Le blog de Philippe Liria

Auteur, formateur, consultant et éditeur de français langue étrangère (FLE)

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De la réalité virtuelle pour apprendre les langues ?

Posted by Philippe Liria sur 20/11/2016

(Extrait de la vidéo de présentation de la RV par D'capsules pour l'école)

(Extrait de la vidéo de présentation de la RV par D’capsules pour l’école)

Et si le réalité virtuelle (RV, d’après l’acronyme anglais VR pour Virtual Reality) était un des nouveaux outils les plus prometteurs de la classe de langue ? En effet, pourquoi ce progrès technologique ne finirait-il pas dans nos cours de langue ?

Vers un vrai apprentissage immersif

On le sait, les écoles d’ingénieurs travaillent un peu partout dans le monde pour développer des technologies qui vont transformer notre façon de communiquer et d’interagir. La RV en est une. Imaginez par exemple des apprenants qui rencontreraient dans des espaces virtuels des locuteurs de la langue qu’ils étudient. Cela va encore plus loin que les cours en visioconférence qui se sont développés ces dernières années. On associe souvent les applications de cette réalité virtuelle aux jeux vidéos ou aux domaines des sciences pures ou de la médecine ; on le fait beaucoup moins dans notre monde des langues. Pourtant on voit bien l’évolution que l’apprentissage des langues est en train de vivre à partir des nouveaux supports qui permettent de développer des logiciels et des applications, plus ou ou moins efficaces ou plus ou moins sérieux mais qui montrent bien que nous ne pouvons continuer à concevoir l’enseignement/apprentissage de la même manière qu’il y a à peine quelques années. D’ailleurs, ne voyons-nous pas déjà circuler des applications en RV ? Je pense par exemple à House of Languages, développée par un Russe de Saint-Petersbourg, Maxim Miheyenko. Il s’agit d’une maison dans laquelle, le casque sur la tête, l’apprenant peut virtuellement déambuler pour aider Mr Woo à trouver les objets qu’une voix en off lui demande de chercher. Les yeux de l’apprenant pointent l’objet en question et c’est gagné ! Il peut même le toucher virtuellement ! Une façon ludique d’apprendre du vocabulaire qui permet en plus de travailler la compétence de réception orale. Une vraie immersion dans la langue qui ne peut nous laisser indifférents. Est-ce que ce type de produit est représentatif de ce que pourrait être la classe de langue demain ? On imagine les élèves partir virtuellement à la découverte des rues d’une ville française dans un voyage en RV ? On continuera à travailler l’orientation mais en plus l’apprenant le fera dans un environnement culturel adapté à ses objectifs d’apprentissage (les magasins, l’organisation de la rue, le passant ou l’agent à qui poser une question, décider d’entrer dans un restaurant ou dans l’épicerie du coin de la rue…). On sourit, d’un air sceptique mais après tout, ces outils ne vont-ils pas permettre d’atteindre les objectifs qu’a tout apprenant d’une langue : être plongé dans ladite langue. La RV permet une approche immersive à prendre très au sérieux dans notre domaine. Les murs qui séparent encore fortement la classe de la réalité sont abattus par l’arrivée de cette RV. On voit bien quels effets cela peut avoir pour le FOS par exemple. On imagine comment plonger des professionnels dans un espace virtuel reproduisant le lieu où ils exercent leur activité mais où ils devraient le faire dans la langue cible. Reproduire l’environnement permettra de reproduire les gestes, les attitudes, les réactions de la situation réelle à laquelle ils doivent se préparer et cela les aidera à acquérir les automatismes de la langue, à mieux mémoriser le vocabulaire et à plus généralement à agir. Je vois dans la RV un véritable stimulus pour l’apprenant.

Le FLE saura-t-il être au rendez-vous de la RV ?

Cette RV n’appartient plus au monde de la fiction, c’est une réalité mais qui va certainement encore tarder à faire son entrée dans les pratiques d’apprentissage des langues car il va falloir développer du matériel. Cela demande de la créativité, de la technologie, de l’expertise en ingénierie de la didactique des langues (il ne suffit pas que ce soit joli, même si l’esthétique est primordial) et des fonds, beaucoup de fonds ! Et c’est là que le bât blesse ! La RV reste onéreuse. Et dans le domaine du FLE, on risque de devoir attendre longtemps d’ici à ce qu’il y ait des contenus basés sur une progression. Alors qu’en anglais nous voyons apparaître déjà des produits comme House of Languages qui prétend sur son site promotionnel s’adresser à des millions d’apprenants, qu’en sera-t-il du développement d’un tel produit en français ? Peut-on imaginer qu’une start-up issue d’une école d’ingénieurs et en collaboration avec des experts FLE développe ce type de produit ? La frilosité des investisseurs ou des responsables financiers hexagonaux freinera-t-elle la création d’un tel produit ? Ou devrons-nous entendre les critiques de ceux qui se plaindront que ce sont des Américains qui proposent une version française de leur produit ? Espérons que le FLE ratera pas le coche de cet important rendez-vous que nous donne la RV pour entrer dans une nouvelle dimension de l’apprentissage de la langue.

Inciter à développer des projets éducatifs en RV
Alors qu’en France, les débats autour du numérique semblent tourner en rond, ailleurs les choses bougent. En tout cas, à Washington on prend cette RV très au sérieux au point de créer un nouveau prix pour récompenser la création d’outils éducatifs de réalité virtuelle ou augmentée, convaincu de l’importance de développer un apprentissage basé sur la simulation pour enrichir l’expérience des apprenants. On remarquera en plus la volonté d’impliquer directement les acteurs en le incitant à développer des produits éducatifs en RV. Je me trompe peut-être et je serai ravi de recevoir des rectifications au sujet de l’investissement de la France dans le domaine du développement de produits éducatifs en RV ou en réalité augmentée.

Les entreprises privées, surtout des start-up du monde anglo-saxon, travaillent d’arrache-pied dans le développement d’outil éducatif RV en collaboration avec des établissements scolaires. C’est le cas d’un réseau d’écoles irlandais qui, en 2014, s’est lancé, avec le soutien d’une entreprise privée, elle-même soutenue par Google, dans une expérimentation particulièrement intéressante autour de la 3D et la RV comme le montre cette vidéo :
Cette vidéo a été publiée sur le site d’une publication en ligne directement liée à Google News et qui énumérait les 5 avantages de la RV. La présence du géant Google n’est pas innocent et on comprendra bien que, même si cette l’expérimentation n’est pas dénuée d’intérêt, elle est certainement biaisée du fait de cette connexion avec l’un des fabricants de ces casques RV. Des choses se passent en France. On peut citer l’exemple de D’capsules pour l’école. Il s’agit d’une école française qui propose une présentation de la RV et de son intérêt en classe. Le site contient une somme impressionnante de vidéos qui peuvent être vues en 3D (point 6) :

Les pieds sur terre

S’agissant de l’éducation, il est évident qu’il faut un débat. Nous devons avoir les pieds sur terre. Il va bien sûr falloir se poser des questions sur le modèle d’apprentissage que nous voulons mettre en place dans le monde des langues. Voulons-nous vraiment voir tous les apprenants avec des casques RV sur la tête en train d’échanger virtuellement avec quelqu’un d’autre qui se trouve à l’autre bout du monde ? Et puis il faut aussi éviter de tomber dans le piège de la marchandisation de l’éducation. La RV est pressenti par les experts comme un marché très juteux et qui devrait connaître une croissance exponentielle dans les années à venir. Le monde de l’éducation fera partie des grosses parts de marché de cette RV – lire à ce sujet cet article du Washington Post du 18/11/2016.

C’est la raison pour laquelle il est important que ces développements technologiques et les objets qui les servent (smartphones, casques RV) et qu’il serait dommage de ne pas utiliser dans l’apprentissage, dont celui des langues, soient accompagnés d’une véritable réflexion sur les vertus mais aussi les défauts qu’il peut y avoir à tout vouloir numériser. C’est d’ailleurs un sujet qui a été au centre des échanges lors de la Semaine de l’Education vient de prendre fin et donton aura l’occasion de reparler.

Pour en savoir plus :
Sur le site de U.S News, Virtual Reality Changes Global Engineering Schools, 26/10/2016 (dernière consultation le 19/11/2016), par Ilana Kowarski.

Sur le site la Maison blanche, A New Prize Challenge for Virtual and Augmented Reality Learning Tools, 15/11/2016 (dernière consultation le 19/11/2016) par Erik Martin et Albert Palacios

House of languages https://vrjam.devpost.com/submissions/36280-house-of-languages

Semaine de l’éducation http://semainedeleducation.laligue.org/

Sur le site du Washington Post : Exploring a new frontier this holiday shopping season: Virtual reality, 18/11/2016 par Hayley Tsukayama

Sur le site de Hypergrid Business : 5 ways virtual reality will change education, 7/11/2014 par Kate Abrosimova

D’capsules pour l’école http://dcapsulespourlecole.weebly.com/

Sur Thot Cursus, La réalité virtuelle, prochain vecteur de changement en éducation? http://cursus.edu/article/25505/realite-virtuelle-prochain-vecteur-changement-education/#.WDGzUPnhDIU, publié le 17/05/2015 (dernière consultation le 20/11/2016) par Alexandre Roberge

Sur le site du magazine de la réalité virtuelle et de la réalité augmentée : Réalité virtuelle – Une possible révolution de l’enseignement http://www.realite-virtuelle.com/realite-virtuelle-enseignement publié le 12/04/2016 (dernière consultation le 20/11/2016) par Tarik H

Sur le site de Ludovia : L’éducation virtuelle : Est-ce possible ? http://www.ludovia.com/2016/06/leducation-virtuelle-est-ce-possible/ publié le 18/06/2016

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Des tablettes pour la classe ?

Posted by Philippe Liria sur 28/09/2015

0_fritic_rapport_photo1pageAujourd’hui, un certain concensus existe en matière de pédagogie qui admet que nous ne pouvons continuer à concevoir l’enseignement-apprentissage comme avant l’arrivée du numérique. Mais on admet aussi, à juste titre, qu’il ne suffit pas d’installer des outils numériques pour que les choses changent ! Pour qu’ait lieu ce véritable changement, les habitudes d’enseignement doivent évoluer – et comme celles d’apprentissage des élèves. La mise en place d’une technopédagogie s’avère indispensable. Reste à savoir comment et avec quels outils numériques. Un rapport suisse dont s’est fait le relais Netpublic sur son site le 24 septembre dernier analyse la question.

Migrer vers les tablettes
Parmi ces outils, figurent à une place privilégiée les tablettes. Celles-ci peuvent et doivent contribuer à déplacer le curseur du paradigme pédagogique à condition bien sûr que la configuration de la classe change comme le signalaient le rapport L’iPad à l’école : usages, avantages et défis (2013) et que reprend un autre rapport, Migrer des ordinateurs aux tablettes, publié en mai 2015 et qui « fait un rapide état des lieux du marchés des tablettes et de l’édition numérique, avec un accent particulier sur le contexte « éducation »« . 0_fritic_rapport_photo2page

Ce rapport du Centre Fri-tic de l’Etat de Fribourg (Suisse) analyse :
– les différents scénarios possibles de migration vers les tablettes ;
– les types de produits existant sur le marché et leurs contenus numériques ;
– les avantages et inconvénients de cette migration ;
– la stratégie de développement dont la formation des enseignants

et emet des recommandations à la fois sur le choix des outils, le déploiement de cette migrationet et les stratégies pour la mise en oeuvre dans la classe.

Ce rapport contribue à la réflexion qui doit accompagner l’introduction du numérique en classe et éviter de reproduir les erreurs commises lors de l’arrivée des ordinateurs, enfermés dans des salles où ils ont vite pris la poussière. Nous devons associer cette nouvelle technologie à un renouveau pédagogique et par conséquent permettre que les outils, sans doute les tablettes plus encore que les TNI, ne soient pas à leur tour enfermées dans des casiers mais bien à la disposition des enseignants et des apprenants. Cependant, cette mise à disposition ne doit pas se faire n’importe comment. Pas question de passer au tout-numérique sans une expérimentation suivie qui permettrait de « documenter les usages et les apprentissages spécifiques des élèves, observer la motivation, identifier les plus-values pour pouvoir éventuellement, à moyen terme, généraliser ces pratiques« . (p.3-4)

Le rapport émet aussi des réserves sur les apps spécifiques pour l’enseignement et l’apprentissage en raison d’une valeur éducative limitée, du trop peu d’apps éducatives dans d’autres langues qui ne soit pas l’anglais ou encore le manque de « contenus pointus » même s’il souligne l’importance des apps qui facilitent la productivité et la créativité (p.8).

Tablettes et ebooks
Un point qui m’a particulièrement intéressé pour des raisons évidentes, c’est celui des ebooks. Le rapport y consacre cinq pages (p.10-15) et commence par une description des trois types d’ebooks qu’il identifie et que je reprends ici car une certaine confusion existe encore sur ce point si on en croit les nombreux professeurs que je rencontre lors des journées de formation ou sur les congrès.
Quels sont ces trois types d’ebooks ? Il y a…
– le simple livre numérisé ou scanné ;
– le livre homothétique qui est une version numérique d’un texte papier sans contenus complémentaires mais avec des plus-values (indexations, possibilité de place des signets, modifier ou aggrandir les polices) ;
– un livre enrichi qui est celui que les maisons d’édition FLE proposent pour les manuels actuellement et qui consistent à un plus en sons, vidéos, animations… et que le rapport considère comme étant le type de livre numérique où « se situe le plus grand potentiel pour l’éducation »
0_fritic_rapport_photo3pageLe rapport signale aussi l’apparition de plateforme de publication d’ebooks qui pourrait bousculer la donne entre édition et maison d’édition. Une évolution à suivre certainement et qui pourrait rappeler ce qui s’est passé dans le monde la musique il y a quelques années. Rappelons-nous qui étaient les géants de la musique il y a à peine quinze ans et qui domine l’industrie musicale aujourd’hui. Allons-nous vers un scénario identique dans l’édition scolaire et para-scolaire ? La question mérite d’être soulevée et on aurait tort de détourner le regard en pensant que ces scenarios-catastrophe ne sont que pure fiction !

Ce qui est clair, c’est que si la migration vers les tablettes s’accélèrent, il faut que les maisons d’édition développent des apps de leurs manuels et que celles-ci proposent un véritable développement enrichi. L’édition FLE ne peut rester à l’écart de cette nouvelle réalité, en Europe mais aussi, et peut-être plus encore, dans le reste du monde, notamment dans des zones où le public est entré très vite dans l’ère numérique (parfois en étant à peine passé par celle du papier). Cela implique aussi d’envisager non seulement un changement dans les manuels ou plutôt de leurs contenus mais aussi dans la façon de les diffuser et de les distribuer.

Former pour faire évoluer les pratiques de classe
Le rapport consacre un volet à la stratégie de déploiement et notamment au niveau des enseignants car on ne peut envisager cette migration vers les tablettes sans faire évoluer les pratiques de classe qui doivent accompagner la mise en oeuvre d’une plus grande autonomie des apprenants (et on sait qu’il y a des zones du monde où nous sommes encore très loin d’y parvenir), d’un apprentissage différencié et, on en parle beaucoup, de la créativité. Pour y arriver, il faudra avoir recours à la formation mais aussi faciliter l’accès des enseignants aux tablettes. Il faudrait certainement que l’institution pense dans un premier temps à en remettre à leur équipe pédagogique pour qu’elle se familiarise avec l’outil mais sans négliger l’indispensable formation à leur utilisation pédagogique. Et le rapport de signaler que cela prendra du temps tout en faisant une recommandation : privilégier une approche par scénario sur le modèle du European Schoolnet (p.21-23) qui propose justement sur son site des usages pour l’intégration de la tablette en classe.

Impliquer l’ensemble des acteurs de cette innovation
Le rapport aborde ensuite les coûts (dont ceux du matériel d’enseignement, p.29) et les conditions techniques pour que cette intégration connaisse le succès. Et ces points ne sont pas à négliger non plus si on veut éviter la frustration des apprenants bien sûr mais aussi celle des enseignants. On parle beaucoup de la motivation des élèves mais le prof aussi doit être motivé. Et les changements, on le sait, ne peuvent pas simplement dépendre de la volonté de directives pédagogiques. Ils ne seront possibles que si les propres enseignants se sentent impliqués ; qu’ils soient acteurs de cette innovation technopédagagogique.

Bref, il s’agit d’un rapport qui, bien que conçu dans un cadre cantonal, fournit des éléments de réflexion concrets pour la mise en place de « bonnes pratiques (dans l’usage des tablettes)dans tous les domaines d’enseignement » au-delà des Alpes. Il comprend aussi de nombreuses sources de références que ce soit sur le marché du numérique ou les évaluations des expérimentations menées avec des tablettes en classe.

Alors des tablettes pour la classe ? Oui, nous dit ce rapport mais pas n’importe comment. C’est que nous dit ce document qui confirme et complète les différents rapports sur le sujet. Sans précipitation, mais sans plus tarder non plus ! Tous les acteurs du monde éducatif doivent faire en sorte que le numérique, qu’il passe par la tablette (mais aussi le smartphone ou le TNI), entre dans la classe mais pas pour reproduire des pratiques connues mais bien pour en changer. C’est-à-dire que ces innovations pédagogiques doivent mettre un terme à une certaine routine de la classe. Le chemin est certainement long et jalonné de difficultés mais c’est aussi le défi de l’enseignement-apprentissage que d’y arriver !

Pour en savoir plus :
Migrer des ordinateurs aux tablettes, rapport du Centre fri-tic (mai 2015)
Site du Centre fri-Tic
Site de Netpublic

Depuis ce site…
Accédez au rapport de Thierry Karsenti sur les tablettes.
Le tsunami numérique d’Emmanuel Davidenkoff
Tablette numérique à l’école : un rapport québécois à ne pas manquer
Un dossier sur la place de la tablette dans l’apprentissage

Côté formation « tablette » :
Inovateach, le site Laurent Carlier.

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Vous avez dit « création » ?

Posted by Philippe Liria sur 26/09/2015

Voilà déjà quelque temps que je suis L’espace à Zecool, un blog animé par Jacques Cool, un « technopédagogue par choix » comme il se définit lui-même. Il mène une veille permanente (et passionnée) sur tout ce qui se passe autour de la pédagogie et du numérique (suivez-le sur Twitter : @zecool).
Pris par la rentrée, je n’avais pas encore eu le temps de lire ses derniers articles et je voulais surtout vous en recommander un qu’il a consacré à la nécessité d’associer la création et l’innovation à l’apprentissage (Rentrée scolaire 2015 : Perspectives nouvelles, anciennes, entremêlées…). Une réflexion indispensable (je vous renvoie à cet article sur L’élément de Ken Robinson) en cette période de bonnes intentions pour une partie d’entre nous qui reprenons le chemin de l’école pour que cette année soit différente et que nous ne tombions pas dans la routine ou dans cette « mécanique » dont nous parle Jacques Cool. Mais faire changer les choses n’est pas simple, on le sait ! Il suffit de voir la bousculade qu’il décrit dans un magasin de fournitures scolaires pour comprendre que les outils des élèves ressemblent plus à ceux que nos parents nous achetaient quand nous allions à l’école qu’à ceux qui les aideraient à mieux préparer l’avenir. Cela ne veut pas dire qu’il faille se laisser engloutir par le « tout-technologique » ou le « tout-numérique » mais nous n’avons pas le droit non plus de l’ignorer. L’école, dans un sens large qui englobe tous les lieux d’apprentissage, doit savoir s’adapter à l’environnement et ne peut détourner le regard face au changement de ce monde. Le smartphone n’est pas un gadget et la tablette n’est pas un caprice ! Rendons-les plus accessibles mais n’en limitons pas l’usage sous prétexte que tout le monde n’en a pas. Au contraire d’ailleurs, ces outils peuvent contribuer (et doivent le faire) à une meilleure diffusion des connaissances et par voie de conséquence à plus d’égalité, à condition d’apprendre à en gérer les contenus – d’où la nécessité aussi d’avoir des enseignants compétents pour en enseigner les virtues et les défauts.
Cela implique que nous ne fassions plus les choses comme avant, que nous ne reprenions pas les cours de l’année dernière qui ressemblaient comme deux gouttes à ceux de la précédente et que nous sachions donc intégrer non seulement des outils « nouveaux » (tablettes, smartphones) mais aussi et surtout des pédagogies nouvelles. Et Jacques Cool de citer une excellente illustration de Sylvia Duckworth qui synthétise à merveille quelques idées simples et novatrices à la fois pour que la classe soit différente. Il s’agit de 15 choses qu’un professeur devrait essayer dans sa classe (créer un site Internet, créer un portfolio numérique, créer un compte Twitter et permettre des connections internationales, utilser Google forms, etc.). Rien ne garantit que ça marche mais il faut essayer. Et si ça prend, cela peut vraiment créer une nouvelle dynamique de classe. L’autre jour par exemple, lors d’une formation que j’animais dans une université d’Aguascalientes (Mexique), de jeunes enseignantes de FLE ont décrit comment elles avaient introduit dans leurs cours le principe de la classe inversée. Un vrai succès d’après ce qu’elles en disaient qui leur permet de consacrer plus de temps à la réalisation de projets en classe. Or, l’organisation de projets – qui sont pourtant le juste reflet de la réalité (coopération/collaboration avec l’autre, prise d’initiative, créativité/originalité, etc.) – passe souvent à la trappe par manque de temps car il faut préparer les famauses évaluations. Comme si le succès dans la réalisation d’un projet n’était pas en soi la meilleure évaluation ! Mais c’est un autre débat…

Origen: Rentrée scolaire 2015 : Perspectives nouvelles, anciennes, entremêlées…

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Le numérique au service de l’innovation pédagogique

Posted by Philippe Liria sur 15/07/2015

IMG_0151« L’élève doit être au centre de l’apprentissage ! » C’est une phrase que tout le monde a entendue mais qu’en est-il réellement ? Une fois dans la classe, la pression des programmes, des institutions, le manque de temps ou de formation font que trop souvent encore la classe est organisée non pas en fonction de l’élève et de sa façon d’apprendre mais plutôt en fonction de ces impératifs. Pourtant, nous devrions tous nous interroger sur notre manière d’apprendre, sur celle de nos étudiants et donc sur ce que nous faisons pour faciliter cet apprentissage. « Tout enseignement efficace doit commencer par la prise en compte de la façon qu’ont les étudiants à apprendre » nous rappelaient les auteurs de How learning works (Jossey-Bass, USA 2010), un excellent livre que je recommande vivement si vous vous intéressez aux processus d’apprentissage. Une inquiétude qui doit bien entendu être présente dans nos cours de français. Quelle place faisons-nous à la créativité ? Quelle rôle peuvent jouer les langues plus ou moins proches pour accompagner l’apprentissage ? Ou que faire de ces technologies qui entrent dans nos classes ? Qu’est-ce qui forcément change dans nos pratiques ou dans la dynamique du cours si le monde change autour de nous ? Ces questions, ce sont celles auxquelles essaient de répondre les spécialistes invités à participer au dossier du 400è numéro (bon anniversaire !) du Français dans le monde. couvn400 Dix pages, c’est encore trop peu pour traiter un sujet aussi vaste mais c’est déjà ça pour lancer la réflexion (ou l’approfondir) dans les salles de profs ou dans les réunions pédagogiques. Une réflexion par exemple sur la nécessité de repenser la classe de sorte que soient mis en avant les talents et les centres d’intérêt car « il s’agit de créer les conditions qui permettent (…) d’apprendre et de s’épanouir, sur le plan collectif et individuel » nous rappelle Ken Robinson (FDLM, pp.50-51), l’auteur de L’élément que j’avais eu l’occasion de présenter dans ce blog il y a quelque temps déjà. Et pour atteindre ces objectifs, il nous faut disposer de plus de temps pendant le moment de la classe. Oui, mais comment ? En réorganisant la distribution des contenus et du temps. La classe ou pédagogie inversée (la flipped classroom en anglais) peut être une solution à cette nécessité de repenser la classe. Marcel Lebrun, professeur à l’Université de Louvain (Belgique), nous parle de ce changement de paradigme et résume les trois niveaux de cette démarche pédagogique qui « repositionnent les espaces-temps traditionnels de l’enseigner-apprendre » (pp.52-53). IMG_0154L’idée de la pédagogie inversée commence à faire son entrée dans la classe de FLE, comme me le rapportait une jeune enseignante venezuelienne lors du BELC Régional de Bogota. Elle n’hésite pas à expérimenter ce concept pour donner une nouvelle dynamique à son cours et donc motiver différemment ses élèves. Je constate aussi que dans plus en plus de formations, on nous demande d’en parler dans l’optique de la mettre en place, même si ce n’est que ponctuellement. Et si ces classes peuvent « prendre », c’est aussi parce que les technologies numériques sont arrivées au bon moment, à condition de savoir en user sans en abuser ! Or, cela a été trop souvent le cas à cause d’une certaine précipitation (un « tsunami numérique », pour reprendre le titre du livre d’Emmanuel Davidenkoff, qu’on ne peut ignorer) malgré les appels à la vigilance d’experts tels que Thierry Karsenti (lire aussi cet article). Il faut donc non pas les imposer mais bien savoir les intégrer dans l’apprentissage. C’est dans cette intégration que réside l’innovation pédagogique. Il faut donc que le professeur apprenne à maîtriser ces outils technologiques de plus en plus performants ; qu’il devienne un « enseignant multidimensionnel » nous dit Marc Oddou, bien connu des profs de FLE notamment grâce à son site. La tablette est un bon exemple d’outil qui peut favoriser cette « créativité pédagogique » des apprenants que revendique Ken Robinson, à condition de gérer l’espace-temps différemment, souligne Laurent Carlier (inovateach.com).lcarlier Et pour y parvenir, il faut changer la dynamique de classe et renforcer la place de l’authentique dans la classe. Le web 2.0 doit y contribuer. C’est l’avis de Christian Ollivierr&a_juillet2013, spécialiste de l’introduction de ces nouvelles pratiques en lien avec les mutations technologiques auxquelles nous assistons et surtout participons (cf. Recherches et applications, juillet 2013). Pourquoi le web 2.0 ? Parce qu’il contribue à l’authenticité des échanges en laissant les apprenants réaliser des « tâches ancrées dans la vie réelle » qui débouchent sur un « produit(…) fortement socialisé« . Mais le ‘comment-j’apprends’ ne passe pas que par la technopédagogie. C’est aussi la capacité à mobiliser des stratégies qui vont contribuer à mieux s’approprier d’une langue. Par exemple, en se basant sur les différents degrés de parenté entre la langue cible et celle de départ. Selon la distance de ces langues, les compétences à mobiliser seront différentes, comme nous le décrit Jean-Michel Robert dans un article sur l’intercompréhension, dont on ne parle pas assez en classe de langue comme je le signalais dans ce blog le mois dernier et qui pourtant contribue vraiment à l’apprentissage des langues et à la mobilisation de stratégies pour mieux y arriver.
Voilà donc un superbe numéro du Français dans le monde, une belle réussite avec un riche contenu pédagogique au-delà de ce dossier. A lire absolument, sur papier ou, puisque nous parlons numérique, sur l’application qui accueille la version numérisée de la célèbre revue.

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Des technologies pour la pédagogie

Posted by Philippe Liria sur 07/07/2015

Prodageo

Marcel Lebrun nous dit que les technologies peuvent contribuer au développement pédagogique mais que cela nécessite des dispositifs centrés sur l’apprentissage des étudiants. Ce postulat est intéressant et j’y adhère bien volontiers. Cependant, il me semble important de voir quelles sont les conditions préalables, nécessaires pour introduire l’usage des technologies dans les formations et que signifie ‘dispositif centré sur l’apprentissage des étudiants’.

technologie et pédagogie selon M. Lebrun technologie et pédagogie selon M. Lebrun

1 – Les conditions préalables pour introduire les technologies

Deux points me semblent essentiels pour pouvoir introduire les technologies dans une formation. L’enseignant doit percevoir que c’est utile et que c’est facile.

L’utilité des technologies

Il me semble qu’on peut voir 7 grandes familles de fonctionnalités qui peuvent justifier de l’utilité des technologies : information, Création, Collaboration, Archivage, Diffusion, Communication, Automatisation. Dans un contexte de formation, ces fonctionnalités peuvent permettre de faciliter/renforcer :

  • Les apprentissages des étudiants,
  • Le suivi des avancées de chacun,

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Papier vs Tablettes, un faux combat

Posted by Philippe Liria sur 22/02/2015

casatiLe samedi matin, j’adore mettre de côté tablette et smartphone pour m’installer à la terrasse d’un café pour profiter d’un bon petit déjeuner et d’un journal, un « vrai », en papier… Un journal qui se froisse quand on en tourne les pages et qui vous laisse des marques d’encre noire sur le bout des doigts. Et c’est justement en lisant La Vanguardia de ce samedi 21 février que je suis tombé sur l’édito de Màrius Carol au sujet de la sortie en espagnol de Contre le colonialisme numérique (manifeste pour continuer à lire), un ouvrage du philosophe et penseur italien, Roberto Casati, publié en français chez Albin Michel il y a déjà deux ans (deux ans plus tard pour le lire en espagnol, ça fait quand même beaucoup !!!).
Non, je n’ai pas soudainement changé d’avis sur le numérique. Aucunement l’intention de me désintoxiquer, je ne compte pas me passer de ma tablette. Pourtant, je crois qu’il n’est pas inutile de savoir faire une pause et réfléchir sur les usages que nous faisons de cette technologie que nous donne accès au monde du bout des doigts… à condition d’être « compétent numérique ». Poser un regard critique sur la numérisation de notre société, et plus encore dans le monde éducatif est primordial pour que l’innovation technologique ne soit pas subie par les citoyens d’aujourd’hui et surtout de demain. C’est bien à l’école de jouer un rôle pour que la technologie ne prenne pas le pas sur la pédagogie. Mais une fois ce regard critique posé, je crois que nous ne devons pas non plus passer notre temps à passer en revue les avantages du papier sur le numérique comme semblerait le faire Casati en définissant « le livre papier comme le format cognitif parfait » alors que le numérique favoriserait le survol, le zapping comme si le numérique devait être synonyme de superficiel.
Certes, le papier a contribué depuis ces cinq derniers siècles à la diffusion des savoirs et des idées et donc de la démocratie mais si nous disposons aujourd’hui d’un meilleur support pour en permettre une plus grande diffusion encore, nous ne devons pas le freiner. Ce n’est pas demain la veille que nous verrons mourir le support papier mais ce n’est pas non plus en se lamentant face à cette « invasion » numérique que nous contribuerons à en faire un meilleur usage ou rendre nos élèves plus compétents. Nous pouvons regretter qu’ils préfèrent chercher les mots sur leur smartphone plutôt que dans un dictionnaire papier mais ce qui est réellement important, c’est qu’ils sachent chercher les mots et trouver réponse à leurs questions. A nous de les aider à bien choisir parmi les dictionnaires en ligne celui qui convient le mieux à leurs besoins. Pour cela, il faut développer une capacité critique pour évaluer les sites ou les applications. Et c’est le rôle de l’enseignant que guider l’apprenant dans ce qui pourrait ressembler à une jungle numérique.
Opposer le papier au numérique est donc un faux combat. Personne n’a besoin de dire aux tenants du numériques que leur tablette peut se décharger. Ils le savent. La quid de la question repose plutôt sur l’accès à la technologie (il faut éviter la fracture socio-technologique) et son usage (il faut former enseignants et apprenants). Pour l’instant, et en attendant que tout le monde dispose facilement d’un accès à l’outil numérique et de la formation adéquate pour être compétent dans son maniement, nous devons plutôt privilégier une pratique hybride où papier et numérique sont complémentaires.
Casati est particulièrement critique vis à vis des tablettes. Fin 2013, j’avais déjà évoqué le rapport de Thierry Karsenty sur les risques d’un mauvais usage de celles-ci en classe si l’on ne formait pas les enseignants et les élèves à ces nouveaux outils de façon à ce que la technologie ne prenne pas le dessus sur la pédagogie (à lire : Lecture d’été : (mieux) intégrer les technologies en classe de FLE… Quelques pistes pour enseignants et apprenants ). Je crois que les exemples ne manquent pas depuis pour justement intégrer intelligemment l’innovation technologique en classe comme nous l’avons vu récemment grâce à des initiatives comme celle du Printemps numérique qui s’est tenu à Istanbul les 13 et 14 février à l’initiative de Marc Oddou.
Casati n’est peut-être pas un technophobe mais prétend plutôt tirer la sonnette d’alarme : nous nous laisserions envahir par le numérique sans même nous poser de questions sur ce qu’il nous apporte. Pour lui, le tout-numérique met en danger notre capacité à savoir lire et donc apprendre. Pourtant ne nous trompons pas de combat, or nous le ferions en voulant opposer la « vraie lecture » que serait celle que l’on fait sur le papier d’une « lecture superficielle » qui serait celle qu’on fait sur un écran. Pour Casati, le livre continue à être le support privilégié des apprentissages car il permettrait, grâce à son design, une véritable « lecture approfondie ». L’absence d’études sur le long terme ne nous permet pas vraiment de savoir si cette perception du numérique selon Casati s’avère exacte. Mais que faire ? Ignorer l’innovation technologique dans son usage éducatif ? Je ne crois pas. Nous devons en revanche ne pas nier qu’il n’y a pas que des avantages et ne surtout pas perdre de vue que la vraie question est celle de l’apprentissage et là, je rejoins Casati quand il écrit qu' »accéder à l’information, n’est pas encore lire, lire n’est pas encore comprendre et comprendre n’est pas encore apprendre » mais si cet apprentissage peut être plus accessible du bout du pouce comme dans le conte de Michel Serre, eh bien pourquoi pas ? Après tout, n’est-ce pas ce que nous cherchions : dépasser le stade de l’élève passif pour le rendre véritablement actif ? La technologie nous permet d’avoir des élèves acteurs de leur propre apprentissage. C’est un atout dont il faut profiter. petite-poucette

Pour en savoir plus…

Roberto CASATI, Contre le colonialisme numérique (manifeste pour continuer à lire), Paris, Albin Michel, 2013, 200p.

Une partie des références à l’ouvrage de Roberto Casati sont tirées du compte rendu en ligne publié par P. Mériaux

Michel SERRE, Petite Poucette, Editions Le Pommier

Présentation vidéo de la Petite Poucette

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Les tablettes en classe… La réflexion continue

Posted by Philippe Liria sur 22/12/2013

(ce billet est une mise à jour de celui publié en juillet 2013)

marcel_lebrunJ’ai très récemment publié un billet sur l’entrée de la tablette dans nos cours de langue tout en invitant à la réflexion sur leur place dans l’enseignement/apprentissage mais pas seulement. En effet, il s’agissait aussi de poser quelques questions autour de nos pratiques de classe : si celles-ci ne changent pas, nous aurons beau changer et moderniser les outils, cela ne servira pas à grand-chose. Il existe apparemment un consensus sur ce point comme le montre deux documents que j’ai eu sous les yeux cette semaine et que je souhaite partager avec mes lecteurs.

Le premier est une vidéo diffusée sur la chaine youtube de Ludoviamagazine, dans laquelle Marcel Lebrun (si vous ne le connaissez pas, rendez-vous sur son blog) évoque la nécessité de changer les pratiques d’enseignement à partir d’une réflexion autour de la technopédagogie.

Le deuxième est un billet particulièrement intéressant de Maéva Deshayes sur « l’émergence d’un questionnement au sujet des utilisations de tablettes tactiles dans le cadre d’une institution de formation privée berlinoise » où l’auteure enseigne le Français Langue Étrangère. Dans ce billet publié dans le magazine en ligne Adjectif, consacré à la place des technologies dans l’éducation, elle propose « de partager une réflexion modeste, basée sur des observations et des échanges plutôt informels, au sujet de l’insertion de ces appareils dans son activité et celle de ses collègues. » Récit de pratiques de classe, cette réflexion débouche sur une conclusion qui nous donne des pistes sur l’utilité de la tablette en classe de langue. Support, la tablette permet de développer différentes compétences qui mobiliseront les apprentissages visuels, auditifs, kinesthétiques… Bref, comme son auteure le souligne, il s’agit d’un outil « qui permet une diversification de l’approche pédagogique extrêmement fructueuse ». Bien entendu, reste la question de la formation des enseignants. Je soulève souvent cette question mais elle est bien au centre du développement de cet outil : nous ne pouvons compter que sur l’auto-formation et je rejoins entièrement Maéva Deshayes quand elle écrit qu’il « serait aussi judicieux de développer des formations spécifiques pour ces derniers. »

Juan Lopez Valcarcel - brief history of how technology changed educationFinalement, et pour aller au-delà de cette réflexion sur l’usage de la tablette, il est temps que nous prenions le temps d’analayser la mise en place des nouveaux outils liés à l’apprentissage. Ce qui est certains, c’est que ceux-ci contribuent à une nouvelle diffusion des savoirs sans passer par les circuits traditionnels et formels qui continuent à dominer le monde. C’est un peu ce que cherche à expliquer Juan López Valcárcel, directeur de développement numérique chez Pearson (Education Technology, Always Learning), dans une vidéo où apparaissent de nombreux exemples d’évolution où, là encore, sont en étroite relation apprentissage et technologie, que ce soit dans un village d’Éthiopie (cf. article Rue 89), dans les écoles maternelles de Corée du sud, sur les MOOC et dans les réseaux sociaux. Mais attention, il ne s’agit pas d’applaudir toutes ces initiatives sans y poser un oeil critique car laisser aux mains de la technologie l’acquisition des savoirs, c’est peut-être aussi accorder une trop grande place aux fabricants de ces noouveaux outils. Or, il faudrait aussi qu’on prenne le temps d’analyser les effets réels sur l’apprentissage car, comme le rappelait Lucien Marboeuf dans un artcile critique sur cette expérience éthiopienne, « savoir l’alphabet n’est pas savoir lire ».

Pour aller plus loin :
Le café pédagogique nous propose un dossier très intéressant sur les tablettes : La tablette fait son entrée à l’école…

Ce sont six billets à lire pour mieux comprendre les enjeux des tablettes en classe. J’en reproduis le chapeau et vous invite vivement à les lire, même s’il ne concerne pas directement le domaine de l’enseignement des langues et du FLE, je crois qu’il est important de voir ce qui se fait ici et là afin de retenir les meilleures idées pour améliorer le cours de français.

La tablette fait son entrée à l’école … Une frénésie justifiée ? par Michèle Drechsler (publié le 4/11/2013)

Nous assistons actuellement à une frénésie mondiale autour de l’usage de la tablette à l’école. Selon le journal Le Monde, en matière d’équipement des écoles, les établissements américains ont déjà dépensé 5 milliards de dollars. La Grande-Bretagne, elle, a dépensé 194 millions de livres (226 millions d’euros) pour offrir 300 000 machines à ses élèves. De son côté, le District scolaire de Los Angeles, a signé un contrat de 30 millions de dollars avec Apple pour équiper 47 de ses écoles primaires d’iPad cet automne. Depuis cette rentrée scolaire, la Thaïlande a doté chaque élève d’un ordinateur à l’entrée du CP et un million d’enfants sont équipés d’une ardoise tactile qui est devenue l’instrument de base du cartable de l’écolier. Si 80 % des Français jugent l’utilisation des tablettes tactiles à l’école utile, selon le 7e baromètre trimestriel de l’économie numérique de la Chaire économique de l’université Paris-Dauphine, cette frénésie n’est-elle qu’un effet de mode ou bien la tablette doit-elle s’imposer à l’école pour devenir désormais un outil personnel d’apprentissage incontournable ? Apprend-on mieux avec une tablette ?

Le ministère réfléchit à l’écosystème des tablettes par François Jarraud (publié le 5/11/2013)

Que pense le ministère de l’introduction des tablettes en classe ? Habitué des grands plans numériques, le système éducatif lève les yeux automatiquement vers lui pour y lire l’avenir. Mais la rue de Grenelle fait profil bas. L’heure n’est plus aux grands plans nationaux mais au dialogue avec les collectivités territoriales. Ce qui n’empêche pas le ministère de cadrer la réflexion sur les usages et les choix.

Tablettes : Des couteaux suisses dans un collège breton , entretien avec Jacques-Olivier Martin, enseignant au collège Leonard de Vinci à Saint-Brieuc. Propos recueillis par Jean-Michel Le Baut

Jacques-Olivier Martin enseigne le français au collège Leonard de Vinci à Saint-Brieuc, un des 23 « collèges connectés » de France. Il est aussi formateur aux usages pédagogiques du numérique dans le réseau « Résentice » de l’académie de Rennes. Il occupe ainsi un poste privilégié pour éclairer les spécificités, les intérêts, les difficultés d’un enseignement réinventé par le numérique en général, par les tablettes en particulier, définies comme des « couteaux suisses pédagogiques ». Renouveler les outils, reconfigurer les rôles, reconstruire les espaces, redonner du sens : les défis sont importants, car selon lui susceptibles de ressusciter un « enthousiasme propice à l’apprentissage ».

Les tablettes en situation de handicap . Propos recueillis par Ange Ansour

A l’heure où les outils et pratiques numériques sont appelés à transformer nos classes, David Hébert, professeur des écoles et maître spécialisé E, s’interroge sur leur apport pour les élèves handicapés qui lui sont confiés. La surface tactile et fluide des Ipads serait-elle un support privilégié des apprentissages pour les élèves en situation d’handicap, notamment praxique ?

Les tablettes en lettres : panorama d’usages , un très riche « tour d’horizon » réalisé par Jean-Michel Le Baut (publié le 8/11/2013)

Lecture, écriture, langue, histoire des arts … : aucun domaine de l’enseignement du français ne semble devoir rester étranger aux tablettes. Selon les enseignants qui l’utilisent pour réinventer leur pédagogie, cette machine à lire-écrire-publier semble avoir des vertus diverses, notamment de mettre les élèves en activité, voire en mouvement, de générer des apprentissages plus personnalisés ou plus collaboratifs, de renforcer la créativité et la motivation. Petit tour d’horizon des expérimentations pour susciter des envies, piocher des idées, découvrir des applications et des usages possibles …

Les tablettes numériques expérimentées au CDI, par Géraldine Sala

De nombreuses académies ont lancé des projets liés à l’usage des tablettes numériques, afin de faciliter l’intégration des ressources numériques dans les pratiques pédagogiques. Les professeurs documentalistes, en tant que responsables des centres de ressources et d’accès à l’information, sont particulièrement impliqués dans le développement de ces nouveaux supports de lecture.

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Apprentissage et numérique… Quels rapports entretenir ?

Posted by Philippe Liria sur 21/12/2013

classe_numerique« Les nouvelles formes d’apprentissage ne sont (…) pas à chercher dans les technologies, mais dans les transformations du système pédagogique qu’elles rendent possibles. » Cette citation ne m’appartient pas, je l’ai tout simplement copiée d’un article de Dominique Cardon. Apprendre/désapprendre. Sur la ligne de crête des apprentissages numériques est un article qui sans aucun doute contribue à la réflexion que nous devons mener sur le rapport, notre rapport, entre technologie et apprentissage. Il s’agit déjà de remettre les choses à leur place, un peu comme le préconise aussi Karsenti. Et Cardon de nous rappeler que la véritable avancée vient de notre meilleure connaissance du cerveau, notamment sur ce qui se passe dans nos têtes quand nous apprenons. Mais ce n’est pas tout, il faut aussi s’interroger sur la façon de gérer les savoirs sans se perdre dans le labyrinthe technologique. Libérer les savoirs plus rudimentaires de la place qu’ils occupent dans nos esprits, c’est bien et ça nous permet de les occuper à des tâches cognitives supérieures.
Dans l’enseignement, cela doit entraîner des changements dans le rôle même qui est le nôtre : nous devons cesser d’être les « maître » pour devenir les « guide ». Cardon nous parle d’une « pédagogie de la guidance », qui va contribuer à ce que les élèves développent des compétences pour ‘apprendre à apprendre’. Mission complexe qui passe nécessairement par la formation des professionnels de l’enseignement afin qu’ils puissent intégrer les trois axes sur lesquels repose cette pédagogie :
– l’individualisation et la personnalisation des apprentissages ;
– la coopération et l’interaction ;
– la motivation.

Mais y parvenons-nous ? Savons-nous changer nos pratiques d’enseignement pour les adapter aux nouveaux schémas d’apprentissage ? Les institutions qui nous encadrent en sont-elles elles-mêmes conscientes ? Savent-elles elles aussi intégrer ces paramètres ? Et puis, il y a les apprenants qui participent eux-mêmes de leur éducation. Accéder à toutes ces technologies ne les rend pas forcément plus libres ni plus critiques ; or, ce devrait être le véritable objectif de cette « société de la connaissance » favorisée par les technologies du numérique. Surtout si le système ne les aide pas à mieux maitriser l’outil dans le sens de savoir fabriquer du numérique car, conclut Cardon, « apprendre à entrer dans la fabrique du numérique, se glisser derrière les interfaces lisses et l’expérience utilisateur contrôlé, constitue une indispensable compétence pour former des citoyens à la fois critiques et créatifs. »

Le billet de Dominique Cardon introduit le forum sur les Nouvelles formes d’apprentissage, proposé par Digital Society Forum et il est complété par trois hyperliens d’intérêt (dont je reprends le chapeau) :

Comment notre cerveau se débrouille-t-il avec les TICE ?, par David Julien Rahmil
Apprendre une information via le web, est-ce la même chose que de l’apprendre dans un livre ou de la bouche d’une personne ? Pas vraiment, si on en croit les différentes études menées sur les processus d’apprentissage et les nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication pour l’Enseignement.

Les TICE, qu’est-ce que ça change ?, par Julia Gualtieri
L’éducation 2.0 ou le rêve d’un nouvel humanisme ! Pendant longtemps, la modernisation numérique de l’enseignement supérieur s’est réduite à multiplier les vagues d’équipement en outils informatiques. Constatant aujourd’hui que ces outils n’influencent ni les pratiques ni les résultats, il semble désormais évident que c’est à une refondation de la pédagogie que l’éducation doit se confronter.
Ce billet renvoie vers d’autres articles sur le rôle de l’enseignant et de l’apprenant, l’évaluation, la pédagogie inversée…

Qu’est-ce qu’apprendre avec le numérique ?, par David Julien Rahmil
Si les ordinateurs ont enfin pénétré dans les salles de classe, la révolution numérique commence à peine à toucher l’enseignement.

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Outils de demain et pratiques d’hier (voire d’avant-hier) ?

Posted by Philippe Liria sur 08/09/2013

La technopédagogie, ce n’est pas qu’un mot mais il faut bien admettre qu’on ne sait pas toujours ce qu’on peut faire avec les technologies liés au numérique pour que celles-ci soient vraiment au service de l’apprentissage. Que ce soit celui des langues ou d’autres matières d’ailleurs. Les outils issus des dernières technologies ont certes fait leur entrée dans la classe. Comme celle de nombreux TNI : entrée souvent remarquable, mais après, présence très discrète au fond de la classe près du radiateur ! Car on ne sait pas s’en servir ou, pis encore, auncun technicien n’est venu l’installer ! Quant à tout ce qui se trouve en ligne, qu’en fait-on vraiment ? Il y a bien entendu des professeurs, et ils sont nombreux, à avoir intégré ces nouveaux outils pour les mettre au service de leurs élèves qui ainsi peuvent bénéficier d’un intéressant système, hybride, qui consiste à combiner le travail en présentiel avec celui qui se fait en ligne. Mais plus nombreux sont ceux qui sont encore réticents, qui observent d’un oeil méfiant ces outils comme s’ils venaient prendre leur place dans la fonction de transmetteur de savoir. Si ma mémoire ne flanche pas, je crois que c’était dans Le dernier des géants (The shootist) que nous voyions une scène où un vieux John Wayne observe une voiture et n’arrive pas à croire que cet engin puisse un jour remplacer le cheval comme moyen de transport. Je crois justement que si nous ne voulons pas que l’enseignant soit un jour relégué au musée de l’education, il doit retirer ses oeillères et s’intéresser de plus près au possibilité des outils qui doivent l’accompagner et non le remplacer dans son rôle. Et le lieu, ne fait pas le rôle : tout ne doit plus se passer uniquement en classe. Tout comme je suis convaincu que tout ne doit pas se passer en ligne. Il nous faut donc apprendre à cohabiter avec ces technologies, et mieux encore, les apprivoiser pour en faire des alliés dans notre mission non pas tant de transmission de savoirs mais plutôt de gestion de ces savoirs, car il ne suffit pas d’accéder à l’information. Encore faut-il savoir la gérer pour la mettre au service de nos besoins.
Nous devons donc dépasser le stade de nos pratiques encore trop ancrées dans le XIXe siècle et les adapter, grâce aux technologies, aux attentes de apprenants d’aujourd’hui. À ce sujet, je vous recommande la lecture d’une interview de Graham Brown-Martin (en anglais), fondateur de Learning Without Frontiers et d’Education Design Labs, et auteur du 3e WISE book.
Il en va de la motivation des apprenants dans la classe. Nous ne pouvons pas continuer à enseigner une langue sur le modèle des années 70 à des élèves qui sont nés avec Internet et y ont presque tous accès à travers le smartphone qu’ils ont dans leur poche. Dans le cadre de l’apprentissage des langues, des propositions existent comme celles que nous trouvons dans L’espace à Zecool qui recense (21 outils technopédagogiques pour l’apprentissage d’une langue).
Nous devons nous interroger sur le rôle que nous voulons donner à ces technologies et à celui que nous voulons avoir, en tant qu’enseignant de français langue étrangère, dans ce paysage éducatif en pleine évolution comme le montre cette infographie que nous propose Educadis, le moteur de recherche des formations en ligne.
infographie
Il ne suffit pas d’en parler, il faut aussi accompagner ce changement. Et une fois de plus, avant de déplorer que les TNI dorment dans un coin de la salle de classe, que les plateformes qui ont coûté tant d’argent à être mise en place ne soient des déserts virtuels ou que les tablettes et smartphones ne servent aux élèves qu’à se connecter à Facebook pendant l’heure de cours, il faut former les enseignants : les sensibiliser à ces outils, leur montrer tout ce qu’on peut faire avec, les laisser pratiquer et prendre le temps de découvrir tout ce qu’ils peuvent faire avec. Or, il suffit d’écouter un peu ce qui se dit dans les couloirs de établissements – quels qu’ils soient – pour comprendre que c’est là que le bât blesse. Si nous voulons vraiment que les enseignants utilisent les nouveaux outils et qu’en plus, et surtout, ceux-ci permettent d’apporter une nouvelle dynamique dans la classe de langue pour que celle-ci atteigne son but : faire que les élèves apprennent à utiliser la langue et la culture (qui va avec). Sinon, autant en rester à la craie et au tableau noir !

*À l’occasion de la Rencontre FLE de Barcelone qui se tiendra les 22 et 23 novembre prochains, une réflexion aura lieu sur la place des TIC dans l’enseignement/apprentissage des langues.
** Je vous renvoie aussi à la lecture de ce billet sur l’intégration des technologies dans la classe.

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Lecture d’été : (mieux) intégrer les technologies en classe de FLE… Quelques pistes pour enseignants et apprenants

Posted by Philippe Liria sur 08/08/2013

apprentissage_lgAlors que nous nous posons mille et une questions sur l’efficacité d’apprendre une langue à travers des plateformes virtuelles, voilà que je suis tombé tout à fait par hasard sur ce que nous appellerions aujourd’hui un publi-reportage promettant un apprentissage de l’anglais « sans quitter votre résidence, sans rien modifier à vos occupations de chaque jour ». Comment ? Tout simplement grâce à la « Méthode Linguaphone pour l’enseignement des langues » qui promet au lecteur d’avoir toujours auprès de lui « plusieurs professeurs qui non seulement [lui] inculqueront patiemment des mots, des phrases, des tournures correctes, mais [lui] apporteront l’atmosphère du pays ». Si ce texte n’était extrait des pages annonces d’un numéro de L’illustration de 1935, nous pourrions presque croire qu’il s’agit d’une présentation promotionnelle d’un de ces nombreux espaces d’apprentissage de langues en ligne comme Babbel, Busuu ou Livemocha qui promettent à leurs étudiants de pouvoir « réellement parler une langue » (Livemocha). Nous ne sommes finalement pas si éloignés des promesses de Linguaphone qui prétendait enseigner une langue « telle qu’on la parle ». À ce sujet, je vous recommande d’écouter l’introduction à ce cours d’anglais prononcée par Bernard Shaw (parties 1 / 2 et parties 3 / 4, transcription).busuu
Hasard du moment, deux ou trois jours plus tard, arrivait sur mon bureau le dernier numéro de Recherches et applications (nº54, juillet 2013) consacré, comme son titre l’indique, aux mutations technologiques, nouvelles pratiques sociales et didactiques des langues. Et en lisant la présentation que font les deux coordinateurs de ce numéro, Christian Ollivier et Laurent Puren, je repensais à cet article sur l’anglais quand ils écrivent que « depuis un siècle, l’histoire de la didactique des langues est intimement liée à celles des avancées technologiques intervenues dans le domaine des médias audio-visuels et des TIC. »
Cependant, et au-delà de cette curieuse coïncidence, je ne peux que vivement recommander la lecture des articles de ce Recherches et applications. Elle permet de faire le point sur tous ces changements qui font que « notre rapport à la connaissance mais également à nous-mêmes et aux autres […] s’en trouve profondément bouleversé. » comme l’affirment Ollivier et Puren. Ils le font en menant d’une part une réflexion sur l’évolution que ces technologies ont entrainée dans les pratiques didactiques et d’autre part, sur l’utilisation qu’ont les apprenants-internautes pour tirer au mieux profit du web social (sur le même sujet, je recommande aussi la lecture d’un article publié sur le site ALSIC à propos de stratégies d’apprentissage dans un environnement virtuel). Finalement, une dernière partie porte sur l’avenir de l’enseignement/apprentissage grâce aux technologies émergentes.
r&a_juillet2013Ce numéro de Recherches et applications proposent donc douze articles distribués en quatre parties :
1. Quel lien entre évolutions technologiques et évolutions didactiques ;
2. Les modifications de la communication en situation d’enseignement/apprentissage et le fonctionnement des communautés Web 2.0 ;
3. Les conséquences du numérique sur le manuel de langue ;
4. L’apprentissage en ligne

Ces douze articles arrivent à point nommé alors que nous parlons de plus en plus des technopédagogies mais aussi à un moment où nombreux sont les enseignants qui se posent des questions sur l’utilité réelle de certains outils « apparus » (je choisis vraiment ce terme tant on a l’impression que ces tableaux sont parfois – souvent ? – arrivés dans les salles sans aucun accompagnement formatif ni réflexion sur une utilisation pédagogique de cet outil) dans leur classe, comme le TNI ou sur la possibilité de changer leur pratique de classe car Internet n’arrive pas dans leur salle de cours ou le débit est tellement lent qu’il n’est même pas envisageable de mettre en place des activités basées qui demandent d’être en ligne. Ou encore de voir comment les smartphones sont mis au ban de la classe plutôt que d’être un véritable compagnon d’apprentissage. (Lire aussi En classe… à l’ère numérique)
Inutile de vous dire aussi que les réflexions sur les manuels de langue que fait Puren dans son article Manuels d’apprentissage, entre papier et numérique ou les réflexions de Guichon et Soubrié dans Manuels FLE et numérique : le mariage annoncé n’a pas (encore ?) eu lieu ne me laissent pas indifférent. Il est temps en effet que les éditeurs – et les auteurs – de manuel arrivions à concevoir des contenus qui intègreraient pleinement la dimension numérique et que ce ne soit plus un simple prolongement du papier. Pas simple et pourtant cela nous permettrait de proposer aux enseignants de FLE un matériel qui aiderait encore plus à accompagner les changements méthodologiques en matière d’enseignement/apprentissage des langues.
J’admets que ce petit (et excellent) livre n’est certainement pas la lecture à vous accompagner sur la plage – si vous êtes en pleines vacances d’été -, mais il pourrait en tout cas être dans votre cartable ou votre tablette à la rentrée, vous y trouverez une quantité de réflexion et de nouvelles pistes, ainsi qu’une très riche bibliographie, pour (mieux) intégrer les technologies dans la classe et que celles-ci soient vraiment au service de l’apprentissage.

Référence :
Mutations technologiques, nouvelles pratiques sociales et didactiques des langues in Recherches et applications, nº54 (juillet 2013), Français dans le monde, éd. CLE International/FIPF – ISBN 978-2-09-037127-7

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