Le blog de Philippe Liria

Auteur, formateur, consultant et éditeur de français langue étrangère (FLE)

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Le FLE se donne rendez-vous sur les planches

Posted by Philippe Liria sur 01/09/2017

Le rideau tombe. De juillet et d’août il ne reste que les décors de l’animation estivale des stages d’été qui se tiennent un peu partout en France. Les acteurs, profs-stagiaires et profs-formateurs sont repartis. Pour la plupart d’entre eux, c’est la rentrée scolaire avec toutes les « surprises » qu’elle réserve. Mais on est prêts à l’attaquer après le plein d’énergie que nous apporte le repos des vacances mais aussi ces formations données ou suivies ici ou là. L’été est en effet un excellent moment pour se ressourcer. On retrouve de vieilles amitiés et on en tisse de nouvelles. Et c’est certainement l’une des plus belles choses que nous offre ce monde du FLE, cette rencontre avec l’autre, venu(e) des quatre coins du monde pour se former ou partager son expérience de formateur/-trice avec le reste de la planète FLE. Elles et ils arrivent du cercle arctique, de Maurice, de Séoul, de Jordanie ou tout simplement de Pologne ou de Suisse. Peu importe ! Ils ont en commun la volonté de chercher à partager des instants de leur réalité en français, malgré toutes les difficultés que rencontre le prof de FLE dans son quotidien. Mais laissons l’envers du décor pour un autre moment. Je ne veux pas parler de choses qui fâchent aujourd’hui, préférant partager avec mes lecteurs deux projets FLE qui lient l’apprentissage de la langue au plaisir du théâtre. Ancien théâtreux moi-même, convaincu des bienfaits de cet art, comment en pouvait-il être autrement ? Nice, là où se tiennent les Universités du monde qu’organise Francophonia, a donc été le théâtre cet été d’une nouvelle rencontre et de vieilles retrouvailles.

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Jan Nowak et les stagiaires de la semaine 4 (Crédit photo: Lucas Bolea – Universités du Monde)

La nouvelle rencontre arrive de Pologne même si c’est d’abord une Biélorusse qui me l’a si bien présenté, merci Katia Shahoika ! Il s’agit du programme 10 SUR 10 que dirigent Iris Munos et Jan Nowak, fondateurs de Drameducation dont les missions phares de sont la promotion de l’apprentissage de la langue française par le théâtre et du théâtre contemporain francophone en Pologne et plus largement dans le monde. Cette année, Dramaeducation a tourné dans une quinzaine de villes en Europe.

10 SUR 10 ? De quoi s’agit-il ? Je me permets de reprendre la présentation de leur site : « Depuis 3 ans, 10 SUR 10 propose aux amoureux du théâtre contemporain francophone, aux jeunes et professeurs du monde entier de nouvelles et nombreuses pièces de théâtre de qualité. Ecrites chaque année en résidence d’écriture par des auteurs dramatiques francophones reconnus, les pièces 10 SUR 10 sont uniques, originales et actuelles. Elles se distinguent toutes par leur forme et leur originalité: elles sont courtes, rythmées et universelles. 10 SUR 10 est aussi un programme qui aide les professeurs de français dans le monde à réaliser des projets francophones autour du théâtre. Il lie avec cohérence plusieurs actions autour de l’apprentissage du français par le théâtre. Avec la diffusion des pièces dans le monde, des formations de théâtre et de FLE, des festivals, des accompagnements professionnels et personnalisés, vous aurez en main des outils et techniques de qualité d’enseignement-apprentissage du français par le théâtre. 10 SUR 10 – pièces francophones à jouer et à lire promeut à travers son programme les valeurs de la francophonie telles que le respect de la diversité culturelle, l’ouverture au monde et la paix. » Un beau programme qui ne se limite pas à la Pologne, où est né 10 SUR 10, ni même à l’Europe mais prétend atteindre l’ensemble de la planète ! La nouvelle rubrique du Français dans le monde, Étonnants francophones (en partenariat avec Destination Francophonie de TV5Monde) reprend justement dans son numéro 413 (septembre-octobre 2017) le témoignage de Jan Nowak sur cette belle initiative qui combine enseignement et théâtre.

Quant aux vieilles retrouvailles, ce sont celles avec mon ami Adrien Payet qui avait trouvé le temps de passer deux semaines à Nice alors qu’il est en pleine répétition : son école de français, Habla francés, à Ronda (Andalousie) était alors dans les derniers essais avant le levé de rideaux, prévu fin septembre.

Depuis longtemps, Adrien Payet est devenu pour beaucoup d’enseignants une véritable référence de l’art théâtral au service de l’apprentissage du français. Ses conseils et ses fiches pédagogiques que l’on retrouve dans son ouvrage consacré au sujet justement, Activités théâtrales en classe de langues sont toujours très appréciés.

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Photo extraite du spectacle Il était une fois le français (source: https://www.fle-adrienpayet.com/spectacles/)

Ses ateliers d’animation théâtrale font le plein et je connais même des stagiaires qui ne se déplacent que pour participer à l’une de ces classes ! Sa troupe Sur le bout de la langue propose des spectacles multidisciplinaires spécialisés en FLE.

On le sait, le théâtre est une excellente façon de perdre la peur à s’exprimer dans une langue étrangère, quel que soit le niveau et le public. Il permet de développer l’oralité ou le travail du corps pour s’exprimer avec plus d’aisance. Préparer une pièce de théâtre ou même que des extraits en classe de FLE est une bonne façon de favoriser l’interaction et la collaboration des apprenants tout en les incitant à avoir un esprit critique sur les prestations pendant les répétitions… Et tant d’autres choses encore que nous apporte le théâtre en classe. Il peut devenir un véritable projet pour la classe sur un trimestre ou sur toute l’année où toutes les compétences vont pouvoir s’y retrouver. Alors ? Rendez-vous sur les planches ?

(Mis à jour : 06/09/2017)

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Où en est le français dans le monde ?

Posted by Philippe Liria sur 29/08/2016

En été, le prof de FLE se forme
L’été touche à sa fin. Les « grandes vacances » aussi, du moins pour la plupart des profs de l’hémisphère nord mais, on le sait, le professeur de FLE est un être bizarre : il passe une très grande partie de l’année à faire bien plus que les trois huit pour joindre les deux bouts. Comment ? En donnant des cours FOS à sept heures du matin, des cours pour enfants ou ados en journée et des cours adultes en soirée… Et de plus en plus, entre cours et cours, que fait-il ? Outre préparer comme il peut le cours suivant et corriger les copies du précédent, il fait de l’hybride depuis son smartphone puis il enchaîne à pas d’heure depuis son PC portable avec un cours en ligne pour un étudiant à l’autre bout de la planète ! Jackpot penseront certains ? Eh bien, non ! Tout ça, pour des clopinettes !!! Et si certains lecteurs croient que j’exagère et que toute ressemblance avec la réalité ne serait que purement fortuite, qu’ils s’inquiètent : ils ont peut-être perdu contact avec la réalité ! Le FLE fait certes rêver. Je le sais: combien d’étudiants en parlent en imaginant leurs futures missions en terres lointaines et exotiques ?! Mais, quand on connaît la réalité du terrain, on sait ô combien le quotidien est très dur. Malgré cette vie de fous qui ne laisse guère de temps pour faire des folies – mais heureusement est pleine de petits plaisirs-, que fait le prof de FLE pendant ses vacances ? Je vous le donne en mille : il se forme ! Et l’été européen est souvent le moment choisi pour suivre l’une des nombreuses formations proposées ici et là.

Conférence Jacques Pécheur sur les scénarios actionnels- Liège 2016 (Photo: P. Liria)

Conférence Jacques Pécheur sur les scénarios actionnels- Liège 2016 (Photo: P. Liria)

Stages d’été, congrès… du FLE pour tous les goûts
Cette année n’a pas dérogé à la règle, et malgré le climat ambiant pas vraiment à la fête : les profs se sont donné rendez-vous à Nantes, Nice, Besançon ou ailleurs pour suivre l’une de ces nombreuses formations estivales avant de rentrer dans leur pays de provenance. A leur retour, ils pourront mettre en oeuvre et relayer ce qu’ils ont pu y apprendre. Cet été, en plus de ces stages, comme tous les quatre ans, les professeurs de FLE se sont retrouvés en juillet pour le grand messe qu’est le Congrès mondial des professeurs de français. Et pour cette quatorzième édition qui s’est tenue à Liège du 14 au 21 juillet, les quelque 1500 professionnels présents se sont demandés justement où en est le français. Venus de 104 pays, ils ont assisté et souvent proposé des conférences, des communications ou encore animé des présentations ou des ateliers pour mettre à jour et partager leurs connaissances, échanger sur leur pratique mais aussi sur la situation de l’enseignement du français dans leur pays. Du moins quand on leur a permis de traverser les barrages administratifs que dresse l’Europe d’aujourd’hui. Pas facile de demander de défendre les valeurs contenues, paraît-il, dans notre langue si l’on ferme la porte au nez de ceux qui justement la prennent pour étendard de leur liberté ! C’est sans doute cette triste réalité qui se rappelle à nous, même lors d’un congrès dont l’objet principal est l’enseignement. Mais il est clair qu’apprendre le français dans les deux sens du verbe n’est pas ni ne peut être un acte innocent, comme l’a réaffirmé le président du Comité organisateur, l’académicien Jean-Marie Klinkenberg dans son discours de clôture.

Conférence de clôture de J.-M. Klinkenberg - Liège 2016 (photo : P. Liria)

Conférence de clôture de J.-M. Klinkenberg – Liège 2016 (photo : P. Liria)

C’est aussi le ton de l’appel que lancent les professeurs de français dans le document final de résolutions en revendiquant clairement leur rôle dans cette lutte pour « un monde plus juste, mis à l’abri de la barbarie, respectueux des identités et des diversités« . Parce que, nous le savons tous, « la langue est un objet politique » qui véhicule des idées profondément attachées au développement et à l’émancipation des citoyens contre tout type d’oppression sociale, culturelle ou politique. Mais le prof de français, ambassadeur de ces précieuses idées, n’est souvent qu’un simple soldat de plomb, d’une armée certes nombreuse mais aux effectifs qui ne cessent de baisser comme nous l’a rappelé aussi ce congrès, et qui souvent se demande ce que font les décideurs pour éviter la fermeture des cours de français ou la précarisation permanente de la profession. Situation ardente, pour reprendre l’adjectif qui définissait le congrès, et à laquelle devra faire face la nouvelle équipe de la Fédération internationale des professeurs de français (FIPF) avec à sa tête Jean-Marc Defays qui prend donc le relais de Jean-Pierre Cuq après deux mandats. Ce spécialiste du FLE qui nous vient de l’Université de Liège sera entouré, entre autres, d’une Canadienne, Cynthia EID et d’une Roumaine, Doina SPITA pour relever les nombreux défis de la Fédération (manque d’enseignants, absence de politiques en faveur du français, nouveaux besoins des associations…) et qu’on peut retrouver, du moins en partie, dans le Livre blanc présenté lors du congrès de Liège et qui prétend dresser, comme il l’annonce, « un panorama unique de l’enseignement de la langue française dans le monde« .

Des programmes pour repenser le FLE
On l’a vu aussi, le programme bien chargé du congrès – peut-être un peu trop – ou encore ceux des stages d’été sont révélateurs de ce renouvellement nécessaire. Ce qui rend encore plus indispensable la formation initiale mais surtout continue des professionnels du FLE. C’est d’ailleurs le premier point mis en avant dans les résolutions du Congrès. Si la langue française est, et prétend rester, ardente, donc bel et bien vivante, il faut qu’elle s’adapte aux réalités du monde d’aujourd’hui et puisse être fin prête à celles de demain. Aucune nostalgie donc, mais au contraire, un regard pointé vers l’avenir avec des solutions séduisantes pour une langue qui hélas n’a plus vraiment l’air de séduire. Vous ne pouvez pas vous imaginer combien sont celles et ceux qui me demandent, au Pérou, en Colombien, au Chili, etc. à quoi ça peut bien servir d’apprendre le français. Ils/Elles n’en perçoivent pas ou pas vraiment l’utilité et ont même souvent l’impression d’une langue éloignée et difficile (bienvenue l’intercompréhension qui a l’air de gagner du terrain dans les cours, mais pas assez malheureusement). Tout le monde se souvient de cette campagne qui présentait les 10 bonnes raisons d’apprendre le français mais pas sûr que ce soit la meilleure manière de convaincre les sceptiques. Il ne fait aucun doute que l’enseignement du français a besoin d’un grand Entrümpelung au cours duquel on se débarrasserait des vieilles croyances sur comment on doit enseigner et surtout comment nos élèves apprennent. C’est pour cela que la formation est importante et qu’il est grand temps de mettre fin à la dégradation de la situation des professeurs de français. On le voit bien, ces formations proposent des programmes riches et novateurs qui ne peuvent que contribuer à ce renouveau de la classe de français. On y parle bien sûr de ce tsunami numérique mais il ne faudrait pas réduire l’innovation pédagogique nécessaire à la technologie, au web 2.0 ou aux plateformes qui ne cessent de se développer que ce soit depuis les institutions ou depuis le monde éditorial FLE*. Une évolution qui nous oblige à repenser l’ensemble des professions de notre secteur.

Module sur la classe inversée aux Universités du Monde (Nice, juillet 2016 - Photo: P. Liria)

Module sur la classe inversée aux Universités du Monde (Nice, juillet 2016 – Photo: P. Liria)

L’innovation pédagogique passe aussi, et surtout je dirais, par savoir changer nos dynamiques de classe et s’approprier des nouveaux outils, bien sûr, ou se réapproprier d’éléments trop souvent tenus à l’écart comme le rappelle Ken Robinson dans L’élément que je vous invite à lire si ce n’est déjà fait. Il est grand temps par exemple que le jeu (sérieux ou tout simplement de société) ou l’art y tiennent un plus grand rôle : petit clin d’oeil au passage à Ghislaine Bellocq qui ménage si bien art et FLE ou à Adrien Payet qui lie si bien apprentissage du français et théâtre. Bref, que la créativité des apprenants dans un sens large du terme soit vraiment au centre de la classe ; qu’on sache (qu’on ose) revoir les programmes de façon à ce que la mise en place du projet soit une réalité (il ne suffit pas de se remplir la bouche d’actionnel ou de le coucher sur les brochures ou le site qui décrivent la pédagogie prônée par telle ou telle institution). Cela demande de changer nos habitudes de classe, de réfléchir à de nouvelles pratiques. Ce n’est pas en vain que la classe inversée, qui semblait ne pas avoir sa place en FLE, comme je l’ai souvent regretté dans ce blog, commence enfin à être prise en compte pour accompagner ce changement. C’est en tout cas ce qu’on a pu constater dans les propositions de modules de plusieurs stages d’été ; reste qu’il faudra maintenant que l’enthousiasme des stagiaires ne retombent pas face au mur de leurs institutions. Parce que changer la classe n’est pas ni peut être le fait d’un prof mais bien le résultat d’un travail d’une équipe (le collaboratif commence dans la salle des profs) soutenue et accompagnée par sa direction.

Une nécessité de changement pour redonner envie d’apprendre
Introduire une nouvelle façon d’aborder l’enseignement est donc bien une nécessité parce que les étudiants d’aujourd’hui ont de nouvelles attentes (savoir échanger lors d’une visioconférence, répondre à des messages personnels mais aussi professionnels sur Whatsapp, mener des projets avec des partenaires à des milliers de kilomètres…) et de nouvelles façons d’apprendre (la technologie ne doit pas remplacer l’humain mais on ne peut non plus ignorer l’existence des supports tels que la tablette ou le smartphone ou des nouvelles manières d’interagir grâce notamment aux réseaux)*. C’est aussi ce qui contribuera à redonner envie d’apprendre notre langue. Les profs sont géniaux mais ne sont pas des Houdins : ce n’est pas d’un coup de baguette magique que ce changement se produira, n’en déplaise à certains. Par conséquent, la formation n’est pas un luxe. Elle est indispensable pour accompagner le discours ambiant qui réclame à cors et à cris qu’il faut se renouveler et innover pour motiver l’apprentissage de notre langue. Et même si l’été en France est une belle occasion pour joindre l’utile à l’agréable, je suis certain qu’ils/elles sont nombreux/-ses à souhaiter avoir accès pendant l’année scolaire à de vrais plans de formation.

* Voir le numéro 406 (juillet-août 2016) du Français dans le monde qui consacre un dossier aux « Cours en ligne, pratiques d’enseignants, parcours d’apprenants »
**A ce sujet, écoutez Mon enseignant va-t-il devenir un écran ? en podcast sur France Inter (27/08/2016)

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Mime-moi une expression française, un concours photo et video pour profs de FLE

Posted by Philippe Liria sur 01/02/2016

Affiche concours Mime-moi une expression française C’est toujours un plaisir de pouvoir relayer une information concernant les initiatives dans le monde du FLE. En voici une originale et qui fait appel à la créativité, pas celle de vos élèves cette fois mais la VÔTRE !! Il s’agit du concours « Mime-moi une expression française » que lance Adrien Payet. Pourquoi le mime ? Parce que « Tout enseignant de langue a l’habitude de mimer ! Êtes-vous bon comédien face à vos apprenants ? Tentez votre chance avec ce concours. Vous pourrez gagner une place à un stage Mercantour, un abonnement numérique d’un an à la revue Le français dans le monde ou encore un atelier à distance animé par Adrien Payet et une compilation des fiches pédagogiques de « T’enseignes-tu ? » ! S’ils le souhaitent, les trois gagnants seront interviewés pour participer à un podcast spécial des Agités du FLE. Nous sélectionnerons également les 10 meilleurs mimes pour une vidéo à destination des apprenants de français diffusée sur Youtube et utilisable par tous. »

Pour en savoir plus sur ce concours et y participer, rendez-vous sur le site d’Adrien Payet.

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Profs et élèves : à vos jeux !

Posted by Philippe Liria sur 23/01/2016

IMG_0242L’un des meilleurs souvenirs de classe à l’époque où je faisais encore cours, c’est quand nous laissions de côté avec les élèves livres et cahiers et que nous prenions le jeu de l’oie des verbes. Les élèves autour, en équipe et avec des règles que nous avions négociées entre nous ; moi, en arbitre ou plutôt en co-animateur avec un autre élève et c’était parti pour un moment de détente mais pas seulement. C’était aussi l’occasion d’interactions authentiques au cours desquelles la conjugaison était certes présente mais en arrière-plan. Ce qui comptait vraiment, c’était les échanges, les expressions spontanées de réussite, les complicités, les efforts et les encouragements. Et cela ne se faisait pas dans la crainte d’une sanction d’un prof-bourreau, prêt à dégainer un carton rouge si on se trompait mais dans le but d’arriver en premier à la case d’arrivée et bien entendu, de s’amuser. Un vrai moment de plaisir où pourtant, sans s’en rendre compte, les élèves conjuguaient et s’exprimaient spontanément en français. Ils ne se souciaient pas des aspects langagiers, pourtant bien présent. Non, le défi était ailleurs.

Un projet pédagogique pour apprendre en jouant

On joue au Memory à Geraybeyli (Azerbaïdjan) - Sources : Site Facebook ON JOUE

On joue au Memory à Geraybeyli (Azerbaïdjan) – Sources : Site Facebook ON JOUE


Ce souvenir qui m’a marqué, je l’admets, est hélas trop anecdotique. Nous ne jouions pas souvent. Pas assez en tout cas maintenant que je regarde dans le rétroviseur. Or, on sait combien le jeu ne devrait pas être un extra parce qu’il reste cinq minutes avant la fin du cours ou que les vacances approchent. Au contraire, il devrait occuper une place centrale dans l’apprentissage. En somme, intégrer le projet pédagogique dans lequel s’inscrit le parcours de l’apprenant. C’est ce qu’Anne-Marie Pauleau nous rappelle dans son article publié dans la livraison de ce mois de janvier du Français dans le monde (n°403 Janvier-février 2016). Elle y présente le projet pédagogique ON JOUE que portent l’Asdifle et la FIPF, un projet qui « encourage les enseignants à utiliser le jeu en classe, à lui donner toute sa place, ouvertement. Il vise aussi à lutter contre l’étiquette de « divertissement stérile » apposée aux activités ludiques » et donc démontrer que « jouer, c’est aussi enseigner« . Cette présentation est illustrée de deux exemples concrets de professeurs à s’être lancés dans ce projet.

Jeu(x) et langue(s) : un lien qui remonte dans le temps et à l’avenir prometteur

Et pour aller plus loin dans cette réflexion sur la place du jeu dans l’apprentissage, il ne faut surtout pas rater le dernier numéro de Recherches et Applications. Sous la direction d’Haydée Silva (Retrouvez son blog sur le jeu) et de Mathieu Loiseau, le numéro 59 de janvier 2016 y est entièrement consacré. Il vient certainement comblé un vide, non pas qu’il soit le premier mais il faut bien reconnaître que « par rapport au foisonnement de la production anglophone sur le sujet, le nombre d’articles et d’ouvrages qui ont vu le jour dans la communauté francophone est encore relativement restreint. » Ce numéro ne prétend pas être un recueil de plus d’activités ludiques pour la classe mais plutôt une réponse à la question et une réflexion à la fois sur le « lien entre jeu et enseignement/apprentissage des langues à l’heure de la perspective actionnelle. »
Le lecteur trouvera donc douze articles regroupés en trois parties et dont les auteurs arrivent des quatre coins de la planète (7 pays et 8 nationalités) ce qui permet de s’interroger sur le rapport qu’ont les apprenants de langue et les enseignants avec le jeu ; comment celui-ci permet de concilier la théorie et la pratique de la langue étudiée. Jouer est sans aucun doute une façon de se désinhiber, d’oser se jeter à l’eau plus facilement. Dans la deuxième partie, « Revisiter », on y aborde le jeu théâtral d’une part et l’écriture créative d’autre part mais on s’interroge aussi sur la place de la langue des apprenants notamment dans la transmission / compréhension des consignes pour un bon déroulement du jeu.
Finalement, dans la troisième partie « Renouveler », une large place est faite au numérique. Impossible de passer à côté. N’avons-nous pas tous en tête la gamification (ou ludification en « bon » français) de l’apprentissage ? Le terme est « dans le vent » nous rappelle Haydée Silva qui le définit comme étant « l’élargissement du paradigme ludique à des domaines dont il est censé être habituellement exclu : travail, santé, éducation… » Nous en parlions déjà dans ce blog il y a quelque temps : j’avais alors invité Fatiha Chahi à écrire sur le sujet. Elle y évoquait notamment les applications dans le domaine de l’apprentissage du français.
Nous le voyons, il s’agit d’une combinaison intéressante de deux éléments qui contribuent sans aucun doute à l’apprentissage des langues : le numérique, avec certainement une place importante à réserver aux outils du web 2.0 et le jeu, en particulier le jeu vidéo. Une façon de progresser dans l’emploi de la langue mais dans un contexte moins formel. On nous plonge dans cette « didactique invisible » dont nous parle C. Ollivier et à travers laquelle nous avançons à partir de parcours ou de scénarios actionnels où le jeu y a une place. Une scénarisation des apprentissages qui rejoint l’idée qu’à partir du moment où on utilise la langue, on l’apprend de façon consciente ou pas.

Ce numéro de Recherche et application est une lecture indispensable et qui va contribuer à renforcer les réflexions des responsables pédagogiques et directeurs des cours qui ici ou là cherchent de plus en plus à intégrer le jeu, pas uniquement dans des ateliers spécifiques mais véritablement dans la classe, ce qui veut dire l’inscrire au programme pour que ceux qui y ont déjà recours ne se sentent pas coupables d’être en train de voler un temps d’apprentissage précieux. De la même façon qu’il nous appartient du côté de l’édition d’envisager une plus grande présence du jeu dans les manuels ou sur les autres supports proposés. Le jeu renvoie au notion de plaisir et donc de motivation. Il fait aussi appel à la collaboration, à la coopération et à la créativité. Il contribue donc à préparer l’apprenant à faire face à des situations imprévisibles en mobilisant des compétences et des stratégies.
Bref, pour reprendre la citation de Cicéron que mentionne Anne-Marie Pauleau dans son article, il est temps de cesser de penser que le jeu ne peut être utilisé qu' »après avoir satisfait aux obligations graves et sérieuses » mais au contraire de l’intégrer pleinement dans le projet d’enseignement/apprentissage de la classe de langue.

Pour en savoir sur le projet ON JOUE
Facebook : http://www.facebook.com/ouifaitesvosjeux
Blog : http://faitesvosjeux.over-blog.com
Email : faitesvosjeux@outlook.fr

A propos du numéro 59 de Recherches et applications :
Ami(e)s du Mexique, vous pouvez assister à la présentation de ce numéro à Mexico le 16 février, à 12h, à la Facultad de filosofía y Letras de l’UNAM (salle A).

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Deux magazines pour la classe de FLE

Posted by Philippe Liria sur 12/02/2015

description6Quand on est professeur de français, quel que soit le pays où l’on enseigne, il est important de maintenir le lien avec l’actualité du monde francophone et de la didactique des langues. Ce qui était si difficile il n’y a pas encore si longtemps est devenu si simple aujourd’hui grâce à l’internet. L’autre jour, j’évoquais avec un ami le temps, pas si lointain pourtant, où, enseignant à l’Alliance française, j’attendais avec impatience les cassettes et coupures de journaux qu’on m’envoyait de France. Eh oui, des cassettes sur lesquelles étaient enregistrées les dernières chansons à la mode et les infos de France Inter ! A l’heure d’internet et du numérique, ni le professeur de FLE ni sa classe ne peuvent rester déconnectés du monde en français et francophones, que ce soit pour notre formation didactique ou celle en langue de nos apprenants. Bien sûr, nous recevions déjà le Français dans le monde (FDLM), alors dans son petit format carré. Aujourd’hui, le FDLM continue à être une référence que les professeurs de FLE attendent tous les deux mois et plus seulement dans sa version papier mais aussi sur internet ou sur leur tablette. Un véritable outil pour se maintenir au fait de l’actualité du FLE et qu’on devrait voir un petit peu plus souvent dans les médiathèques et salles de profs !
Plus récemment, c’est un nouveau compagnon de route qui s’est joint aux professeurs de FLE. Je fais référence au magazine LCFF. Vous ne connaissez pas encore !? En février, LCFF en est à son 26è numéro et c’est un petit régal qui nous invite à découvrir Bruxelles à travers différents articles souvent accompagnés d’un audio voire de vidéos grâce à un partenariat avec TV5Monde.
L’objectif de LCFF est de proposer des articles directement exploitables en classe à partir d’un niveau B1 du CECRL. Un encadré complète l’information avec une liste des mots ou expressions un peu plus difficiles. Toutes les explications sont en français. Les articles sont spécialement écrits pour le magazine par une équipe de chroniqueurs particulièrement enthousiastes, j’en témoigne, pour être ensuite adaptés par les spécialistes FLE de la rédaction de façon à ce qu’ils correspondent aux niveaux auxquels s’adresse LCFF. equipe-lcf2_jpg_640x860_q851
Depuis leur site, vous pouvez aussi retrouver l’ensemble des articles publiés (gratuits pour les abonnés) à partir d’entrées thématiques (Culture, mode, livres, société,etc.) ou selon le niveau du CECRL qui vous intéresse (B1, B2 ou C1). Autre rubrique sympa qui arrive directement dans votre boite-emails, c’est La litote qui propose, comme le décrit le site, un résumé « de l’actualité francophone de la semaine, un article complet sur un sujet d’actualité ou un phénomène culturel, un peu de vocabulaire, un point sur une règle d’orthographe, de grammaire ou de conjugaison et un jeu, une blague ou une phrase amusante« . LCFF Magazine est donc un outil auquel les apprenants peuvent avoir directement accès, en autonomie ou comme prolongement de la classe de français, en support numérique ou, pourquoi pas, dans sa version papier dans la médiathèque de l’établissement.

Pour en savoir plus :
Le français dans le monde
LCFF

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Travailler en français, un MOOC pour le français professionnel

Posted by Philippe Liria sur 14/01/2014

« Très peu de gens ont aujourd’hui travaillé sur des MOOC dans le domaine du FLE. L’expérimentation nous permettra (…) de réfléchir à de nouvelles modalités d’apprentissage en ligne »

Capture d’écran 2014-01-14 à 21.32.48Comme le signale le Français dans le Monde dans son dossier consacré au français professionnel (‘Dossier : Français professionnel, nouveaux publics, nouvelles pratiques’ in FDLM nº391, janvier-février 2014), notre langue « devient également une langue forte à l’international car [elle] offre de réelles opportunités d’emploi. Les cours de français professionnel ou sur objectif spécifique connaissent ainsi un succès croissant dans les écoles du monde. » Et pas seulement dans les écoles… C’est ainsi qu’à partir du 15 janvier, les apprenants du monde entier pourront renforcer leur compétence en français professionnel grâce au lancement du MOOC Travailler en français.
Alors pour en savoir plus sur cette initiative internationale, j’ai demandé à l’une des coordinatrices du projet, Alix Creuzé, de l’Institut français d’Espagne, de bien vouloir répondre pour ce blog à quelques questions…

Alix Creuzé, co-coordinatrice du MOOC Travailler en français

Alix Creuzé, co-coordinatrice du MOOC Travailler en français

Comment est née l’idée de ce MOOC de français professionnel ?

Le projet Voyages en français est issu d’une collaboration entre l’Institut Français d’Espagne et la région Aquitaine. Il a permis à l’équipe de professeurs concepteurs de se connaître, d’apprendre à travailler ensemble, de mutualiser à distance, de partager leurs compétences, et enfin de s’apprécier. Nous avons souhaité faire vivre autrement les ressources et activités que nous avons créées collectivement. Voyages en français est un site où l’approche interculturelle est omniprésente. Nous avons sélectionné le thème du travail qui répond le plus aujourd’hui aux demandes de nos étudiants, que ce soit en cours présentiel ou à distance. Il s’agit là d’un complément, ouvert, gratuit, où chacun prend ce dont il a besoin en fonction de ses objectifs. En tant qu’animateurs nous interviendrons comme facilitateurs mais ne jouerons pas le rôle de professeurs au sens attendu du terme. Nous ne proposerons pas, par exemple, de corrections mais des pistes pour que chacun puisse s’auto-évaluer, s’auto-corriger ou pour faciliter la correction entre pairs.

Qui sont les organisateurs et quels sont leurs intérêts à proposer ce type de MOOC ?

Avant tout il est important de rappeler que ce projet est celui d’une équipe plus que celui d’une institution. Evidemment, nous sommes appuyés par les quatre Instituts Français partenaires qui ont permis la mise en œuvre du MOOC et ont un fort intérêt pour la démarche d’innovation pédagogique. L’Institut français de Madrid et notre directeur des cours Sylvan Pradeilles, soutiennent ce projet : cela se fait à travers ses ressources humaines (notre équipe travaille depuis 12 ans maintenant sur des dispositifs de français langue étrangère à distance), sa logistique, ses équipements (des salles de visio-conférences notamment), son expertise technique, sa communication. Les Instituts français de Milan, Brême et Londres et l’Open University sont aussi partenaires. Le partenariat se matérialise avant tout à travers le travail de chaque équipe comme vous le verrez pendant le MOOC ! Je souligne la forte implication de Gaëlle Robin, directrice du Centre de Langue de l’Institut français de Londres, dans toute la réalisation de ce projet.

Il s’agit d’expérimenter une approche complémentaire, qui peut venir en appui aux cours présentiels. Apprendre une langue aujourd’hui, c’est diversifier les occasions de la pratiquer mais savoir aussi se poser des questions, faire des choix concernant ses objectifs, son parcours, quelle que soit sa modalité d’apprentissage, en présentiel ou en ligne. A nous d’accompagner cette prise de conscience et ce temps de réflexion individuel de tout apprenant.

Par ailleurs, en tant qu’enseignants, nous devons réfléchir aux ressources qui nous sont offertes, en ligne et hors ligne, à la manière dont nous pouvons aider les apprenants à se les approprier et à en tirer le meilleur avantage sans se noyer.
Cette expérimentation fait ainsi partie d’une réflexion sur notre stratégie numérique en tant qu’organisme d’enseignement apprentissage du français langue étrangère.

Qui forme l’équipe ? Comment travaillez-vous entre vous ?

Ce sont les concepteurs du site Voyages en français, à Madrid, Milan, Brême, Londres. Ces quatre Instituts français collaborent aussi pour le cours de français en ligne que nous proposons pour les niveaux A1 à B2. Nous avons ainsi une démarche et une réflexion permanente sur ce qu’est apprendre à distance, travailler dans une dynamique de mutualisation mais aussi sur la complémentarité entre présentiel et en ligne. Jérôme Rambert co-coordonne ce MOOC avec moi, notamment à travers son expertise sur les outils Google. En effet nous aurions pu utiliser notre plateforme d’apprentissage en ligne Moodle, ou l’outil collaboratif Spip utilisé pour le site Voyages en français, mais cela n’allait pas suffisamment dans le sens de l’ouverture complète. La gratuité de l’outil a été un élément décisif puisque nous n’avons pas de budget de développement. Il est fortement envisageable que nous fassions d’autres choix s’il y a une suite à cette expérimentation.

Le cinquième partenaire est l’Open University à Londres à travers Tita Beaven qui a été partie prenante dans notre démarche collaborative depuis 2008 et qui a suggéré de « faire un MOOC ensemble » après une première expérience avec l’Open University.
Nous travaillons à distance, avec tous types d’outils collaboratifs et en communiquant par visioconférences. Nous nous rencontrons une fois par an.

Quels sont les contenus de ce MOOC ? Qui les crée ?

Les cinq thèmes principaux sont issus du site Voyages en français (rubrique Pratique). Nous avons donc tenté d’incarner ces ressources autrement, de leur donner une « vie pédagogique » différente en proposant des activités et en les associant à d’autres compléments disponibles en ligne (applications web 2.0, ressources de fle, etc.)
Je cite toujours François Mangenot quand il parlait il y a des années du rôle de l’enseignant, celui de « baliser les parcours« , c’est ce que nous avons fait en amont et que nous ferons durant toutes la durée du MOOC.

À qui s’adresse ce MOOC ? Y a-t-il un test d’accès pour vérifier le niveau minimum requis ?

Le MOOC s’adresse à des étudiants de niveau B1 en cours d’acquisition (B1.2 et plus pour être plus précis). Nous proposons un test d’auto-évaluation à réaliser la première semaine. Ensuite, c’est ouvert : s’inscrit qui s’estime suffisamment compétent pour participer, tant sur le plan du niveau de langue que de la compétence technique car il y a aussi quelques pré-requis, notamment pour suivre les visioconférences.

Vous annoncez des travaux collaboratifs. Comment se mettent-ils en place ? Qui les coordonne ? Comment les apprenants travaillent-ils entre eux ?

Capture d’écran 2014-01-14 à 21.34.11Nous mettons à leur disposition une boîte à outils. Nous voulons éviter la surcharge cognitive car nous ne sommes pas une formation TICE, mais il est difficile parfois de se limiter ! A chacun ensuite de faire sa propre sélection. Encore une fois nous ne sommes pas dans le cadre d’un cours en ligne (j’allais dire « cours en ligne traditionnel » puisqu’il fait aujourd’hui partie intégrante de notre offre de cours) comme nous le faisons sur notre campus de cours en ligne Moodle… Ici tout sera ouvert et s’appuiera sur l’implication des participants.
Les animateurs-facilitateurs veilleront à accompagner ce cheminement : être là pour faire vivre l’espace MOOC, répondre aux questions, donner des pistes, résoudre des problèmes concrets, etc.

Avez-vous élaboré ou élaborerez-vous des capsules video avec des modèles d’entretien d’embauche ? Introduisez-vous des concepts comme le CV-vidéo ?

Le concept est bien entendu abordé, ne serait-ce qu’au travers de ressources complémentaires que nous proposons sur le site Voyages en français. Les participants pourront réaliser leur CV vidéo avec des applications disponibles en ligne et les mettre en commun s’ils le souhaitent. En ce qui concerne les contenus, nous allons tenter, grâce à l’apport des experts qui interviendront dans les visioconférences, que les participants comprennent combien la faculté d’adaptation est importante pour trouver un emploi aujourd’hui quel que soit le pays dans lequel on travaille. Les outils de recherche évoluent très rapidement. Si l’on ajoute à cela le fait de se retrouver dans un autre pays que le sien, dans une langue différente, dans une culture différente, on comprend que la tâche est loin d’être aisée.

Le maître-mot est l’ADAPTATION !!! Savoir se repérer, sélectionner, oser se lancer, mais aussi savoir évoluer en restant soi-même, modifier ses représentations, poser des questions, etc.

Quels sont les objectifs de ce MOOC ? Quelle retombée attendent les organisateurs ?

Très peu de gens ont aujourd’hui travaillé sur des MOOC dans le domaine du FLE. L’expérimentation nous permettra, je l’espère, de réfléchir à de nouvelles modalités d’apprentissage en ligne et hors ligne (j’insiste sur cette complémentarité). A travers le notre suivi et les questionnaires d’évaluation en début, milieu et fin de parcours, nous tenterons d’analyser la motivation, l’implication des apprenants dans un dispositif complètement ouvert comme celui-ci.
Bien entendu, pour l’Institut français, c’est aussi une façon de faire connaître notre expertise en matière de dispositifs en ligne, cours et tutorats.

Le programme actuel est sur 6 semaines. S’agit-il d’une expérimentation ?

Oui, et c’est vraiment ainsi que nous demandons à chacun d’appréhender cet événement, avec curiosité certes mais aussi envie de s’impliquer et bienveillance. Si nous nous appuyons sur nos expériences acquises aussi bien dans l’enseignement/apprentissage que dans les parcours en ligne, il y a beaucoup de paramètres inconnus. Nous savons que nous aurons des surprises – bonnes ou mauvaises -, des difficultés certainement, mais espérons que cela sera une base pour avancer !

Combien d’apprenants sont attendus pour cette première ?

Nous avons plus de 800 inscrits et tous les jours de nouvelles inscriptions. Il y a beaucoup de curieux mais c’est en tout cas, d’après les questionnaires d’inscriptions en ligne qu’ils ont remplis, le signe que nous répondons à un besoin réel.

Les questionnaires nous indiquent qu’ils se sont inscrits pour différentes raisons : certains doivent partir vivre dans un pays francophone ou y vivent déjà, pour pratiquer en français sans objectifs précis, pour participer à une semaine concrète qui répond à un besoin immédiat voire urgent, ou encore se construire un « réseau » de pairs avec lesquels échanger. Certains viennent « pour voir ». Pour quelques enseignants enfin, la participation s’inscrit dans le cadre d’un projet de classe plus large et les apprenants vont à la fois travailler dans la classe et sur le MOOC.

Pour l’équipe d’enseignants que vous coordonnez, qu’attendez-vous de participants qui ont ‘le droit de participer silencieusement’ par exemple ?

Oui, vous évoquez la charte ITYPA que nous avons fait nôtre dans ses grands principes en tout cas, la liberté de participer ou pas, d’être passifs ou pas, de suivre tout le parcours ou une seule semaine … Nous entrons là dans la grande inconnue du MOOC !!! J’en profite pour dire que Christine Vaufrey, rédactrice en chef de Thot et co-conceptrice d’ITYPA nous a aussi donné des pistes et, comme elle nous l’a dit, généreusement « passé le relais« . En effet, pour moi, le MOOC ITYPA reste exemplaire : des formateurs, concepteurs qui se lancent avec les moyens du bord, rencontrent des difficultés, essuient des échecs mais au final ont permis à une grande quantité de participants, de comprendre, de faire, de se poser des questions de découvrir et de « passer« (transmettre) aussi à d’autres ce qu’ils ont appris.

Il y aura certainement beaucoup d’observateurs silencieux mais, nous voyons avec plaisir que des professeurs ou des apprenants se proposent par mail pour donner « des coups de main » … Nous sommes très favorables à cela évidemment !

Quel avenir pour les MOOC d’apprentissage du français ?

Pour moi, le mot MOOC n’a pas beaucoup d’importance, ni d’intérêt en soi et je me méfie du mot ‘massif’. Tout dépend de la façon dont on l’interprète ! Certains parlent aussi de C.MOOC (C pour constructiviste) et cela correspond plus à ce que nous voulons faire. Ce qui est intéressant c’est le dispositif et les possibilités immenses que nous offrent les outils en ligne aujourd’hui. Mais la réflexion sur l’apprentissage reste identique : comment proposer des activités qui s’appuient sur les interactions, l’action et non des contenus purement transmissifs alors que l’on ne sait pas a priori à qui l’on s’adresse ni à combien de personnes ? Est-ce que cela ne remet pas en cause notre démarche ? Nous avons déjà certaines réponses car les questionnaires auxquels les participants ont déjà répondu nous permettent de connaître leurs motivations. Mais comment vont-ils suivre les parcours ? Vont-ils participer ou juste venir en tant qu’observateurs passifs ? Vont-ils regretter les corrections, les notes ? Nous ne le savons pas encore. La dynamique de notre projet s’appuie sur la participation, apprendre avec les autres. Bref, MOOC ou pas MOOC, rien de nouveau en fait ! L’enjeu reste le même, apprendre et pratiquer le français. Nous savons de par notre expérience d’enseignants dans des contextes hybrides que « se mettre en action » quand on travaille en ligne n’est pas toujours facile pour les apprenants. Cela demande une implication très forte, nécessite une grande motivation et surtout le sentiment que l’effort en vaudra la peine. Cela implique quelques sacrifices pendant un temps donné, une régularité dans le travail, une prise de risque …Nous en saurons un peu plus dans quelques semaines !

Merci Alix et toute l’équipe de Travailler en français.

Date de lancement du site : le 15 janvier 2014.

Pour en savoir plus :
https://sites.google.com/site/mooctravaillerenfrancais/home
http://voyagesenfrancais.fr/?lang=fr

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Rayonnement ? Non, éblouissement !

Posted by Philippe Liria sur 12/11/2013

laurent_fabiusQuand j’ai vu que mon ministre répondait aux questions de Sébastien Langevin dans le dernier numéro du Français dans le Monde (FDLM, nov./déc. 2013, n°390), je me suis précipité dessus. Parce que, monsieur Fabius, vous êtes en quelque sorte mon ministre. En effet, même si je ne suis plus professeur de français langue étrangère, je continue à partager avec eux un même cercle. Ce cercle qui se trouve justement dans votre champ ou devrais-je dire votre « rayon » d’action ?
J’avais très envie de vous lire. Cela vous paraîtra peut-être très corporatiste, mais je voulais surtout savoir ce que vous alliez dire sur les professeurs de français. Normal après tout, la revue s’adresse quand même à eux. J’ai donc un peu « zappé » vos propos sur notre grandeur. Je l’admets et m’en excuse car il ne fait nulle doute que c’est grâce à notre force économique au-delà de nos frontières que nous maintiendrons vivant l’intérêt pour apprendre notre langue. Nous ne pouvons l’ignorer. Et les questions de Sébastien Langevin vous ont permis d’expliquer en long et en large les enjeux que suppose cette politique extérieure dont vous êtes le plus haut dignitaire. Rassurez-vous, j’ai bien retenu l’essentiel : la France rayonne dans toute sa puissance sur le monde. Enfin, à vous lire, c’est que nous retenons.
Je ne sais plus combien de fois vous utilisez le mot ‘rayonnement’, peut-être un peu trop d’ailleurs… et je dirais que tout ce soleil dans les yeux finit par éblouir et il ne nous laisse plus voir la réalité. Non pas cette réalité de salon, celle qu’on se plaît à ressortir dans un discours d’ambassade, verre à la main et petit four dans la bouche. Réalité de salon que vous reprenez en citant des chiffres sur la Francophonie ; ces chiffres qu’on publie un peu partout, sortis dont ne sait trop où – apparemment personne ne le sait vraiment – mais qui en font sourire plus d’un. Peu importe, ceux-ci nous promettent un monde idéal, tout plein de citoyens du monde qui dans une trentaine d’années parleront français. 750 millions ! Quelle merveille ! Je veux y croire. Si si, sérieusement ! Voyant les procédés auxquels on a recours pour faire grossir les chiffres (sans doute sous une bonne exposition au rayonnement solaire) en rendant francophones dans les statistiques des populations qui, à l’exception de leurs élites, n’ont parfois jamais entendu un mot de français. Mais il est vrai que sous certaines latitudes se sont nos hommes d’affaires qui sont éblouis par toutes ces richesses qui émanent de la terre…
Éblouissement encore quand vous parlez de ces étudiants étrangers… Certes la France continue a distribuer des bourses mais n’oubliez pas que que depuis quelques temps ce n’est plus vers la France que la plupart regarde, mais de plus en plus vers le Québec. Pas grave, et même si le soleil y brille moins fort que sur la Côte d’Azur (ça rayonne moins diriez-vous), les portes y sont un peu moins fermées que dans l’Hexagone où il faut montrer « pattes blanches »… Au pluriel vue toute la paperasse à fournir… Quant au blanc, espérons qu’un certain bleu d’une triste et inquiétante marée montante ne le transforme en condition d’entrée ! D’aileurs, connaissez-vous la galère de ces jeunes étudiants? Avez-vous vu l’espoir d’un avenir meilleur briller dans leurs yeux, espoir qui ne faiblit pas malgré les heures et les heures de queue pour accéder à un bureau de Campus France. Parfois après des centaines ou des milliers de kilomètres en bus ! Éblouis eux aussi par une France rêvée, un peu trop sans doute, ils attendent, diplômes et DELF B1 ou B2 en poche, que les portes de cette grande France s’ouvrent. Entre-temps ces courageux futurs étudiants étrangers en France, s’ils n’abandonnent pas le combat en chemin, auront peut-être cessé de croire en notre pays dont vous vantez si bien les valeurs. Images ternies. La réalité brille un peu moins que ne rayonnent vos mots.
Avant d’atteindre la question sur les profs de FLE, et donc votre réponse, je me suis quand même arrêté aussi sur celle concernant l’Institut français. Et j’ai cherché la réponse dans vos propos… Je la cherche encore, mais je ne doute pas que la lumière se fera et que j’y verrai plus clair. Ce doit être l’effet d’éblouissement qui m’empêche de la trouver ou de la trouver un peu floue. La lueur semble être dans la formation… Ah la formation !! En attendant, heureusement que celle-ci vient d’ailleurs dans bien des cas parce que depuis certaines institutions, on la fait miroiter à beaucoup mais peu la voient. L’Institut… Éblouissement ? À en croire les différents articles parus dans la presse, il semblerait que depuis cette interview, vous avez été plus clair sur l’avenir de cette institution. L’heure du glas aurait-elle sonné pour elle, deux après sa création ? (cf. Le Monde, 23/10/2013).
Arrive la fin de l’interview et nous en venons (enfin) aux professeurs de français. La chaleur de vos remerciements sera appréciée. Sincèrement, je ne rigole pas. Votre prédécesseur ne semblait même pas se souvenir de l’existence de ces petits soldats de plomb que j’ai évoqués dans un modeste billet sur leur situation ou plutôt leurs conditions professionnelles. Cela fait toujours plaisir. Ça n’aide pas les établissements ni les directeurs d’établissements locaux ou du réseau à disposer de plus de crédits, ni les coordinateurs pédagogiques ou les professeurs… mais ça nous met du baume au coeur. Même si ça fait un peu discours de salon, vous en conviendrez. Ah cette diplomatie française ! Ce n’est pas pour rien que vous en êtes le plus haut représentant.
Alors éblouissement ? Il faudra peut-être poser la question à ces professeurs, indissociables de cet « enjeu de la politique du français » pour reprendre vos propos. Ils apprécieront de vous lire, entre 6h du matin et 22h, dans les nombreux transports qui les mènent de cours en cours pour faire leur 30, 32, … 37 heures de cours hebdomadaires (les préparations sont à part, vous pensez bien) pour des salaires qui peuvent atteindre, accrochez-vous bien au siège de votre jet qui vous ramène à Paris, les 1500 euros, et pour le coup, comme on dit, c’est vraiment bien payé ! Et je sais, car comme vous, je consulte fle.fr, qu’il y a des postes à 3000 euros si j’ai deux masters et j’accepte de m’enfermer dans une zone sécurisée d’Afghanistan pendant six mois.
Rassurez-vous, malgré ces conditions pas vraiment brillantes pour ces représentants de la France et de sa langue que sont les professeurs de FLE, ceux-ci continuent dans leurs cours à parler de ces valeurs, des droits de l’Homme, de la société d’accueil… Bref ils sont les vrais ambassadeurs de ce rayonnement, sans bla-bla ni bling-bling. Sans vains mots, ni discours de salon ni éblouissement, mais du vrai, de l’authentique et une motivation incroyable par-dessus tout pour que partout dans le monde on continue à apprendre notre langue.

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Lecture d’été : (mieux) intégrer les technologies en classe de FLE… Quelques pistes pour enseignants et apprenants

Posted by Philippe Liria sur 08/08/2013

apprentissage_lgAlors que nous nous posons mille et une questions sur l’efficacité d’apprendre une langue à travers des plateformes virtuelles, voilà que je suis tombé tout à fait par hasard sur ce que nous appellerions aujourd’hui un publi-reportage promettant un apprentissage de l’anglais « sans quitter votre résidence, sans rien modifier à vos occupations de chaque jour ». Comment ? Tout simplement grâce à la « Méthode Linguaphone pour l’enseignement des langues » qui promet au lecteur d’avoir toujours auprès de lui « plusieurs professeurs qui non seulement [lui] inculqueront patiemment des mots, des phrases, des tournures correctes, mais [lui] apporteront l’atmosphère du pays ». Si ce texte n’était extrait des pages annonces d’un numéro de L’illustration de 1935, nous pourrions presque croire qu’il s’agit d’une présentation promotionnelle d’un de ces nombreux espaces d’apprentissage de langues en ligne comme Babbel, Busuu ou Livemocha qui promettent à leurs étudiants de pouvoir « réellement parler une langue » (Livemocha). Nous ne sommes finalement pas si éloignés des promesses de Linguaphone qui prétendait enseigner une langue « telle qu’on la parle ». À ce sujet, je vous recommande d’écouter l’introduction à ce cours d’anglais prononcée par Bernard Shaw (parties 1 / 2 et parties 3 / 4, transcription).busuu
Hasard du moment, deux ou trois jours plus tard, arrivait sur mon bureau le dernier numéro de Recherches et applications (nº54, juillet 2013) consacré, comme son titre l’indique, aux mutations technologiques, nouvelles pratiques sociales et didactiques des langues. Et en lisant la présentation que font les deux coordinateurs de ce numéro, Christian Ollivier et Laurent Puren, je repensais à cet article sur l’anglais quand ils écrivent que « depuis un siècle, l’histoire de la didactique des langues est intimement liée à celles des avancées technologiques intervenues dans le domaine des médias audio-visuels et des TIC. »
Cependant, et au-delà de cette curieuse coïncidence, je ne peux que vivement recommander la lecture des articles de ce Recherches et applications. Elle permet de faire le point sur tous ces changements qui font que « notre rapport à la connaissance mais également à nous-mêmes et aux autres […] s’en trouve profondément bouleversé. » comme l’affirment Ollivier et Puren. Ils le font en menant d’une part une réflexion sur l’évolution que ces technologies ont entrainée dans les pratiques didactiques et d’autre part, sur l’utilisation qu’ont les apprenants-internautes pour tirer au mieux profit du web social (sur le même sujet, je recommande aussi la lecture d’un article publié sur le site ALSIC à propos de stratégies d’apprentissage dans un environnement virtuel). Finalement, une dernière partie porte sur l’avenir de l’enseignement/apprentissage grâce aux technologies émergentes.
r&a_juillet2013Ce numéro de Recherches et applications proposent donc douze articles distribués en quatre parties :
1. Quel lien entre évolutions technologiques et évolutions didactiques ;
2. Les modifications de la communication en situation d’enseignement/apprentissage et le fonctionnement des communautés Web 2.0 ;
3. Les conséquences du numérique sur le manuel de langue ;
4. L’apprentissage en ligne

Ces douze articles arrivent à point nommé alors que nous parlons de plus en plus des technopédagogies mais aussi à un moment où nombreux sont les enseignants qui se posent des questions sur l’utilité réelle de certains outils « apparus » (je choisis vraiment ce terme tant on a l’impression que ces tableaux sont parfois – souvent ? – arrivés dans les salles sans aucun accompagnement formatif ni réflexion sur une utilisation pédagogique de cet outil) dans leur classe, comme le TNI ou sur la possibilité de changer leur pratique de classe car Internet n’arrive pas dans leur salle de cours ou le débit est tellement lent qu’il n’est même pas envisageable de mettre en place des activités basées qui demandent d’être en ligne. Ou encore de voir comment les smartphones sont mis au ban de la classe plutôt que d’être un véritable compagnon d’apprentissage. (Lire aussi En classe… à l’ère numérique)
Inutile de vous dire aussi que les réflexions sur les manuels de langue que fait Puren dans son article Manuels d’apprentissage, entre papier et numérique ou les réflexions de Guichon et Soubrié dans Manuels FLE et numérique : le mariage annoncé n’a pas (encore ?) eu lieu ne me laissent pas indifférent. Il est temps en effet que les éditeurs – et les auteurs – de manuel arrivions à concevoir des contenus qui intègreraient pleinement la dimension numérique et que ce ne soit plus un simple prolongement du papier. Pas simple et pourtant cela nous permettrait de proposer aux enseignants de FLE un matériel qui aiderait encore plus à accompagner les changements méthodologiques en matière d’enseignement/apprentissage des langues.
J’admets que ce petit (et excellent) livre n’est certainement pas la lecture à vous accompagner sur la plage – si vous êtes en pleines vacances d’été -, mais il pourrait en tout cas être dans votre cartable ou votre tablette à la rentrée, vous y trouverez une quantité de réflexion et de nouvelles pistes, ainsi qu’une très riche bibliographie, pour (mieux) intégrer les technologies dans la classe et que celles-ci soient vraiment au service de l’apprentissage.

Référence :
Mutations technologiques, nouvelles pratiques sociales et didactiques des langues in Recherches et applications, nº54 (juillet 2013), Français dans le monde, éd. CLE International/FIPF – ISBN 978-2-09-037127-7

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Fiche pédagogique :Travailler la chronique radio en classe

Posted by Philippe Liria sur 02/09/2012

Je me souviens encore qu’il y a un peu plus de quinze ans, si on voulait avoir des émissions de radio en français dans nos cours, on faisait appel à la famille ou aux amis en France pour nous faire expédier des cassettes (!) qui arrivaient avec des jours voire des semaines après les événements qu’on nous avait gentiment enregistrés sur la radio. Inutile de préciser que la qualité d’écoute laissait souvent à désirer. Il y avait aussi les cassettes puis les Cd que la revue du Français dans le monde élaborait tous les deux mois. On les attendait impatiemment pour pouvoir ensuite préparer nos cours avec des documents authentiques ! Aujourd’hui, on rit en pensant à ce temps révolu (et pourtant pas si loin !). Internet et les applications nous permettent d’avoir à présent accès à une quantité d’émissions incroyables, non seulement françaises mais aussi du reste de la Francophonie. Une merveille ! Pour le plaisir et pour la classe… Tout le monde connaît La danse des mots qu’anime Yvan Amar sur RFI. Aujourd’hui, je vous propose une petite fiche pédagogique avec un exemple d’exploitation d’une chronique radio – en l’occurrence celle qu’anime Anthony Bellanger sur RTL.

Télécharger la Fiche_pedagogique_emission_radio

Quelques radios francophones en ligne
Le site de Radio France
À partir de ce site, vous pouvez écouter ou réécouter l’ensemble des émissions des différentes stations de Radio France (France Inter, France Culture…). Vous pouvez aussi les écouter grâce à leur application très complète (qui m’a même permis pendant ces vacances d’écouter mes keleir sur Breizh Izel, elles sont si rares ces heures en breton).

Le site de RFI

Le site RTL (aussi disponible sur l’application)

Le site Radio-Canada

Le site de Radio Télévision Suisse (RTS)

Et puis Francoradios, un site à partir duquel vous pouvez retrouver quelques 119 stations francophones en ligne, en France, en Suisse, en Belgique, au Canada, en Afrique…

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