au contraire en essayant ce qui n’existe peut-être pas encore, en allant au-delà des solutions existantes. Nous nous tromperons peut-être mais sbagliando s’impara. N’ayons pas peur de l’échec ! Pour avancer, il faut sortir de sa grotte…

*Je reprends ici l’idée qu’expose le célèbre journaliste et analyste argentin Andrés Oppenheimer dans son ouvrage Crear o Morir, la esperanza de Latinoamérica y las cinco claves de la innovación (Ed. Vintage Español, 2014 – non traduit en français) sur la nécessité, entre autres, de changer le prisme dès l’enfance (p.295-296)

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Le numérique au service de l’innovation pédagogique

Posted by Philippe Liria sur 15/07/2015

IMG_0151« L’élève doit être au centre de l’apprentissage ! » C’est une phrase que tout le monde a entendue mais qu’en est-il réellement ? Une fois dans la classe, la pression des programmes, des institutions, le manque de temps ou de formation font que trop souvent encore la classe est organisée non pas en fonction de l’élève et de sa façon d’apprendre mais plutôt en fonction de ces impératifs. Pourtant, nous devrions tous nous interroger sur notre manière d’apprendre, sur celle de nos étudiants et donc sur ce que nous faisons pour faciliter cet apprentissage. « Tout enseignement efficace doit commencer par la prise en compte de la façon qu’ont les étudiants à apprendre » nous rappelaient les auteurs de How learning works (Jossey-Bass, USA 2010), un excellent livre que je recommande vivement si vous vous intéressez aux processus d’apprentissage. Une inquiétude qui doit bien entendu être présente dans nos cours de français. Quelle place faisons-nous à la créativité ? Quelle rôle peuvent jouer les langues plus ou moins proches pour accompagner l’apprentissage ? Ou que faire de ces technologies qui entrent dans nos classes ? Qu’est-ce qui forcément change dans nos pratiques ou dans la dynamique du cours si le monde change autour de nous ? Ces questions, ce sont celles auxquelles essaient de répondre les spécialistes invités à participer au dossier du 400è numéro (bon anniversaire !) du Français dans le monde. couvn400 Dix pages, c’est encore trop peu pour traiter un sujet aussi vaste mais c’est déjà ça pour lancer la réflexion (ou l’approfondir) dans les salles de profs ou dans les réunions pédagogiques. Une réflexion par exemple sur la nécessité de repenser la classe de sorte que soient mis en avant les talents et les centres d’intérêt car « il s’agit de créer les conditions qui permettent (…) d’apprendre et de s’épanouir, sur le plan collectif et individuel » nous rappelle Ken Robinson (FDLM, pp.50-51), l’auteur de L’élément que j’avais eu l’occasion de présenter dans ce blog il y a quelque temps déjà. Et pour atteindre ces objectifs, il nous faut disposer de plus de temps pendant le moment de la classe. Oui, mais comment ? En réorganisant la distribution des contenus et du temps. La classe ou pédagogie inversée (la flipped classroom en anglais) peut être une solution à cette nécessité de repenser la classe. Marcel Lebrun, professeur à l’Université de Louvain (Belgique), nous parle de ce changement de paradigme et résume les trois niveaux de cette démarche pédagogique qui « repositionnent les espaces-temps traditionnels de l’enseigner-apprendre » (pp.52-53). IMG_0154L’idée de la pédagogie inversée commence à faire son entrée dans la classe de FLE, comme me le rapportait une jeune enseignante venezuelienne lors du BELC Régional de Bogota. Elle n’hésite pas à expérimenter ce concept pour donner une nouvelle dynamique à son cours et donc motiver différemment ses élèves. Je constate aussi que dans plus en plus de formations, on nous demande d’en parler dans l’optique de la mettre en place, même si ce n’est que ponctuellement. Et si ces classes peuvent « prendre », c’est aussi parce que les technologies numériques sont arrivées au bon moment, à condition de savoir en user sans en abuser ! Or, cela a été trop souvent le cas à cause d’une certaine précipitation (un « tsunami numérique », pour reprendre le titre du livre d’Emmanuel Davidenkoff, qu’on ne peut ignorer) malgré les appels à la vigilance d’experts tels que Thierry Karsenti (lire aussi cet article). Il faut donc non pas les imposer mais bien savoir les intégrer dans l’apprentissage. C’est dans cette intégration que réside l’innovation pédagogique. Il faut donc que le professeur apprenne à maîtriser ces outils technologiques de plus en plus performants ; qu’il devienne un « enseignant multidimensionnel » nous dit Marc Oddou, bien connu des profs de FLE notamment grâce à son site. La tablette est un bon exemple d’outil qui peut favoriser cette « créativité pédagogique » des apprenants que revendique Ken Robinson, à condition de gérer l’espace-temps différemment, souligne Laurent Carlier (inovateach.com).lcarlier Et pour y parvenir, il faut changer la dynamique de classe et renforcer la place de l’authentique dans la classe. Le web 2.0 doit y contribuer. C’est l’avis de Christian Ollivierr&a_juillet2013, spécialiste de l’introduction de ces nouvelles pratiques en lien avec les mutations technologiques auxquelles nous assistons et surtout participons (cf. Recherches et applications, juillet 2013). Pourquoi le web 2.0 ? Parce qu’il contribue à l’authenticité des échanges en laissant les apprenants réaliser des « tâches ancrées dans la vie réelle » qui débouchent sur un « produit(…) fortement socialisé« . Mais le ‘comment-j’apprends’ ne passe pas que par la technopédagogie. C’est aussi la capacité à mobiliser des stratégies qui vont contribuer à mieux s’approprier d’une langue. Par exemple, en se basant sur les différents degrés de parenté entre la langue cible et celle de départ. Selon la distance de ces langues, les compétences à mobiliser seront différentes, comme nous le décrit Jean-Michel Robert dans un article sur l’intercompréhension, dont on ne parle pas assez en classe de langue comme je le signalais dans ce blog le mois dernier et qui pourtant contribue vraiment à l’apprentissage des langues et à la mobilisation de stratégies pour mieux y arriver.
Voilà donc un superbe numéro du Français dans le monde, une belle réussite avec un riche contenu pédagogique au-delà de ce dossier. A lire absolument, sur papier ou, puisque nous parlons numérique, sur l’application qui accueille la version numérisée de la célèbre revue.

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Le TNI en classe de FLE… quel avenir à l’ère de la tablette ?

Posted by Philippe Liria sur 22/02/2014

Le TNI en classe

Le TNI en classe de FLE

Que le numérique soit désormais présent dans la plupart de nos classes, cela ne fait aucun doute. Et si ce n’est pas encore le cas, cela ne saurait tarder : nous ne pouvons continuer à concevoir la classe comme au XIXe siècle. Nous ne pouvons ignorer le phénomène qui devrait « révolutionner » la classe, même s’il exige que nous interrogions nos pratiques d’enseignement et nous intéressions aussi de plus près à l’apprentissage. Ce qui n’est pas simple, j’en conviens. Bien entendu, il ne suffit pas d’avoir un accès Internet ou un tableau numérique interactif (TNI) dans la classe pour dire que nous avons intégré le numérique en classe, et encore moins pour prétendre y faire la « révolution ». Car au-delà de l’outil, il faudra revoir notre dynamique de classe. Rien ne sert d’avoir la technologie si nous délaissons la pédagogie. Par contre, l’un et l’autre mis ensemble peuvent former un excellent duo au service d’une approche active de l’apprentissage, notamment des langues. Le TNI est certainement l’un de ces partenaires, même si on peut se poser des questions – déjà – sur son avenir alors que supports et activités se développent sur les tablettes ?
Tablettes et TNI peuvent-ils faire bon ménage ?

Tablettes et TNI peuvent-ils faire bon ménage ?

Cependant, je voudrais ici m’intéresser plus particulièrement aux TNI et leur aspect technologique puisque ce mois de février est particulièrement bien fourni sur les réseaux du FLE de l’Internet en analyse de ce support. À commencer par le dossier spécial « Allume ton tableau » (ADF Podcast nº11, janvier 2014, à partir de 10’40’’) que le site Arts du FLE qu’anime Sébastien Durietz a élaboré sur les TBI – même si je préfère personnellement parler de TNI, mais ce n’est qu’une nuance, quoique… -. Ce dossier proposé par Jean Condé d’InteractiFLE (site consacré à la formation et au partage de ressources TBI en classe de FLE) sur le Podcast des ArtsduFLE passe en revue différents aspects techniques au sujet des TNI pour ensuite aborder la question plus pédagogique de leur utilisation, ce qui n’est pas inintéressant du tout pour éviter que cet outil ne devienne le nouveau veau d’or de la classe de FLE. Des remarques très pertinentes de Jean Condé pour une utilisation intelligente du TNI.

Les dangers du TNI

Les dangers du TNI


On appréciera aussi l’échange critique entre Sébastien Durietz et Jean Condé sur les ressources disponibles pour TNI de façon à garantir une qualité des activités : peu de choses et finalement un constat d’échec de la mutualisation de la création des ressources pour TNI.
Pour compléter cette interview, je vous recommande vivement la lecture de deux articles de Laurent Carlier* sur les TNI (et les VPI) et publiés sur le site T’enseignes-tu (le FLE) ?. Ces articles devraient vous aider à mieux choisir le TNI et connaître les logiciels (partie 1) afin de permettre une bonne utilisation en classe (partie 2). Il rappelle, en outre, les questions à se poser avant toute installation, comme celle de la formation des enseignants.
Ce dossier et ces articles sont vraiment importants pour peut-être aider à dépoussiérer ces quantités de TNI qui sont présents dans les salles de classe mais restés sans usage. Ils sont là, à dormir parce qu’à un moment donné il y a eu des budgets pour en acheter en masse. Malheureusement, leur arrivée s’est faite sans forcément être accompagnée de la formation nécessaire pour les rendre utiles en classe. Et si vous n’en avez pas encore dans votre établissement, de bien vous informer avant de vous précipiter à en acheter pour vos salles de classe.
Le TNI n’est certainement pas un outil mort-né mais il faut bien avouer qu’il est largement infra utilisé (souvent employé comme simple vidéoprojecteur à peine amélioré) et certains pensent qu’il est même dépassé par l’arrivée en masse des tablettes numériques. N’exagérons pas, celles-ci se développent et on constate que de plus en plus d’écoles en sont dotées – comme j’ai pu le vérifier de plus en plus dans de nombreux établissements privés du secondaire en Amérique latine -, mais le TNI peut constituer un exellent outil pour la classe.

Toujours autour du matériel numérique et toujours sur le site Arts du FLE, cette fois en collaboration avec Agito, le blog de Fred, ne manquez pas le podcast nº12 qui propose un comparatif de l’offre numérique chez les éditeurs FLE et… aussi un entretien que j’ai eu avec Sébastien Durietz (à partir de 56’29 ») que je remercie pour m’avoir permis de présenter le contenu numérique FLE des Éditions Maison des langues (EMDL)

Credit : Azam

Credit : Azam

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*J’en profite pour signaler que Laurent Carlier animera une formation sur l’usage des tablettes le 7 mars prochain (une des premières sur le sujet). Dans cette formation, il s’agira de faire le tour de cet outil, son intégration dans la classe, ses plus values pour le travail de l’enseignant et pour la mise en place d’une pédagogie collaborative et différenciée. De brèves apartés seront faites pour réfléchir aux aspects essentiels (technique et formation) avant tout déploiement en établissement.
Pour en savoir plus, lisez l’entretien de Laurent Carlier sur fle.fr du mois de septembre dernier.

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Quelle valeur ajoutée pour les contenus numériques dans l’enseignement du FLE ?

Posted by Philippe Liria sur 24/09/2012

Le 21 septembre dernier, s’est tenue à Barcelone la 23e Journée DIM (Didactique, Innovation et Multimédia). Cette année, parmi les thèmes qui centraient l’attention des experts, il y avait la question de la valeur ajoutée des contenus numériques dans l’éducation. Les conclusions de la table ronde de cette journée m’ont paru particulièrement intéressantes, même si je ne les partage pas forcément dans leur globalité. Publiées en espagnol sur le site de Pere Marquès, directeur du groupe DIM, je me suis permis de les traduire car elles apportent des éléments de réflexion intéressants. Vous pouvez retrouver le texte original, dans son intégralité, sur le site du groupe.
La lecture de ce compte rendu suscitera sans aucun doute des réactions en raison de certaines affirmations. C’est normal et c’est la fonction du débat. Il serait intéressant, une fois la lecture faite de s’interroger justement sur la place qui est faite au manuel numérique et plus largement aux contenus numériques dans la classe de langue, notamment celle de FLE que ce soit au collège – comme il est en surtout question dans ce débat -, au lycée ou à l’université mais aussi dans les autres institutions où le FLE est la raison d’être.

Pour aller plus loin aussi dans cette réflexion sur les TICE, je vous propose de visiter le blog de Bruno Devauchelle. Il y est aussi question de TICE et son animateur, spécialiste du sujet, s’interroge sur l’efficacité des TNI ou encore des activités pour tablette allant même jusqu’à parler de « tromperie ». Je vous laisse donc lire et apprécier depuis votre expérience ces points de vue, certainement complémentaires, sur des thèmes qui reviennent régulièrement lors des ateliers que j’anime.

Compte rendu de la 23e Journée DIM (Trad. de l’espagnol)

Les participants à cette journée étaient :
Antonio Cara (conseiller d’Education et Connaissance en Réseau de la Fundación Telefonica), Esteban Lorenzo (Directeur de la maison d’édition scolaire Edebé-Digital), Santiago Serrano (Responsable de la Délégation de Macmillan en Catalogne) et Jordi Vivancos (Département d’Éducation de la Generalitat de Catalogne).
Le débat était moderé par Pere Marquès (professeur à l’Université Autonome de Barcelone (UAB) et responsable du groupe DIM).
Pere Marquès et Paloma Valdivi sont les auteurs de ce compte rendu de cette table ronde.

Face à l’immense galaxie informative qui est aujourd’hui gratuitement à notre portée, les manuels scolaires sélectionnent une partie de cette information (que constitue une réponse complète aux programmes scolaires officiels), ils la préparent et la structurent pour qu’elle soit facilement assimilable par les élèves, tout en l’accompagnant d’une bonne collection d’activités pour faciliter la compréhension/mémorisation ainsi que la mise en pratique des connaissances que suppose le développement des compétences. Ils orientent l’enseignant et lui simplifie le travail (ce n’est pas à lui de chercher l’information) en lui fournissant des ressources élémentaires qui lui font gagner du temps.

1. QUELLE VALEUR AJOUTÉE NOUS APPORTENT LES MANUELS SCOLAIRES NUMÉRIQUES ?

Nous savons aussi que les « bons manuels scolaires numériques » nous apportent la même chose qu’un « bon manuel scolaire papier » et en plus : des vidéos, des animations, des simulations, des liens (vers des sites compagnons), des exercices auto-correctifs… Auncun doute : ils apportent de la « valeur ajoutée ». Voici ce que les participants à cette table rond ont mis en avant parmi les principales contributions du manuel numérique :

– l’interactivité qu’il apporte à l’élève. Jordi Vivancos a d’ailleurs cité les résultats d’une étude de John Hattie (Visible Learning : A Synthesis of Over 800 Meta-Analyses Relating to Achievement) : celle-ci met clairement en évidence que l’apprentissage des élèves est d’autant plus efficace qu’il y a mise en place de l’ interactivité/rétroalimantation ;

– Le feed-back immédiat des exercices auto-correctifs et des simulations (Héctor Ruiz) ;

Plus grande motivation et attention des élèves (en raison surtout de l’environnement multimédia et de l’interactivité, avec des réponses immédiates à ce qu’ils demandent/font) ;

Moins de temps consacré par le professeur à la correction d’exercices puisque la plupart sont auto-correctifs. Il pourra ainsi donner aux élèves plus d’exercices, si nécessaire, puisqu’on dispose de plus de temps. Les élèves pratiquent plus et amélioreront donc leur apprentissage ;

– On peut plus aisément intégrer des activités d’évaluation (et d’autoévaluation) dans les séquences d’apprentissage proposées aux élèves. En outre, on voit apparaître petit à petit des « systèmes adaptatifs » (Antonio Cara) qui permettent d’adapter les séquences d’apprentissage aux connaissances préalables et l’évolution des apprentissages de chaque élève (contenus numériques + intelligence artificielle) ;

– Les rapports/comptes rendus personnalisés fournis par ces supports et rendent plus simple pour l’enseignant le suivi de l’activité que réalise l’élève quand il interagit avec ces supports. (Héctor Ruiz). Comme ils connaissant mieux l’activité et les apprentissages de leurs élèves, les professeurs peuvent traiter de façon adéquate la diversité des besoins formatifs de ces élèves ;

– Il est facile de maintenir ces supports à jour et d’y inclure des informations d’actualité (Santiago Serrano), même si les maisons d’édition ne le font pas toujours ;

Actuellement, aux côtés du modèle classique de « manuel numérique » complet, il existe une offre de contenus éducatifs atomisés (objets d’apprentissage, Pepe Giráldez) de façon à ce que chaque enseignant ou chaque établissement peut élaborer (sur l’espace numérique d’enseignement de l’établissement) ses propres « manuels » (ou contenus de référence pour les élèves) en sélectionnant les « objets d’apprentissage » qui lui plaisent le plus (Esteban Lorenzo) parmi ceux que proposent les différentes maisons d’édition de contenus éducatifs multimédia – pour cela, il faut que les contenus suivent un protocole, le « common cartbridge » (Jordi Vivancos).

Les contenus numériques devraient être facilement malléables pour que les professeurs, et parfois les élèves, puissent les adapter à leurs besoins et contexte d’utilisation (Javi Vizuete).

Complémentarité. Le manuel scolaire numérique est un recours de plus dans la classe ; il ne remet pas en cause le manuel papier si celui est nécessaire (Xavier Gómez). S’il n’est pas nécessaire que chaque élève ait un manuel papier, on peut envisager une « bibliothèque de classe » avec les manuels des différentes maisons d’édition. Il ne faut pas oublier non plus que les départements d’éducation, que certains enseignants et même certaines maisons d’édition font la promotion de fonds structurés de ressources gratuites, qui peuvent, dans certains cas, être suffisants comme compléments à l’usage des manuels scolaires en papier.

2. INFRASTRUCTURES NECESSAIRES

Pour pouvoir utiliser les manuels numériques, il faut que les salles de classe disposent d’une bonne connexion à Internet (Héctor Ruiz) tant en réseau qu’en haut débit et que les élèves puissent avoir accès à un dispositif numérique (PC, tablettes, Smartphones…) leur permettant d’accéder et d’interagir sur les informations des contenus numériques et d’interagir avec (environ 30% du temps de classe hebdomadaire car les TICE ne doivent pas nécessaires pour toutes les activités).
Il ne faut pas seulement prendre en compte les spécificités de chaque méthodologie mais aussi, cas par cas, se demander si l’usage de contenus numériques dans chaque matière et à tout âge est nécessaire (Antonio Cara).
Pour Jordi Vivancos, actuellement, la salle de classe idéale, c’est « celle que nous avons ». Nous devons tirer le meilleur profit de ce que nous avons car les temps ne sont pas aux grands investissements. Il faut en outre profiter du fait que 90% des familles avec des enfants en âge de scolarité disposent d’ordinateur et d’Internet chez elles, ce qui permet aux élèves de faire une partie des activités TICE à la maison. Ensuite, en classe et grâce au TNI, on peut consacrer du temps à partager et à réviser ces travaux.
Pour éviter les problèmes de haut débit que pourraient avoir les établissements si tous les élèves travaillaient avec les manuels numériques en ligne, les maisons d’édition ont tendance à proposer des formats hybrides qui consistent à insaller des contenus sur les serveurs des établissements et ainsi réduire les téléchargements.
Il faut aussi prendre en compte les besoins en ressources humaines : le coordinateur pédagogique TICE, l’agent de maintenance… (Santiago Serrano).

3. LA PROBLÉMATIQUE ASSOCIÉE À L’USAGE DES MANUELS NUMÉRIQUES

Les manuels papier posent peu de problème : ils sont toujours disponibles y compris avec peu d’éclairage, ils permettent une lecture plus reposée (séquentielle, bonne lisibilité des caractères…) et une prise de note directe ou sur des post-it.
On associe à l’usage des manuels numériques les problèmes suivants : dépendance TIC (il faut un dispositif numérique) ; il faut souvent déplacer les dispositifs de salle en salle (chariots pour ordinateur…) ; les câbles et les connexions, le mobilier (tables fixes…) et les installations (peu de prises…) rendent difficiles le travail collaboratif et l’usage des TIC ; les ordinateurs et les écrans réduisent la visibilité et l’espace de travail ; il y a plus de bruit en classe (Santiago Serrano) ; il y a tendance à lire superficiellement (comme le montrent les résultats de test PISA2009 qui indiquent le peu de compréhension de lecture à l’écran – Jordi Vivancos) ; les hyperliens peuvent finir par désorienter les élèves ou augmenter leur distraction (surtout si l’enseignant ne se promène pas entre les élèves pendant qu’ils travaillent avec des contenus numériques) ; les enseignants n’ont pas toujours (ni les élèves d’ailleurs) la formation nécessaire pour faire un bon usage didactique des contenus numériques…

4. VERS OÙ ALLONS-NOUS ?

Il y a plus de 100 ans, Giner de los Ríos et d’autres fondateurs de la Escuela Nueva (note de trad. : Education nouvelle) faisaient déjà la promotion dans certains cas d’un apprentissage où chaque élève élaborerait son propre manuel, ce qui demandait d’avoir une vision générale des sujets, de chercher et de sélectionner les renseignements, de les analyser et d’en faire la synthèse, de débattre et de corriger ensemble (camarades et professeur)… Actuellement, comme les professeurs et les élèves ont à leur portée une quantité infinie d’information, il serait très facile d’encourager chaque élève à créer son propre livre sur un wiki !
Si dès l’âge de 10 ans chaque élève disposait à l’école d’un dispositif numérique (netbook, tablette…), cela aurait-il un sens pour lui d’utiliser aussi des livres numériques ? Dans ce cas, devrait-il acheter un livre numérique pour chaque matière ? (même à très bas prix). Et plus encore, ne devrait-il pas plutôt disposer d’un « livre-album » qui le guiderait dans les informations à chercher sur Internet (ou sur une base de données fermée de la plateforme de l’établissement scolaire) pour élaborer son propre livre de texte ?

Actuellement les manuels numériques ressemblent énormément aux manuels papier (Antonio Cara). Les manuels numériques n’ont pas encore développé tout leur potentiel grâce aux fonctionnalités que leur apporte la technologie. On attend qu’ils intègrent les techniques de l’intelligence artificielle (systèmes adaptatifs, « teachable agents » que les élèves entrainent) et qu’on profite mieux encore des énormes possibilités d’apprentissage dont on dispose à partir des simulations (Héctor Ruiz).

Comme il a déjà été dit, on assiste à une tendance à la fragmentation des contenus et au micro-paiement pour ces « objets d’apprentissage » qui intéressent (Esteban Lorenzo). Le manuel numérique peut évoluer vers une sorte de « container » de connexions (Antonio Cara).
(…)

5. EFFICACITÉ ET AMÉLIORATION DU RENDEMENT DES ÉLÈVES. L’IMPORTANCE DES MÉTHODOLOGIES.

Bref, ce qui compte, et c’est l’objectif des ressources didactiques, c’est de faciliter les apprentissages des élèves. Il serait absurde de dépenser plus en technologie et en ressources pour obtenir les mêmes résultats qu’auparavant. L’utilisation des livres numériques indique-t-elle une amélioration des résultats scolaires si les élèves les utilisent « bien » ?
Nous avons d’une part les études citées par Jordi Vivancos dans le livre Visible Learning (plus il y a d’interaction/rétroalimentation, mieux on apprend). Il faut par conséquent renforcer au maximum des contenus numériques qui génèrent cette interaction entre les élèves. Les manuels numériques agiront donc comme des catalyseurs d’apprentissages (Santiago Serrano).

Dans le cadre du groupe DIM-UAB les deux études importantes réalisées sur les manuels numériques mettent en avant qu’un « bon usage de ces supports peut vraiment contribuer à améliorer les rendements des élèves » : l’enquête sur l’orthographe avec les manuels de Digital-Text (en espagnol) a démontré de façon empirique une amélioration de 23% dans le rendement des « élèves numériques » par rapport à ceux qui avaient travaillé l’orthographe sans le support de TIC (Héctor Ruiz) ; et dans l’enquête sur les manuels Educaline (en espagnol), 2 professeurs sur 3 ont considéré que leurs élèves avaient appris plus. Dans ces enquêtes, les professeurs ont été orientés de façon à ce qu’ils utilisent les contenus numériques selon des méthodologies qui sont responsables du succès obtenu, en profitant de façon appropriée la « valeur ajoutée » des ressources numériques.
Parfois les contenus numériques ne misent pas sur une méthodologie didactique claire (Esteban Lorenzo). Il serait souhaitable que les manuels numériques soient au service d’une méthodologie novatrice (Antonio Cara).

Comme je l’écrivais au début de cet article, les questions sont nombreuses et on peut légitimement s’interroger sur certaines réponses. On sait aussi que la réalité de la classe rend souvent difficile l’utilisation des TIC et qu’il ne faut pas perdre de vue que, plus que l’interactivité, ce que nous recherchons dans nos classes de français, c’est l’interaction pour mener à bien un projet final ou tâche.

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Le numérique à l’école traine des pieds…

Posted by Philippe Liria sur 09/04/2012

Voici un mois, le CNNum rendait son rapport sur le rapport du numérique avec l’école. Ses auteurs montrent dans leur conclusion combien la culture numérique et la maîtrise des outils numériques ont du mal à faire leur entrée dans l’École. Pourtant, ces éléments comme le développement du Cloud (ou informatique en nuage), des tablettes et des plate-formes devraient contribuer à une meilleure présence du numérique dans l’apprentissage.
Ce rapport suggère des pistes de travail pour remédier à cette situation pour que le numérique puisse véritablement être exploité comme il se doit. Même si les auteurs n’entrent pas dans le détail des usages qu’on pourrait faire des outils numériques, on peut imaginer l’intérêt que cela représente dans le domaine de l’enseignement/apprentissage des langues ou dans l’organisation de la classe (envoi ou partage des documents grâce aux nuages ou aux tablettes par exemple).
Pour en savoir plus, vous pouvez télécharger le rapport en cliquant CNN_numerique_mars_2012.

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Le web 2.0 en classe de langue. Une réflexion théorique et des activités pratiques pour faire le point

Posted by Philippe Liria sur 29/03/2012

À lire cette note de lecture sur l’ouvrage Le web 2.0 en classe de langue. Une réflexion théorique et des activités pratiques pour faire le point.

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Quelle place pour les nouvelles technologies en classe ?

Posted by Philippe Liria sur 04/01/2012

Le New York Times organise un intéressant débat sur la place des nouvelles technologies en classe. Ce n’est pas la classe de FLE mais la réflexion en vaut la peine alors que nous voyons entrer dans nos salles de classe les TNI, les smartphones et autres outils qu’on englobe dans cette appellation de « nouvelles technologies ». Or nos impressions, celles des professeurs que je rencontre un peu partout dans le monde, sont souvent partagées. On s’interroge, légitimement, sur les bénéfices qu’en tirent véritablement nos élèves et on se demande souvent si ces outils contribuent vraiment à mieux apprendre.
Je vous invite donc à lire les différentes opinions de ce débat que nous propose la « Room for Debate » du NYT, vous y trouverez des opinions, variées, et une somme d’exemples fort intéressants qui pourront peut-être vous donner des pistes pour l’utilisation de ces outils dans vos classes.
Pouvons-nous, par exemple, ignorer les smartphones ? Nos élèves – et nous-mêmes de plus en plus – les utilisons à tout moment. Il est donc certainement nécessaire d’admettre cette réalité et de chercher des façons de les rendre utiles à l’apprentissage, peut-être comme un prologement de la classe. C’est la réflexion à laquelle nous invite Will richardson, Powerful learning practice, qui revendique l’utilisation du smartphone comme reflet de la réalité de notre monde numérisé.
Sans les rejeter, Paul Thomas, membre du Radical Scholarship, rappelle que la technologie doit accompagner l’enseignant dans son travail quotidien ; or, pour Paul Thomas, les nouvelles technologies n’auraient fait qu’augmenter les coûts en achat de matériel – particulièrement onéreux – au détriment de la formation des professeurs sans qu’on ait vraiment démontrer les bénéfices de ces « nouvelles technologies ». Il demande à ce que l’école de se laisse pas aveugler par ces outils et n’oublient pas les enseignants. Ce n’est pas l’avis d’Eric Shenninger qui dénonce la mise à l’index qui est souvent fait des nouvelles technologies et des réseaux sociaux. Il reproche aux enseignants d’ignorer le pouvoir de ces outils dans l’enseignement/apprentissage. Il rappelle qu’ils contribuent à la communication, à la collaboration entre les apprenants et donc à leur créativité. Ces outils, qui font partie de leur quotidien, les impliquent encore plus ce qui contribue à les motiver dans leur apprentissage. Un exemple concret de mise en oeuvre des nouvelles technologies, c’est celui que nous donne Shekemma Silveri qui à travers ces cours à distance et grâce à l’utilisation des réseaux sociaux en ligne fait entrer le monde dans l’espace-classe. Ou encore celui que nous donne Ann Leaness, membre du bureau de la fondation Edcamp Foundation et fervente utilisatrice du TNI et qui décrit son expérience de classe où le tableau interactif n’est qu’un outil de plus qui n’empêche en rien que ces classes soient des lieux de travail en groupe réduit, de débats, etc.
On peut retenir aussi un bémol, celui de Vicki Davis, co-fondatrice de Flat Classroom Projects qui, sans remettre en cause les nouvelles technologies en soi, au contraire, souhaiterait que celles-ci permettent de faciliter l’individualisation de l’apprentissage, notamment au moment d’évaluer.
Des échanges à lire et qui surtout devraient en permettre d’autres, notamment par rapport à la place que nous donnons, nous, aux nouvelles technologies dans nos classes.

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Interactif et actionnel : le nouveau Rond-Point innove !

Posted by Philippe Liria sur 10/05/2011

J’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer sur les TBI ou plutôt les TNI comme je préfère dorénavant appeler ces tableaux qui entrent dans nos salles de classe depuis quelque temps. Aujourd’hui, c’est parce que je crois qu’il y a enfin du nouveau avec la clé USB+ du Nouveau Rond-Point.
Jusqu’à présent, les livres numériques des méthodes sont le plus souvent de simples PDFs enrichis. C’est mieux que rien mais ça limite l’utilisation de notre TNI. Bref, les versions numériques allaient à la traine de la version papier. Or, ce qu’il fallait, c’était concevoir des activités spécifiques pour la méthode. Nous créerons ainsi une dynamique véritablement différente. Je vous invite à jeter un coup d’oeil à cette vidéo où vous pourrez découvrir les nouvelles possibilités de la méthode grâce l’interaction qu’elle permet entre activités / TNI et apprenants. L’élève devient ainsi véritablement actif, comme le suggère Serge Priniotakis dans son article sur les TNI dans la deuxième édition de L’approche actionnelle dans l’enseignement des langues (EDML, Paris, 2011).

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Dépassés par les TICE ?

Posted by Philippe Liria sur 06/01/2011

En France, on le sait, malgré le discours dominant, les TICE sont encore à la traine. En Espagne et plus particulièrement en Catalogne, pour parler d’un cas que je connais bien, on voit les contradictions entre discours et réalité : les élèves sont prêts, mais les écoles n’ont pas ou mal implanté les ordinateurs ou les TBI, les livres ne sont pas disponibles ou que partiellement et surtout, les professeurs ne sont pas formés. Ce constat est aussi valable dans des pays qui ont pourtant depuis longtemps misé sur Internet et l’ordinateur en classe comme c’est le cas du Québec (à lire : Nos écoles en retard dans le Journal de Montréal). Or, on ne pourra vraiment tirer profit de ces nouveaux outils que si on met en place une véritable politique de formation des enseignants. On en parle beaucoup, mais j’ai l’impression qu’il s’agit d’une autre Arlésienne. Au cours de mes différents voyages à travers le monde, j’ai pu malheureusement constaté que c’est trop souvent le cas un peu partout, même si on peut applaudir d’excellentes initiatives prises en Amérique Latine et qui vont dans le bon sens : on cherche à former les professeurs tout en distribuant des ordinateurs, en développant la présence d’internet dans les lieux les plus reculés, etc. À ce sujet, je recommande la lecture de ¡Basta de historias! de Andrés Oppenheimer.

 

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L’Afrique doit-elle attendre pour être équipée en tableau blanc numérique ?

Posted by Philippe Liria sur 17/06/2010

Cette question revient souvent. En effet, quand nous analysons la possibilité de diffusion d’un matériel numérique, nous nous topons encore trop souvent aux remarques sur le manque de développement de certains pays. Ce qui rendrait ces marchés peu intéressants pour les concepteurs de matériel numérique. Pourtant, je constate au cours de mes déplacements en Amérique Latine que le développement numérique n’est vraiment en retard par rapport aux pays soi-disant plus avancés. On nous dit aussi qu’en Afrique, il n’y a rien à y faire et que le numérique n’est pas prêt d’arriver. D’autres ont une autre vision du continent africain et ont bien compris que, face au déficit de matériel, le numérique peut ouvrir de nouvelles portes. Alors pourquoi faudrait-il attendre ?

Une réflexion à suivre sur TV5 Monde grâce à un projet en coopération avec REPTA.

http://www.tv5.org/TV5Site/publication/galerie-269-2-Un_tableau_pour_l_Afrique.htm

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