Le blog de Philippe Liria

Auteur, formateur, consultant et éditeur de français langue étrangère (FLE)

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La médiation, au coeur des débats

Posted by Philippe Liria sur 01/09/2019

Ce n’est peut-être qu’une fausse impression, mais je trouve qu’on parle peu du Volume complémentaire avec de nouveaux descripteurs du CECR. Passerait-il alors inaperçu ? En tout cas, presque rien (en français) sur les moteurs de recherches d’internet au-delà de la version en ligne de ce complément et quelques très rares articles qui y font référence. Peut-être m’aiderez-vous à en trouver d’autres. Ils sont les bienvenus ! Je m’étonne pourtant de cette absence car, même s’il ne s’agit pas d’applaudir aveuglément ce document, il a le mérite d’exister. Certes, il ne remplace pas le texte de 2001 mais il en précise des parties, en complète et parfois même, en corrige. En donner une plus large diffusion inciterait l’ensemble des professionnels travaillant dans le domaine de l’enseignement des langues à réfléchir sur ce que signifie enseigner/apprendre une langue 20 ans après la sortie du texte original d’autant que l’environnement même de l’apprentissage n’est clairement plus le même. Des apports qui doivent aussi nous faire réfléchir bien évidemment au type de ressources ou aux modèles d’activités habituellement proposées dans le matériel pour la classe, qu’il soit sur papier ou en ligne. Faut-il, par exemple, remettre à plat les programmes, les progressions, les tableaux de contenus… ? Nous devons au moins nous poser la question sans précipitation et avec discernement.

Il y a dans ce document de quelque 254 pages un point qui, comme je l’écrivais déjà en février 2018, n’est pas exempt de polémique, et qui semble en même temps être l’objet d’une attention toute particulière, c’est la médiation. comme le font remarquer les auteurs de ce Volume complémentaire – Brian North, Tim Goodier (Fondation Eurocentres) et Enrica Piccardo (Université de Toronto/Université de Grenoble-Alpes) – qui soulignent qu’il s’agit d’un « concept important, présent dans le CECR, et qui a pris une dimension encore plus grande, à la hauteur de la diversité linguistique et culturelle croissante de nos sociétés. L’élaboration de descripteurs pour la médiation était donc la partie la plus longue et la plus complexe du projet aboutissant à la production du volume complémentaire du CECR. » (p.22)

La médiation, c’est aussi le thème retenu par l’Institut français d’Espagne pour ses Journées pédagogiques annuelles qui se tiendront à Madrid les 13 et 14 septembre prochains : La médiation – apprendre le français, rencontrer l’autre. Ce sera certainement l’occasion de parler de ce Volume complémentaire qui réserve tout un chapitre à la question. 

Vous avez dit “médiation” ?

Avant toute chose, qu’entend-on par “médiation”. Allons donc à la source et voyons ce que nous en disent les auteurs du Volume complémentaire :

l’utilisateur/apprenant agit comme un acteur social créant des passerelles et des outils pour construire et transmettre du sens soit dans la même langue, soit d’une langue à une autre (médiation interlangues). L’accent est mis sur le rôle de la langue dans des processus tels que créer l’espace et les conditions pour communiquer et/ou apprendre, collaborer pour construire un nouveau sens, encourager les autres à construire et à comprendre un nouveau sens et faire passer les informations nouvelles de façon adéquate. Le contexte peut être social, pédagogique, linguistique ou professionnel.” (p.106)

A priori rien de nouveau : “la mise en oeuvre de la compétence de la médiation dans la classe de langue n’est pas une idée neuve” comme le rappellait à juste titre Jacques Pécheur dans sa conférence « Médiation et activités en classe de langue” qu’il avait prononcé à Malaga en mars dernier dans le cadre du XI Congrès des Escuelas oficiales de Idiomas (EOI). Elle est aussi vieille que l’apprentissage des langues et nous l’avons toutes et tous pratiquée en classe, sans nécessairement en être conscient, un peu comme Monsieur Jourdain qui faisait des vers sans en avoir l’air.

 

 

 

 

 

 

 

Les échelles de descripteurs du CECR – Volume complémentaire (p.107)

 

Concernant la médiation, ce que nous apporte ce Volume complémentaire, ce sont donc les échelles de descripteurs (et elles sont nombreuses)… comme si la médiation, intrinsèquement liée à l’interculturel, pouvait se retrouver enfermée “dans des grilles, sauf à vouloir les contrôler en les technicisant pour en assécher toute la diversité et l’hétérogénéité”, critiquait déjà en 2017 une tribune signée par plusieurs associations de professionnels qui s’inquiétaient des risques que comporterait une « utilisation coercitive, normative et, in fine, autoritaire, du CECR”. Car qui dit grilles dit qu’on apporte des critères pour dire si on est ou pas compétent et à quel niveau pour réaliser telle activité de médiation. Et pour mesurer cette compétence, il faudrait l’intégrer dans l’évaluation.

Médiation : quelle évaluation ?

J’ai écrit… « évaluation« . On le sait : rien que d’en parler rappelle à plus d’un le célèbre Dîner de famille de Caran d’Ache évoquant l’affaire Dreyffus. L’évaluation était d’ailleurs le sujet central de II Jornada GIELE (automne 2018). En effet, c’est un débat qui est vif en Espagne où les EOI ont été contraintes, par un décret royal, de faire une place, séance tenante,  à la médiation dans leur programme et donc dans leurs examens. Une décision précipitée ? Est-on allé trop vite ? Certes, cette médiation était parfois déjà présente dans certaines parties de l’évaluation comme le rappellent Núria Bastons et Montse Cañada du Departament d’Ensenyament de la Generalitat de Catalunya. Cette intégration est-elle une réponse possible à la place de la médiation dans l’évaluation ? Ou, au contraire, faudrait-il la rendre plus visible ? En l’isolant par exemple et en la considérant comme une compétence à part entière ?  Pour sa part, Pilar Calatayud de l’EOI d’Elda, l’une des intervenantes à cette journée, a conclu sa présentation en affirmant que l’évaluer en tant que telle renforçait la prise de conscience interculturelle et critique des apprenants et augmentait leur tolérance et leur empathie vis à vis d’autres cultures. Elle admet toutefois que la partie concernant l’interculturel pose encore beaucoup de questions. En effet, les interrogations sont nombreuses autour de la possibilité d’objectiviser, donc d’évaluer certains aspects contenus dans les descripteurs de médiation comme l’empathie, la capacité à mener à débat ou le degré de “conscience interculturelle”. S’agit-il de compétence ou de stratégie que doit mesurer un professeur de langue ? Est-ce son rôle ? S’interrogent plusieurs enseignants. Et si c’est le rôle de l’enseignant, comment l’introduit-il dans sa classe ? Quelles activités ? Comment prépare-t-il ses élèves ? Des questions que se posaient aussi depuis la Suisse, Sandrine Onillon du Hep-Bejune. Cette spécialiste en approche actionnelle et en interculturalité s’interroge dans un article publié en juillet dernier sur la possibilité réelle de mettre en place dans la classe certains des descripteurs proposés par le Volume complémentaire.

Renforcer la médiation, c’est aussi renforcer des aspects que nous avions déjà mis en avant lors de la réflexion sur l’évaluation des projets dans une démarche actionnelle : Les apprenants ne sont plus (uniquement) des apprenants de langue mais de plus en plus des apprenants à vivre, travailler, collaborer dans des environnements culturels différents et multiples.  Le projet doit les y préparer. Les grilles d’évaluation de projets contiennent déjà – dans la section “compétences pragmatiques” des critères proches – voire identiques – à ceux que proposent les descripteurs de la médiation. 

Quelle place pour les autres langues dans la classe ?

Etre critique vis à vis de la médiation ne doit pas non plus nous faire perdre de vue des réflexions intéressantes sur la place des autres de langues de la classe et non pas seulement celle enseignée dans le processus d’apprentissage. Les descripteurs de médiation mentionnent clairement la présence d’au moins deux langues et pas uniquement dans ceux portant sur la traduction. Ainsi dans “transmettre des informations spécifiques à l’oral”, on trouve en A1 : “Peut transmettre (en langue B), des instructions simples et prévisibles concernant des horaires et des lieux. sous forme d’énoncés courts et simples (en langue A).” Et dans “transmettre des informations spécifiques à l’écrit” toujours en A1 : “Peut énumérer (en langue B) des noms, des nombres, des prix et des informations très simples d’un intérêt immédiat (données en langue A), si la personne les énonce très lentement et clairement avec des répétitions. 

C’est d’ailleurs une des questions centrales de l’intervention de Núria Bastons et Montse Cañada. Pour le moment, il semblerait que les EOI de Catalogne, à la différence de celles du Pays valencien, ont décidé de ne faire des activités et de n’en évaluer que dans la langue cible. Ce qui limiterait la médiation culturelle mais contournerait ainsi les questions sur la langue de départ. D’autres envisagent que les apprenants, surtout dans des contextes multilingues, apportent leurs propres textes dans la langue de leur choix… Le débat est ouvert et aucune réponse définitive n’a été apportée mais il est clair que cet aspect de la médiation s’ouvre sur le plurilinguisme.    

A la lecture de ces questions que se posent les professeurs de langue en Espagne – de français, mais aussi d’anglais, d’allemand, d’espagnol ou de catalan pour étrangers, etc. -, je pense bien que certain.e.s sont déjà en train de crier au scandale et jurent déjà par Toutatis que nenni ! Pas question de laisser entrer une autre langue que le français dans leur classe. Certaines institutions qui se vantent même d’interdire tout autre langue que le français dans la salle de classe tout en se targuant de suivre à la lettre le Cadre devront-elles dès lors faire comme si ces nouveaux descripteurs n’existaient pas ? Se résigneront-elles plutôt à manger leur chapeau et à accepter que le plurilinguisme est une voie à (enfin) explorer un peu plus profondément dans l’apprentissage d’une langue ? Toutes celles et tous ceux qui vivons, souvent depuis notre plus jeune âge mais pas seulement, dans des milieux plurilingues le savons, c’est ce contact entre nos langues (de famille, d’environnement social, de travail…) qui a largement contribué à ce que nous en maîtrisions non pas deux mais généralement plusieurs, à des degrés de compétences variables bien sûr selon la langue et au sein même de chacune de ces langues (ce qui parfois surprend). 

 

 

Ce Volume complémentaire est loin d’être parfait. Ces auteurs en sont conscients. Nous l’avons vu : certains descripteurs, comme ceux de médiation mais aussi sur la compétence plurilingue et pluriculturelle, ne manquent pas d’être polémiques. Mais en existant, il nous pousse à la réflexion sur le sens que nous voulons donner à l’enseignement-apprentissage d’une langue. Devons-nous nous arrêter aux questions linguistiques ? Ce que défendent certains professionnels considérant que nous outre-passons les compétences pour lesquelles nous sommes formés. Devons-nous, au contraire, envisager la définition du professeur de langue, en l’occurrence de français dans une toute autre perspective qui dépasse justement le cadre de la langue pour mieux préparer nos apprenants aux nouveaux défis de la société d’aujourd’hui ?

 

Pour en savoir plus

CADRE EUROPÉEN COMMUN DE RÉFÉRENCE POUR LES LANGUES : APPRENDRE, ENSEIGNER, ÉVALUER – VOLUME COMPLÉMENTAIRE AVEC DE NOUVEAUX DESCRIPTEURS : https://rm.coe.int/cecr-volume-complementaire-avec-de-nouveaux-descripteurs/16807875d5 

(et dans sa version originale en anglais : https://rm.coe.int/cefr-companion-volume-with-new-descriptors-2018/1680787989) 

II jornada del Grupo de Interés en Evaluación de Lenguas en España (GIELE) : »Evaluación de lenguas en España: Calidad e innovación” – Centro de Lenguas. Universitat Politècnica de València (26-27/10/2018) : http://giele.webs.upv.es/ii-jornada-giele-3/

Vous trouverez les interventions citées dans l’article à partir de ce lien avec notamment les propositions de grilles d’évaluation. 

Sandrine Onillon : “Développer le répertoire pluriculturel des élèves en classe de langue étrangère : les descripteurs du CECR (vol complémentaire, 2018) sont-ils réalisables dans les classes de langues étrangères?” https://www.2cr2d.ch/developper-le-repertoire-pluriculturel-des-eleves-en-classe-de-langue-etrangere-les-descripteurs-du-cecr-vol-complementaire-2018-sont-ils-realisables-dans-les-classes-de-langues-etran/

La médiation dans la méthode Tendances (J. Girardet, J. Pécheur et al., CLE International)

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Contre ces phobies qui se dressent, la Francophonie comme lieu de rencontre

Posted by Philippe Liria sur 23/03/2019

Affiche de la Semaine de la langue française et de la Francophonie 2019

La Semaine de la Francophonie touche à sa fin. Du 16 au 24 mars, les Francophones du monde entier ont célébré la langue qui les unit et les réunit. Dommage d’ailleurs que cette semaine passe un peu trop inaperçue dans l’Hexagone, peut-être parce que ses habitants sentent moins le besoin de s’associer à cette célébration.

Une fête célébrée sur tous les continents

Peu importe ! De toute façon, ils ne sont que quelques millions au milieu de centaines de millions qui ont la Francophonie dans leur tête et dans leur coeur. Il suffisait de voir les centaines et certainement les milliers de messages sur les réseaux sociaux pour souhaiter une bonne fête et annoncer ou présenter les événements qui sont organisés à l’occasion ça et là, aux quatre coins de la planète. Et pas uniquement dans les pays francophones, mais bien au-delà grâce aux actions d’institutions officielles, françaises bien sûr mais aussi québécoises, suisses, haïtiennes, roumaines, marocaines, etc. qui se sont souvent coordonnées pour mettre en place un programme d’expositions, de spectacles, de concours dans les établissements scolaires. Et puis aussi grâce à toutes les associations de professeurs de français, qui organisent une soirée amicale autour de la langue ou de véritables événements aux dimensions parfois impressionnantes là où ne s’y attendrait pas forcément. N’est-ce pas pas merveilleux ?

Francophonie et pluralité

Et puis la Francophonie, c’est aussi ce plaisir de pouvoir échanger en français avec des personnes venus de pays et d’horizons complètement différents… comme François, un Camourenais, chauffeur de taxi à Washington ou Jean-Marie, un Haïtien installé avec sa famille à Boston et qui travaille dans une cafétéria pas très loin de l’opéra. Ou encore ces professeures de français venues du Congo, du Mali… et qui partagent leur passion pour la langue française dans les Alliances françaises de New York, Saint-Louis ou d’ailleurs aux Etats-Unis. Cette diversité de provenance de ces Francophones reflète bien cette idée que le français permet d’unir les personnes quelle que soit leur origine ou leur statut, et  sans perdre de vue pour autant la pluralité des langues et cultures qu’elles ou ils représentent. C’est de cette pluralité dont nous parlait encore il y a quelques jours Leïla Slimani sur France Culture. La représentante du chef de l’État français pour la Francophonie mettait ainsi en avant l’importance de combiner la promotion du français avec celle des langues présentes sur les territoires francophones. A ce sujet, je me demande parfois si la France est d’ailleurs vraiment prête à faire véritablement cet effort avec ses propres langues car j’ai trop souvent l’impression que l’Etat français est près à défendre le plurilinguisme partout dans le monde… sauf en France – au-delà bien entendu de la simple reconnaissance patrimoniale associée au breton, au corse, au basque… -.

Leila Slimani

Le plurilinguisme et le français… y compris dans la classe de langue

Ce plurilinguisme dont nous parle Slimani, c’est aussi celui que nous retrouvons dans le volume complémentaire du CECR. Un point qui doit nous inciter à la réflexion sur la place des autres langues présentes dans la classe de français. On sent bien qu’encore aujourd’hui, la pluralité linguistique dans l’espace-classe fait grincer les dents de nombreux enseignants ou coordinateurs. Pour beaucoup, ce serait ouvrir la boîte de Pandore, le risque que les apprenants ne fassent plus d’efforts pour ne parler qu’en français en salle de cours. Pourtant, nous devons dépasser cette vision que l’apprentissage d’une langue ne doit passer que par le non-contact avec d’autres, qu’il s’agisse des langues de l’environnement naturel de ces apprenants ou celles qu’ils apprennent. Si nous voulons que le français soit vraiment la langue de demain en Afrique, il faut apprendre à s’ouvrir encore plus aux autres langues du monde. Si nous n’apprenons pas à le faire, le français perdra véritablement « son pouvoir de séduction« , comme ce serait déjà le cas au Sénégal à en croire les propos de l’écrivain sénégalais en wolof, Boubacar Boris Diop, dans un entretien qu’il a donné le numéro 46 de la revue Apela et repris dans Le Monde le 17 mars dernier.

C’est cette diversité qui en fait une langue bien vivante

D’ailleurs, comprendre que la Francophonie, en matière de langue, c’est forcément comprendre la pluralité et la diversité, il suffit de prendre un dictionnaire français et de savourer la créativité de ses locuteurs qui en font véritablement une langue vivante grâce à ces mots qu’ils empruntent aux autres langues du monde et il ne faut pas s’en inquiéter outre-mesure, même si on peut comprendre certaines réactions quand un pseudo-anglais est préféré au français, comme on l’a vu au Salon « Livre Paris » – ancien Salon du Livre – (voir la tribune « Halte au Globish ! » publiée dans Le Monde du 29 janvier dernier. Bien sûr que plusieurs de ces nouveaux mots proviennent de l’anglais mais pas uniquement comme le montre un excellent article de William Audureau, publié le 22 mars dernier dans Le Monde. Intitulé « D’où viennent les nouveaux mots de la langue française« , l’article analyse les nouvelles entrées depuis 2017 des deux principaux dictionnaires que sont le Larousse et le Robert et il en ressort clairement que, même si l’anglais – essentiellement celui de Californie – est à la tête des langues d’emprunt, plusieurs autres langues (japonais, arabe, espagnol, portugais du Brésil, créoles, alsacien…) ou variantes du français (des régions, d’outre-mer et de la Francophonie). Rien d’étonnant, et heureusement… La langue, c’est comme un arc-en-ciel, on l’aime parce qu’elle est polychrome et reflète la pluralité de ses locuteurs. Cette polychromie est nécessaire pour qu’elle ne cesse d’être vivante et actuelle. Elle est nécessaire aussi pour nous éloigner des discours alarmistes et surtout des sombres discours identitaires qui tentent de dresser des murs ou des barrières grillagées entre les personnes parce qu’elles seraient différentes, parce qu’elles auraient un drôle d’accent…

La Francophonie, c’est aussi ça ou peut-être surtout ça, un lieu de rencontre plurilingue contre ces phobies qui veulent de nouveau nous dresser les uns contre les autres.

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