Le blog de Philippe Liria

Auteur, formateur, consultant et éditeur de français langue étrangère (FLE)

Ne jamais s’adresser à la classe entière : mon idée pour changer l’école

Posted by Philippe Liria sur 23/08/2016

Une idée intéressante… A creuser dans la classe de langue. Certains vont penser : « Si je fais ça dans ma classe, mes élèves passeront leur temps à parler mais dans leur langue ! » Parce que – c’est bien connu – les élèves parlent plus dans la langue cible quand le prof occupe le temps de parole et ne le cède que s’il a le plein contrôle sur ce qui va être dit (quoique…) et surtout le comment (bonne phonétique, bonne grammaire et un long etc. d’objectifs linguistiques qui étouffent l’expression). Bref, voici une idée intéressante dans l’esprit de la nécessité de changer la dynamique de classe.

Site de François Jourde

1Le Forum Educatank 2016 demande à ses intervenants : “Quelle est votre idée pour changer l’école ?”. Pour répondre avec audace à cette question audacieuse, je propose : ne jamais s’adresser à la classe entière (je tiens cette idée d’Alice Keeler : “Never address the whole class” ; une balise lui est consacrée sur Twitter : #nottalkWC).

View original post 785 mots de plus

Posted in FLE et didactique, Proposition pédagogique | Tagué: , , , | Leave a Comment »

La scolarisation des publics allophones en Martinique

Posted by Philippe Liria sur 20/06/2016

icefi_afficheFin mai, j’ai eu le plaisir d’être invité en tant que représentant de la maison d’édition CLE International par l’équipe de l’ICEFI de l’Université des Antilles à participer à un séminaire consacré à la scolarisation des publics allophones sur l’île. Ce séjour a été vraiment intéressant pour prendre connaissance des réalités de l’île, un contexte particulier et complexe d’un monde qui – je l’avoue – m’était complètement inconnu. Cette complexité, c’est dès l’arrivée à l’aéroport de Fort-de-France qu’on la perçoit : l’on entend parler français bien sûr, mais aussi créole et surtout on se rend compte d’un réel croisement entre les deux langues se croisent et s’enlacent comme c’est souvent le cas dans les contextes bilingues – asymétriques ici, un peu comme à Barcelone – et auxquels on est hélas pas assez habitués dans ce là-bas qui, souvent accompagné d’un mouvement de tête en direction de l’Orient, indique notre Hexagone. Je crois qu’il est important d’être conscient de cette réalité si on veut comprendre ce que signifie la scolarisation des primo-arrivants comme a permis de le faire ce séminaire proposé par l’ICEFI.
Derrière ces sigles -rarement présent dans des journées universitaires en France, je me suis rendu compte que j’en avais oublié l’abondance en français (et je vous assure qu’on peut vivre sans)-, se cache l’Institut Caribéen d’Etudes Francophones et Interculturelles qui « est un département pluridisciplinaire au sein de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines qui permet de préparer des diplômes de Licence – Master – Doctorat dans cinq disciplines (Français Langue Etrangère – FLE; Langues et Cultures Régionales – Créoles; Arts Caribéens, Traductologie, Education comparée). L’ICEFI a la particularité de promouvoir, au cœur de la Caraïbe et dans les Amériques, la langue française, les études et les recherches francophones, dans une perspective d’ouverture au pluralisme linguistique et culturel qui caractérise ces régions. » Nombreux sont les professeurs et futurs professeurs de FLE en Amérique latine qui le connaissent car c’est justement l’ICEFI qui propose dans la région un master FLE entièrement en ligne.
Pendant ce séminaire, les participants ont pu écouter différents témoignages d’études de cas sur la place du plurilinguisme et la valorisation des langues premières, l’enseignement de l’orthographe ou de disciplines non linguistique comme les mathématiques par exemple. On a pu aussi voir quelle est la représentation des élèves allophones auprès des enseignants ou s’interroger sur l’accueil des élèves nouvellement arrivés dans l’académie de Martinique et d’aborder ainsi le principe de bienveillance.

Intervention de Melissa Marcin sur la place de la didactique du plurilinguisme (cas d'étude en Martinique)

Intervention de Melissa Marcin sur la place de la didactique du plurilinguisme (cas d’étude en Martinique)

Tout cela sans laisser de côté les aspects plus institutionnels en parlant de la fonction des CASNAV et du DELF en milieu scolaire avec une intervention du CIEP ou encore les questions juridiques avec notamment la participation de la chef du Bureau de la langue et de la citoyenneté, Isabelle Kaelbel, du ministère de l’Intérieur. Lors de son intervention, elle a exposé la réforme en cours de la législation concernant la formation linguistique des étrangers des primo-arrivants. Elle a ainsi confirmé la disparition du niveau A1.1 et donc du DILF et nous a appris qu’il faudra dorénavant parler du Contrat d’Intégration Républicaine ou CIR dans ce langage des sigles qui ne nous lâche pas ! Les primo-arrivants devront suivre une formation selon les contenus prescrits par le ministère et qui porteront sur le français pratique, le français public et le français professionnel mais aussi sur d’autres aspects comme les valeurs de la société démocratique et de la République. On ne manquera certainement pas d’en reparler…
Personnellement, je suis intervenu sur le travail d’un éditeur FLE et le rôle à tenir pour accompagner enseignants et élèves primo-arrivants dans un apprentissage réussi du français, ce qui m’a permis de faire un peu le tour de différentes publications sur la question.
Intervention de P. Liria sur l'édition pour le public migrant

Intervention de P. Liria sur l’édition pour le public migrant


Ce séminaire a permis de faire le point sur la situation d’un public allophone peut-être moindre que dans d’autres parties du territoire français mais en augmentation, en particulier dans le système scolaire ce qui demande une meilleure préparation des enseignants souvent « démunis » en les formant notamment à la didactique du FLSco. Garantir au mieux l’accueil de cette population, c’est aussi appliquer un critère de bienveillance, comme le rappellent Jean-David Bellonie et Patrick Riba dans leur conclusion des travaux, pour mettre fin aux représentations qui tendent à associer le public allophone à des mots comme « handicap » ou « illétrisme ». A l’issue de cette journée, ce sont différentes pistes d’action qui ont été proposées pour justement permettre une intégration réussie des publics allophones.
Conclusions et pistes d'action du séminaire par J.-D. Bellonie et P. Riba

Conclusions et pistes d’action du séminaire par J.-D. Bellonie et P. Riba


L’ensemble des interventions a été filmé et vous pouvez les écouter à partir de Manioc, une « bibliothèque numérique spécialisée sur la Caraïbe, l’Amazonie, le Plateau des Guyanes et les régions ou centres d’intérêt liés à ces territoires. Vous y trouverez des documents textuels, sonores, iconographiques et des références concernant l’histoire culturelle, sociale, économique ou politique de ces pays. » Bref, un superbe portail à partir duquel je vous invite à vous perdre, vous y découvrirez un véritable trésor sur les cultures des Caraïbes.
Le séjour a été trop court pour comprendre toute la réalité de la Martinique, ce serait bien prétentieux de ma part que d’affirmer le contraire mais déjà je sais que je ne lirai plus Patrick Chamoiseau tout à fait de la même façon -et en plus j’ai découvert Raphael Confiant-. C’est une nouvelle porte qui s’est ouverte ; tout comme elle s’ouvre à ces nouveaux arrivants venus des îles voisines ou de l’autre bout du monde en quête d’un nouveau rêve. Garantir la scolarisation des plus jeunes et la formation de leurs aînés, c’est contribuer à ce qu’il devienne réalité.

Posted in Actualité du français, FLE et didactique | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Quand l’actionnel et la classe inversée font bon ménage !

Posted by Philippe Liria sur 30/05/2016

classeinverseenantesTâches finales et projets actionnels s’imposent
Voilà près de 15 ans que nous parlons de l’approche ou de la perspective actionnelle. Entrée discrètement par l’arrière-porte du FLE, elle est aujourd’hui présente dans les cours à la fac et dans les recommandations officielles et autres feuilles de route de la plupart des institutions où le FLE a son mot à dire. Les principaux outils qui accompagnent profs et élèves dans la classe, comme le sont les manuels, ont tous, à des degrés différents et avec plus ou moins de réussite, intégré l’actionnel (devenu d’ailleurs substantif au grand dam des correcteurs de nos ordinateurs !) : des tâches finales aux projets en passant par les unités scénarisées pour garantir que processus et produit soient un succès. Enfin presque… Pourquoi ? Parce que sur le papier, tout ça, c’est très bien, mais dans la réalité de la classe, à en croire les nombreux témoignages que les professeurs nous transmettent – et ils sont nombreux -, la mise en oeuvre de cette fameuse approche actionnelle ne va pas de soi. Plusieurs raisons peuvent expliquer la difficulté à travailler dans une démarche actionnelle et surtout rendre possible la réalisation du projet mais je dirais que la principale est en lien direct avec l’organisation de la classe en soi. En effet, nous avons souvent cherché à coller le projet dans le programme sans remettre en cause ce qui se passe en classe. Bref, tout ce qui se faisait en classe avant l’actionnel est toujours présent avec peu voire pas de changement. Pis encore : à ce projet s’ajoutent aussi les maintes évaluations qui complètent les examens finaux. Le temps de classe est le même or nous devons y mettre plus de contenus. Un défi impossible à relever pour beaucoup d’enseignants, et on les comprend !!

Quand le projet passe à la trappe
Résultat des courses ? C’est le projet qui en pâtit ! Combien d’enseignants reconnaissent, parfois en secret pour ne pas se faire taper sur les doigts, qu’ils sont bien obligés de faire passer le projet à la trappe !! Ils sont légions. Or, comme je le dis souvent dans les ateliers de formation, ne pas faire réaliser la tâche finale ou le projet, c’est comme dire aux footballeurs qu’ils ne joueront pas le match – vous avez le droit de remplacer le foot par le basket si vous n’aimez pas le ballon mais prenez un sport collectif dans tous les cas -. Car travailler dans une pédagogie du projet ou jouer à un sport collectif, c’est très similaire : un entraînement qui met en place une pédagogie différenciée, le développement de l’autonomie de l’apprenant, la mise en oeuvre d’un travail collaboratif, des phases théoriques au service du projet ou de la tâche, la mise en place de stratégies… Le rôle de l’entraîneur (coach) par rapport aux joueurs et la place de chacun sur le terrain (side by side) nous rappelle bien les recommandations que nous faisons pour la classe pour nous éloigner du cours magistral (face to face).

La classe inversée au secours du projet ?
Si nous sommes convaincus des bienfaits du projet, nous devons donc trouver des solutions pour éviter que la réalité de la classe ne le fasse disparaître ou le transforme en une activité extra qu’on ne ferait que s’il y a le temps. En foot, on ne joue pas le match s’il y a le temps mais on organise le temps de façon à ce que tout le monde soit prêt pour le jouer avec la plus grande efficacité possible. Et c’est là que la classe inversée a certainement un rôle à jouer. Je ne reviendrai pas sur la définition de cette démarche (pédagogie ?) dont on parle beaucoup depuis déjà quelques années mais qui a l’air de tarder un peu à faire son entrée dans la classe de FLE alors qu’elle est de plus en plus présente dans d’autres matières. Elle l’est bien sûr dans les sciences pures. D’ailleurs ce sont des professeurs de sciences physiques et de mathématiques qui ont été les premiers à lancer dans sa version moderne la classe inversée. Mais depuis, le monde des lettres et celui des langues ont aussi introduit la classe inversée dans leur démarche. J’entends dire parfois dans les formations FLE que ce n’est pas possible en français. Pourquoi ? Si ça l’est en anglais comme nous pouvons le voir dans ce témoignage de Rafika Selmi, « une jeune professeure d’anglais au collège Les rives du Léman à Evian [qui] se propose de « Transformer la salle de classe, rendre les élèves plus actifs et plus confiants (…) avec la classe inversée. » (lisez ici son entretien dans Le café pédagogique du 28/01/2016). Dans le document où elle décrit la séquence, elle conclut que « La classe inversée bouleverse non seulement nos pratiques mais aussi les habitudes de travail de nos élèves. Inverser pour simplement libérer du temps peut être extrêmement bénéfique de prime abord, mais sans repenser les supports proposés (qui doivent être différenciés), le retour en classe, ainsi que la cohérence des contenus, la pédagogie inversée finit par s’essouffler et par lasser nos élèves. C’est ainsi que la classe « start-up » – qui se caractérise tout d’abord par son caractère extrêmement bruyant parfois déroutant où les idées foisonnent – n’est pas vide de sens. Elle s’inscrit foncièrement dans notre conception de la classe inversée car elle concrétise dans ses moindres effets ce que les élèves ont appris en amont et permet à ces derniers de donner la pleine mesure de leur potentiel et de leurs atouts divers mais parfois peu ou pas exprimés.« . A l’occasion de la journée académique sur le numérique, deux témoignages d’enseignants d’anglais – à lire sur le site de l’Académie de Nantes – nous montrent combien la classe inversée a contribué à améliorer la motivation et les résultats de leurs collégiens.

Un accompagnement nécessaire
Nous le voyons, si cela est possible en classe d’anglais, c’est bien évidemment possible en classe de FLE. Reste que ce n’est pas simple à mettre en place. La classe inversée doit intégrer un projet d’établissement qui implique l’équipe pédagogique, la direction et les apprenants – ainsi que les parents dans le cas des élèves mineurs -. La démarche doit être expliquée et sa mise en place devra être progressive. L’implication de l’équipe facilitera notamment l’élaboration du matériel nécessaire pour une classe inversée réussie. Je pense ici aux fameuses capsules pédagogiques dont on parle tant. Souvent ce sont ces capsules qui font peur. Elles peuvent s’avérer chronophage et on imagine les réactions technophobes alors que si l’on connaît un peu la technique – Marc Oddou vient de commettre une petite capsule tutorielle pour créer… une capsule pédagogique – et les outils (gratuits et ils sont nombreux), elles ne sont pas difficiles à créer. Par contre, le travail d’équipe est indispensable car il serait absurde que chaque professeur crée dans son coin une capsule sur le passé composé. Et puis, si c’est difficile, nous pouvons demander aux apprenants de niveau supérieur de créer des capsules pour des niveaux plus bas. Un projet au service de l’apprentissage et collaboratif entre apprenants de niveaux différents.
Une critique qui revient souvent, c’est celle du travail non fait : « Et si les élèves ne regardent pas la capsule ? ». Certes, c’est une probabilité ; comme d’autres ne font pas leurs devoirs – ce qui n’empêche pas de donner des rédactions à faire à la maison – mais je crois que nous ne pouvons pas réfléchir à de nouvelles pratiques sans prendre des risques. Les résultats et les témoignages tendent à montrer que globalement les élèves sont plus motivés et qu’ils progressent comme nous pouvons l’écouter dans cette vidéo d’une classe de Terminale au lycée La Colinière à Nantes. D’autres témoignages ainsi que des conseils sont disponibles en ligne sur la mise en place de la classe inversée sur le site dédié du même nom.

Comme vous pouvez le constater, actionnel et classe inversée font plutôt bon ménage car celle-ci contribue à nous faire gagner du temps tout en rendant l’apprenant plus autonome. Ces deux points sont justement ceux dont a besoin la classe pour que nous puissions plus aisément mettre en place les tâches finales ou les projets. Alors pourquoi ne pas essayer ?

Je serai présent à Azurlingua (Nice) la semaine du 25 juillet pour un module de formation sur la classe inversée. Pour en savoir plus, consultez le programme de la formation « Et si nous mettions la classe à l’envers« .

Posted in FLE et didactique | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Publics allophones en Martinique : besoins et enjeux pour une école inclusive

Posted by Philippe Liria sur 23/04/2016

Faculté des Lettres et Sciences HumainesQuand on pense à l’enseignement du français pour migrants, viennent à l’esprit des lieux que nous associons à la France hexagonale. On oublie souvent que la pression migratoire existe aussi dans les territoires français d’outre-mer, que ce soit à Mayotte, à la Réunion ou encore en Martinique. Or celle-ci, même si elle est moindre qu’en Europe, est en constante augmentation. Il s’agit essentiellement de la population allophone en provenance des régions voisines (Haïti, Sainte-Lucie). C’est le constat que fait l’Institut caribéen d’études francophones et interculturelles (ICEFI) sur l’aire géographique dont il est en charge. Les migrants hispanophones bien sûr, mais aussi anglophones ou créolophones arrivent nombreux en Martinique, cette autre porte d’entrée en Europe pour beaucoup d’entre eux. Plus récemment, ce sont aussi les réfugiés des zones en conflit aux frontières de l’Europe qui arrivent par d’autres voies dans l’espoir de trouver l’accueil et la possibilité de se construire un avenir que les bombes des fous de la guerre leur nient.
Parmi ces migrants, de nombreux enfants et adolescents qui doivent pouvoir intégrer au plus vite l’école. La scolarisation est en effet une priorité et c’est la mission du ministère de l’Education nationale français de la garantir. Dans ce contexte, il est important de s’assurer de la prise en charge de ces EAA, encore un acronyme barbare comme on les aime en français et qui désigne les Enfants Allophones Arrivants. Une prise en charge qui ne peut seulement être administrative mais qui doit comprendre différents volets qui vont garantir la meilleure intégration possible de ces enfants que les crises ont déracinés. Parmi ces volets, il y a bien sûr l’apprentissage de la langue française mais celui-ci ne peut se faire n’importe comment ni ne peut se contenter des réponses qu’apportent le FLE. D’autres pistes sont à explorer comme le FLI ou le FLSco. Mais qu’en est-il sur le terrain ? Les programmes d’accueil répondent-ils vraiment aux besoins ? Les enseignants ont-ils les outils adéquats pour garantir une scolarisation réussie ? Et ces outils, quels sont-ils ?
Ces questions et d’autres – comme celle de la formation des formateurs – encore en lien avec cette situation émergente rencontrée en Martinique feront partie des sujets abordés lors du séminaire La scolarisation des publics allophones en Martinique : enjeux et démarches pour une école inclusive qu’organise l’ICEFI à l’initiative de J.-D. Bellonie et P. Riba, en collaboration avec le département FLE de la Faculté des Lettres et Sciences humaines de l’Université des Antilles et le CASNAV de Martinique. Ce séminaire qui se tiendra le 25 mai prochain sur le Campus de Schoelcher mais aussi en streaming réunira en présentiel et en visioconférence un large éventail d’experts qui présenteront leurs communications qui porteront aussi bien sur une analyse de la situation dans la réalité martiniquaise que sur des propositions de travail ou encore sur les matériels de support que le monde éditorial crée pour ce public.

Retrouvez l’ensemble du programme sur le site de l’ICEFI.

Pour en savoir plus sur le sujet
Scolarisation des élèves : Organisation de la scolarité des élèves allophones nouvellement arrivés (consulté le 23/04/2016)
Conference-AADPAS-les enjeux de l’immigration en Martinique
ADAMI, H., 2009, La formation linguistique des migrants, Paris, CLE International
ESCOUFIER, D., MARHIC, Ph., TALBOT, E., 2013, Ensemble cours de français pour migrants A1.1, Paris, CLE International
IGLESIS, T., VERDIER, C., MOTRON, A.-C., CHARLIAC, L., 2012, Trait d’union (2è édition), Paris, CLE International

Posted in Actualité du français, Ateliers et formations, FLE et didactique | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Haro sur l’innovation pédagogique !

Posted by Philippe Liria sur 02/03/2016

(mise à jour : 06/03/2016)

Un courant inquisitorial serait-il en train de vouloir mettre à l’index l’innovation numérique ? Ce ne sont plus les ténèbres de l’Enfer à la veille de l’an mil qui font peur mais la galaxie d’Internet et ce monde digitalisé. Dans le domaine pédagogique, certains invoquent la tradition d’enseignement, tels des prédicateurs médiévaux, pour mettre en garde contre ces chevaliers de l’Apocalypse, du moins celle de l’éducation si nous nous laissons envoûter par le Mal qu’incarnerait le numérique à l’école. Certes, les questions sont nombreuses et nous ne devons pas suivre aveuglément les nouveaux courants didactiques. Nous ne pouvons ignorer les risques voire les menaces. Devons-vous cependant, saisis par la peur face à l’inconnu, nous replier et refuser un enseignement/apprentissage prenant justement en compte les nouvelles possibilités que nous propose cette société connectée ?

Une remise en cause de l’innovation pédagogique
Début février, j’ai retweeté un article de Michel Guillou qui s’interrogeait sur l’intérêt réel de la classe inversée. Il y critiquait une sorte d’engouement aveugle pour cette démarche pédagogique qui, selon lui, ne serait ni novatrice ni si efficace contrairement à ce que certains prétendent. En partageant l’article en question, je ne prétendais pas donner raison à son auteur mais plutôt contribuer à une réflexion sur ce que doit et ne doit pas être la classe, et pas seulement si nous l’inversons. A lire Michel Guillou, on pourrait croire que rien n’est à faire en classe car tout s’y fait déjà. Comme si la pédagogie différenciée, par exemple, était pratique courante ou les pédagogies actives une habitude quotidienne de la classe. Je ne peux pas donner mon avis sur l’ensemble des pratiques de classe, mais ce que je connais de la classe de langue, en particulier dans le domaine du FLE, me permet d’affirmer que malheureusement nous en sommes bien loin. Cette remise en cause de l’innovation pédagogique est aussi au centre d’un ouvrage dont s’est récemment fait écho le quotidien catalan La Vanguardia (28/02/16), Contra la nueva educación d’Alberto Royo (Ed. Plataforma, 2016). Son auteur, répondant aux questions du journaliste dans une interview de ce même journal, critique « les pratiques novatrices actuelles » qui, selon lui, mépriseraient « la tradition rien que parce qu’elle n’implique pas la modernité, ce qui altère les objectifs naturels de l’instruction publique et du professeur« . Toujours d’après ce professeur de collège et lycée, les émotions, l’apprentissage des langues ou la technologie « ne doivent pas faire partie des objectifs de la classe (…)« . Même si cette réflexion est faite depuis la situation du contexte espagnol, son approche interroge les initiatives menées pour que l’apprentissage sorte de son carcan. Vous comprendrez bien que je suis choqué de lire ici ou là que tout existerait déjà en matière d’enseignement/apprentissage. Cela ne veut pas dire que tout ce qui est nouveau est forcément bon. Il est aussi bon d’écouter ces « grognons« , comme les désigne Michel Serres, pour justement ne pas tomber dans le dogme, ce qui serait forcément négatif. Les écouter, c’est une façon de ne pas accepter tout et n’importe quoi au nom de la modernité didactique.
C’est par exemple, ne pas applaudir bêtement des initiatives politiques en faveur du bi- ou tri-linguisme dans les collèges ou lycées si les moyens (formation des enseignants, infrastructures, supports) ne sont pas mis afin de garantir la transmission de la matière. Qu’un collégien reçoive un cours de SVT en anglais ou en français dans une langue approximative parce qu’elle n’est pas vraiment maîtrisée par l’enseignant, c’est tout simplement un leurre pour ne pas parler de charlatanisme éducatif ! Nous n’avons pas le droit de le permettre. Ce n’est pas pour autant que l’enseignement d’une matière dans une langue étrangère soit mauvais. Le problème n’est évidemment pas là, et c’est là l’erreur d’interprétation de ces grognons.

Non au bricolage !
De même, quand Michel Guillou critique la classe inversée et en particulier le manque de qualité d’une grande partie des capsules vidéos dont on parle tant actuellement, je suis d’accord avec lui. Mais pointons le vrai problème. Que préconise-t-on au sujet de la classe inversée ? Marcel Lebrun, l’un des meilleurs spécialistes de la question en Europe, dit bien qu’il faut élaborer des capsules vidéos ayant fait l’objet d’une scénarisation (je vous conseille d’ailleurs de visionner <a href="http:// » target= »_blank »>la causerie entre Christophe Batier et Marcel Lebrun du 17/02/16). Or, il suffit de faire un tour sur Internet pour se rendre que ces capsules sont souvent d’une qualité qui laisse à désirer. Bref, alors qu’elles devraient être l’un des outils de base de cette inversion de la classe, elles pourraient être la cause de son échec. Les changements viendront de la base mais il est important que les acteurs éducatifs s’impliquent de façon à fournir des contenus de qualité en adéquation avec les nouveaux besoins. De même, il faut donner aux enseignants les moyens de se former pour qu’ils puissent sinon créer au moins pouvoir adapter du matériel à la réalité de leurs classes. Cette absence de formation, c’est souvent elle qui est à l’origine du manque d’utilisation ou de l’infra-utilisation de nouveaux outils de la classe, comme je le soulignais déjà dans un article de ce blog il y a tout juste deux ans et qu’aujourd’hui un très intéressant rapport de Thierry Karsenti (Le tableau blanc interactif (TBI) : usages, avantages et défis) vient confirmer. J’en conseille très vivement la lecture : loin de condamner l’usage de cet outil, l’auteur du rapport souligne les contradictions de son utilisation en classe, souvent comme simple projecteur et très rarement interactif, dans le sens où les élèves n’y ont presque jamais accès. A la fin (p.33), Karsenti donne quelques recommandations pour un meilleur usage de cet outil. Son étude porte sur le cas canadien mais je pense qu’il est représentatif de ce qui passe habituellement dans de nombreux coins de la planète.

Pour en revenir à nos capsules, que des enseignants en fassent, souvent en dehors de leur emploi du temps, c’est bien. On ne va pas reprocher la prise d’initiative ! Mais l’innovation pédagogique ne doit pas être sujette à la simple initiative d’un enseignant ; et qui plus est, l’accès à cette innovation ne doit pas frustrer d’excellents enseignants parce qu’ils ne seraient pas nécessairement techniciens. Une évidence et pourtant… A ce sujet, je signale un webinaire qu’organise Jürgen Wagner le 21 avril prochain sur la création de capsules vidéos. Il y sera question des différents type de vidéos et de leur intérêt pédagogique. On verra qu’il n’est pas nécessaire d’être hyper-équipé et qu’un simple smartphone nous permet déjà de réaliser des capsules à condition de suivre certaines règles. De même qu’on pourra voir qu’il faut aussi en suivre pour qu’elles soient attractives, un élément important si nous voulons motiver les apprenants.

Cessons de crier haro sur l’innovation pédagogique !
Ne confondons pas les choses. Cessons de crier haro sur l’innovation pédagogique sous prétexte qu’elle nous rendrait plus bête, comme l’affirment certains ! Non, tout n’est pas fait ! Et si le monde change, pourquoi la classe ne changerait-elle pas ? Si l’accès à l’information change, pourquoi l’enseignement/apprentissage devrait-il rester figé dans des pratiques du XIX ? Pour ceux qui en douteraient, retrouvez la célèbre animation de Ken Robinson sur Youtube (vous la connaissez certainement mais au cas où, <a href="http:// » target= »_blank »>la voici). Elle illustre parfaitement la situation dans laquelle nous sommes et vers où nous devrions aller. Mais ne perdons pas non plus notre sens critique face aux nouvelles propositions issues en partie de l’évolution même de la société. Mettons fin à cette espèce de croisade contre l’innovation pédagogique que certains semblent vouloir lancer depuis le fond de la caverne éducative ! Ce n’est pas en interdisant les smartphones – par exemple – en classe (comme on le fait encore trop souvent) que nous allons améliorer l’enseignement/apprentissage mais plutôt en réfléchissant en quoi ces nouveaux outils peuvent être à son service. Plutôt que de mettre au ban l’innovation pédagogique, posons les bonnes questions comme le suggèrent William D. Eggers et Paul Macmillan dans leur livre The Solution Revolution (Harvard Business Review Press, 1973 -non traduit en français, à ma connaissance) qui se demandent comment améliorer l’école et qui affirment que pour trouver la réponse, il faut que nous nous interrogions sur son objectif réel (mieux éduquer et mieux préparer les jeunes à l’avenir)*. Bref, ce n’est pas en faisant ce que nous avons toujours fait que nous trouverons des réponses aux questions pédagogiques d’aujourd’hui mais au contraire en essayant ce qui n’existe peut-être pas encore, en allant au-delà des solutions existantes. Nous nous tromperons peut-être mais sbagliando s’impara. N’ayons pas peur de l’échec ! Pour avancer, il faut sortir de sa grotte…

*Je reprends ici l’idée qu’expose le célèbre journaliste et analyste argentin Andrés Oppenheimer dans son ouvrage Crear o Morir, la esperanza de Latinoamérica y las cinco claves de la innovación (Ed. Vintage Español, 2014 – non traduit en français) sur la nécessité, entre autres, de changer le prisme dès l’enfance (p.295-296)

Posted in Actualité du français, Billet d'humeur, Techno-pédagogie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Vers la fin du « tout-anglais » ?

Posted by Philippe Liria sur 08/02/2016

Ces jours-ci, c’est avec le soleil méditerranéen que j’accompagne le petit déjeuner, un café au lait et une ensaimada, sans oublier le quotidien du matin dans sa version papier… Un de ces plaisirs minuscules à la Delerm et qui prend une dimension toute particulière le dimanche, même si le journal plie sous le poids des suppléments – un peu moins qu’avant, la crise a eu du bon -. Ce matin, au milieu des nouvelles internationales, entre drame syrien et super bowl, et chaos informatif sur la situation politique en Espagne – pas moins chaotique – La Vanguardia consacrait une page à ces « langues qui ont de l’avenir » (Els idiomes amb futur, rubrique Tendències, p42 – lien en catalan / lien en espagnol). L’article en soi n’apporte pas grand-chose de nouveau sur le sujet mais il a le mérite de l’aborder et c’est ce qui le rend intéressant dans un pays où, comme tant d’autres, l’on a voulu faire croire que l’anglais serait suffisant pour évoluer dans un milieu international. Depuis des années, l’Espagne mène une politique du « tout-anglais » qui a relégué le français à une simple option, et encore ! Quant aux autres langues, je n’en parle même pas : elles sont (presque) inexistantes dans les programmes. A moins d’avoir la chance de pouvoir faire son collège et son lycée dans des établissements privés qui n’ont pas oublié que le monde n’est pas monolingue en anglais, les élèves espagnols n’ont que trop rarement accès à une LV2 et quand bien même cette possibilité existe, le discours ambiant ne motive guère les parents à ce que leurs enfants suivent une matière aussi inutile que le français ! IMG_0261
On oublie souvent de leur rappeler que le premier partenaire économique de l’Espagne se trouve juste au-delà des Pyrénées et que depuis déjà quelques années, un grand potentiel économique – et source d’emplois – existe au Sud. Parler français serait sans aucun doute un atout pour un grand nombre qui souhaiterait travailler avec la France bien sûr mais aussi avec l’Afrique. C’est justement le marché africain qui devrait éveiller l’intérêt pour l’apprentissage du français en Espagne mais aussi dans les pays d’Amérique latine que je connais si bien et qui, eux aussi, mènent encore trop souvent des politiques d’enseignement des langues qui se résument à proposer l’anglais. Le français restant la langue d’une certaine élite. Quelle erreur ! Je ne sais pas si l’OIF gonfle les chiffres quand elle annonce quelque 750 millions de francophones en 2050 et la majorité sur le continent africain mais ce qui est sûr, c’est que le français y est une langue incontournable. Dans ce monde où les relations internationales entre pays du Sud sont en pleine évolution, le français peut être cette plus-value professionnelle pour beaucoup de futurs experts formés dans les universités latino-américaines mais où le français règne par son absence ou sa trop faible présence. Ceux-ci pourraient intégrer ou développer plus facilement des projets avec l’Afrique. Cela peut paraître ridicule mais il y des universités qui ne proposent même pas la possibilité d’étudier une deuxième langue à leurs étudiants ! Et beaucoup prétendent d’entre elles se vantent d’avoir une dimension internationale.

Dramatiquement absent !
Le journaliste a donc raison de rappeler que la deuxième langue la plus parlée sur les marchés internationaux est le français et, reprenant une étude très intéressante de l’Universitat Oberta de Catalunya, que c’est la langue de 55% des PME en Catalogne. Cette étude (Elan.cat) est disponible en ligne, en catalan, espagnol et anglais… dommage qu’elle ne le soit pas en français d’ailleurs. Mais nous ne sommes pas à un détail prêt dans le pays : bien que 30% des entreprises catalanes travaillent avec la France et que les visiteurs français soient les plus nombreux (source :idescat), le français est dramatiquement absent. On peut éventuellement vous parler en russe ou en chinois dans les boutiques de Barcelone – surtout si elles ont pignon sur le Passeig de Gràcia – mais pas en français ! Ou si peu que cela relève de l’anecdote. Lamentable ! On se demande presque où se trouvent les 10000 élèves de français des Ecoles officielles de Langues (EOI dans les sigles en catalan) qu’il y a en Catalogne – quelque 60000 dans toute l’Espagne -. Et encore, dans ces EOI, ce sont essentiellement des adultes surtout à partir de 30 ans, toujours selon le même article. Un peu comme si une fois plongé dans le monde du travail, on se rendait compte que ça peut être utile de ne pas se contenter de l’anglais.

Tout n’est pas perdu
Il semblerait cependant que depuis quelque temps, on ait pris conscience que l’anglais n’est plus un facteur clé pour trouver un emploi (j’ai vraiment l’impression d’écrire une vérité de La Palice). Comme tout le monde l’a – enfin sur le CV, je ne veux pas entrer dans des jugements de valeur sur la réelle compétence de chacun -, ce n’est plus un élément de différentiation au moment de se présenter à un emploi. La crise a certainement contribué à faire comprendre qu’il peut être bon de parler au moins une autre langue étrangère mais cette prise de conscience ne suffit pas. Or, qu’a-t-on fait pour renforcer la présence d’une LV2 dans l’enseignement ? Je ris quand je lis les déclarations de la directrice adjointe générale de Llengua i Plurilingüisme qui affirme que « les nouveaux programmes feront que les élèves qui commenceront à étudier une deuxième langue étrangère au collège (ESO) devront obligatoirement conserver cette langue en option jusqu’à ce qu’ils terminent le secondaire« . Bref, de belles paroles peut-être mais rien qui ressemble à une mesure efficace pour que la LV2 fasse son entrée obligatoire en collège. On est loin, bien loin des modèles du nord de l’Europe. Et je ne parle même pas des DNL ! On en est à des années-lumière !
Un signe d’espoir toutefois, ce sont les accords que la Generalitat, comme d’autres gouvernements autonomes, a signé avec les autorités françaises pour que le DELF entre dans les établissements publics. Depuis 2014, on observe une augmentation exponentielle du nombre de candidats (+18% en 2015 selon les chiffres fournis par www.delf-dalf.es). Tout n’est donc pas perdu grâce au travail de terrain, indispensable, des responsables de la diffusion du français – qui ont multiplié les actions de sensibilisation et de formation auprès des autorités locales et des professeurs de français, qui se sentent certainement un peu moins seuls. Dans le même temps, on observe des initiatives ça et là sur le continent américain pour que le français retrouve les bancs de l’école, au-delà du réseau de l’Alliance française.

La route sera encore longue cependant d’ici à ce que l’on comprenne véritablement, que ce soit en Espagne ou dans beaucoup d’autres coins du monde, que l’étude d’une LV2 et même d’une LV3 n’est pas un luxe mais une nécessité pour ne pas rester à l’écart de l’évolution du monde et que le français fait partie de ces LV qu’il est bon d’avoir dans ses bagages.

Posted in Billet d'humeur | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Mime-moi une expression française, un concours photo et video pour profs de FLE

Posted by Philippe Liria sur 01/02/2016

Affiche concours Mime-moi une expression française C’est toujours un plaisir de pouvoir relayer une information concernant les initiatives dans le monde du FLE. En voici une originale et qui fait appel à la créativité, pas celle de vos élèves cette fois mais la VÔTRE !! Il s’agit du concours « Mime-moi une expression française » que lance Adrien Payet. Pourquoi le mime ? Parce que « Tout enseignant de langue a l’habitude de mimer ! Êtes-vous bon comédien face à vos apprenants ? Tentez votre chance avec ce concours. Vous pourrez gagner une place à un stage Mercantour, un abonnement numérique d’un an à la revue Le français dans le monde ou encore un atelier à distance animé par Adrien Payet et une compilation des fiches pédagogiques de « T’enseignes-tu ? » ! S’ils le souhaitent, les trois gagnants seront interviewés pour participer à un podcast spécial des Agités du FLE. Nous sélectionnerons également les 10 meilleurs mimes pour une vidéo à destination des apprenants de français diffusée sur Youtube et utilisable par tous. »

Pour en savoir plus sur ce concours et y participer, rendez-vous sur le site d’Adrien Payet.

Posted in Actualité du français | Tagué: , , , , , | Leave a Comment »

Profs et élèves : à vos jeux !

Posted by Philippe Liria sur 23/01/2016

IMG_0242L’un des meilleurs souvenirs de classe à l’époque où je faisais encore cours, c’est quand nous laissions de côté avec les élèves livres et cahiers et que nous prenions le jeu de l’oie des verbes. Les élèves autour, en équipe et avec des règles que nous avions négociées entre nous ; moi, en arbitre ou plutôt en co-animateur avec un autre élève et c’était parti pour un moment de détente mais pas seulement. C’était aussi l’occasion d’interactions authentiques au cours desquelles la conjugaison était certes présente mais en arrière-plan. Ce qui comptait vraiment, c’était les échanges, les expressions spontanées de réussite, les complicités, les efforts et les encouragements. Et cela ne se faisait pas dans la crainte d’une sanction d’un prof-bourreau, prêt à dégainer un carton rouge si on se trompait mais dans le but d’arriver en premier à la case d’arrivée et bien entendu, de s’amuser. Un vrai moment de plaisir où pourtant, sans s’en rendre compte, les élèves conjuguaient et s’exprimaient spontanément en français. Ils ne se souciaient pas des aspects langagiers, pourtant bien présent. Non, le défi était ailleurs.

Un projet pédagogique pour apprendre en jouant

On joue au Memory à Geraybeyli (Azerbaïdjan) - Sources : Site Facebook ON JOUE

On joue au Memory à Geraybeyli (Azerbaïdjan) – Sources : Site Facebook ON JOUE


Ce souvenir qui m’a marqué, je l’admets, est hélas trop anecdotique. Nous ne jouions pas souvent. Pas assez en tout cas maintenant que je regarde dans le rétroviseur. Or, on sait combien le jeu ne devrait pas être un extra parce qu’il reste cinq minutes avant la fin du cours ou que les vacances approchent. Au contraire, il devrait occuper une place centrale dans l’apprentissage. En somme, intégrer le projet pédagogique dans lequel s’inscrit le parcours de l’apprenant. C’est ce qu’Anne-Marie Pauleau nous rappelle dans son article publié dans la livraison de ce mois de janvier du Français dans le monde (n°403 Janvier-février 2016). Elle y présente le projet pédagogique ON JOUE que portent l’Asdifle et la FIPF, un projet qui « encourage les enseignants à utiliser le jeu en classe, à lui donner toute sa place, ouvertement. Il vise aussi à lutter contre l’étiquette de « divertissement stérile » apposée aux activités ludiques » et donc démontrer que « jouer, c’est aussi enseigner« . Cette présentation est illustrée de deux exemples concrets de professeurs à s’être lancés dans ce projet.

Jeu(x) et langue(s) : un lien qui remonte dans le temps et à l’avenir prometteur

Et pour aller plus loin dans cette réflexion sur la place du jeu dans l’apprentissage, il ne faut surtout pas rater le dernier numéro de Recherches et Applications. Sous la direction d’Haydée Silva (Retrouvez son blog sur le jeu) et de Mathieu Loiseau, le numéro 59 de janvier 2016 y est entièrement consacré. Il vient certainement comblé un vide, non pas qu’il soit le premier mais il faut bien reconnaître que « par rapport au foisonnement de la production anglophone sur le sujet, le nombre d’articles et d’ouvrages qui ont vu le jour dans la communauté francophone est encore relativement restreint. » Ce numéro ne prétend pas être un recueil de plus d’activités ludiques pour la classe mais plutôt une réponse à la question et une réflexion à la fois sur le « lien entre jeu et enseignement/apprentissage des langues à l’heure de la perspective actionnelle. »
Le lecteur trouvera donc douze articles regroupés en trois parties et dont les auteurs arrivent des quatre coins de la planète (7 pays et 8 nationalités) ce qui permet de s’interroger sur le rapport qu’ont les apprenants de langue et les enseignants avec le jeu ; comment celui-ci permet de concilier la théorie et la pratique de la langue étudiée. Jouer est sans aucun doute une façon de se désinhiber, d’oser se jeter à l’eau plus facilement. Dans la deuxième partie, « Revisiter », on y aborde le jeu théâtral d’une part et l’écriture créative d’autre part mais on s’interroge aussi sur la place de la langue des apprenants notamment dans la transmission / compréhension des consignes pour un bon déroulement du jeu.
Finalement, dans la troisième partie « Renouveler », une large place est faite au numérique. Impossible de passer à côté. N’avons-nous pas tous en tête la gamification (ou ludification en « bon » français) de l’apprentissage ? Le terme est « dans le vent » nous rappelle Haydée Silva qui le définit comme étant « l’élargissement du paradigme ludique à des domaines dont il est censé être habituellement exclu : travail, santé, éducation… » Nous en parlions déjà dans ce blog il y a quelque temps : j’avais alors invité Fatiha Chahi à écrire sur le sujet. Elle y évoquait notamment les applications dans le domaine de l’apprentissage du français.
Nous le voyons, il s’agit d’une combinaison intéressante de deux éléments qui contribuent sans aucun doute à l’apprentissage des langues : le numérique, avec certainement une place importante à réserver aux outils du web 2.0 et le jeu, en particulier le jeu vidéo. Une façon de progresser dans l’emploi de la langue mais dans un contexte moins formel. On nous plonge dans cette « didactique invisible » dont nous parle C. Ollivier et à travers laquelle nous avançons à partir de parcours ou de scénarios actionnels où le jeu y a une place. Une scénarisation des apprentissages qui rejoint l’idée qu’à partir du moment où on utilise la langue, on l’apprend de façon consciente ou pas.

Ce numéro de Recherche et application est une lecture indispensable et qui va contribuer à renforcer les réflexions des responsables pédagogiques et directeurs des cours qui ici ou là cherchent de plus en plus à intégrer le jeu, pas uniquement dans des ateliers spécifiques mais véritablement dans la classe, ce qui veut dire l’inscrire au programme pour que ceux qui y ont déjà recours ne se sentent pas coupables d’être en train de voler un temps d’apprentissage précieux. De la même façon qu’il nous appartient du côté de l’édition d’envisager une plus grande présence du jeu dans les manuels ou sur les autres supports proposés. Le jeu renvoie au notion de plaisir et donc de motivation. Il fait aussi appel à la collaboration, à la coopération et à la créativité. Il contribue donc à préparer l’apprenant à faire face à des situations imprévisibles en mobilisant des compétences et des stratégies.
Bref, pour reprendre la citation de Cicéron que mentionne Anne-Marie Pauleau dans son article, il est temps de cesser de penser que le jeu ne peut être utilisé qu' »après avoir satisfait aux obligations graves et sérieuses » mais au contraire de l’intégrer pleinement dans le projet d’enseignement/apprentissage de la classe de langue.

Pour en savoir sur le projet ON JOUE
Facebook : http://www.facebook.com/ouifaitesvosjeux
Blog : http://faitesvosjeux.over-blog.com
Email : faitesvosjeux@outlook.fr

A propos du numéro 59 de Recherches et applications :
Ami(e)s du Mexique, vous pouvez assister à la présentation de ce numéro à Mexico le 16 février, à 12h, à la Facultad de filosofía y Letras de l’UNAM (salle A).

Posted in Actualité du français, FLE et didactique, Le monde des langues, Techno-pédagogie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

27 janvier : c’est l’Evènement CLE !

Posted by Philippe Liria sur 18/01/2016

evenementCLEFLEPour bien commencer l’année en FLE, rien de mieux que de se retrouver pour discuter et échanger sur nos métiers avec des experts, assister à ateliers et tables rondes ou encore à des conférences. C’est ce que propose la maison d’édition CLE International le mercredi 27 janvier à la Maison de la Belgique.
Cette deuxième édition de l’Evènement CLE devrait réunir pendant 12 heures ininterrompues quelque 300 professionnels du FLE venus des quatre coins de l’Hexagone mais aussi du monde entier. Ce sera le moment de découvrir Tendances la grande nouveauté FLE de l’année et parler ainsi du scénario actionnel, fil conducteur des unités de cette nouvelle collection présentée par l’un de ces auteurs, Jacques Pêcheur. Evènement central mais pas le seul : le FOS, le FOU, les stratégies d’apprentissages… seront au rendez-vous.
Programme et inscription en ligne : http://cleformation.jimdo.com/agenda-cle-formation/l-%C3%A9v%C3%A9nement-cle-2016/

Retrouvez la vidéo de promotion de Tendances :

Posted in Actualité du français, Ateliers et formations | Tagué: , , , , | Leave a Comment »

La classe inversée : des initiatives contre le scepticisme (surtout en FLE) !

Posted by Philippe Liria sur 28/12/2015

clise2016Des airs de renouveau

La fin d’année scolaire de plusieurs pays d’Amérique latine est l’occasion de nombreux congrès, un moment privilégié pour rencontrer les enseignants et de faire le point sur les tendances qui marquent ou vont marquer la classe de français dans les prochains mois. On y a constaté la ferme résolution de mettre en place les recommandations du CECRL et de le faire dans une démarche actionnelle. Les réformes en cours des programmes scolaires s’orientent vers une didactique des langues qui met en avant la pédagogie du projet (enfin !). Autre constat : on doit ouvrir la classe aux autres matières. La transversalité des disciplines est aussi d’actualité, ce qui sous-entend des réformes plus profondes que celles se limitant à la classe de langue. Il y a encore du chemin à faire mais le sujet est sur la table, c’est un premier pas.
Dans cette ambiance de changements, des questions se posent. Comment mener à bien un projet en classe alors que les contenus notamment langagiers doivent être acquis ? En effet, il ne suffit pas de préconiser une démarche actionnelle pour que celle-ci prenne. Il est fondamental de revoir aussi la gestion de la classe et de mettre à contribution les technologies pour y parvenir. Tâche beaucoup plus simple aujourd’hui qu’il y a 10 ans quand nous avons commencé à parler de perspective actionnelle. Plus simple car l’accès aux technologies s’est largement démocratisée, même si on peut légitimement s’interroger sur les priorités budgétaires de certains. Mais c’est une autre affaire ! Le smartphone, plus que le TNI ou la tablette, est un objet courant (même dans les coins les inimaginables et les plus reculés du continent) ; à nous de savoir le transformer en un véritable outil d’apprentissage au moins en classe (oui, oui, en classe !! Fini cet « Eteignez vos portables ! » complètement ringard) et aussi en dehors de la classe.

Pour une gestion de classe différente
Quand la perspective actionnelle est apparue en FLE, la principale question qui revenait en permanence était celle de la gestion de la classe. Inquiétude légitime des enseignants, surtout ceux qui se trouvaient pris dans le carcan des programmes officiels qui ne prenaient pas en compte ce nouveau paradigme d’apprentissage qui demandait pourtant de revoir l’organisation de la classe. Comment élaborer une tâche ou un projet en classe alors qu’il faut faire le programme qui, grosso modo, se limitait à des objectifs grammaticaux ? La compétence en français, la vraie, celle qui permet de faire quelque chose dans la langue et avec les autres, à l’écrit et à l’oral, quel que soit le support, on la réduisait au jeu de rôle ou tout bonnement on la renvoyait au jour où l’apprenant serait en contact avec la réalité (comme si la « réalité » était ailleurs !). Quitte à se prendre une grande claque ! Comme celle que je m’étais prise à Victoria Station après 7 ans d’anglais et de bonnes notes… en grammaire ! Un grand moment où la « réalité » m’a obligé à remettre en cause mes profs et leur enseignement !! Mais revenons au FLE…
Et en FLE, justement, dans les formations, il était courant d’entendre dire « Les projets, c’est très bien mais on n’a jamais le temps de les faire !« . Equation difficile à résoudre. Il faut bien l’avouer, il manquait un élément de réponse. C’est là que la classe inversée fait son apparition. Voilà enfin la réponse idéale : elle permet de revoir notre façon de gérer la classe, d’envisager une nouvelle dynamique où le temps de classe sera consacré non plus à faire des leçons sur la langue, mais bel et bien à des choses avec et dans la langue. Le concept fait son petit bonhomme de chemin et entre petit à petit dans les classes grâce à des enseignants qui cherchent à organiser le temps d’apprentissage différemment. On la voit pénétrer dans les cours de SVT, d’Histoire… mais en FLE ? Avouons-le, en FLE, sa présence reste discrète mais elle arrive. Lentement peut-être mais surement. Les stages comme ceux du BELC ou du CAVILAM proposent dorénavant des modules sur la classe (plutôt que la pédagogie) inversée et les blogs, comme celui-ci, essaient de contribuer à la plus large diffusion de ce concept.

Un certain scepticisme ambiant (en FLE)
Reste que lors des formations, un certain scepticisme l’emporte comme j’ai encore pu le constater récemment. « C’est peut-être bien pour les cours de sciences ou de maths mais pas pour le français« , entend-on ici. Et puis, « ça demande beaucoup de travail« , entend-on aussi. Pour beaucoup, « ça ne change pas beaucoup des devoirs !« . On le sait, réformer n’est jamais simple. Introduire le concept de classe inversée dans les pratiques demande aussi de changer des habitudes d’enseignement, certainement, mais aussi, et il ne faudrait pas le négliger, d’apprentissage. Sans oublier non plus, l’implication des autres acteurs : parents – dans le cas d’apprenants mineurs – ou direction. Et aussi, puisque nous parlons beaucoup de travail collaboratif : celui des apprenants entre eux certes (souvent ils savent faire), mais il y a également celui des enseignants entre eux. Or, trop souvent, la charge voire la surcharge de travail provient d’un manque de collaboration entre collègues. Dommage mais véridique : deux professeurs d’un même établissement essayant de préparer, chacun de leur côté et sans que l’autre ne le sache, une capsule vidéo sur la différence imparfait-passé composé !! Sans commentaire alors que nous pouvons si aisément partager sans tomber dans la réunionite aigüe !!

Une semaine à la découverte de la classe inversée
Convaincu pourtant qu’en inversant la classe, nous pourrons atteindre plus aisément les objectifs que se fixent les nouveaux programmes de français d’Alliances françaises ou de ministères de l’éducation dans les quatre coins du monde, nous devons rassurer les sceptiques – pas question d’ignorer leurs inquiétudes -. Comment ? Certainement en leur permettant de voir comment ça se passe. A ce sujet, je voudrais signaler une initiative intéressante de l’association Inversons la Classe. Elle propose d’aller observer des classes à l’occasion des manifestations de la CLISE 2016 qui se tiendront du 25 au 29 janvier prochains. L’initiative se tient essentiellement dans l’Hexagone mais des enseignants d’autres pays s’y joignent comme c’est le cas en Belgique, au Maroc, en Tunisie, en Suisse… et même au Canada, où la « vétérante » de la classe inversée, Annick Arsenault Carter dont j’ai déjà eu l’occasion de parler dans ce blog, organise à Moncton (New Brunswick) sa propre « classe ouverte » sur deux jours. Une façon intéressante et originale pour voir les différentes pratiques de la classe inversée et son intérêt pour l’apprentissage.

CWVAfYyWwAAHLc8Toujours dans le cadre de la CLISE 2016, je voudrais signaler un atelier Canopé qui se tiendra dans l’Académie de Créteil le 29 janvier et qui comptera sur la présence d’un des experts en la question, Marcel Lebrun.

Si vous êtes intéressé(e), soit pour vous associer à cette initiative en proposant d’ouvrir votre classe soit parce que vous êtes motivé(e) par cette démarche mais vous vous posez mil et une questions sur sa mise en oeuvre, vous pouvez vous rendre sur le site de CLISE 2016 où vous trouverez tous les renseignements pour y participer.

Posted in Actualité du français, Ateliers et formations, FLE et didactique, Techno-pédagogie | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

Marion Charreau nous invite à un voyage illustré dans le territoire du français

Posted by Philippe Liria sur 11/11/2015

francais_ciel.jpg(Mise à jour : le 15/12/15)

L’Île des Noms, la Montagne des Verbes… Quels sont donc ces territoires au nom si mystérieux ? Des territoires que traverse un personnage à la découverte de la langue française, tel Lancelot à la quête du Graal ou plus fantastique encore, Alice déambulant dans cet univers inquiétant en apparence mais magique si on n’a pas peur d’emprunter parfois des raccourcis comme le Tube des Pronoms.
Je n’en ai vu que des extraits mais ceux-ci donnent envie de faire la valise et partir dans ce merveilleux voyage initiatique et illustré de la langue française auquel nous invite Marion Charreau – que nous connaissons pour ses formations et son site, Territoires des Langues – dans son livre, Le français vu du ciel. Un voyage qui commence à Barcelone pour nous plonger dans les rouages du français – on ne perd pas de vue l’aspect pédagogique des cartes heuristiques (ou cartes mentales) qui lui sont si chères – à travers 40 planches illustrées.

Cette nouvelle cartographie du français s’inscrit dans une démarche originale pour poser un regard différent sur les verbes, les prépositions, etc. Le français vu du ciel, c’est un beau livre pour tous, francophiles et francophones, apprenants ou enseignants, qui montre que l’apprentissage d’une langue doit aussi – voire surtout – être un moment de plaisir qui n’est pas incompatible avec cette créativité, encore trop souvent délaissée dans une partie du monde de l’éducation. Et ne ratez pas son très intéressant passage sur RFI le 14 décembre. Interviewée par Yvan Amar pour son émission la Danse des mots, Marion nous parle avec passion de ce magnifique livre.Marion Charreau_0

Je vais vite me rendre sur le site de son éditeur, Zeugmo Editions, pour me faire un petit cadeau…

Pour en savoir plus :
http://territoiresdeslangues.com/2015/11/10/le-francais-vu-du-ciel-1-introduction/

Posted in Actualité du français, FLE et didactique, Le monde des langues | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les avantages du bilinguisme, par Marie Rose Moro

Posted by Philippe Liria sur 12/10/2015

On entend encore, heureusement moins qu’avant, des personnes qui doutent des avantages du bilinguisme ou du plurilinguisme. L’association D’une langue à l’autre, DULALA, propose des vidéos avec des experts qui exposent les avantages du bilinguisme. Je vous propose ici l’intervention de Marie Rose Moro, « chef de file actuelle de l’ethnopsychanalyse et de la psychiatrie transculturelle en France » pour reprendre le chapeau de la biographie de son blog sur lequel je vous conseille d’y faire un tour.

Posted in Le monde des langues | Tagué: , , , , , , | Leave a Comment »

Quelle place pour la culture et la littérature dans l’enseignement du FLE ?

Posted by Philippe Liria sur 11/10/2015

EC4501F6-EDA3-4655-AE53-C543F7F9426CDans un monde où l’économie et les finances semblent occuper les devants de la scène, nous aurions tendance à penser que la culture et la littérature n’ont pas forcément leur place dans l’enseignement des langues, ici celui du français. Par ailleurs, on trouve encore trop souvent des contextes d’enseignement où la culture et la littérature ne trouvent une place que dans des niveaux supérieurs comme si les apprenants devaient d’abord passer par les aspects linguistiques (j’allais écrire les « filtres ») de la langue avant d’accéder à ce qui en est pourtant l’essence. Et puis, il faut s’interroger bien entendu sur ce que l’on met derrière les mots « culture » et « littérature » ou encore se demander où se trouve la culture ou la littérature des apprenants.
Malgré un match de foot Colombie-Pérou qui laissait présager une faible participation, ils sont venus nombreux à un après-midi consacré à la place de la culture et de la littérature dans l’enseignement du FLE et que j’ai eu le plaisir d’animer jeudi 8 octobre à l’Universidad de Caldas à Manizales (Colombie). Pendant cet après-midi co-organisé par CLE International, Lenguas Modernas (Bogota) et le Departamento de Lenguas Extranjeras, nous nous sommes penchés sur ce vaste sujet et d’autres encore en interrogeant les pratiques, les programmes et les outils et réflexions à notre disposition. Certes le CECRL, mais aussi ce que différents spécialistes ont apporté au travers de leurs contributions, dont de nombreuses références sont disponibles dans un document du CIEP consacré aux nouveaux enjeux et nouvelles pratiques de la littérature en classe de FLE.

Photo : Margarita Laverde

Photo : Margarita Laverde

Posted in Actualité du français, FLE et didactique | Tagué: , , , , , | Leave a Comment »

Des tablettes pour la classe ?

Posted by Philippe Liria sur 28/09/2015

0_fritic_rapport_photo1pageAujourd’hui, un certain concensus existe en matière de pédagogie qui admet que nous ne pouvons continuer à concevoir l’enseignement-apprentissage comme avant l’arrivée du numérique. Mais on admet aussi, à juste titre, qu’il ne suffit pas d’installer des outils numériques pour que les choses changent ! Pour qu’ait lieu ce véritable changement, les habitudes d’enseignement doivent évoluer – et comme celles d’apprentissage des élèves. La mise en place d’une technopédagogie s’avère indispensable. Reste à savoir comment et avec quels outils numériques. Un rapport suisse dont s’est fait le relais Netpublic sur son site le 24 septembre dernier analyse la question.

Migrer vers les tablettes
Parmi ces outils, figurent à une place privilégiée les tablettes. Celles-ci peuvent et doivent contribuer à déplacer le curseur du paradigme pédagogique à condition bien sûr que la configuration de la classe change comme le signalaient le rapport L’iPad à l’école : usages, avantages et défis (2013) et que reprend un autre rapport, Migrer des ordinateurs aux tablettes, publié en mai 2015 et qui « fait un rapide état des lieux du marchés des tablettes et de l’édition numérique, avec un accent particulier sur le contexte « éducation »« . 0_fritic_rapport_photo2page

Ce rapport du Centre Fri-tic de l’Etat de Fribourg (Suisse) analyse :
– les différents scénarios possibles de migration vers les tablettes ;
– les types de produits existant sur le marché et leurs contenus numériques ;
– les avantages et inconvénients de cette migration ;
– la stratégie de développement dont la formation des enseignants

et emet des recommandations à la fois sur le choix des outils, le déploiement de cette migrationet et les stratégies pour la mise en oeuvre dans la classe.

Ce rapport contribue à la réflexion qui doit accompagner l’introduction du numérique en classe et éviter de reproduir les erreurs commises lors de l’arrivée des ordinateurs, enfermés dans des salles où ils ont vite pris la poussière. Nous devons associer cette nouvelle technologie à un renouveau pédagogique et par conséquent permettre que les outils, sans doute les tablettes plus encore que les TNI, ne soient pas à leur tour enfermées dans des casiers mais bien à la disposition des enseignants et des apprenants. Cependant, cette mise à disposition ne doit pas se faire n’importe comment. Pas question de passer au tout-numérique sans une expérimentation suivie qui permettrait de « documenter les usages et les apprentissages spécifiques des élèves, observer la motivation, identifier les plus-values pour pouvoir éventuellement, à moyen terme, généraliser ces pratiques« . (p.3-4)

Le rapport émet aussi des réserves sur les apps spécifiques pour l’enseignement et l’apprentissage en raison d’une valeur éducative limitée, du trop peu d’apps éducatives dans d’autres langues qui ne soit pas l’anglais ou encore le manque de « contenus pointus » même s’il souligne l’importance des apps qui facilitent la productivité et la créativité (p.8).

Tablettes et ebooks
Un point qui m’a particulièrement intéressé pour des raisons évidentes, c’est celui des ebooks. Le rapport y consacre cinq pages (p.10-15) et commence par une description des trois types d’ebooks qu’il identifie et que je reprends ici car une certaine confusion existe encore sur ce point si on en croit les nombreux professeurs que je rencontre lors des journées de formation ou sur les congrès.
Quels sont ces trois types d’ebooks ? Il y a…
– le simple livre numérisé ou scanné ;
– le livre homothétique qui est une version numérique d’un texte papier sans contenus complémentaires mais avec des plus-values (indexations, possibilité de place des signets, modifier ou aggrandir les polices) ;
– un livre enrichi qui est celui que les maisons d’édition FLE proposent pour les manuels actuellement et qui consistent à un plus en sons, vidéos, animations… et que le rapport considère comme étant le type de livre numérique où « se situe le plus grand potentiel pour l’éducation »
0_fritic_rapport_photo3pageLe rapport signale aussi l’apparition de plateforme de publication d’ebooks qui pourrait bousculer la donne entre édition et maison d’édition. Une évolution à suivre certainement et qui pourrait rappeler ce qui s’est passé dans le monde la musique il y a quelques années. Rappelons-nous qui étaient les géants de la musique il y a à peine quinze ans et qui domine l’industrie musicale aujourd’hui. Allons-nous vers un scénario identique dans l’édition scolaire et para-scolaire ? La question mérite d’être soulevée et on aurait tort de détourner le regard en pensant que ces scenarios-catastrophe ne sont que pure fiction !

Ce qui est clair, c’est que si la migration vers les tablettes s’accélèrent, il faut que les maisons d’édition développent des apps de leurs manuels et que celles-ci proposent un véritable développement enrichi. L’édition FLE ne peut rester à l’écart de cette nouvelle réalité, en Europe mais aussi, et peut-être plus encore, dans le reste du monde, notamment dans des zones où le public est entré très vite dans l’ère numérique (parfois en étant à peine passé par celle du papier). Cela implique aussi d’envisager non seulement un changement dans les manuels ou plutôt de leurs contenus mais aussi dans la façon de les diffuser et de les distribuer.

Former pour faire évoluer les pratiques de classe
Le rapport consacre un volet à la stratégie de déploiement et notamment au niveau des enseignants car on ne peut envisager cette migration vers les tablettes sans faire évoluer les pratiques de classe qui doivent accompagner la mise en oeuvre d’une plus grande autonomie des apprenants (et on sait qu’il y a des zones du monde où nous sommes encore très loin d’y parvenir), d’un apprentissage différencié et, on en parle beaucoup, de la créativité. Pour y arriver, il faudra avoir recours à la formation mais aussi faciliter l’accès des enseignants aux tablettes. Il faudrait certainement que l’institution pense dans un premier temps à en remettre à leur équipe pédagogique pour qu’elle se familiarise avec l’outil mais sans négliger l’indispensable formation à leur utilisation pédagogique. Et le rapport de signaler que cela prendra du temps tout en faisant une recommandation : privilégier une approche par scénario sur le modèle du European Schoolnet (p.21-23) qui propose justement sur son site des usages pour l’intégration de la tablette en classe.

Impliquer l’ensemble des acteurs de cette innovation
Le rapport aborde ensuite les coûts (dont ceux du matériel d’enseignement, p.29) et les conditions techniques pour que cette intégration connaisse le succès. Et ces points ne sont pas à négliger non plus si on veut éviter la frustration des apprenants bien sûr mais aussi celle des enseignants. On parle beaucoup de la motivation des élèves mais le prof aussi doit être motivé. Et les changements, on le sait, ne peuvent pas simplement dépendre de la volonté de directives pédagogiques. Ils ne seront possibles que si les propres enseignants se sentent impliqués ; qu’ils soient acteurs de cette innovation technopédagagogique.

Bref, il s’agit d’un rapport qui, bien que conçu dans un cadre cantonal, fournit des éléments de réflexion concrets pour la mise en place de « bonnes pratiques (dans l’usage des tablettes)dans tous les domaines d’enseignement » au-delà des Alpes. Il comprend aussi de nombreuses sources de références que ce soit sur le marché du numérique ou les évaluations des expérimentations menées avec des tablettes en classe.

Alors des tablettes pour la classe ? Oui, nous dit ce rapport mais pas n’importe comment. C’est que nous dit ce document qui confirme et complète les différents rapports sur le sujet. Sans précipitation, mais sans plus tarder non plus ! Tous les acteurs du monde éducatif doivent faire en sorte que le numérique, qu’il passe par la tablette (mais aussi le smartphone ou le TNI), entre dans la classe mais pas pour reproduire des pratiques connues mais bien pour en changer. C’est-à-dire que ces innovations pédagogiques doivent mettre un terme à une certaine routine de la classe. Le chemin est certainement long et jalonné de difficultés mais c’est aussi le défi de l’enseignement-apprentissage que d’y arriver !

Pour en savoir plus :
Migrer des ordinateurs aux tablettes, rapport du Centre fri-tic (mai 2015)
Site du Centre fri-Tic
Site de Netpublic

Depuis ce site…
Accédez au rapport de Thierry Karsenti sur les tablettes.
Le tsunami numérique d’Emmanuel Davidenkoff
Tablette numérique à l’école : un rapport québécois à ne pas manquer
Un dossier sur la place de la tablette dans l’apprentissage

Côté formation « tablette » :
Inovateach, le site Laurent Carlier.

Posted in FLE et didactique | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Vous avez dit « création » ?

Posted by Philippe Liria sur 26/09/2015

Voilà déjà quelque temps que je suis L’espace à Zecool, un blog animé par Jacques Cool, un « technopédagogue par choix » comme il se définit lui-même. Il mène une veille permanente (et passionnée) sur tout ce qui se passe autour de la pédagogie et du numérique (suivez-le sur Twitter : @zecool).
Pris par la rentrée, je n’avais pas encore eu le temps de lire ses derniers articles et je voulais surtout vous en recommander un qu’il a consacré à la nécessité d’associer la création et l’innovation à l’apprentissage (Rentrée scolaire 2015 : Perspectives nouvelles, anciennes, entremêlées…). Une réflexion indispensable (je vous renvoie à cet article sur L’élément de Ken Robinson) en cette période de bonnes intentions pour une partie d’entre nous qui reprenons le chemin de l’école pour que cette année soit différente et que nous ne tombions pas dans la routine ou dans cette « mécanique » dont nous parle Jacques Cool. Mais faire changer les choses n’est pas simple, on le sait ! Il suffit de voir la bousculade qu’il décrit dans un magasin de fournitures scolaires pour comprendre que les outils des élèves ressemblent plus à ceux que nos parents nous achetaient quand nous allions à l’école qu’à ceux qui les aideraient à mieux préparer l’avenir. Cela ne veut pas dire qu’il faille se laisser engloutir par le « tout-technologique » ou le « tout-numérique » mais nous n’avons pas le droit non plus de l’ignorer. L’école, dans un sens large qui englobe tous les lieux d’apprentissage, doit savoir s’adapter à l’environnement et ne peut détourner le regard face au changement de ce monde. Le smartphone n’est pas un gadget et la tablette n’est pas un caprice ! Rendons-les plus accessibles mais n’en limitons pas l’usage sous prétexte que tout le monde n’en a pas. Au contraire d’ailleurs, ces outils peuvent contribuer (et doivent le faire) à une meilleure diffusion des connaissances et par voie de conséquence à plus d’égalité, à condition d’apprendre à en gérer les contenus – d’où la nécessité aussi d’avoir des enseignants compétents pour en enseigner les virtues et les défauts.
Cela implique que nous ne fassions plus les choses comme avant, que nous ne reprenions pas les cours de l’année dernière qui ressemblaient comme deux gouttes à ceux de la précédente et que nous sachions donc intégrer non seulement des outils « nouveaux » (tablettes, smartphones) mais aussi et surtout des pédagogies nouvelles. Et Jacques Cool de citer une excellente illustration de Sylvia Duckworth qui synthétise à merveille quelques idées simples et novatrices à la fois pour que la classe soit différente. Il s’agit de 15 choses qu’un professeur devrait essayer dans sa classe (créer un site Internet, créer un portfolio numérique, créer un compte Twitter et permettre des connections internationales, utilser Google forms, etc.). Rien ne garantit que ça marche mais il faut essayer. Et si ça prend, cela peut vraiment créer une nouvelle dynamique de classe. L’autre jour par exemple, lors d’une formation que j’animais dans une université d’Aguascalientes (Mexique), de jeunes enseignantes de FLE ont décrit comment elles avaient introduit dans leurs cours le principe de la classe inversée. Un vrai succès d’après ce qu’elles en disaient qui leur permet de consacrer plus de temps à la réalisation de projets en classe. Or, l’organisation de projets – qui sont pourtant le juste reflet de la réalité (coopération/collaboration avec l’autre, prise d’initiative, créativité/originalité, etc.) – passe souvent à la trappe par manque de temps car il faut préparer les famauses évaluations. Comme si le succès dans la réalisation d’un projet n’était pas en soi la meilleure évaluation ! Mais c’est un autre débat…

Origen: Rentrée scolaire 2015 : Perspectives nouvelles, anciennes, entremêlées…

Posted in En vrac | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Commentaires fermés sur Vous avez dit « création » ?

Le numérique au service de l’innovation pédagogique

Posted by Philippe Liria sur 15/07/2015

IMG_0151« L’élève doit être au centre de l’apprentissage ! » C’est une phrase que tout le monde a entendue mais qu’en est-il réellement ? Une fois dans la classe, la pression des programmes, des institutions, le manque de temps ou de formation font que trop souvent encore la classe est organisée non pas en fonction de l’élève et de sa façon d’apprendre mais plutôt en fonction de ces impératifs. Pourtant, nous devrions tous nous interroger sur notre manière d’apprendre, sur celle de nos étudiants et donc sur ce que nous faisons pour faciliter cet apprentissage. « Tout enseignement efficace doit commencer par la prise en compte de la façon qu’ont les étudiants à apprendre » nous rappelaient les auteurs de How learning works (Jossey-Bass, USA 2010), un excellent livre que je recommande vivement si vous vous intéressez aux processus d’apprentissage. Une inquiétude qui doit bien entendu être présente dans nos cours de français. Quelle place faisons-nous à la créativité ? Quelle rôle peuvent jouer les langues plus ou moins proches pour accompagner l’apprentissage ? Ou que faire de ces technologies qui entrent dans nos classes ? Qu’est-ce qui forcément change dans nos pratiques ou dans la dynamique du cours si le monde change autour de nous ? Ces questions, ce sont celles auxquelles essaient de répondre les spécialistes invités à participer au dossier du 400è numéro (bon anniversaire !) du Français dans le monde. couvn400 Dix pages, c’est encore trop peu pour traiter un sujet aussi vaste mais c’est déjà ça pour lancer la réflexion (ou l’approfondir) dans les salles de profs ou dans les réunions pédagogiques. Une réflexion par exemple sur la nécessité de repenser la classe de sorte que soient mis en avant les talents et les centres d’intérêt car « il s’agit de créer les conditions qui permettent (…) d’apprendre et de s’épanouir, sur le plan collectif et individuel » nous rappelle Ken Robinson (FDLM, pp.50-51), l’auteur de L’élément que j’avais eu l’occasion de présenter dans ce blog il y a quelque temps déjà. Et pour atteindre ces objectifs, il nous faut disposer de plus de temps pendant le moment de la classe. Oui, mais comment ? En réorganisant la distribution des contenus et du temps. La classe ou pédagogie inversée (la flipped classroom en anglais) peut être une solution à cette nécessité de repenser la classe. Marcel Lebrun, professeur à l’Université de Louvain (Belgique), nous parle de ce changement de paradigme et résume les trois niveaux de cette démarche pédagogique qui « repositionnent les espaces-temps traditionnels de l’enseigner-apprendre » (pp.52-53). IMG_0154L’idée de la pédagogie inversée commence à faire son entrée dans la classe de FLE, comme me le rapportait une jeune enseignante venezuelienne lors du BELC Régional de Bogota. Elle n’hésite pas à expérimenter ce concept pour donner une nouvelle dynamique à son cours et donc motiver différemment ses élèves. Je constate aussi que dans plus en plus de formations, on nous demande d’en parler dans l’optique de la mettre en place, même si ce n’est que ponctuellement. Et si ces classes peuvent « prendre », c’est aussi parce que les technologies numériques sont arrivées au bon moment, à condition de savoir en user sans en abuser ! Or, cela a été trop souvent le cas à cause d’une certaine précipitation (un « tsunami numérique », pour reprendre le titre du livre d’Emmanuel Davidenkoff, qu’on ne peut ignorer) malgré les appels à la vigilance d’experts tels que Thierry Karsenti (lire aussi cet article). Il faut donc non pas les imposer mais bien savoir les intégrer dans l’apprentissage. C’est dans cette intégration que réside l’innovation pédagogique. Il faut donc que le professeur apprenne à maîtriser ces outils technologiques de plus en plus performants ; qu’il devienne un « enseignant multidimensionnel » nous dit Marc Oddou, bien connu des profs de FLE notamment grâce à son site. La tablette est un bon exemple d’outil qui peut favoriser cette « créativité pédagogique » des apprenants que revendique Ken Robinson, à condition de gérer l’espace-temps différemment, souligne Laurent Carlier (inovateach.com).lcarlier Et pour y parvenir, il faut changer la dynamique de classe et renforcer la place de l’authentique dans la classe. Le web 2.0 doit y contribuer. C’est l’avis de Christian Ollivierr&a_juillet2013, spécialiste de l’introduction de ces nouvelles pratiques en lien avec les mutations technologiques auxquelles nous assistons et surtout participons (cf. Recherches et applications, juillet 2013). Pourquoi le web 2.0 ? Parce qu’il contribue à l’authenticité des échanges en laissant les apprenants réaliser des « tâches ancrées dans la vie réelle » qui débouchent sur un « produit(…) fortement socialisé« . Mais le ‘comment-j’apprends’ ne passe pas que par la technopédagogie. C’est aussi la capacité à mobiliser des stratégies qui vont contribuer à mieux s’approprier d’une langue. Par exemple, en se basant sur les différents degrés de parenté entre la langue cible et celle de départ. Selon la distance de ces langues, les compétences à mobiliser seront différentes, comme nous le décrit Jean-Michel Robert dans un article sur l’intercompréhension, dont on ne parle pas assez en classe de langue comme je le signalais dans ce blog le mois dernier et qui pourtant contribue vraiment à l’apprentissage des langues et à la mobilisation de stratégies pour mieux y arriver.
Voilà donc un superbe numéro du Français dans le monde, une belle réussite avec un riche contenu pédagogique au-delà de ce dossier. A lire absolument, sur papier ou, puisque nous parlons numérique, sur l’application qui accueille la version numérisée de la célèbre revue.

Posted in Actualité du français, Le monde des langues | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Des cartes heuristiques pour favoriser la mémorisation

Posted by Philippe Liria sur 13/07/2015

Photo : Anouchka de Oliveira

Photo : Anouchka de Oliveira

Je reprends ici le lien vers l’article publié dans le bulletin de la Fondation Alliance Française. Il évoque la formation qui s’est tenue du 13 au 15 mai derniers à l’Alliance française de Caracas dans le cadre de ses « Journées pédagogiques » annuelles. Pour cette édition, les cartes heuristiques ou cartes mentales étaient à l’honneur grâce aux 12 heures d’atelier qu’a animées Anouchka de Oliveira, experte FLE (fleristice.com). Elle l’a fait découvrir à l’équipe de l’Alliance française l’intérêt d’intégrer ces cartes dans la classe comme outil pour faciliter la mémorisation tout en développant la créativité des apprenants.
Retrouvez l’article sur le site de la Fondation Alliance française.
Pour en savoir plus sur les formations proposées par Anouchka de Oliveira : www.fleristice.com

Posted in Actualité du français | Tagué: , , , , , , , | 1 Comment »

Quelle place pour l’intercompréhension dans l’apprentissage des langues ?

Posted by Philippe Liria sur 15/06/2015

imintercom L’autre jour, une étudiante péruvienne qui suit des études de traduction (anglais-français) m’a vu lire un article sur le résultat des élections municipales à Barcelone. Dès les premiers mots, bloquée, elle m’a demandé de quoi parlait l’article. Celui-ci était sur le site d’El País dans El País en catalan. Surpris, je lui ai fait remarquer qu’elle pouvait le comprendre, en tout cas, au moins dans ses grandes lignes. Mais il y avait comme un blocage et la réaction a été : « Je ne parle pas catalan ! ». Pourtant, un lecteur, et a fortiori avec une formation en lettres et en langues, et de surcroit de langue romane (ici, l’espagnol) et qui en étudie une autre, le français, peut-il vraiment avoir cette réaction face à un document écrit dans une autre langue romane ?
Quelques jours plus tard, circulait sur Facebook un lien vers un article de Filomena Capucho sur l’intercompréhension. L’article remonte à 2008 ; ce n’est pas pour autant qu’il manque d’intérêt ni d’actualité même si on a parfois l’impression que le sujet ne déclenche pas les passions, quel dommage ! La lecture de cet article m’a replongé dans cette réflexion autour de l’intercompréhension, si naturelle chez ceux qui avons eu la chance d’être bercés dans des contextes multilingues et de côtoyer des personnes plurilingues ; mais qui ne va pas de soi. D’où la nécessité d’aller vers « une refonte de notre rapport aux langues vivantes et à la pédagogie de leur enseignement », comme le rappellent Pierre Janin et Pierre Escudé dans Le point sur l’intercompréhension, clé du plurilinguisme (CLE, 2010).livreintercom

L’apprentissage des langues au-delà des quatre murs de la classe de langue
Je n’ai pu m’empêcher de faire le lien entre la réaction quelque peu épidermique de cette amie face à un texte en catalan (mais j’ose penser que la réaction eût été la même face à un texte en portugais ou en italien) et le manque de pratique, et même de sensibilisation (plus que de sensibilité), qui domine nos sociétés par rapport à la mise en place de stratégies de lecture – dans un premier temps – pour comprendre un document écrit dans une autre langue, une pratique pourtant si utile et efficace surtout entre langues sœurs ! Je parle bien de stratégie car l’intercompréhension, c’est avant tout ça ! Développer des compétences de réception d’un texte écrit dans une langue qu’on ne connait pas mais qui est rapidement compréhensible à partir du moment où on sait mobiliser des stratégies pour comprendre les principales informations. C’est apprendre à positiver aussi la lecture dans une autre langue plutôt que d’angoisser et de penser immédiatement aux faux amis, aux contresens possibles ou encore aux difficultés grammaticales. Bien sûr que ces pièges existent mais pourquoi se bloquer d’emblée en ne pensant qu’aux problèmes ? N’aurions-nous donc le droit de lire des textes que dans des langues que nous aurions étudiées auparavant ? Devrions-nous forcément passer par une tierce personne dans le cas contraire ? Absurde ! Nous devons renforcer l’intégration de la pluralité linguistique dans nos pratiques enseignantes, ce qui ne serait que le reflet de la réalité du monde actuel. Nous ne pouvons prétendre maîtriser à la perfection toutes les langues mais nous pouvons nous doter d’outils qui permettent de faciliter l’échange grâce au « décloisonnement de l’apprentissage (des langues), une prise en compte de la continuité des familles de langues, et dans un saut méthodologique supplémentaire, du décloisonnement entre les familles de langues elles-mêmes » (Escudé/Janin, p.18).
Je sais que l’intercompréhension surprend voire choque encore certains. Pourtant, après avoir assisté plus d’une fois à des échanges où Espagnols et Italiens utilisaient l’anglais entre eux sans pour autant être de bons anglophones m’a renforcé dans mes convictions que l’intercompréhension serait plus efficace. En Catalogne, il est fréquent d’assister à des échanges où l’un des interlocuteurs parle catalan et l’autre castillan sans que cela ne pose le moindre problème. A ce sujet, l’Etat espagnol devrait s’intéresser de plus près à une pédagogie de l’intercompréhension plutôt que d’y voir l’incarnation du Mal (les mythes fondateurs de nos civilisations ont la peau dure !). Et je ne dirai rien sur l’Etat français mais n’en pense pas moins… (autre mythe fondateur !) Dans les deux cas, ils se rendront compte un jour qu’il vaut mieux privilégier la pluralité linguistique, beaucoup plus universelle que le monolinguisme, à des années-lumière du monde actuel.
L’intercompréhension contribue à une plus grande interaction car elle développe naturellement la curiosité de l’apprenant. C’est une véritable ouverture sur le monde et contribue ainsi à la formation citoyenne plurilingue. C’est bien l’enjeu de la mise en place des DNL dans les programmes scolaires. Je vous invite à découvrir par exemple les excellentes activités d’éveil proposées dans le cadre d’Euromania sur le site Xtec de la Generalitat de Catalunya. Des pistes de stratégies pour l’intercompréhension entre langues romanes sont fournies dans ce document de Jordi Ortiz et plus généralement du matériel et des idées pour la classe sur la page d’accueil consacrée à l’intercompréhension. Je ne sais pas si un site français équivalent existe mais finalement, qu’importe puisqu’il s’agit justement de travailler l’intercompréhension !

Et en FLE ?
L’intercompréhension a toute sa place dans la classe de FLE et dans ces différentes déclinaison comme le FOS.
On me demande souvent ce que je pense de la place de la langue des apprenants dans la classe de français en contexte exogène. Ma réponse est claire : pourquoi cette langue, leur langue, ne pourrait-elle pas entrer dans la salle de classe ? Dans une démarche actionnelle, on demande de prendre en compte le bagage des apprenants. Leur langue est certainement l’un des plus précieux. Par contre, je crois aussi qu’il faut savoir en canaliser la présence et des activités notamment basées sur l’intercompréhension peuvent aider à rassurer les apprenants tout en les mettant en contact directement avec des documents complexes à condition justement de développer des stratégies appropriées.
Nous devons entraîner nos élèves par exemple à suivre l’actualité internationale (ou n’importe quel sujet d’intérêt) en français et dans leur langue. Ce qui est très simple aujourd’hui grâce à internet. Ceux-ci se rendront compte très rapidement qu’ils sont capables d’identifier des informations et de les comprendre même si dans un premier temps ils ne pourront en parler que dans leur langue ou que très partiellement en français. Mais n’est-ce pas motivant justement de se rendre compte que dès les premiers pas dans la classe de français on peut interagir plutôt que de ne penser qu’aux barrières que peuvent être les difficultés lexicales ou grammaticales ? Il me semble que cette démarche est encore plus indispensable en FOS ou en FOU, qui d’une certaine façon rejoignent les DNL évoquées plus haut.
Une étude menée par Patrick Engler sur la place de l’intercompréhension et la classe de FLE chez des apprenants hispanophones est disponible en ligne. Elle comprend une première partie plus théorique et est suivie de propositions pratiques pour la classe basée sur les TICE.

L’intercompréhension, l’avenir d’un monde plurilingue
Aujourd’hui plus encore qu’hier, nous devons renforcer l’intercompréhension car c’est l’avenir non seulement d’une Europe multilingue mais plus généralement d’un monde où nous sommes tous amenés à nous rencontrer et à mener/construire ensemble des projets, finalité même de la démarche actionnelle.
Et en guise de conclusion, je voudrais revenir à la réaction de cette étudiante péruvienne. Il me semble qu’il est urgent d’intégrer à l’université l’intercompréhension car indépendamment des études suivies, tout étudiant d’aujourd’hui sera confronté à des documents en provenance de plusieurs langues – nous aurions tort de penser que l’anglais est la solution, ou pis encore un traducteur automatique d’un moteur de recherche – et qu’il vaut mieux donc, dès maintenant, qu’il se prépare à être compétent à pouvoir les lire et les comprendre, même si ce n’est que partiellement.

Pour en savoir plus sur l’intercompréhension :

Site de l’Association Pour l’intercompréhension des langues, APIC
Facebook APIC de l’APIC
Le point sur l’intercompréhension, clé du plurilinguisme, Pierre Escudé, Pierre Janin in Didactiques des langues étrangères. CLE International : Paris 2010
L’intercompréhension est-elle une mode ? Du linguiste citoyen au citoyen linguiste. Article de Filomena Capucho publié dans la revue en ligne Pratiques en 2008
Intercomprehension in Theorie und Praxis, Christian Ollivier et Margareta Strasser. Praesens : Vienne, 2013
S’entendre entre langues voisines : vers l’intercompréhension. Virginie Conti, François Grin. Georg Editeur, 2008
Euromania, material i recursos sur le site du Departement d’Ensenyament de la Generalitat de Catalunya
Euromania. Intercomprensió, una via al plurilinguisme. Sota la direcció de Pierre Escudé, traducció i adaptación: Rosa Fornell, Elisabet Portabella, Francesca Ruiz. Université de Toulouse-Le Mirail amb la col.laboració de la Generalitat de Catalunya, 2012 (PDF)
Estratègies per treballar la intercomprensió, Jordi Ortiz. Universitat Pompeu Fabra. Barcelone.(PDF)
Didactique des langues voisines : mobilisation et optimisation de la parentéespagnol-français et des principes intercompréhensifs dans des ressources de FLE en ligne. Patrick Engler, Linguistics. 2011.

Posted in FLE et didactique, Le monde des langues | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

1er Congrès national sur la classe inversée

Posted by Philippe Liria sur 30/05/2015

classe_inverseeLes 3 et 4 juillet prochains se tiendra en France le 1er Congrès national sur la classe inversée.
La classe inversée, un concept qui n’est pas encore connu de tout le monde mais qui se fraie un chemin à l’école. De plus en plus de responsables pédagogiques et d’enseignants s’y intéressent comme nous le constatons dans les formations. Un intérêt qui n’est que le reflet de l’expression d’un besoin ressenti par tous : la classe change parce que l’apprentissage change. Mais comment faire ? Il ne suffit pas de faire entrer des tablettes ou un TNI dans la classe ou d’affirmer que l’élève est autonome qu’il le deviendra. Comme j’ai souvent eu l’occasion de l’exposer dans ce blog, c’est aussi la dynamique d’enseignement/apprentissage qui doit changer pour que les différents moments de contact avec la matière étudiée soient traités différemment. On ne vient plus en classe pour qu’un professeur magicien nous ouvre sur le monde. Plus besoin. Alors nous pourrions nous demander pourquoi continuer à aller en cours ? Parce qu’une chose, c’est avoir accès à une quantité apparemment infinie de savoirs et une autre chose, c’est être capable d’organiser ces savoirs et de porter un regard critique dessus. La classe doit donc permettre de savoir gérer cette information et, grâce à l’échange et au débat avec les autres, pouvoir faire des choix et/ou porter un avis.
La classe inversée, on l’a déjà vu ici, doit contribuer à cette nouvelle organisation de la classe. Elle doit aussi répondre souvent à une autre réalité : moins de temps de classe. Or, nous avons toujours besoin de temps pour apprendre. Alors si une partie de classe se trouve sur des capsules – bien faites, sur le fonds et sur la forme ! Et là j’en appelle au travail éditorial indispensable pour éviter de longues et soporifiques vidéos qui expliqueraient un point de langue. Un sujet à développer à mon avis.
Donc pour faire le point sur cette classe inversée, qu’il ne faudrait pas transformer en la nouvelle panacée qui va tout résoudre. Pourquoi avons-nous éternellement besoin de faire de tout nouvel outil ou de nouvelle méthodologie un veau d’or ?
Centré sur l’école en France, je présume que le FLE ne sera pas très présent dans ce congrès mais peut-être y aura-t-il des idées à glaner pour nos classes.
En tout cas, ce sera l’occasion d’échanger, de réfléchir, de créer autour de la classe inversée pendant ces deux jours de congrès au lycée Montaigne, à Paris.

Retrouvez le programme et les renseignements pratiques sur le site du Congrès.

Lisez en ligne le dossier du Café pédagogique suite à ce premier congrès.

Posted in Actualité du français, Ateliers et formations, FLE et didactique | Tagué: , , , , , | Leave a Comment »

Université d’été – Le village francophone, 2015

Posted by Philippe Liria sur 11/05/2015

UNIVERSITÉ D'ÉTÉ COUV 3Si vous n’y étiez pas l’année dernière, ne ratez pas cet été le rendez-vous du français en Espagne. Il s’agit bien évidemment de l’Université d’été – Le village francophone. Sur une idée de Valérie Lemeunier, attachée de coopération pour le français en Espagne, cette initiative de l’Institut français de Madrid, en collaboration avec la Federación Española de Asociaciones de Profesores de Francés s’adresse aux professionnels de l’enseignement du et en français de toute l’Espagne. Les journées sont animées par une équipe d’experts et le programme contient de nombreuses actions pédagogiques et activités culturelles.
Retrouvez sur le site les dates et le programme. Université d’été – Le village francophone, 2015.

Posted in Actualité du français, Ateliers et formations | Tagué: , , , , , | Leave a Comment »

Changer oui, mais quoi ?

Posted by Philippe Liria sur 06/05/2015

ecolexxiDans un récent article publié sur revue-projet.com, Marcel Lebrun a bien raison de nous rappeler que ce n’est pas parce qu’il y a révolution technologique que nous allons vivre une révolution pédagogique. Les miracles n’existent pas ! Ce rappel, il le fait dans le cadre d’un débat sur le numérique à l’école où différents spécialistes interviennent pour essayer d’apporter des éléments de réflexion sur la question. Je vais me centrer ici sur la classe inversée mais c’est l’ensemble des articles produits à l’occasion de ce débat qu’il faut lire et qui doivent nous faire réfléchir à ce que signifie l’irruption du numérique dans l’enseignement/apprentissage. Avec une mise en garde : cette réflexion n’a rien à voir avec l’avis sur le numérique que peut avoir chacun. Peu importe qu’on aime ou pas ! Les questions qui se posent et s’imposent par rapport à la classe, dont celle de langue (en l’occurrence de FLE), sont inévitables. On ne peut l’ignorer. On ne peut faire cours comme si nous ne voulions pas savoir que nos élèves, même les adultes, ont de nouveaux outils d’accès au savoir et d’échanges entre les mains.
Apprendre à les intégrer ne signifie pas non plus plonger dedans les yeux fermés ! C’est pourtant l’impression qu’on a parfois. On se souvient il y a quelques années de l’engouement pour les TNI. Tout le monde en voulait un dans sa classe. Des enveloppes budgétaires ont été mises à la disposition de nombreux établissements dans le monde entier pour se doter de ces (merveilleux?) tableaux interactifs. On avait juste oublié d’accompagner cet achat – qui a rapporté (et très gros) aux fabricants – de la formation adéquate, pas seulement technique, mais SURTOUT pédagogique ! C’est sans doute un des aspects de l’industrialisation ou pire encore de la marchandisation de l’éducation que pointe du doigt Pierre Moeglin dans un excellent article où il dénonce que « plan après plan, le numérique à l’école commet les mêmes erreurs. Malgré tous les avertissements. En toile de fond, une tentative d’OPA de l’approche productiviste en éducation aux dépens de l’approche culturelle. Derrière la difficile quête d’un successeur au bon vieux manuel scolaire, ce sont bien les fondamentaux de l’école qui sont en jeu. » même si je nuancerais l’accusation qu’il lance contre les éditeurs, du moins dans le secteur du FLE tout en étant bien d’accord que nous ne pouvons pas nous contenter des modèles numérisés actuels et devons nous interroger sur ces plateformes et autres modèles d’e-éducation dont il parle dans un encadré (lecture indispensable) du même article.

Mais revenons à nos moutons… Oui, comme l’écrit Marcel Lebrun, c’est bien « le facteur humain qui a été négligé, plus que la formation technique des étudiants et des enseignants : l’apprentissage à l’ère numérique n’est pas seulement une affaire d’infrastructures, d’outils et de ressources, de méthodes et d’usages, c’est surtout une affaire de mentalité, d’état d’esprit et de culture. » Si nous ne le comprenons pas, la nouvelle génération de jeunes adultes, cette Génération Z, nous le fera comprendre peut-être malgré nous : elle a déjà – nous ne parlons plus au futur – de nouvelles habitudes d’apprentissage qui vont obliger ceux qui sont encore dans une dynamique de classe magistrale à en changer. Pour cette génération, une grande partie de l’apprentissage se produit en dehors de la salle de classe comme le fait remarquer Anne Boysen sur le blog d’After The Millennials : « Cette génération utilise Youtube de façon périodique pour faire ses devoirs, ce qui indique qu’elle veut un plus grand degré de personnalisation dans l’éducation. Si l’approche du professeur ne lui plait pas ou elle ne la comprend pas, elle cherchera quelqu’un en ligne qui le lui expliquera mieux« .
C’est ce qui doit nous inciter à déplacer le curseur de l’éducation de l’enseignement vers l’apprentissage et à nous intéresser de plus près à son fonctionnement. Une évidence peut-être mais qui ne va pas de soi. On sait qu’un fossé existe entre les ressources didactiques à disposition des professionnels et celles qui fournissent des stratégies de classe pour améliorer l’apprentissage et surtout l’adapter au monde d’aujourd’hui.

Motivation, créativité, dynamique de classe… Bref, repensons la classe !

C’est s’intéresser à la motivation ; c’est favoriser la créativité ou encore développer la pédagogie différenciée pour ne citer que quelques exemples. Et c’est aussi changer la dynamique de la classe, la repenser et c’est ce que nous trouvons dans l’idée de « pédagogie inversée », une démarche qui n’est pas nouvelle en soi mais qui prend encore plus de sens à l’ère numérique dans laquelle nous nous trouvons. Pour être encore plus pratique, j’y ajouterais cette petite vidéo de Nasrdine Khaddouri et Damien Frelat qui propose une synthèse plutôt de la pédagogie inversée.
Ce n’est pas simplement changer le lieu de la réalisation de certaines activités, c’est aussi et surtout changer la perspective d’enseignement et d’apprentissage. Il s’agit de ne plus travailler dans une perspective de transmission de savoir mais d’assurer que nos élèves sauront mobiliser leurs compétences dans un objectif défini. Bref, il faut s’assurer que les élèves soient vraiment compétents dans la matière enseignée. Objectif logique de tout enseignement, non ? Nous savons tous pourtant que trop souvent, ce qu’on attend vraiment de l’apprenant, c’est d’être capable de montrer qu’il sait redire ce que l’enseignant a dit, qu’il soit un bon perroquet. Certes c’est plus facile à vérifier ou évaluer que de lui demander de faire quelque chose qui, pour fonctionner, demandera de mobiliser des compétences acquises grâce à un travail de construction de l’apprentissage. Et si possible, pas seulement mais en mobilisant des compétences de savoir-être car nous devons collaborer avec l’autre pour obtenir un résultat. Mais finalement, n’est-ce pas tout simplement le reflet de notre monde en réseau que nous construisons/tissons nous-mêmes ?

Vous avez dit changement ?

Facile à dire mais pas si simple à mettre en place. C’est vrai. Je me souviens d’une blague qui circulait sur les réseaux il y a quelques mois : un homme demandait au public présent s’il était pour le changement et tout le monde levait la main ; puis il demandait qui était prêt à changer et là, plus personne ne levait le bras. Et s’agissant du FLE pour adultes (sauf certainement cette fameuse Génération Z), il s’agit même souvent d’un défi qui oblige aussi à se poser des questions sur la validité même des changements qu’on veut introduire, voire imposer. Nous voulons changer des habitudes d’apprentissage, je dirais même des croyances sur celui-ci. Les apprenants adultes et qui ne suivent parfois pas d’autres cours que celui de l’Alliance ou de l’Institut, ne comprennent pas toujours. Ils arrivent avec une idée préconçue qu’apprendre le français, c’est surtout faire de la grammaire et faire beaucoup d’exercices grammaticaux. Alors quand ils voient que leur enseignant leur fait faire des activités différentes, mettant en avant un ensemble de compétences où les outils langagiers ne sont plus l’axe autour duquel tourne la classe, que se passe-t-il ? Eh bien, c’est simple : l’apprenant se plaint et ne comprend pas ! Alors il se met à réclamer des listes de verbes, des exercices, etc. Comme si leur motivation passait non pas par tout ce qu’on cherche à favoriser dans le cadre d’un apprentissage d’une langue au XXIè siècle mais restait ancrée dans une perception de la classe de langue comme on l’entendait il y a cent ans ! Quelle contradiction ! Et c’est pourtant ce qu’on nous fait souvent ressentir quand nous rencontrons les enseignants de français qui nous décrivent leur bataille au quotidien.ecolexix

Changement… en commençant par la formation des enseignants !

Certes le discours pédagogique de l’institution ne laisse pas la place au moindre doute : on doit faire entrer dans la classe l’innovation technologique mais aussi pédagogique. Et c’est là où la formation manque ! Nous mettons entre les mains des enseignants des outils qui permettent d’accompagner le changement mais (presque) rien n’est fait pour les accompagner, eux, dans la mise en place concrète, pratique, de ce changement. Ils se retrouvent donc souvent démunis face à des apprenants qui ne comprennent pas pourquoi leur professeur leur demande d’élaborer des projets ou des tâches, de co-construire les règles de grammaire, de jouer… Parler de motivation des apprenants, c’est bien mais comment les motiver si les enseignants ne le sont pas car ils sentent bien qu’ils ne sont pas prêts ni préparés à introduire cette révolution dans leur classe ? Changer les habitudes d’apprentissage des élèves n’est pas simple comme on le sait, mais si les enseignants ne reçoivent pas la formation pour faciliter ce changement, la partie est perdue d’avance. C’est l’affaire de tous ! Et dans l’établissement, le changement doit passer par un projet global d’innovation pédagogique. Il ne peut en aucun cas dépendre de la volonté ou de la motivation de quelques enseignants, même si ceux-ci seront certainement d’excellents relais et moins encore d’une imposition venue du haut sans s’en donner véritablement les moyens.
Si ces conditions sont réunies, nous pouvons alors envisager la mise en place d’une pédagogie différente pour un apprentissage en accord avec notre temps. Nous devons vraiment faire que la classe change comme l’ont fait presque tous les autres espaces de notre entourage le plus immédiat. Sans être la seule réponse possible, la pédagogie inversée est certainement l’une des plus intéressantes actuellement car, comme le dit Marcel Lebrun, elle « est au confluent de trois courants : les approches par compétences, les méthodes actives et un usage « à valeur ajoutée » des technologies de l’information et de la communication considérées à la fois comme outils et comme ressources. »

Des changements pour mieux gérer (le temps de) la classe

classescienceConcrètement dans la classe de FLE, cette pédagogie doit nous permettre de laisser plus de temps à faire des choses dans la langue. On entend encore trop souvent qu’il n’y a pas le temps à réaliser les projets ou tâches proposés en fin d’unité de la plupart des manuels de FLE de ces dernières années. Quelle absurdité ! Et quelle incohérence ! Or, si nous arrivons à gérer différemment ce que nous faisons en classe et ce que nous faisons hors-classe, nous trouverons certainement le temps nécessaire pour que ne passe pas à la trappe ce qui est justement l’objectif ou la motivation de tout ce qui aura été demandé aux apprenants en amont. C’est plus de temps pour mettre en place des activités collaboratives. Si nous voulons que la technologie entre en classe, c’est pour favoriser l’apprentissage. Pourquoi expliquer une règle de grammaire en classe par exemple alors qu’on pourrait la mettre en ligne sous forme de capsule grammaticale à visionner en dehors de la classe (les plus jeunes apprenants savent le faire sans problème). Bien évidemment, cela nécessite de mobiliser de nouveaux savoirs-faire de la part des enseignants comme l’édition de capsules vidéos. Fastidieux si on travaille seul mais ne parle-t-on pas de favoriser le travail collaboratif ? Une nécessité pas seulement entre apprenants mais aussi entre enseignants pour construire ces nouveaux outils qui doivent accompagner ces nouveaux paradigmes de l’apprentissage. Et puis, on peut aussi demander aux élèves de créer leurs propres capsules de français à mettre en ligne. Une façon d’être à la fois créatif, de faire de la grammaire ou du lexique par exemple, de produire en français tout en joignant la technologie… N’est-ce pas plus motivant ?

Posted in Actualité du français, FLE et didactique, Techno-pédagogie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Changer nos pratiques d’enseignement car l’apprentissage change

Posted by Philippe Liria sur 29/03/2015

Alors que l’on a l’air de peiner à vraiment mettre en place une pédagogie du projet dans la classe de FLE, les expériences dans le domaine scolaire semblent vouloir donner raison à celles et ceux qui y croient. Je pense à cet article publié dans The Independent sur les réformes de l’école en Finlande ou à cet autre article lu dans El País et qui rapporte l’expérience que mène un collège jésuite en Catalogne.
En Finlande, on parle de reléguer les matières du moins en tant que tel – elles ne disparaissent pas vraiment comme le précise le site finnois Theconversation mais seront intégrées dans des thématiques plus globales. Les matières seront mises au service de projets interdisciplinaires, ce qui permettra ainsi de les contextualiser donc de leur donner plus de sens.
En Catalogne, c’est le collège Claver Raimat (Lleida) qui a lancé l’expérience d’une école différente dont l’apprentissage n’est plus basé sur des matières mais sur la transversalité des connaissances et des savoir-faire. Limitée à certaines classes, l’initiative, fruit d’une réflexion entre experts, enseignants, parents et bien entendu les élèves, devrait s’étendre petit à petit aux autres niveaux. L’école devient un lieu où les élèves ne répondent plus aux questions du professeur qui vérifierait s’ils ont bien appris leur leçon mais au contraire, ils cherchent à répondre à des questions qui n’ont pas encore de réponse ce qui est une véritable motivation à mobiliser ensemble (travail collaboratif) des compétences dans le but de faire car « c’est en faisant qu’on apprend ». L’élève n’est pas simplement un apprenant, il participe activement au processus créatif du projet et donc de ses propres connaissances. Comme on le fait remarquer dans l’article d’El País, il n’est pas anodin de retenir que ce changement de paradigme se produit dans un collège jésuite, l’ordre qui d’une certaine façon imposa le modèle éducatif « traditionnel » et qui pour le moment domine encore le monde éducatif mais dont les jours sont peut-être comptés.
Et c’est dans ce contexte de changement que je reviens à la classe de langue, en particulier celle de français. Voilà plus de 10 ans maintenant que nous parlons d’être plus actif en classe. La perspective actionnelle est dans la bouche de tous les experts et dans les recommandations de toutes les institutions du Réseau. Bref, parler de tâche finale ou de projet, de travail collaboratif… ce n’est absolument pas nouveau. Et pourtant, il suffit de visiter la plupart des établissements dudit Réseau pour constater que la réalité est souvent à des années-lumière des recommandations. Les outils facilitateurs ont certes fait leur entrée dans la classe depuis le manuel « actionnel » (tous les sont plus ou moins depuis 2004) jusqu’au numérique (du simple vidéoprojecteur aux tablettes et à l’accès à Internet) ; les coordinateurs ont aussi remanié les programmes et les progressions car il faut que les niveaux du CECRL soient visibles – en oubliant peut-être qu’il ne suffit pas d’indiquer ces niveaux pour que les contenus soient reflétés dans la classe ; les professeurs sont sensibilisés à la question, moins les élèves… C’est d’ailleurs un des points qu’il faudrait peut-être revoir : on ne peut prétendre changer la façon d’enseigner sans impliquer directement l’ensemble des acteurs ; or, les élèves qui proviennent souvent d’autres habitudes d’apprentissage se retrouvent tout à coup plongés dans une classe de français qui ne répond pas à l’idée qu’ils se font de la classe. Si ce changement n’est pas accompagné, il risque de provoquer le rejet avec pour conséquence une chute des effectifs que la direction de l’établissement va vouloir freiner en… revenant à de vieilles pratiques parce que « c’est ce qu’attendent nos élèves« . Curieuse façon de trouver des solutions au problème posé. Et puis, changer nos pratiques de classe, cela demande du temps, de l’implication. Difficilement compatible avec des emplois du temps qui ne prennent pas en compte la réalité de la classe : on ne peut prétendre à un enseignement de qualité, basé sur des paramètres modernes et novateurs si les enseignants doivent courir entre trois et quatre établissements, travailler avec trois ou quatre manuels différents sur trois ou quatre niveaux différents avec un total d’heures d’enseignement plus près des 40 heures que des 20 heures (celles-ci sont pour les très priviligiés, mais il n’y en a pas beaucoup dans la profession !). Alors la pédagogie du projet, si belle sur le papier, si bien mise en avant dans les manuels ces dernières années, eh bien cette pédagogie, elle passe à la trappe ! Tant pis pour le projet, on le fera… peut-être, si on a le temps. Et on revient à des outils de travail qui vont nous simplifier la vie, le manuel qu’on n’aura qu’à suivre sans se poser de question et la bonne vieille leçon de grammaire accompagnée de ses bons vieux exercices qui nous font croire que les élèves seront compétents parce qu’ils ont compris et qui font croire aux élèves qu’ils le seront parce qu’ils ont bien fait les exercices. Quel leurre !
Pouvons-nous continuer à vivre dans cette contradiction ? La classe de français, et a fortiori celle qu’on propose dans les établissements du Réseau ne peut ignorer que nous sommes au XXIè siècle et que la pédagogie à mettre en place doit être en phase avec les besoins de la société d’aujourd’hui. Pour y arriver, il faut s’en donner les moyens. Il ne faut pas renoncer aux budgets de formation. C’est bien d’avoir donné des enveloppes pour acheter des dizaines et des dizaines de TNI (qui après avoir passé un temps dans des cartons car personne n’avait pensé qu’il fallait les installer) mais il fallait aussi accompagner cette initiative fort louable d’un plan de formation pédagogique (peu en ont vraiment bénéficié) pour ne pas être utilisés comme de vulgaires tableaux blancs voire noirs). Et maintenant, c’est au tour des tablettes mais ne commettons pas les mêmes erreurs : formons les profs à une utilisation pédagogique en classe ! Il faut trouver aussi une solution pour que les enseignants de ce Réseau puissent vraiment préparer des cours « actionnels » (donc avoir du temps pour mettre en pratique ce qu’on leur explique dans les stages ou les mastères FLE). C’est aussi ce qui fait la qualité et le prestige de ces établissements, y renoncer revient à remettre en cause la raison d’être de ce Réseau. Ce serait bien dommage et je n’ose imaginer que ce serait la secrète idée qui courrait du côté de certains ministères. Alors, pour y arriver, il ne faut pas que ces changements de paradigme d’enseignement soit perçus comme une imposition venue de l’extérieur mais comme une réflexion à mener dans chaque établissement sur la façon de les introduire. Tous doivent y être impliqués, y compris les élèves. Pure utopie ? Non, condition sine qua non pour qu’on puisse véritablement changer la classe en adaptant les recommandations générales à la réalité locale, mais sans y renoncer. Cette adaptation, c’est aussi la clé du succès de l’enseignement en Finlande ou de ce collège de Lleida.

Posted in Actualité du français, FLE et didactique, Le monde des langues | Tagué: , , , , , , , | Leave a Comment »

Gérer l’interaction en classe de langue

Posted by Philippe Liria sur 21/03/2015

Ce matin, je suis tombé sur ce diaporama en ouvrant l’i-Pad et j’avais envie de le partager car je l’ai trouvé particulièrement intéressant pour nous faire à réfléchir à la gestion de la classe dont on parle tant. Désolé pour mes lecteurs habituels mais pour une fois, le document n’est pas en français. Cependant, tenant de l’intercompréhension entre langues romanes, je suis sûr que ces diapositives essentiellement en espagnol (et un peu en anglais) n’empêcheront pas la réflexion sur cette question qui est au centre des apprentissages : comment gérer l’interaction en classe ? C’est bien de vouloir les faire parler mais pourquoi en auraient-ils envie si la motivation n’est pas au rendez-vous ? Quelles stratégies mettre en place pour que cette somme d’individus veuille interagir au sein du groupe ? Bref, comment rendre possible ce qui paraît souvent relever de l’impossible ?
Il s’agit donc du diaporama qui accompagnait la conférence de Fernando Trujillo (Faculté d’Education, d’Economie et de Technologie de Ceuta, Université de Grenade, Espagne) dans le cadre de la V Jornada de Didáctica del Español como Lengua Extranjera, organisé par l’Institut Cervantès à Hambourg et la Consejería de Educación espagnole en Allemagne le 21 mars 2015.

Et si vous avez le temps, allez faire un détour par le blog de Fernando Trujillo, le détour en vaut la peine et il est bon, je dirais même sain pour l’esprit d’aller voir ce qui se fait ailleurs en didactique des langues (ELT, ELE…). Vous y trouverez des articles très intéressants sur l’enseignement/apprentissage des langues mais aussi l’interculturalité (à lire / écouter : Cultura en el aula de idiomas), les TICE, l’intégration de projets dans l’apprentissage…

Posted in Le monde des langues | Tagué: , , , | Leave a Comment »

Stage de rentrée des professeurs de FLE du Chili

Posted by Philippe Liria sur 17/03/2015

Posted in Actualité du français, Ateliers et formations, FLE et didactique | Tagué: , , , , | Leave a Comment »

Classe inversée : un mur de capsules lancé par Marie Soulié. Participez !

Posted by Philippe Liria sur 15/03/2015

Français et numérique

Voici le lien vers le Padlet lancé par Marie Soulié, professeur de français au collège d’Orthez, qui invite les professeurs de français (FLE compris…) à coller leurs capsules pour les partager et les proposer aux enseignants qui utilisent la classe inversée en cours. C’est aussi l’occasion de voir d’autres manières de faire des capsules, de partir à la pêche aux nouvelles idées. Merci Marie pour cette formidable initiative !

Padlet lancé par Marie Soulié Padlet lancé par Marie Soulié

View original post

Posted in FLE et didactique | Tagué: , , , | Leave a Comment »

Classe inversée, capsule et étymologies grecques et latines

Posted by Philippe Liria sur 15/03/2015

Français et numérique

Dans le cadre de la semaine de la Francophonie, la langue française est à l’honneur et c’est l’occasion pour nos 9emes de découvrir quelques étymologies utiles. Nous allons tester la classe inversée dans le cadre du cours de langue en revisitant le support pédagogique donné l’année dernière

– pour créer un horizon d’attente chez les élèves qui devraient arriver en sachant de quoi il va être question

– et pour pouvoir passer à l’action dès l’entrée en classe afin de supprimer le cours magistral que je faisais habituellement : on transfère en amont le concept d’étymologies et on garde le plaisir de la découverte et des hypothèses pour le présentiel.

On teste !

View original post

Posted in FLE et didactique | Tagué: , , , | Leave a Comment »

Papier vs Tablettes, un faux combat

Posted by Philippe Liria sur 22/02/2015

casatiLe samedi matin, j’adore mettre de côté tablette et smartphone pour m’installer à la terrasse d’un café pour profiter d’un bon petit déjeuner et d’un journal, un « vrai », en papier… Un journal qui se froisse quand on en tourne les pages et qui vous laisse des marques d’encre noire sur le bout des doigts. Et c’est justement en lisant La Vanguardia de ce samedi 21 février que je suis tombé sur l’édito de Màrius Carol au sujet de la sortie en espagnol de Contre le colonialisme numérique (manifeste pour continuer à lire), un ouvrage du philosophe et penseur italien, Roberto Casati, publié en français chez Albin Michel il y a déjà deux ans (deux ans plus tard pour le lire en espagnol, ça fait quand même beaucoup !!!).
Non, je n’ai pas soudainement changé d’avis sur le numérique. Aucunement l’intention de me désintoxiquer, je ne compte pas me passer de ma tablette. Pourtant, je crois qu’il n’est pas inutile de savoir faire une pause et réfléchir sur les usages que nous faisons de cette technologie que nous donne accès au monde du bout des doigts… à condition d’être « compétent numérique ». Poser un regard critique sur la numérisation de notre société, et plus encore dans le monde éducatif est primordial pour que l’innovation technologique ne soit pas subie par les citoyens d’aujourd’hui et surtout de demain. C’est bien à l’école de jouer un rôle pour que la technologie ne prenne pas le pas sur la pédagogie. Mais une fois ce regard critique posé, je crois que nous ne devons pas non plus passer notre temps à passer en revue les avantages du papier sur le numérique comme semblerait le faire Casati en définissant « le livre papier comme le format cognitif parfait » alors que le numérique favoriserait le survol, le zapping comme si le numérique devait être synonyme de superficiel.
Certes, le papier a contribué depuis ces cinq derniers siècles à la diffusion des savoirs et des idées et donc de la démocratie mais si nous disposons aujourd’hui d’un meilleur support pour en permettre une plus grande diffusion encore, nous ne devons pas le freiner. Ce n’est pas demain la veille que nous verrons mourir le support papier mais ce n’est pas non plus en se lamentant face à cette « invasion » numérique que nous contribuerons à en faire un meilleur usage ou rendre nos élèves plus compétents. Nous pouvons regretter qu’ils préfèrent chercher les mots sur leur smartphone plutôt que dans un dictionnaire papier mais ce qui est réellement important, c’est qu’ils sachent chercher les mots et trouver réponse à leurs questions. A nous de les aider à bien choisir parmi les dictionnaires en ligne celui qui convient le mieux à leurs besoins. Pour cela, il faut développer une capacité critique pour évaluer les sites ou les applications. Et c’est le rôle de l’enseignant que guider l’apprenant dans ce qui pourrait ressembler à une jungle numérique.
Opposer le papier au numérique est donc un faux combat. Personne n’a besoin de dire aux tenants du numériques que leur tablette peut se décharger. Ils le savent. La quid de la question repose plutôt sur l’accès à la technologie (il faut éviter la fracture socio-technologique) et son usage (il faut former enseignants et apprenants). Pour l’instant, et en attendant que tout le monde dispose facilement d’un accès à l’outil numérique et de la formation adéquate pour être compétent dans son maniement, nous devons plutôt privilégier une pratique hybride où papier et numérique sont complémentaires.
Casati est particulièrement critique vis à vis des tablettes. Fin 2013, j’avais déjà évoqué le rapport de Thierry Karsenty sur les risques d’un mauvais usage de celles-ci en classe si l’on ne formait pas les enseignants et les élèves à ces nouveaux outils de façon à ce que la technologie ne prenne pas le dessus sur la pédagogie (à lire : Lecture d’été : (mieux) intégrer les technologies en classe de FLE… Quelques pistes pour enseignants et apprenants ). Je crois que les exemples ne manquent pas depuis pour justement intégrer intelligemment l’innovation technologique en classe comme nous l’avons vu récemment grâce à des initiatives comme celle du Printemps numérique qui s’est tenu à Istanbul les 13 et 14 février à l’initiative de Marc Oddou.
Casati n’est peut-être pas un technophobe mais prétend plutôt tirer la sonnette d’alarme : nous nous laisserions envahir par le numérique sans même nous poser de questions sur ce qu’il nous apporte. Pour lui, le tout-numérique met en danger notre capacité à savoir lire et donc apprendre. Pourtant ne nous trompons pas de combat, or nous le ferions en voulant opposer la « vraie lecture » que serait celle que l’on fait sur le papier d’une « lecture superficielle » qui serait celle qu’on fait sur un écran. Pour Casati, le livre continue à être le support privilégié des apprentissages car il permettrait, grâce à son design, une véritable « lecture approfondie ». L’absence d’études sur le long terme ne nous permet pas vraiment de savoir si cette perception du numérique selon Casati s’avère exacte. Mais que faire ? Ignorer l’innovation technologique dans son usage éducatif ? Je ne crois pas. Nous devons en revanche ne pas nier qu’il n’y a pas que des avantages et ne surtout pas perdre de vue que la vraie question est celle de l’apprentissage et là, je rejoins Casati quand il écrit qu' »accéder à l’information, n’est pas encore lire, lire n’est pas encore comprendre et comprendre n’est pas encore apprendre » mais si cet apprentissage peut être plus accessible du bout du pouce comme dans le conte de Michel Serre, eh bien pourquoi pas ? Après tout, n’est-ce pas ce que nous cherchions : dépasser le stade de l’élève passif pour le rendre véritablement actif ? La technologie nous permet d’avoir des élèves acteurs de leur propre apprentissage. C’est un atout dont il faut profiter. petite-poucette

Pour en savoir plus…

Roberto CASATI, Contre le colonialisme numérique (manifeste pour continuer à lire), Paris, Albin Michel, 2013, 200p.

Une partie des références à l’ouvrage de Roberto Casati sont tirées du compte rendu en ligne publié par P. Mériaux

Michel SERRE, Petite Poucette, Editions Le Pommier

Présentation vidéo de la Petite Poucette

Posted in Techno-pédagogie | Tagué: , , , , , , , | Leave a Comment »

Deux magazines pour la classe de FLE

Posted by Philippe Liria sur 12/02/2015

description6Quand on est professeur de français, quel que soit le pays où l’on enseigne, il est important de maintenir le lien avec l’actualité du monde francophone et de la didactique des langues. Ce qui était si difficile il n’y a pas encore si longtemps est devenu si simple aujourd’hui grâce à l’internet. L’autre jour, j’évoquais avec un ami le temps, pas si lointain pourtant, où, enseignant à l’Alliance française, j’attendais avec impatience les cassettes et coupures de journaux qu’on m’envoyait de France. Eh oui, des cassettes sur lesquelles étaient enregistrées les dernières chansons à la mode et les infos de France Inter ! A l’heure d’internet et du numérique, ni le professeur de FLE ni sa classe ne peuvent rester déconnectés du monde en français et francophones, que ce soit pour notre formation didactique ou celle en langue de nos apprenants. Bien sûr, nous recevions déjà le Français dans le monde (FDLM), alors dans son petit format carré. Aujourd’hui, le FDLM continue à être une référence que les professeurs de FLE attendent tous les deux mois et plus seulement dans sa version papier mais aussi sur internet ou sur leur tablette. Un véritable outil pour se maintenir au fait de l’actualité du FLE et qu’on devrait voir un petit peu plus souvent dans les médiathèques et salles de profs !
Plus récemment, c’est un nouveau compagnon de route qui s’est joint aux professeurs de FLE. Je fais référence au magazine LCFF. Vous ne connaissez pas encore !? En février, LCFF en est à son 26è numéro et c’est un petit régal qui nous invite à découvrir Bruxelles à travers différents articles souvent accompagnés d’un audio voire de vidéos grâce à un partenariat avec TV5Monde.
L’objectif de LCFF est de proposer des articles directement exploitables en classe à partir d’un niveau B1 du CECRL. Un encadré complète l’information avec une liste des mots ou expressions un peu plus difficiles. Toutes les explications sont en français. Les articles sont spécialement écrits pour le magazine par une équipe de chroniqueurs particulièrement enthousiastes, j’en témoigne, pour être ensuite adaptés par les spécialistes FLE de la rédaction de façon à ce qu’ils correspondent aux niveaux auxquels s’adresse LCFF. equipe-lcf2_jpg_640x860_q851
Depuis leur site, vous pouvez aussi retrouver l’ensemble des articles publiés (gratuits pour les abonnés) à partir d’entrées thématiques (Culture, mode, livres, société,etc.) ou selon le niveau du CECRL qui vous intéresse (B1, B2 ou C1). Autre rubrique sympa qui arrive directement dans votre boite-emails, c’est La litote qui propose, comme le décrit le site, un résumé « de l’actualité francophone de la semaine, un article complet sur un sujet d’actualité ou un phénomène culturel, un peu de vocabulaire, un point sur une règle d’orthographe, de grammaire ou de conjugaison et un jeu, une blague ou une phrase amusante« . LCFF Magazine est donc un outil auquel les apprenants peuvent avoir directement accès, en autonomie ou comme prolongement de la classe de français, en support numérique ou, pourquoi pas, dans sa version papier dans la médiathèque de l’établissement.

Pour en savoir plus :
Le français dans le monde
LCFF

Posted in Actualité du français | Tagué: , , , , | Leave a Comment »

Pédagogie inversée : une carte mentale pour bien procéder

Posted by Philippe Liria sur 12/01/2015

cartementale.jpgPetit à petit, la pédagogie inversée est en train de gagner sa place au soleil. Les formations et les sites FLE s’en font de plus en plus l’écho, même si sa mise en place dans la classe de langue semble encore très discrète. Question de temps… Il y a à peine un peu plus de deux ans, c’était les yeux écarquillés que l’on écoutait untel parler d’inverser la classe (à commencer par les miens – à lire). Aujourd’hui, cette pédagogie fait son bonhomme de chemin car elle contribue à merveille à renforcer les tendances actuelles en enseignement/apprentissage des langues : autonomie, implication, responsabilité… On pourrait dire que, même si elle n’est pas nouvelle en soi (je vous renvoie au témoignage de Marcel Lebrun qui expliquait comment il inversait déjà ses cours dans les années 70), plusieurs éléments en favorisent la mise en place. A ce sujet, je vous recommande la lecture d’un article de Sophie Blitman en décembre dernier dans Educprosf.fr (La classe inversée, un véritable bouleversement pédagogique ?). Les cours hybrides qu’on trouve dans plusieurs établissements du réseau AF / IF sont la preuve qu’il faut absolument réfléchir à innover pédagogiquement. Pas question de supprimer la classe, qui doit, à mon avis, rester un lieu privilégié de rencontre mais il faut qu’elle évolue. Nous ne pouvons continuer à concevoir l’enseignement/apprentissage comme il y a 100 ans – et pourtant ! – et la conséquence d’un tel constat entraîne des changements à tous les niveaux (Certains parlent de tsunami numérique pour reprendre le terme d’Emmanuel Davidenkoff). Les institutions doivent réfléchir à de nouvelles façons de faire circuler les savoirs ; les acteurs de la classe – profs et élèves – doivent s’impliquer différemment ; les supports ne peuvent plus être ceux d’hier (en tout cas pas seulement) et nous devons absolument nous interroger sur les nouveaux outils de la classe, notamment sur l’avenir des manuels (sommes-nous en train de refermer la « parenthèse Gutenberg » ? comme l’a déjà suggéré Sauerberg dans ce monde de transition vers le numérique) ; les espaces aussi doivent être revus, qu’ils soient réels ou virtuels et bien entendu les techniques de classe doivent être revisitées (comme ses espaces d’ailleurs) à la lumière de tout ce qui est à la portée des enseignants et des apprenants. Dans ce contexte, sans parler pour autant de formule « miracle » (celle-ci n’existe pas), la pédagogie inversée peut apparaître comme une réponse à une partie de ces questions que nous nous posons face à ces défis de la classe non plus de demain, mais bien d’aujourd’hui, même si l’odeur et la poussière de la craie et la présence de vieux pupitres aux côtés d’un vieux tableau noir à moitié cassé nous rappellent encore trop souvent le XIXè que ce XXIè siècle dans lequel nous nous trouvons pourtant bien.
Mais comment la mettre en place ? Comment procéder pour que cette inversion de la classe prenne ? Quelles sont ses implications ? Quels sont les outils à prendre en compte ? Quel rôle pour chacun ? Elèves et professeurs, bien sûr mais aussi l’administration de l’établissement que ce soit sur les aspects plus techniques et technologiques (place du smartphone dans la classe/école, accès à Internet…) que sur la question pédagogique (l’enseignant doit se sentir soutenu dans sa démarche). Combien d’expériences novatrices sont frustrées par des administrations trop frileuses, craignant de perdre des élèves car le projet pédagogique n’est pas bien expliqué aux parents ou directement aux élèves dans le cas des apprenants adultes ?
C’est à ces questions et bien d’autres encore au sujet de la pédagogie inversée qu’essaie de répondre efficacement Sophie Guichard à travers une carte mentale que vous pouvez retrouver sur Youtube. Ses explications sont claires, accompagnés d’exemples précis qui vont certainement contribuer à diffuser un peu plus ce nouveau « champ de pensée (…) au niveau de la pédagogie » comme elle le dit elle-même. Encore une fois, cet exemple n’appartient pas au domaine de l’enseignement des langues mais à celui des mathématiques. Mais pourquoi les sciences s’y prêteraient-elles plus que les langues ? Ne cherchons-nous pas dans nos classes à favoriser la pratique de la langue ? Pourquoi l’explication de la théorie de Pythagore ou des logarithmes seraient-elles plus passionnante dans une capsule vidéo que celle de la différence entre imparfait et passé composé ? J’espère en tout cas que cette vidéo que j’ai découverte grâce aux excellents liens que propose le Facebook Journées FLE 2014 Institut français d’Espagne (merci Valérie) vous donnera des pistes de travail pour la classe.

Posted in Actualité du français, FLE et didactique | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Mustapha Ourrad, l’adieu à un correcteur

Posted by Philippe Liria sur 12/01/2015

mustapha_ourradParmi les victimes tombées « sur le champ d’honneur » de la liberté d’expression, il y avait Mustapha Ourrad. Je ne le connaissais pas. Qui, malheureusement, connaît les correcteurs ? Trop souvent oubliés, nous savons pourtant dans les rédactions, qu’il s’agisse de la presse ou de l’édition, combien ces professionnels de la langue, dont la présence est si discrète, nous sont d’une aide indispensable. Sans eux, nos lecteurs auraient souvent bien du mal à nous comprendre. Parce que le correcteur ne va pas seulement à la chasse aux fautes d’orthographe et à la mauvaise ponctuation, il nous aide à mieux formuler nos idées. Il interroge nos textes et souvent met le doigt sur des expressions maladroites, des concepts mal expliqués, des contre-sens, etc. J’imagine que ce ne devait pas être tous les jours facile à la rédaction de Charlie Hebdo. Corriger la langue sans pour autant en trahir le message qu’elle transmet est une rude de tâche. C’était celle de Mustapha, sauvagement assassiné ce 7 janvier aux côtés de Cabu, Wolinski et tant d’autres dont le seul crime était de vouloir nous faire réfléchir à l’absurdité de ce monde à travers la satire de leurs dessins ou de leurs articles. Je suis sûr que Mustapha aura rejoint les cimes des belles montagnes de la Kabylie. Et j’espère que de là où il est, il pardonnera les maladresses de ce texte, les coquilles qu’il contient certainement… mais c’est ce qui arrive quand le correcteur n’est plus là.
Pour en savoir plus sur Mustapha Ourrad, lisez cet article dans Langue sauce piquante du 9 janvier dernier.

Posted in Actualité du français | Tagué: , , , | Leave a Comment »

A lire : le compte rendu du séminaire sur l’avenir du métier de professeur de français

Posted by Philippe Liria sur 17/12/2014

metierOn le sait, le professeur de français (FLM, FLS, FLE) d’aujourd’hui et encore plus celui de demain sera confronté à de nouveaux défis qui nous montrent combien le métier est en pleine évolution et qu’il est fondamental que les différents organismes, publics, privés, associatifs, en France ou ailleurs se penchent sur la question et envisagent cet avenir. C’est dans ce cadre que s’est tenu tout début décembre un séminaire organisé par le CIEP et la FIPF pour chercher à « comprendre les évolutions du métier de professeurs de français et les accompagner ». Un article de Jean-Michel Le Baut propose un compte rendu de ces deux jours de réflexions et d’échanges. Il vient d’être publié sur le site du Café pédagogique. Lisez-le, il résume très bien ce que signifie cette évolution, je dirais ce bouleversement car comme le signale Raymond Gevaert, vice-président de la FIPF, toutes ces transformations en cours font que le chantier à mettre en oeuvre « bouscule les habitudes, (…) risque de déstabiliser, voire de fragiliser des enseignants qui ne seraient pas accompagnés dans cette remise en question et formés à s’emparer de tous les défis« . Des défis qu’il faut bien sûr prendre comme « un atout pédagogique » qu’il s’agisse du numérique, du plurilinguisme, de l’interculturel (si nécessaire et pourtant absent des programmes de l’école comme le fait remarquer Manuela Ferreira Pinto), des modes d’apprentissage, etc.
Ce serait une bonne idée, mais elle est peut-être déjà en cours, de pouvoir accéder très bientôt à un dossier complet reprenant les interventions et la table ronde et à diffuser largement dans les différentes structures concernées.

A la fin de l’article, des liens vous renvoient vers les différentes présentations des intervenants.

Posted in Actualité du français, FLE et didactique | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Vous avez dit « carte heuristique » ?

Posted by Philippe Liria sur 17/12/2014

Découverte du maté (source : Territoire des Langues)

Découverte du maté (source : Territoire des Langues)

« Nos élèves ne savent pas apprendre en autonomie ! » Nous devons donc leur apprendre à apprendre. Oui, mais avec quels outils ? Pas question maintenant de les passer en revue. Par contre je voudrais me centrer sur l’un d’eux : la carte heuristique (j’en avais parlé en mai mais petite piqûre de rappel…). Je n’en suis pas un expert mais je veux relayer dans cet article quelques idées et surtout vous renvoyer ensuite sur des sites qui parlent bien mieux que moi de ce sujet. Et si je l’aborde, c’est parce qu’il reste encore assez méconnu de nombreux enseignants que je rencontre dans les ateliers alors que je suis convaincu qu’il s’agit d’un outil efficace pour aider nos apprenants à mieux apprendre.

Ces cartes heuristiques n’ont rien de nouveau. Elles apparaissent dans les années 70 et remontent encore plus loin dans le temps comme nous le rappelle Anouchka de Oliveira sur son site partiellement consacré au sujet. Mais la neuroscience dont on parle tant actuellement et qui met en avant des aspects comme la pensée logique et la créativité (voir L’élément) les place aujourd’hui sous le feu des projecteurs dans les réflexions sur l’apprentissage. Dont celui des langues bien entendu.

En effet, ces cartes heuristiques peuvent contribuer à représenter, sous forme d’un schéma qui peut évoluer vers des illustrations qui sont de véritables petits chefs-d’œuvre, les connexions entre différentes idées et la hiérarchie qui s’établie entre elles. Elles permettent d’un simple coup d’œil de visualiser un concept, une règle de grammaire, du vocabulaire et donc de mieux retenir des informations. C’est un excellent outil pour la prise de notes par exemple et l’organisation des idées. Pratique pour une compréhension de l’oral ou pour noter (puis restituer) les principales idées d’un article ou d’un livre.

Comme tous les outils qui doivent faciliter l’apprentissage, il ne faut pas l’imposer aux apprenants car ce n’est peut-être pas leur façon de mieux apprendre. Par contre, nous pouvons organiser des activités de classe dans lesquelles nous pouvons suggérer aux apprenants d’y avoir recours. Il faudra au préalable les sensibiliser à ces cartes qu’ils ne connaissent peut-être pas.

Des formations sont proposées comme celles de Marion Charreau ou d’Anouchka De Oliveira pour vous aider à travailler avec les cartes heuristiques dans votre classe de FLE. Des sites sont consacrés à ces cartes : visitez-les pour visualiser de nombreux exemples appliqués au cours FLE. verbes

Il existe aussi des logiciels en ligne (cf. infra) qui permettent de faire mais aussi de défaire ou modifier rapidement et plus facilement ces cartes. Certains diront qu’elles sont aussi plus lisibles même si je trouve qu’on perd en « créativité ».

Juste un mot sur ce nom « carte heuristique »… Personnellement, je ne crois pas que ce soit la meilleure façon de rapprocher cet outil des enseignants et des apprenants. Mind map est certainement plus parlant mais j’entends déjà des cris pour haro sur cet anglicisme ! J’aime bien les cartes mentales ou même l’arbre à idée, quoique… Car les cartes grammaticales que vous trouverez sur Territoires des Langues par exemple n’ont rien d’un arbre mais reprennent merveilleusement bien ce qui peut parfois être indigeste sous forme de longues explications.

Pour en savoir plus :
Fleristice, le blog d’Anouchka De Oliveira
Territoire des Langues, le blog de Marion Charreau
Leurs deux auteures proposent aussi des formations pour la classe.
Article sur les cartes heuristiques sur le site du Canopé académie de Besançon. Il fournit notamment des liens vers des logiciels pour construire des cartes mentales.
Le webpédagogique avait consacré en 2013 toute une rubrique aux cartes mentales et proposait une petite bibliographie sur le sujet.

(N’hésitez pas à me faire parvenir d’autres blogs sur ces cartes mentales pour élargir cette sitographie)

Posted in FLE et didactique, Proposition pédagogique | Tagué: , , , , , , , , , , , | 4 Comments »

20 ans de loi Toubon… Pour quoi faire ?

Posted by Philippe Liria sur 02/11/2014

france_5Si vous avez moins de 20 ans d’enseignement du FLE, vous n’avez pas vécu le débat autour ce qui allait devenir la loi Toubon. Rassurez-vous, vous n’avez certainement pas raté un grand moment de l’Histoire mais comme on en a beaucoup parlé en octobre, regardez un peu ce qu’on en disait en 1994 sur le JT de 20 heures de Paul Amar. Le débat était vif à l’époque.
Pour celles et ceux qui étaient déjà en train de se battre dans leur salle de classe, non pas pour un TNI ou un accès Internet, mais pour remplacer les vieux lecteurs de cassettes par des lecteurs de CD, vous conviendrez que cette loi n’a pas vraiment eu d’effets sur votre combat pour améliorer vos conditions d’enseignement et vous avez certainement du mal à trouver dans votre mémoire en quoi cette loi a servi le combat pour la présence de notre langue à l’étranger. Des moyens pourtant, il y en a eu et il y en a mais pas pour vous. Ces moyens servent surtout à mettre des astérisques aux publicités de France. C’est ce qu’on appelle de la résistance !
Enfin bref… on a donc fêté les 20 ans de cette loi que TV5 Monde n’a pas hésité à associer à l’arme de la Résistance contre… Contre qui d’ailleurs ? Il parait que contre personne et surtout pas pour « bouter » une quiconque autre langue (Albion peut continuer à dormir sur ses deux oreilles). D’ailleurs, si cela avait marché, ça se saurait ! Apparemment, la loi n’a pas freiné l’entrée en masse des anglicismes. Donc, comme le fait remarquer le sociologue Vincent Dubois, les effets, à ce stade, ont été plus que limités. Mais avant de continuer, écoutez la présentation de la loi qu’en fait notre cher professeur Cerquiglini, interviewé par Yvan Amar dans La danse des mots et consultez l’infographie (téléchargeable : 20141006_Infographie-20ans-loi-langue-francaise) qui rappelle les grandes lignes de la loi. infographie_20_ans
Et je dois vous avouer que cette lutte contre les anglicismes, cette chasse au texte en anglais ou dans une autre langue et placer un astérisque pour indiquer que tout est traduit en bas de page, en tout tout petit, eh bien elle fatigue. Quel gaspillage d’énergie et surtout d’argent alors que, dans le même temps, on n’en a pas dans les ministères pour se mettre à la hauteur des Instituts Goethe ou Confucius pour mener des politiques efficaces de diffusion, de promotion et d’enseignement de la langue française. Crédits et subventions sont donnés au compte-gouttes.
Certes, je suis ravi d’entendre la ministre de la Culture et de la Communication (à l’époque de Toubon, on parlait de Francophonie), Mme Fleur Pellerin, parler du réseau des Alliances françaises (elle a oublié les Instituts français mais ce n’est qu’un détail) à cette occasion. Je ne sais pas si c’est parce qu’elle le connait vraiment ou si quelqu’un le lui a soufflé – à moins qu’elle l’ait lu quelque part, pas dans un livre bien sûr, ailleurs. Qui sait peut-être une pub de l’AFPFIF dans le métro…- Mais j’y mets un bémol : certes elle a bien dit que ce réseau fait partie des « formidables instruments de rayonnement » mais seulement « culturel ». Et je ne suis pas d’accord : si nous voulons que le français soit perçu comme une langue utile, si nous voulons que les ministères de l’Education des pays non-francophones révisent leurs décisions sur la place du français dans leur pays, nous devons aller au-delà du discours culturel et montrer que le français peut aussi être une langue pour faire de la recherche, pour faire de l’économie et au plus haut niveau (un prix Nobel mais aussi les théories de Thomas Piketty sont ici pour le rappeler), pour travailler dans l’industrie… Et tout ça, sans remettre en cause la place du culturel qui est bien évidemment un secteur dynamique et donne certainement une plus-value à notre langue. Les initiatives ne manquent pas dans le monde mais il faut bien l’avouer, souvent existe cette impression de lutter contre des moulins à vent. Des propositions concrètes ont d’ailleurs été faites comme celle du député Pouria Amirshahi (dommage qu’elles aient eu moins d’écho que cette commémoration des 20 ans de la loi Toubon) et qui prétendent la création d’un vrai espace francophone, un espace qui se donnerait véritablement les moyens d’exister.

Pouria Amirshahi, député auteur du rapport "Francophones de tous les pays, unissez-vous !"

Pouria Amirshahi, député auteur du rapport « Francophones de tousl les pays, unissez-vous ! »

Un regret : je n’ai rien lu dans sa proposition sur la place de l’enseignement du français et du statut des enseignants FLE mais j’espère qu’il y en aura une aussi. Car n’oublions pas qu’au quotidien, ce sont eux qui portent la Francophonie dans toute sa dimension. Voilà bientôt un an que son rapport a été présenté (janvier 2014) et on ne voit rien venir… Encore un projet mort-né ?
Comment voulez-vous qu’un ministère de l’Education étranger ait envie de remettre le français dans les programmes quand il voit l’attitude frileuse de la France vis-à-vis de sa propre langue ? Pas au Palais du Luxembourg bien sûr mais dans les salles de classe de Santiago, de Naples, de Kuala Lumpur, etc. On va me dire qu’au niveau universitaire, il y a des choses qui sont faites. Je sais mais en ce moment, alors que la France pense que c’est à l’université qu’on mise sur les universitaires d’autres institutions d’Outre-Rhin ou de Chine, par exemple, se chargent d’ouvrir des cours d’allemand ou de chinois dans le secondaire. Heureusement qu’au niveau local, des acteurs se battent mais pas pour résister contre ces initiatives mais contre leur propre ministère français qui ne leur donne pas les moyens d’agir ! Dernièrement, dans certains pays, on a l’impression que les choses bougent dans des niveaux non-universitaires : les DELF Prim et junior (parfois scolaire) ont l’air d’être des facteurs de motivation et peut-être, même modestement, de relance de l’apprentissage du français. C’est bon signe mais cela est encore trop peu.
En fait, une fois de plus, comme je l’ai souvent dénoncé depuis cet espace, un fossé trop grand existe entre, d’un côté, les discours officiels sur ce qui est fait ou devrait être fait pour le français et de l’autre, l’enseignement du français dans sa réalité au quotidien à l’étranger. L’on assiste au désarroi des différents acteurs qui sont sur le terrain, à commencer par les profs de FLE, qui voient leurs moyens réduits au stricte minimum et je ne parle même pas de leurs revenus – une honte ! -. Alors beaucoup se lassent de se battre pour… Pour quoi d’ailleurs ? Alors vous savez, la loi Toubon et ses 20 ans d’astérisques et autre ineptie du genre, on n’en a pas grand-chose à faire !
La langue française existera non pas à travers de pseudo actes de résistance contre la perfide langue d’Albion mais parce que nous saurons lui donner du sens depuis la Francophonie et que nos institutions saurons soutenir celles et ceux qui se battent sur le terrain pour que notre langue soit apprise car perçue comme une langue vivante, d’action ; une langue qui permet de parler des affaires et d’en faire ; une langue pour communiquer, échanger, rire ensemble… et pas simplement une langue de salon… parisien ! Et au passage, si la langue est perçue comme moderne et « vendeuse », les publicitaires seront les premiers à l’utiliser en gros sur leurs affiches et non cachée, en tout petit, derrière un astérisque.

Posted in Actualité du français, Billet d'humeur | Tagué: , , , , , , | Leave a Comment »

La classe inversée à l’honneur dans les Arts du FLE

Posted by Philippe Liria sur 24/10/2014

artworks-000094748495-m2riyt-t200x200Je viens de recevoir les dernières infos des Arts du FLE qu’anime Sébastien Durietz. Dans ce bulletin, avec comme d’habitude l’actualité FLE en ligne passée en revue, une actualité particulièrement riche. img_4178
Et aussi, un sujet qui me tient à coeur, la pédagogie ou classe inversée. Je vous en ai souvent parlé dans ce blog et dans ce numéro des Arts du FLE, une place spéciale est consacrée au sujet dans un dossier proposé par Sophie Lhomme. A écouter (à partir de 20’09 »).

Posted in Actualité du français, FLE et didactique | Tagué: , , , , , , , | Leave a Comment »

La place de la tablette en FLE… Laurent Carlier en parle dans Les Arts du FLE (mise à jour : 15/11/14)

Posted by Philippe Liria sur 05/10/2014

lcarlierLaurent Carlier est certainement l’un des meilleurs experts de l’utilisation de la tablette en classe de FLE. J’avais eu l’occasion de faire référence aux formations qu’il anime dans un article sur la place des tablettes dans la classe d’aujourd’hui, une place croissante et qui donnera sans aucun doute plus de sens à la place du numérique que tous ces TNI qui ont certainement enrichi mais pas la classe ! En ce mois d’octobre, Les arts du FLE, le blog qu’anime Sébastien Durietz, proposent de parler avec Laurent Carlier de l’enseignement en FLE et de la place des tablettes en classe. Ecoutez le podcast.artworks-000092691105-egxmsg-t200x200 Et puis, dans le prolongement de cette interview, vous pouvez trouver sur le site de Franc-parler deux de ses articles sur la question. L’un sur l’utilité des tablettes, en tant qu’outil à la fois simple à utiliser et qui donne à ses utilisateurs, enseignants ou apprenants, un large éventail de possibilités pédagogiques pour la classe. L’autre s’interroge sur les applications « pertinentes » pour la classe. L’article contient aussi des conseils aussi bien techniques que pédagogiques sur l’utilisation plus général du numérique, notamment la gestion de la classe. Et comme le rappelle Laurent Carlier, la réussite d’une bonne intégration du numérique en classe ne passe pas que par le bon équipement mais aussi par la formation et l’accompagnement.

Posted in Actualité du français, Techno-pédagogie | Tagué: , , , , , , , | Leave a Comment »

MOOC Travailler en français : le bilan

Posted by Philippe Liria sur 05/10/2014

moocEn janvier dernier, j’avais eu le plaisir d’interviewer Alix Creuzé à l’occasion du lancement du MOOC Travailler en français (lire l’entretien). En septembre, Le café du FLE a proposé de dresser le bilan de cette initiative. Alix Creuzé et Jérôme Rambert ont donc répondu aux questions du webzine en soulignant les réussites mais aussi les limites de cette expérience. Lire l’article.

Posted in Actualité du français, Techno-pédagogie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La cigogne de fer qui déposa mon frère : album !

Posted by Philippe Liria sur 25/09/2014

couverture du livre. Allez faire un petit tour sur le site de Guénola Moreau et découvrez sur son site l’histoire de La cigogne de fer qui déposa mon frère.
A retrouver aussi sur le site de Zoom Edtions.

LA TISSEUSE PAR CHEMINS

couverture du livre. couverture du livre.

La migration des cigognes blanches a commencé en Europe et même si la nôtre est en fer et a suivi un itinéraire tout-à-fait autre,  ZoOm éditions est ponctuel au rendez-vous et nous a réservé, à Lola et à moi, plus d´une jolie surprise pour annoncer sa « mise au monde » et sa parution prochaine dans les librairies de France, Belgique, Luxembourg et Suisse.

À commencer par cette jolie vidéo : 

J´en ferai une genèse plus détaillée dans le prochain article. Aujourd´hui je désirais seulement partager avec vous un avant-goût de cette jolie arrivée de l´automne et de cette grande joie pour nous, Lola Roig qui a magnifiquement illustré l´album et ZoOm éditions qui l´a si joliment mis en page, édité et qui, surtout…l´a chaleureusement adopté depuis le mois de janvier (le même mois qui avait vu arriver le petit Young en 82…) !

View original post

Posted in Actualité du français | Tagué: , , , , | Leave a Comment »

Un MOOC pour enseigner et former avec le numérique en langues

Posted by Philippe Liria sur 22/09/2014

Il semblerait que les enseignants de langues soyons parmi les plus réticents à intégrer le numérique dans nos classes. C’est du moins ce qui ressortait d’un récent rapport sur la place des différents outils numériques dans la classe, en France (je ne retrouve plus le lien mais dès que je mets la main dessus…). Les motifs évoqués sont multiples pour expliquer le phénomène mais on peut espérer qu’avec le temps, un peu plus de moyens et surtout de la formation, ce décalage s’estompera. Et c’est justement de formation dont il est question dans ce post (j’en avais rapidement informé la semaine dernière). L’Université Stendhal Grenoble 3 propose, sous la direction de François Mangenot, un MOOC sur l’intégration du numérique à une classe de langue. Dans ce MOOC, ouvert « aux enseignants de langues, aux enseignants de FLE (…), aux étudiants de Master ou Doctorat en didactique, aux étudiants des Écoles supérieures du professorat et de l’éducation (ESPE) », ainsi qu’aux responsables pédagogiques de centres de langues, aux ingénieurs pédagogiques et aux les formateurs d’enseignants, il s’agira de passer en revue les outils et les méthodes qui ont fait leur preuve dans le domaine de l’enseignement/apprentissage des langues.
Les organisateurs ont mis en ligne le plan du cours qui se concentrera sur…

– les formations hybrides qui permettent aux apprenants de suivre une partie du cours à distance grâce au numérique. On en voit de plus en plus se mettre en place ;
– l’intercompréhension, afin de ne pas apprendre une mais plusieurs langues en parallèle en aidant les apprenants à développer des stratégies de compréhension ;
– la télécollaboration pour favoriser l’interaction en ligne entre apprenants de langues et cultures différentes ;
– le web social, qui permet une utilisation de la langue en « contexte authentique ». Un MOOC dont les mots-clés sont la communication, l’accompagnement, les tâches et les scénarios pédagogiques.
L’inscription est entièrement gratuite et déjà ouverte à partir du site de FUN.
Vous y trouverez tous les renseignements nécessaires, une brève biographie de l’équipe enseignante et des lectures recommandées pour vous préparer à ce cours qui commence le 27 octobre prochain et durera un mois.
Pour en savoir plus, visionnez la capsule de présentation.
Une fois de plus, il ne s’agit pas de dire que tout doit passer par le numérique. Ce n’est pas la numérisation de la classe qui va tout changer. Mais l’ignorer ou la mépriser est certainement une erreur. Par contre, il faut apprendre à en connaitre les outils pour savoir lesquels s’adaptent le mieux à nos cours, quels avantages ils présentent par rapport à des approches plus classiques et aussi être conscients des limites qu’ils ont.

Posted in Actualité du français, Le monde des langues, Techno-pédagogie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Comment éduquer au XXIe siècle ?

Posted by Philippe Liria sur 19/09/2014

Si vous ne l’avez pas encore eu entre les mains, je vous recommande le dernier numéro de Sciences humaines qui consacre un dossier sur l’éducation du XXIe siècle : Éduquer au 21eme siècle. Et pour compléter votre lecture, toujours sur le même sujet, lisez aussi la chronique Meirieu de Philippe Meirieu dans Le café pédagogique qui commente les innovations suggérées par Sylvain Marcelli dans son article « Huit idées pour réinventer l’école ». Philippe Meirieu propose notamment une réflexion sur la pédagogie inversée.

Posted in FLE et didactique, Techno-pédagogie | Tagué: , , , , , , | Leave a Comment »

Vocabulaire de l’informatique et de l’internet : la Commission a encore frappé

Posted by Philippe Liria sur 18/09/2014

Régulièrement la Commission spécialisée de terminologie et de néologie de l’informatique et des composants électroniques, bref la CSTIC publie ses avis sur la façon dont nous devrions parler informatique et Internet, mais aussi biologie, sport, etc. pour ne citer que les derniers. mot-dièse. Quel mot vous dites ? J’ai dit « mot-dièse », un hashtag pour bien se comprendre. Car qui s’en souvient ? Tout le monde continue à pousser ces cui-cuis ou autres roucoulements sur Twitter mais le pauvre mot-dièse, lui, n’est pas près d’être trending topic ! Le 16 septembre dernier, c’est une nouvelle liste de recommandations qui a été publiée dans le très sérieux et très officiel Journal Officiel. On y apprend qu’un thumbnail doit se dire « imagette » ou que vous, lecteur/lectrice, vous n’êtes peut-être qu’un « fureteur » ou qu’une « fureteuse » car vous quitterez ce blog, pardon ce blogue sans laisser de commentaire à ce post (ce billet ?). Aux oubliettes les luckers ! Enfin, aux oubliettes… On verra.

Évidemment ce ne sont que des recommandations comme le précise le site France-terme. Dans ce cas, il s’agit donc de savoir les consommer avec modération. En abuser ne facilitera certainement pas la communication. Par contre, une fois encore, il s’agit de savoir, dans le cadre du FLE, d’adapter le contenu aux besoins des apprenants. A qui nous adressons-nous ? A des professionnels qui vont devoir utiliser une terminologie précise pour créer des documents à valeur juridique ? À des informaticiens qui devront dialoguer avec leur partenaire français ? A un public généraliste qui va éventuellement parler informatique et Internet à l’occasion d’un dîner ou autour d’un verre ? On comprend bien qu’il s’agit d’adapter nos contenus aux objectifs de nos apprenants.
Et ce qui est valable pour l’informatique et l’Internet, l’est aussi dans d’autres domaines dans lesquels la CSTIC met son nez. Dans votre classe d’ados, parler d’aller s’acheter des « chaussures à roulettes » ne sera peut-être pas très utile si vous voulez qu’ils trouvent le rayon des roller shoes dans la boutique de sport.
Cependant, et pour ne pas laisser l’impression que la CSTIC est loin de la réalité, il faut savoir qu’elle contribue aussi à désigner en français des concepts qui existent mais n’ont pas forcément un nom alors que d’autres langues l’ont. Ainsi, les crimes de femmes en raison de leur sexe n’avait pas vraiment de nom dans notre langue alors que l’anglais et l’espagnol parlent respectivement de gendercide et de crimen de género. Maintenant, nous pourrons parler de « féminicide ». Car mettre un nom sur la chose, c’est la rendre visible ; en admettre l’existence et donc se dire, dans ce cas, que la société est vraiment décider à lutter contre un tel fléau.
Le site comprend aussi depuis 2007 des dossiers thématiques particulièrement intéressants dans la section Vous pouvez le dire en français. Le dernier en date (mai 2014), Étoiles et toiles nous suggère quelques termes intéressants pour parler de cinéma en français. Ainsi « ce biopic a été possible grâce au crowdfunding » devient « ce biofilm a été possible grâce à la production participative ».

Au-delà de tous ces mots, ce qui est sûr, c’est qu’une langue vivante ne peut prétendre l’être en ne créant des néologismes qu’à partir de la propre langue. Le propre de la richesse linguistique est de savoir justement intégrer des mots venus d’ailleurs parce qu’ils contiennent des images, des concepts que la langue d’accueil n’a pas. C’est ce qui l’enrichit véritablement. L’usage des locuteurs et le temps se chargeront de prendre ou de laisser en chemin ces mots provenant d’autres langues. Je ne crois pas que ce soit des « gardiens de l’orthodoxie » qui pourront empêcher ce « jargonnage » aussi vieux que la civilisation. Les hommes sont des migrants, les langues aussi et c’est ce qui en fait toute la richesse.

Posted in Actualité du français, Le monde des langues | Tagué: , , , , , , | Leave a Comment »

Enseigner et Former avec le numérique en langues [MOOC]

Posted by Philippe Liria sur 17/09/2014

Blog d'Anna

« L?objet de ce cours est l?utilisation innovante du numrique dans l?enseignement / apprentissage des langues, vue travers quatre approches : les formations hybrides en langues, la tlcollaboration, les outils de l?intercomprhension, l?exploitation du web social […]

Aucun pr-requis particulier, si ce n?est un intrt pour la question de l?enseignement, particulirement des langues, avec le numrique. »

Source: www.france-universite-numerique-mooc.fr

Dbut du cours le 27 octobre.

See on Scoop.itMooc et apprentissage des langues

View original post

Posted in Techno-pédagogie | Leave a Comment »

Les 5 outils virtuels indispensables au prof de FLE

Posted by Philippe Liria sur 17/09/2014

fandefle

Que l’enseignement soit présentiel ou à distance, il est aujourd’hui évident qu’un professeur peut difficilement ignorer les nombreuses ressources didactiques disponibles sur Internet. L’offre est cependant si abondante et variée qu’il est très naturel qu’il se sente au début un peu perdu dans cette jungle virtuelle. C’est pourquoi j’ai décidé de vous présenter les 5 outils indispensables qui, selon moi, peuvent réellement aider le prof dans son travail quotidien. Ils sont tous disponibles gratuitement en ligne.

Photo de Sarina BradyPhoto de Sarina Brady

  1. Stocker et partager des fichiers : Google Drive

Accès: Vous devez créer un compte Google, vous y connecter et accéder ensuite à Google Drive. Vous pourrez plus tard installer Google Drive sur votre ordinateur.

Utilisation: Google Drive vous permet de stocker dans le nuage 15 G de données mais surtout de partager avec vos élèves tout type de document qu’ils peuvent consulter et modifier quand ils…

View original post 597 mots de plus

Posted in Techno-pédagogie | Leave a Comment »

De quoi les fournitures scolaires sont-elles le nom ? – Educavox

Posted by Philippe Liria sur 05/09/2014

Un article particulièrement intéressant sur la place du numérique en classe et la nécessité de l’intégrer au plus vite dans la formation de l’élève, justement pour freiner la brèche socionumérique qui s’élargit. Une meilleure intégration mettrait plus facilement à la portée de tous un outil extraordinairement puissant pour développer l’apprentissage. Ce n’est pas la réticence de certains qui en freinera l’influence. Mieux vaut donc fournir les outils qui permettront aux apprenants de l’apprivoiser que de faire comme si le numérique n’existait pas ou représentait une certaine culture honnie, plus par méconnaissance d’ailleurs qu’autre chose. À lire : De quoi les fournitures scolaires sont-elles le nom ? – Educavox.
Lire la suite »

Posted in Actualité du français, Techno-pédagogie | Tagué: , , | Leave a Comment »

L’élément de Robinson en un simple coup d’oeil

Posted by Philippe Liria sur 22/08/2014

Robinson Format 30Je vous ai beaucoup parlé de Ken Robinson et de ses travaux. Il y a quelques mois, je vous avais présenté sur ce blog L’élément dans sa version française (cf. article), un ouvrage indispensable pour mieux comprendre la réflexion autour d’apprentissage et créativité. Hier, c’est une amie (Merci !) qui m’a signalé un résumé de ce livre sous forme de mindmap que vous pouvez retrouver sur Format 3.0, le blog de Marco Bertolini, consacré, entre autres, à la pensée visuelle, mais aussi à la formation et l’éducation et d’une façon plus générale à l’emploi des technologies dans l’enseignement.

Au-delà de ce que dit ou écrit Ken Robinson, il est temps que dans l’enseignement du FLE, nous approfondissions nos réflexions sur les implications de la créativité dans l’apprentissage, que nous interrogions nos pratiques de classe, le matériel que nous élaborons, les programmes que nous concevons et voir ce que nous pouvons faire pour améliorer la place faite au « comment apprennent mes élèves » plutôt que nous centrer sur le « comment j’enseigne ». Il parait que c’est un point de vue très anglo-saxon, comme le signale Emmanuel Davidenkoff dans un entretien sur Médiapart, mais si cela contribue à l’obtention de meilleurs résultats, pourquoi ne pas le prendre en compte ?
Évidemment, cette réflexion nous obligera à revoir une grande partie de nos croyances autour de ce qu’il faut enseigner et pour les apprenants, ce qu’ils doivent apprendre. Pas simple, pour personne ! Car l’on sait que les réticences ne viennent pas que du corps enseignant. Elles viennent aussi des apprenants, s’ils sont adultes, et dans les cas des plus jeunes, souvent de leurs parents qui continuent à associer l’apprentissage de la langue à une accumulation des connaissances, notamment grammaticales. Et aussi des institutions qui pour mille et une raisons préfèrent rester conservatrices plutôt que d’oser de nouvelles pratiques de classe et bien entendu d’évaluation, car si celle-ci n’évolue pas, rien ne servira de changer. A ce sujet, les apports de l’approche actionnelle, de la pédagogie différenciée ou de la classe inversée pourraient ouvrir de nouvelles perspectives à condition de prendre le temps de les mettre en place, de les tester, de les corriger… Pas simple dans ce monde du FLE si précaire !

Posted in Billet d'humeur, FLE et didactique | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le tsunami numérique, d’Emmanuel Davidenkoff

Posted by Philippe Liria sur 19/08/2014

Interview DavidenkoffLe numérique est parmi nous, il l’est encore plus chez nos élèves, surtout les plus jeunes qui ne conçoivent pas un monde sans. Ce constat doit inéluctablement nous obliger à nous interroger sur le rôle qu’a et surtout devra avoir le numérique dans l’éducation car mieux vaut dès maintenant se poser des questions, errer peut-être dans certaines réponses que de détourner le regard. Il en va du modèle éducatif que l’on veut mettre en place pour demain. Et qu’on le fasse dans un état d’esprit d’ouverture, notamment vers ce qui se fait dans les systèmes anglo-saxons, mais pas uniquement. Non pas pour copier mais bien pour savoir prendre ce qu’il y a d’efficace dans ces systèmes. Cette réflexion autour du numérique dans l’enseignement, c’est celle à laquelle nous invite Emmanuel Davidenkoff dans son ouvrage Le tsunami numérique dont la récente publication a été l’occasion pour lui de répondre aux questions de Mediapart dans cette interwiew particulièrement intéressante.
Ces réflexions sont bien entendu à mettre en lien avec celles de Karsenti sur la place du numérique dans l’enseignement.
Bien que portant sur l’ensemble de l’enseignement, je ne peux m’empêcher de penser à la présence du numérique dans la classe de langue : on voit bien comment l’outil numérique permet de favoriser le contact des apprenants avec la langue cible, en réception bien entendu mais pas seulement : la production est elle aussi renforcer, à l’écrit et à l’oral, et elle prend une dimension véritablement authentique.
Il ne s’agit pas de tout faire passer par le numérique, ni de ne jurer que par cette révolution. Encore moins de vénérer des outils en particulier. N’oublions pas la presque dévotion envers le TNI pour que très rapidement on se rende compte, alors que les mises en garde existaient, qu’on avait surtout gaspillé beaucoup d’argent dans le support, inutile sans une bonne pédagogie d’accompagnement mais les caisses étaient alors vides pour former les profs ! Mais ce n’est pas parce qu’il y a eu ces erreurs que nous devons fermer la porte au numérique. Par contre, il est fondamental que des formations soient mises en place pour garantir la réalisation d’activités s’appuyant sur le numérique et qui contribuent réellement à améliorer l’apprentissage.

A lire :
Le-tsunami-numérique-de-Emmanuel-DavidenkoffLe tsunami numérique, Tout va changer. Êtes-vous prêt ? E. Davidenkoff. Stock, Paris 2014.

Posted in Techno-pédagogie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Renaissance du français en Colombie : un défi chez les jeunes

Posted by Philippe Liria sur 13/08/2014

AfficheC’est le thème central de la 5è rencontre des étudiants de français en Colombie (Vº Encuentro Nacional de Estudiantes Universitarios de Francés) qui se tiendra du 14 au 16 août à l’UCEVA de Tuluá (Valle). À en croire le site d’ACOLPROF, les inscriptions sont fermées, ce qui est bien la preuve de l’intérêt des étudiants, futurs enseignants de français en Colombie, à se former et à réfléchir autour des dernières tendances en FLE.
C’est d’ailleurs un Programme ENEUF 2014bien chargé et fort intéressant qui les attend pendant ces trois journées de travail. On y parlera des différents aspects de la profession comme l’interculturalité ou l’autonomie d’apprentissage ; on se penchera aussi sur les besoins spécifiques d’apprentissage chez les malvoyants ou non-voyants ou encore chez les personnes ayant souffert une paralysie cérébrale, ce qui va mener sans aucun doute à se poser des questions autour de la pédagogie différenciée ; on s’intéressera aussi aux différentes compétences, aussi bien écrites qu’orales. On abordera notamment le rôle de la perspective actionnelle pour favoriser la compétence d’expression orale. Il serait d’ailleurs pertinent de s’interroger aussi sur sa fonction pour le développement des compétences écrites. Les TIC seront aussi présentes et on verra de plus près ce que permet de mettre en place le Web 2.0. On peut regretter qu’il n’y ait pas un moment consacré aussi au rôle des réseaux en ligne aussi bien pour la formation permanente des enseignants que pour l’apprentissage de la langue. Le sujet surgira certainement lors des débats, d’autant que l’on constate un très vif intérêt dans le pays pour tout ce qui concerne le numérique en classe, qu’il s’agisse des manuels ou des plateformes.

Bref, un programme alléchant et surtout, il ne fait aucun doute, un moment important pour se retrouver et échanger. Une occasion aussi de montrer aux autorités, françaises et colombiennes, que les ressources humaines sont bel et bien présentes, et d’attaque pour renforcer la présence du français dès le collège, et dans l’ensemble du pays. Une nécessité pour former les générations futures à une pratique efficace non pas seulement de l’anglais, dont la présence et le niveau sont déjà impressionnants dans le pays, mais aussi d’une troisième langue, en l’occurrence du français. Un vrai défi mais que les futurs enseignants sont prêts à relever.

Pour en savoir plus :
Programme ENEUF 2014
Site d’ACOLPROF

Posted in Actualité du français, Ateliers et formations, FLE et didactique | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Au revoir, Professeur !

Posted by Philippe Liria sur 15/07/2014

louis_porcherCe matin, alors que j’étais dans le train qui me conduisait à Nantes pour une journée au BELC, c’est un bien triste email qui arrivait dans ma boite. Valérie Lemeunier m’annonçait le décès de Louis Porcher. Entré tard dans le monde du FLE, je ne le connaissais pas encore quand Valérie a commencé, il a 20 ans déjà, à me parler de ce merveilleux professeur. Je ne l’ai hélas jamais rencontré mais j’ai l’impression pourtant de l’avoir toujours connu tant ces ouvrages ont été et sont présents dans mon parcours FLE et plus généralement de la didactique des langues.
C’est certainement l’un des pères du Français langue étrangère tel qu’on l’entend aujourd’hui, qui considérait la discipline comme étant la « colonne vertébrale » de la diffusion de notre langue qu’il nous voulait surtout pas limiter à une vision franco-française de la Francophonie mais bien celle d’une langue d’ouverture, plurielle et diverse.
Il a largement contribué à diffuser l’idée que l’enseignement du FLE devait évoluer vers la mise en place de compétences communicatives mais aussi , et surtout peut-être, des savoir-faire socio-culturels car il a bien avant d’autres insisté sur l’importance que l’enseignement de la langue doive répondre aux nouveaux besoins de la société.
Dernièrement, j’aimais faire un tour sur son petit blog qu’il tenait sur le site de l’ASDIFLE où il s’amusait à nous parler de mots, le tout dernier en date, celui de juin 2014, portait sur le mot « thune(s) ».
Je ne vais pas recopier ici sa bibliographique, que vous pouvez retrouver aisément sur l’article de Wikipedia à son sujet.
Un grand nom du FLE nous a quittés mais je sais que pour un grand nombre d’entre nous, il restera présent dans nos cours ou dans nos ouvrages car c’est à lui que nous devons beaucoup de ce que nous y mettons. Au revoir, Professeur !

Posted in Actualité du français, FLE et didactique, Le monde des langues | Tagué: , , , , , , | Leave a Comment »

Le corps et la voix… Des outils indispensables et pourtant trop souvent oubliés !

Posted by Philippe Liria sur 14/07/2014

le_corps_et_la_voix_de_l'enseignant_2.inddVous n’avez jamais fait cours sans voix ? Complètement aphone ? Certainement, d’ailleurs environ un enseignant sur deux connaît au cours de sa carrière un problème de voix. Et puis, il y a ces mains ou ces bras qu’on ne sait pas toujours comment placer ou ces mouvements de va-et-vient face aux élèves. Souvent involontaires, car non contrôlés, ils peuvent finir par fatiguer et entrainer une perte d’attention de la classe. Souvent maltraitée, si on parle de la voix ou carrément ignoré, s’il s’agit du corps, les deux forment pourtant un tout indispensable pour un enseignement de qualité en classe de langue. Malgré ce constat, je dirais même cette vérité digne de La Palice, que savons-nous de notre corps et de notre voix dans la pratique enseignante ? Quant à la recherche, que nous dit-elle ? Hélas, pas grand-chose. Il semblerait en fait que ces outils de travail, car c’est ce qu’ils sont, « constituent un ‘angle mort’ des recherches en éducation et en didactique ».
C’est en partant de ce constat que Marion Tellier et Lucile Cadet ont décidé de réunir dans un ouvrage collectif une série d’articles inédits qui permettent de faire la lumière sur la place qu’occupent corps et voix dans l’enseignement. Publié aux Éditions Maison des Langues, Le corps et la voix de l’enseignant : théorie et pratique a donc pour objectif d’apporter un éclairage nouveau et complet sur la question. Tellier et Cadet le disent clairement dans leur avant-propos_le_corps_et_la_voix, le sujet reste marginal comme si, pour reprendre l’expression de Christine Tagliante, la « fée pédagogique » s’était « penchée sur le berceau du futur enseignant et lui avait transmis le don d’utiliser sa voix et ses gestes à bon escient ».
Le sujet est traité sous différents angles car, pour bien en parler, il faut à la fois prendre en compte des aspects cliniques mais aussi didactiques ou encore psychologiques.
La première partie porte sur la voix puis dans une deuxième partie, c’est le corps qui centre l’attention. Finalement, la troisième partie s’intéresse à la prise en compte de cette question dans la formation de l’enseignant. Chaque partie contient, outre les articles, des fiches pratiques utiles pour la formation ou pour la classe.
Comme le signalent les coordinatrices de cet ouvrage, bien que centré sur l’enseignement des langues étrangères, pas exclusivement le FLE ou le FLES, il est évident que les réflexions et les résultats « sont transférables à l’enseignement de diverses disciplines et à des publics variés. »
Des articles et des fiches mais aussi un glossaire et une bibliographie référencée qui font de cet ouvrage un livre indispensable, à mon avis, que ce soit pour le professeur expérimenté ou pour tous les étudiants qui se préparent à ce métier en espérant que ces outils que sont le corps et la voix ne constituent plus l’ « angle mort » dont nous parlent Marion Tellier et Lucile Cadet.

Pour en savoir plus :
Le corps et la voix de l’enseignant : théorie et pratique, sous la direction de Marion Tellier et Lucile Cadet, Editions Maison des Langues, Paris, 2014.

Posted in Actualité du français, FLE et didactique, Le monde des langues | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

Travailler à partir des visuels en classe de FLE

Posted by Philippe Liria sur 29/06/2014

Comment mémoriser le lexique en classe ? Ou rendre interactive la présentation de son voisin de classe ? Pas si simple, surtout si on ne veut pas faire la même chose à chaque fois.
C’est pourquoi le billet de Laurent Carlier sur le sujet m’a immédiatement intéressé. Publié dans T’enseignes-tu (le FLE) ?, le blogue créé par Céline Mézange, ce billet nous parle de Thinglink, une application « qui permet de créer et partager des images interactives sur lesquelles apparaissent des infobulles cliquables, pointant vers d’autres médias (vidéo, audio, texte, lien, etc …)« . Il nous présente les avantages de ce service en ligne, ainsi que les différences avec Popplet, dont il nous avait parlé il y a déjà quelques mois toujours dans T’enseignes-tu (le FLE) ?. Un billet qui nous donne plein d’idées, accompagnées d’exemples pour une bonne utilisation de cette application.

Pour en savoir plus :

Thinglink : une application tablette pour travailler les visuels en classe, par Laurent Carlier

Popplet, une application tablette indispensable en classe de langues, par Laurent Carlier

T’enseignes-tu (le FLE) ?

Posted in Actualité du français, Proposition pédagogique, Techno-pédagogie | Tagué: , , , , , , , | Leave a Comment »

En juillet, les professeurs de français d’Espagne se donnent rendez-vous dans le Village francophone

Posted by Philippe Liria sur 14/06/2014

Université d'étéEn juillet, les professeurs de français d’Espagne se donnent rendez-vous à Cuenca dans le Village francophone pour la 1re Université d’Été de et en français. L’idée trottait dans la tête de Valérie Lemeunier depuis sa prise de poste en tant qu’attachée de coopération pour le français à Madrid mais il fallait tout mettre en place. Maintenant c’est chose faite : organisée par l’Institut français d’Espagne et en partenariat avec la région de Castille-La Manche, cette université va rassembler des professionnels de l’enseignement du et en français de toute l’Espagne. Une occasion pour les participants d’approfondir leurs techniques d’enseignement du FLE ou des DNL en français, tout en échangeant leurs expériences non seulement entre eux mais aussi avec des experts et plus largement les professionnels de la diffusion et de la promotion du français et de la diversité linguistique en Espagne. Le programme, disponible en ligne, est particulièrement complet et va certainement permettre à de nombreux enseignants d’accéder à un prix très raisonnable à une formation complète de qualité dans un moment difficile où l’on sait que peu est fait depuis de nombreuses institutions espagnoles pour le français et la formation permanente des enseignants.
On ne peut donc qu’applaudir ce type d’initiative, en espérant que cette première édition en connaîtra de nombreuses autres. Et surtout qu’elle inspirera d’autres services de coopération pour le français dans d’autres pays, surtout plus éloignés encore de la France. On verrait apparaître ainsi d’autres villages francophones car, au-delà du contenu, très riche, il faut valoriser l’aspect de vie au quotidien en français, ce qui est fondamental pour de nombreux enseignants qui n’ont pas facilement accès à la langue française et encore moins la possibilité de pouvoir se rendre en France – quand ce n’est pas la France qui les en empêche en raison de la paperasse interminable et décourageante qui leur est exigée.

Encore un grand bravo pour cette excellente initiative, à laquelle je souhaite un grand succès.

Posted in Actualité du français, Ateliers et formations, Billet d'humeur, FLE et didactique | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 643 autres abonnés