Le blog de Philippe Liria

Auteur, formateur, consultant et éditeur de français langue étrangère (FLE)

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Innovation et créativité sont au rendez-vous le 28 novembre prochain

Posted by Philippe Liria sur 23/11/2019

Un grand jour dans votre agenda… enfin peut-être

Le 28 novembre sera un grand jour pour beaucoup d’entre vous, lectrices et lecteurs : c’est le Jour du prof de français ! Le premier de l’histoire ! Pas question d’aigrir la fête mais j’aurais quand même une pensée pour toutes et tous qui n’aurez peut-être pas le temps de célébrer quoi que ce soit (car ce n’est pas férié) en raison d’un emploi du temps compliqué, entre 7 heures du mat et 23 heures, pris entre votre cours en entreprise, l’école de langues qui vous donne quelques heures par-ci par-là – si elles ne sont pas annulées au dernier moment -, les cours particuliers en présentiel et peut-être, parce que vous êtes de plus en plus à en avoir, votre cours en ligne à pas d’heure avec un apprenant à l’autre bout du monde… D’ailleurs, si vous êtes parmi celles et ceux qui donnez justement un cours en ligne et si vous avez deux minutes de battement, entre un cours, des copies à corriger et un sandwich avalé à la va-vite, contribuez à cette journée en témoignant de votre expérience sur ces cours en ligne. C’est l’occasion car cette Journée internationale des professeurs de français est justement consacrée à l’innovation et la créativité. Les cours de FLE en ligne, avant de devenir des produits des écoles de langues, ont d’abord été un moyen pour plusieurs d’entre vous d’arrondir les fins de mois en proposant de faire classe grâce aux possibilités que nous donnent les visioconférences, même très élémentaires parfois mais de plus en plus sophistiquées aujourd’hui.

J’ai dit que je ne voulais pas aigrir la journée en ne parlant que de la grande précarité qui règne dans le monde du FLE. J’ai entendu récemment qu’il n’était pas question que les profs de français ne tombent dans l’ubérisation. Ils ne risquent pas, ils l’ont précédée ! On peut même se demander s’ils n’ont pas inspiré les Glovo et autres coursiers précarisés de la nouvelle économie. Bref, pensons en positif, sans être bisonours pour autant ! Célébrons donc que tout à coup, on se soit souvenu que les profs de FLE existent ainsi que toutes celles et tous ceux qui enseignent dans les filières bilingues un peu partout dans le monde – et vous êtes de plus en plus nombreux/-euses -. Et qui aussi devez faire souvent preuve d’une grande créativité pour pallier le manque de ressources quand il s’agit d’enseigner en français de l’histoire, des maths, des SVT… même si depuis quelques temps, il semblerait que les choses s’améliorent.

Une journée pour partager expériences et pratiques

L’objectif de cette journée n’est d’ailleurs pas de parler de toutes ces choses qui fâchent. Le 28 novembre, c’est un peu comme un repas de famille où on demande aux grincheux de ne parler ni politique ni religion. L’objectif est bel et bien de « valoriser le métier d’enseignant de français » mais sans aborder les conditions dans lesquelles il ou elle exerce sa profession. Non, il s’agira tout simplement de « créer du lien » mais aussi, – c’est gentil – « de la solidarité ». On ne parle pas des problèmes mais on compatit. Ça doit être un des points en lien avec cette empathie dont on parle tant aujourd’hui et dont il faut faire preuve dans les cours. L’idée de cette journée est de « partager (…) expériences et (…) pratiques » nous rappelle la brochure éditée pour l’occasion. Une idée qui remonte à un souhait du Président Emmanuel Macron de valoriser le métier de professeurs de français dans le monde, « ces héros bien particuliers qu’on appelle les professeurs de français« , déclarait-il le 20 mars 2018 à l’occasion de la Journée de la Francophonie. C’était clairement exprimé dans le point 6 du chapitre Apprendre du dossier de presse du même jour : Une ambition pour la langue française et le plurilinguisme et publié directement par les services de l’Elysée. Ce n’est peut-être pour le moment qu’une petite goutte dans le désert budgétaire du FLE mais à défaut de moyens, il y a l’ambition. Avant, chez ses prédécesseurs, le prof de français à l’étranger n’existait même pas ! Ce dossier étant d’ailleurs public, il faudrait peut-être s’appuyer un peu plus dessus, et pas simplement depuis les services de coopération des ambassades, pour faire remonter des initiatives permettant d’améliorer le statut du prof de FLE qui n’a guère évolué ces derniers années (en tout cas pas en mieux). Car c’est en améliorant les conditions dans lesquelles ils / elles réalisent leur profession que nous pourront aussi relever le défi de « redonner à la langue française sa place et son rôle dans le monde« . Car à travers cette amélioration absolument nécessaire dépend aussi la qualité des cours donnés… parce qu’il faut bien avoir le temps de les préparer (eh oui !) et pour les préparer, il faut avoir du temps pour mener une veille pédagogique (et même pédago-numérique), se pencher sur les ressources existantes (ou en créer de nouvelles), en prendre pour expérimenter du matériel et des techniques de classe. On n’innove pas d’un coup de baguette magique (eh non !). L’innovation demande du temps. Et on ne peut qu’applaudir tout le talent dont vous faites preuve parce que, malgré justement le manque de temps, vous arrivez déjà à être innovants et créatifs. Imaginez donc si en plus, vous aviez le temps et les moyens !

Des initiatives un peu partout sur la planète

L’idée de cette grande fête du 28 novembre semble avoir pris et depuis quelques jours, on voit apparaître sur les profils des profs de français un peu partout dans le monde un cadre aux couleurs de cette journée. Et c’est une bonne chose (même si je grogne un peu). C’est peut-être un premier pas vers une prise de conscience que les acteurs du FLE formons une grande famille, au-delà même des associations locales ou nationales ou de la FIPF qui participe bien sûr à cette journée et propose la #jipf en vidéo. Le mouvement autour de ce 28 novembre n’est pas que symbolique autour de ce ruban qui enveloppe nos profils : on a vu qu’autour de cette journée, ce sont montées des activités multiples et variées aux quatre coins de la planète. Parfois ce sont des conférences, parfois des ateliers, parfois encore des jeux ou des concerts… Pas question ici de reprendre tout ce qui va se passer mais allez jeter un oeil sur le site dédié et vous verrez qu’il y a vraiment beaucoup de choses qui se passent. D’ailleurs le site a mis en ligne un programme interactif qui permet de retrouver facilement pays par pays, ville par ville et même catégorie par catégorie tout ce qui se fera ce jour-là. On remarquera la nombre impressionnant d’événements programmés en Europe mais aussi en au Mexique et en Amérique centrale. On peut certainement faire mieux mais c’est déjà bien pour une première, surtout quand on sait que le temps, encore lui, a terriblement manqué pour organiser ce grand moment pour les professeurs de français du monde entier.

Dans le cadre justement de cette grande journée internationale des professeurs de français, je vous propose de retrouver le miniMooc que nous proposons depuis CLE International au sujet de la classe inversée. Ce sera à partir de 16 heures (heure de Paris) mais vous pourrez ensuite visionner à tout moment les capsules sur la chaîne Youtube de CLE International. Et si vous êtes au Mexique, vous pouvez aussi vous assister à la conférence que prononcera Sébastien Langevin, rédacteur en chef du Français dans le Monde (revue dont c’est aussi un peu la fête en quelque sorte) à la Casa de Francia (Ciudad de México). Une façon pour les partenaires que nous sommes dans votre quotidien d’enseignant de FLE d’être aussi avec vous pendant cette journée.

Pour en savoir plus

Le site officiel du Jour du prof de français : https://lejourduprof.com

Le jour du prof de français, mode d’emploi. Brochure en ligne : https://www.auf.org/wp-content/uploads/2019/07/K3990_Brochure_JPF_web.pdf

Une ambition pour la langue française et le plurilinguisme, Services de presse de la Présidence de la République : https://www.diplomatie.gouv.fr/IMG/pdf/une_ambition_pour_la_langue_francaise_et_le_plurilinguisme_cle816221.pdf

MiniMooc CLE Formation « La classe inversée », 28 novembre 2019 (à partir de 16h) : https://www.cleformation.org/agenda-cle-formation/minimooc-la-classe-inversée/

La #jipf en vidéo. Pour y participer : http://fipf.org/actualite/participez-la-jipf-en-video

 

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De l’air venu d’ailleurs

Posted by Philippe Liria sur 23/01/2017

Stromae a reçu la Grande médaille de la francophonie.

Le chanteur Stromae

Dans son édito du n°409 du Français dans le monde, Sébastien Langevin, rédacteur en chef de la revue des professeurs de français du monde entier, nous rappelle qu’en décembre dernier, Stromae a reçu la Grande médaille de la Francophonie des mains de Xavier Darcos, ancien président de l’Institut français et membre de l’Académie française. Et d’ajouter que ce « n’est pas anodin que la vénérable institution honore ainsi un jeune chanteur belge d’origine rwandaise. Avec cette distinction, les Immortels ont souhaité mettre à l’honneur la langue française telle que nous la considérons, telle que nous l’aimons et telle que nous l’enseignons. »

En effet, les propos tenus dans cet édito sont absolument nécessaires en ce début d’année qui va être marquée par le calendrier électoral. Nous ne pouvons oublier qu’enseigner le français, c’est transmettre aussi et surtout les valeurs intrinsèquement liées à notre langue. Parmi celles-ci, il y a bien entendu la liberté, en particulier celle de circulation des personnes ; celle qui fait que les êtres humains doivent pouvoir choisir librement le territoire où ils vivent. Hélas, beaucoup n’ont d’autre choix que de fuir leur terre en raison de la guerre, de la misère et de plus en plus aussi, des changements climatiques. Quitter sa terre n’est jamais simple et c’est rarement le résultat d’un acte volontaire, sauf si on habite le premier monde. Pourtant des murs se lèvent en même temps que la peur de l’autre croît. Depuis l’Europe nombreuses sont les voix qui s’élèvent contre le mur que veut dresser Trump pour séparer le Mexique (et toute l’Amérique latine) des Etats-Unis. Mais n’oublions pas, non plus, qu’il n’y a pas que les menaces fascisantes en 140 caractères de ce pitre d’outre-Atlantique maintenant président : l’Europe aussi dresse ses murs. Elle le fait à ses frontières, qu’ils aient la forme d’horribles grillages comme dans les colonies de Ceuta ou Melilla ou que ce soient ces camps en Italie ou en Grèce où sévissent la pénurie, l’insalubrité et le terrible froid de l’hiver ; sans parler de la Méditerranée occidentale, autrefois carrefour de civilisations et aujourd’hui témoin involontaire et impuissante du drame dont les eaux, transformées en cimetière humain, sont le terrible scénario !

Dessin de Capdevilla publié dans El Watan (17/09/14)

Dessin de Capdevilla publié dans El Watan (17/09/14)


En fermant nos portes aux réfugiés d’aujourd’hui, nous ne rendons-nous donc pas compte que nos esprits sentent de plus en plus le renfermé ? On voit un peu partout en Europe ces extrémistes bomber le torse, grandis par le succès populiste de Trump. Il est grand temps qu’une bouffée d’air chasse les discours alarmistes qui cherchent à nous faire croire que nous allons perdre notre identité. Notre identité ? Mais n’est-elle pas la somme de tous ces icis et de tous ces ailleurs ? C’est ce qui la rend vivante ! Quand nous transmettons la langue française à travers nos manuels et dans nos cours, nous ne le faisons pas pour glorifier des temps passés qui sentent le souffre. Les Gaulois – qui au passage ne parlaient pas français – et autres Jeanne d’Arc appartiennent à ce roman national franchouillard empreint d’un nationalisme nauséabond d’une IIIè République revancharde. Ce n’est pas notre rôle de nous faire les porte-paroles de ces idées ringardes qui, hélas, refont surface. Le français que nous enseignons est celui qui sent bon la lavande de Provence, peut-être, mais c’est aussi celui du couscous, des shawarmas et de tant d’autres saveurs venues des quatre coins du monde et qui enrichissent nos papilles et nos esprits. C’est peut-être le français de Molière – que nous aurions pourtant certainement du mal à comprendre si nous l’écoutions dans sa version originale -, mais c’est aussi et surtout celui qu’on entend dans le métro parisien, dans les rues de Bamako, de Montréal, de Pointe-à-Pitre ; celui qui s’est brassé depuis ses premiers balbutiements avec le breton, l’occitan, l’arabe, etc. et continue de l’être grâce à toutes celles et tous ceux qui l’emploient que ce soit dans leur vie privée, leur milieu professionnel ou leur expression artistique.
Et le français de demain, avec ses je ne sais combien de centaines de millions de locuteurs annoncés en 2050 surtout sur le continent africain, ne sera une réalité que si ce brassage se poursuit. C’est la seule voie possible pour que la langue française survive dans ce concert multilingue de la planète, n’en déplaise aux tenants de ces discours aux relents xénophobes qui envahissent la scène politique française depuis quelque temps -trop de temps ! Cette langue que nous enseignons doit contribuer, ne fût-ce que très modestement, à empêcher de dresser des murs populistes qui seraient, à écouter ces politiques, le remède de nos maux. J’aimerais en rire et me dire qu’il ne s’agit que d’un cauchemar que j’oublierai en ouvrant les yeux mais les sondages ne sont guère optimistes – croisons les doigts pour qu’une fois de plus ils se trompent mais dans le bon sens -. Et de notre côté, continuons à enseigner le français dans cette optique d’ouverture. Car enseigner / apprendre une langue, c’est avant tout tendre la main vers l’autre et montrer que nos diversités sont nos richesses pour construire ensemble l’avenir humain de cette planète.

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Rayonnement ? Non, éblouissement !

Posted by Philippe Liria sur 12/11/2013

laurent_fabiusQuand j’ai vu que mon ministre répondait aux questions de Sébastien Langevin dans le dernier numéro du Français dans le Monde (FDLM, nov./déc. 2013, n°390), je me suis précipité dessus. Parce que, monsieur Fabius, vous êtes en quelque sorte mon ministre. En effet, même si je ne suis plus professeur de français langue étrangère, je continue à partager avec eux un même cercle. Ce cercle qui se trouve justement dans votre champ ou devrais-je dire votre « rayon » d’action ?
J’avais très envie de vous lire. Cela vous paraîtra peut-être très corporatiste, mais je voulais surtout savoir ce que vous alliez dire sur les professeurs de français. Normal après tout, la revue s’adresse quand même à eux. J’ai donc un peu « zappé » vos propos sur notre grandeur. Je l’admets et m’en excuse car il ne fait nulle doute que c’est grâce à notre force économique au-delà de nos frontières que nous maintiendrons vivant l’intérêt pour apprendre notre langue. Nous ne pouvons l’ignorer. Et les questions de Sébastien Langevin vous ont permis d’expliquer en long et en large les enjeux que suppose cette politique extérieure dont vous êtes le plus haut dignitaire. Rassurez-vous, j’ai bien retenu l’essentiel : la France rayonne dans toute sa puissance sur le monde. Enfin, à vous lire, c’est que nous retenons.
Je ne sais plus combien de fois vous utilisez le mot ‘rayonnement’, peut-être un peu trop d’ailleurs… et je dirais que tout ce soleil dans les yeux finit par éblouir et il ne nous laisse plus voir la réalité. Non pas cette réalité de salon, celle qu’on se plaît à ressortir dans un discours d’ambassade, verre à la main et petit four dans la bouche. Réalité de salon que vous reprenez en citant des chiffres sur la Francophonie ; ces chiffres qu’on publie un peu partout, sortis dont ne sait trop où – apparemment personne ne le sait vraiment – mais qui en font sourire plus d’un. Peu importe, ceux-ci nous promettent un monde idéal, tout plein de citoyens du monde qui dans une trentaine d’années parleront français. 750 millions ! Quelle merveille ! Je veux y croire. Si si, sérieusement ! Voyant les procédés auxquels on a recours pour faire grossir les chiffres (sans doute sous une bonne exposition au rayonnement solaire) en rendant francophones dans les statistiques des populations qui, à l’exception de leurs élites, n’ont parfois jamais entendu un mot de français. Mais il est vrai que sous certaines latitudes se sont nos hommes d’affaires qui sont éblouis par toutes ces richesses qui émanent de la terre…
Éblouissement encore quand vous parlez de ces étudiants étrangers… Certes la France continue a distribuer des bourses mais n’oubliez pas que que depuis quelques temps ce n’est plus vers la France que la plupart regarde, mais de plus en plus vers le Québec. Pas grave, et même si le soleil y brille moins fort que sur la Côte d’Azur (ça rayonne moins diriez-vous), les portes y sont un peu moins fermées que dans l’Hexagone où il faut montrer « pattes blanches »… Au pluriel vue toute la paperasse à fournir… Quant au blanc, espérons qu’un certain bleu d’une triste et inquiétante marée montante ne le transforme en condition d’entrée ! D’aileurs, connaissez-vous la galère de ces jeunes étudiants? Avez-vous vu l’espoir d’un avenir meilleur briller dans leurs yeux, espoir qui ne faiblit pas malgré les heures et les heures de queue pour accéder à un bureau de Campus France. Parfois après des centaines ou des milliers de kilomètres en bus ! Éblouis eux aussi par une France rêvée, un peu trop sans doute, ils attendent, diplômes et DELF B1 ou B2 en poche, que les portes de cette grande France s’ouvrent. Entre-temps ces courageux futurs étudiants étrangers en France, s’ils n’abandonnent pas le combat en chemin, auront peut-être cessé de croire en notre pays dont vous vantez si bien les valeurs. Images ternies. La réalité brille un peu moins que ne rayonnent vos mots.
Avant d’atteindre la question sur les profs de FLE, et donc votre réponse, je me suis quand même arrêté aussi sur celle concernant l’Institut français. Et j’ai cherché la réponse dans vos propos… Je la cherche encore, mais je ne doute pas que la lumière se fera et que j’y verrai plus clair. Ce doit être l’effet d’éblouissement qui m’empêche de la trouver ou de la trouver un peu floue. La lueur semble être dans la formation… Ah la formation !! En attendant, heureusement que celle-ci vient d’ailleurs dans bien des cas parce que depuis certaines institutions, on la fait miroiter à beaucoup mais peu la voient. L’Institut… Éblouissement ? À en croire les différents articles parus dans la presse, il semblerait que depuis cette interview, vous avez été plus clair sur l’avenir de cette institution. L’heure du glas aurait-elle sonné pour elle, deux après sa création ? (cf. Le Monde, 23/10/2013).
Arrive la fin de l’interview et nous en venons (enfin) aux professeurs de français. La chaleur de vos remerciements sera appréciée. Sincèrement, je ne rigole pas. Votre prédécesseur ne semblait même pas se souvenir de l’existence de ces petits soldats de plomb que j’ai évoqués dans un modeste billet sur leur situation ou plutôt leurs conditions professionnelles. Cela fait toujours plaisir. Ça n’aide pas les établissements ni les directeurs d’établissements locaux ou du réseau à disposer de plus de crédits, ni les coordinateurs pédagogiques ou les professeurs… mais ça nous met du baume au coeur. Même si ça fait un peu discours de salon, vous en conviendrez. Ah cette diplomatie française ! Ce n’est pas pour rien que vous en êtes le plus haut représentant.
Alors éblouissement ? Il faudra peut-être poser la question à ces professeurs, indissociables de cet « enjeu de la politique du français » pour reprendre vos propos. Ils apprécieront de vous lire, entre 6h du matin et 22h, dans les nombreux transports qui les mènent de cours en cours pour faire leur 30, 32, … 37 heures de cours hebdomadaires (les préparations sont à part, vous pensez bien) pour des salaires qui peuvent atteindre, accrochez-vous bien au siège de votre jet qui vous ramène à Paris, les 1500 euros, et pour le coup, comme on dit, c’est vraiment bien payé ! Et je sais, car comme vous, je consulte fle.fr, qu’il y a des postes à 3000 euros si j’ai deux masters et j’accepte de m’enfermer dans une zone sécurisée d’Afghanistan pendant six mois.
Rassurez-vous, malgré ces conditions pas vraiment brillantes pour ces représentants de la France et de sa langue que sont les professeurs de FLE, ceux-ci continuent dans leurs cours à parler de ces valeurs, des droits de l’Homme, de la société d’accueil… Bref ils sont les vrais ambassadeurs de ce rayonnement, sans bla-bla ni bling-bling. Sans vains mots, ni discours de salon ni éblouissement, mais du vrai, de l’authentique et une motivation incroyable par-dessus tout pour que partout dans le monde on continue à apprendre notre langue.

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